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DES ALKALIS

Le mot ail ali dérive de hali , nom arabe de la plante de laquelle on extrait cette substance ; la particule al n est

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que la préposition qui démontre la valeur de la plante. Trois substances, la potasse, la soude et l’ammoniaque, montrent les caractères particuliers des alkalis, et se distinguent par les propriétés suivantes : Leur goût est désagréable, caustique; ils changent les infusions bleues des végétaux en vert; ils se combinent avec l’eau dans toutes les proportions; ils ont une grande affinité pour les acides ; ils fondent à une chaleur modérée; et lorsqu’ils sont soumis à une température plus élevée , ils passent à l’état de vapeur.

On distingue les alkalis en fixes et en volatils : la potasse et la soude sont nommées alkalis fixes , parce qu’il faut que la température soit très-élevée pour qu’ils se convertissent en vapeur. L’ammoniaque est nommé alkali volatil, parce quelle se volatilise à une chaleur très-modérée.

Composition des alkalis. — On avait souvent conjecturé que les alkalis n’étaient pas des substances simples; mais on n’était pas parvenu à connaître leur composition , lorsqu’en 1807 les brillantes découvertes de M. Davy vérifièrent ces doutes, et prouvèrent, au moins à l’égard des alkalis fixes, qu’ils sont composés d’oxigène et d’une base métallique.

De la potasse. — Si on soumet à l’action du galvanisme , entre deux disques de platine, un morceau de potasse pure, suivant le procédé détaillé dans la section suivante , et légèrement humectée d’eau, elle entrera bientôt en fusion; le gaz oxigène passera au pâle positif, tandis que de petits globules métalliques paraîtront au pôle négatif. Ces globules sont la base métallique de la potasse , qui a reçu le nom de potassium. Mais comme le potassium que l’on obtient par cette décomposition est en très-petite quantité, et que le procédé est dispendieux, on a cherché des moyens plus économiques. Suivant l’un de ces procédés, on obtient le potassium par la déflagration de la potasse avec le charbon. Mais la meilleure manière est de calciner une quantité de tournure de fer à blanc, dans un canon de fusil percé, et de mettre en contact la potasse déjà en fusion avec la tournure de fer; le potassium se dégage en forme de vapeur; on le recueille à l’ex-

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trémité opposée du tube , que l’on refroidit pour condenser les vapeurs. La propriété de cette opération est suffisamment démontrée. Le fer et le charbon , à une haute température , privent la potasse de son oxigène; et la base métallique, mise à nu, prend la forme d’un fluide élastique qui se solidifie dès qu’il est mis en contact avec un corps froid.

Propriétés du potassium. — Le potassium est blanc comme l’argent nouvellement coupé; il a une apparence cristalline, et il devient doux à la température de o° centigr. , malléable à ko°, et liquide à 37° 78. Il est remarquable par son peu de pesanteur spécifique, qui est de 8 à 9, l’eau étant prise pour 10. Exposé à l’air, il se ternit en peu de tems , et en se combinant avec l’oxigène , il forme un oxide de potassium. On doit le conserver sous l’huile de naphte , seule substance qui puisse le préserver sans altération. Lorsqu’on le projette sur l’eau, il agit avec violence, surnage, et brûle en répandant une belle lumière qui est mélangée de blanc, de rouge et de violet ; l’eau est décomposée ; l’hydrogène se dégage , et l’oxigène , en se combinant avec le potassium , forme la potasse, qui s’y dissout, et produit une solution alkaline.

Le potassium se combine promptement avec le phosphore et le soufre; avec le premier, il forme un phosphure qui brûle à l’air, et se convertit en phosphate de potasse; dans sa combinaison avec le soufre , la lumière et la chaleur se dégagent; et quand le sulfure est exposé à l’air, il se change de suite en sulfate de potasse.

Ces propriétés et ces combinaisons sont des preuves satisfaisantes que la potasse est un corps composé. Les proportions de ses parties constituantes sont de 86 de pôtassium et de 14 d’oxigène.

De la soude. — La soude a été décomposée de la même manière que la potasse, et on a donné le nom de sodium à sa base métallique.

Propriétés du sodium. — Le sodium, dans quelques-uns de ses caractères, est analogue au potassium; il est blanc comme l’argent , il a le même brillant ; il fond à la température de

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93° H3 centigr., et requiert une chaleur rouge pour se vaporiser. Sa pesanteur spécifique est entre 9 et 10; il se ternit à l’air, et se couvre d’une pellicule de soude; sa lumière est brillante lorsqu’il est chauffé dans le gaz oxigène ; et quand on le projette sur l’eau, il produit une effervescence, mais ne s’enflamme pas; il nage à la surface, diminue graduellement , et forme une solution de soude.

L’action du sodium est , en général , beaucoup moins forte sur les autres substances que celle du potassium. Il se combine avec le soufre et avec le phosphore, et ces composés ont des propriétés analogues aux combinaisons semblables du potassium.

Les parties constituantes de la soude sont 78 de sodium et 22 d’oxigène; il paraît que le sodium se combine avec l’oxigène dans deux proportions , et forme deux oxides.

De V ammoniaque Deux des parties constituantes de

l’ammoniaque, l’hydrogène et l’azote, sont connues depuis long-tems ; mais , après la découverte de la composition des alkalis fixes , on conjectura que l’ammoniaque, ou alkali volatil, possédant des propriétés analogues, pouvait être constituée comme eux. Cette conjecture fut en quelque façon confirmée par une expérience galvanique, dans laquelle le mercure sembla entrer en combinaison avec la base métallique de l’ammoniaque , et former un amalgame. On donne le nom d’ ammonium à cette base. Si 38.237 environ de mercure sont placés dans un morceau de sel ammoniaque légèrement humecté d’eau, et si, au moyen d’une lame de platine, le sel ammoniaque soit mis en communication avec le pôle |positif de la batterie galvanique, et qu’un fil de platine venant du pôle négatif soit mis en contact avec le mercure, il se produit une forte effervescence avec dégagement de chaleur. Le mercure augmente de volume , et prend l’apparence d’un amalgame de zinc; à la température de 2i°u ou 26° 67 centigr., il est d’une consistance molle, et lorsqu’on le réduit à une température de o°, il prend une apparence cristalline. À l’air ouvert, il se couvre promptement d’une

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enveloppe de carbonate d’ammoniaque ; et lorsqu’on le tient dans une quantité d’air donnée, il en augmente de volume pendant que le gaz ammoniaque et une partie du gaz oxigène se dégagent , et que le mercure est ravivé. Mais on n’a point fait encore d’expérience qui établisse sûrement l’analogie de composition entre l’ammoniaque et les alkalis fixes.

SECTION I

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