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DE LA POTASSE ET DE SES COMPOSÉS

La potasse, premièrement nommée alkali fixe végétal, parce qu’on l’obtient des végétaux, est connue dans le commerce sous différens noms. On l’appelle potasse , parce qu’elle est préparée dans des pots de fer, et pearl-ash de son apparence, après une plus grande purification ; enfin sous le nom de crème de tartre. Mais elle est loin d’être pure sous ces différens états. La potasse du commerce est généralement obtenue des cendres de bois; la plus grande quantité de ce qu’on en emploie en Angleterre, est importée de la Russie et du nord de l’Amérique , où le bois est abondant.

Purification. — La potasse du commerce est généralement mclée de substances étrangères , ou est combinée avec l’acide carbonique , duquel il est nécessaire de la séparer pour plusieurs usages. On peut la purifier par le procédé suivant : La potasse étant mêlée avec le double de son poids de chaux vive, et 8 ou io fois son poids d’eau distillée, on fait bouillir le mélange pendant deux ou trois heures dans un vase de fer; on le tient ensuite pendant 48 heures dans un vase clos, et on l’agite de tems en tems ; on le filtre et on le fait bouillir dans un vase d’argent jusqu’à ce qu’il prenne la consistance du miel : on ajoute une quantité d’alcool égale à-peu-près au tiers du poids de l’alkali employé, on fait bouillir pendant quelques minutes , on met le tout dans une bouteille , et apres qu’il est refroidi, il se sépare en trois différentes parties; les matières solides se déposent au fond; une solution aqueuse

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de carbonate de potasse est au milieu ; au-dessus, est un liquide d’un brun rougeâtre qui est une solution de potasse dans l’alcool; on la décante soigneusement, et on l’évapore rapidement dans une bassine d’argent ou de cuivre étamé, jusqu’à pellicule. On enlève cette dernière , et on verse la solution dans un vase de porcelaine ; elle devient solide par le refroidissement ; on la brise en morceaux et on la met dans des vases clos. Ce procédé est parfait ; si on distille la solution d’alcool dans un alambic d’argent, l’alcool se sépare, et la potasse reste pure.

Ôn peut obtenir de la potasse pure en faisant bouillir , dans un vase de fer étamé, parties égales de potasse purifiée, de marbre blanc, ou d’écailles d’huitres calcinées, avec une quantité suffisante d’eau. On passe la lessive à travers un linge , et on la réduit en la faisant bouillir jusqu’à ce qu’elle contienne à-peu-près moitié de son poids d’alkali caustique. On la passe encore au filtre , et on la met dans un flacon de verre ; lorsqu’elle devient claire, on la transvase et on la conserve ainsi pour être employée à l’état liquide.

Propriétés . — La potasse est blanche , fragile et cristalline ; son goût est très-acre ; elle est si corrosive quelle détruit l’épiderme des substances végétales et animales. Sa pesanteur spécifique est 1.7.

Elle fond lorsqu’on la chauffe au rouge , et se sublime en forme de vapeurs blanches. L’eau en dissout deux fois son poids : sa solution est incolore et transparente, et approchant de la consistance de l’huile. Le soufre s’unit avec la potasse et forme un sulfure ; elle se combine promptement avec les acides , et quelques-uns de ses composés sont d’une grande importance.

La potasse est soluble dans l’alcool, et la solution est d’une couleur rouge; elle s’unit promptement avec les huiles grasses, et forme avec elles le savon; elle se combine aussi, mais moins bien , avec les huiles volatiles ; les composés qu’elle forme avec elles , sont aussi d’une nature savonneuse.

Sulfure de potasse. — Si 011 triture , dans un mortier de

verre , une partie de potasse et trois de soufre , le mélange acquiert de la chaleur , prend une teinture verdâtre , et répand une odeur fétide d’ail ; il attire l’humidité de l’air , et est presque entièrement insoluble dans l’eau. Mais si deux parties de potasse et une de soufre sont mêlées ensemble , et fondues dans un creuset, on obtient un sulfure de potasse. Cette substance fut primitivement nommée foie de soufre à cause de sa ressemblance avec le foie des animaux. Quand la fusion est complète, on met la masse sur une table de marbre, et on la couvre pour la préserver de l’air; lorsqu’elle est refroidie, on la brise, et on la conserve dans des vases clos.

Propriétés. — Le sulfure de potasse est d’une couleur brune luisante ; ses cassures sont quelque peu vitrées ; son goût est amer et acre ; il fait des marques noires $ur la peau lorsqu’on le touche : il change en vert les couleurs bleues végétales. Il se sublime à vase clos à une forte chaleur, et la potasse reste pure au fond du vase.

Hydro-sulfure de potasse. — Lorsque le sulfure de potasse est exposé à l’air , il en absorbe l’humidité ; il prend une couleur verte, et exhale l’odeur fétide du gaz hydrogène sulfuré; l’eau qui a été absorbée, est décomposée; son hydrogène, combiné avec une portion de soufre , forme le gaz hydrogène sulfuré. Cet hydro-sulfure s’obtient, soit en saturant une solution de potasse , ou en dissolvant le sulfure de potasse dans de l’eau, et évaporant la solution; alors l’hydro- sulfure est obtenu en cristaux qui affectent la forme d’un hexaèdre régulier. Il n’a pas d’odeur , mais son goût est alkalin et trèsamer; exposé à l’air, il en attire l’humidité et répand une odeur fétide ; il est soluble dans l’eau et dans l’alcool : pendant la solution, la température baisse beaucoup. Les acides y produisent une violente effervescence , et dégagent l’hydrogène sulfuré sans faire déposer le soufre.

Pu sulfure hydroguré de potasse. — Si on verse l’hydrosulfure de potasse sur le soufre, ce dernier est dissous sans l’aide de la chaleur; le liquide prend une couleur brune et constitue le sulfure hydroguré. Le même composé peut etre

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formé en faisant bouillir un mélange de potasse pure et de soufre dans de 1 eau i le liquide est d une couleur rouge— foncé tirant sur le brun ; le goût est âcre et quelque peu rafraîchissant , quelquefois il est sans odeur ; mais après avoir été gardé , il répand l’odeur du gaz hydrogène sulfuré. Ce composé a un pouvoir très-actif sur plusieurs substances, et particulièrement sur les métaux ; il absorbe promptement l’oxigène quand il est exposé à l’air, et, lorsqu’il est gardé dans des vases clos, il dépose le soufre , le liquide devient transparent , et l’odeur se dissipe.

Bu sulfate de potasse. — Ce sel est un composé d’acide sulfurique et de potasse. On le distinguait autrefois par des noms différens, comme sel de duobus, sel polychreste ou sel de plusieurs vertus , arcanum duplicatum , ou double secret ; plus tard on l’a nommé tartre vitriolé; et dans la nouvelle nomenclature il a reçu le nom de sulfate de potasse.

Suivant les principes de la nomenclature actuelle , le nom des sels composés d’acides et d’alkalis avec une base métallique ou terreuse, exprime leur composition. Deux mots sont employés ; le premier , dérivé de l’acide , est le terme générique , et le second , donné par la base , distingue l’espèce. Ainsi , sulfate de potasse indique le composé de l’acide sulfurique et de la potasse; dans ce cas, le terme générique finit en ate ; mais quand les acides , au minimum d’oxigène ', comme l’acide sulfureux, se combinent avec des bases, le terme générique se termine en ite , comme sulfite.

Dans plusieurs cas , les acides et leurs bases s’unissent dans des proportions différentes. Quelquefois l’acide est en excès, et quelquefois la base; par exemple , si l’acide sulfurique est en plus petite proportion que dans le sulfatfe de potasse , le mot sous précède le nom , comme sous-sulfale de potasse. Lorsqu’il y a excès d’acide , on l’exprime par le mot sur , comme sur-sulfate de potasse.

Le sulfate de potasse est préparé , soit par la combinaison directe de l’acide sulfurique et de la potasse , soit par la décomposition d’autres sels qui ont la potasse pour base, avec

l’acide sulfurique , qui , au moyen de son extrême affinité pour la potasse , se combine avec elle et forme un nouveau composé. Quand la solution est purifiée et évaporée , le sel est obtenu en cristaux; mais ils ne sont réguliers que lorsque l’évaporation est lente.

Propriétés. — La forme des cristaux de ce sel est le prisme hexaèdre régulier terminé par deux pyramides hexaèdres , le goût en est désagréablement amer; la pesanteur spécifique est de 24 à 26. Une partie de ce sel est soluble dans 16 fois son poids d’eau à i5°,56 centigr. , et seulement dans 5 fois son poids d’eau bouillante^ Il ne change pas à l’air; il décrépite sur des charbons incandescens ; à une chaleur rouge, il fond, et se convertit en une sorte d’émail. Exposé à une chaleur rouge avec le gaz hydrogène ou le carbone, sa décomposition a lieu et il forme un sulfure de potasse : l’hydrogène et le carbone s’unissent avec l’oxigène de l’acide , et laissent le soufre en combinaison avec la potasse. L’acide sulfurique , à, l’aide de la chaleur , forme avec ce sel un autre composé dans lequel l’acide est en excès.

Les parties constituantes du sulfate de potasse, selon l’analyse qui en a été* faite par plusieurs chimistes , sont de 43 à 47 d’acide et de 53 à 57 de base. On suppose qu’il est privé d’eau de cristallisation.

Ce sel était autrefois employé en médecine , et on lui attribuait des vertus extraordinaires.

Sur-sulfate de potasse. — Ce composé salin est obtenu en chauffant dans un matras trois parties de sulfate de potasse avec une partie d’acide sulfurique concentré. Ses cristaux forment de longues aiguilles flexibles; son goût est chaud et âcre; il devient presque opaque lorsqu’on l’expose à l’air; il requiert deux parties d’eau froide , et moins que son propre poids d’eau bouillante pour sa solution : il fond promptement par l’application de la chaleur ; il a l’apparence d’une huile épaisse, et, en se refroidissant, il devient blanc et opaque. Lorsqu’on le soumet à une trop forte chaleur, l’excès de l’acide est chassé, et il se convertit en sulfate de potasse.

La proportion d’acide, dans ce sei, est double de ce quelle est dans le sulfate de potasse.

Sulfite de potasse. — Ce sel est un composé d’acide sulfureux et de potasse; il a été connu long-tems sous le nom de sel sulfureux de Stahl. On le forme en faisant passer un courant de gaz acide sulfureux dans une solution saturée de carbonate de potasse , jusqu’à ce que l’effervescence cesse; le liquide devient transparent, et, en refroidissant, il se forme des cristaux blancs semblables à de petites aiguilles divergentes ou en lames rhomboïdales. Le goût en est âcre et sulfureux; ce sel est très-soluble dans l’eau; exposé à l’air, la solution est presque aussitôt recouverte d’une pellicule épaisse, qui se précipite et qui est promptement suivie d’une autre. C’est du sulfate de potasse, formé par la combinaison de l’acide sulfureux avec l’oxigène de l’atmosphère. Le sulfite de potasse, exposé à une forte chaleur, se gerce et se prive de son eau de cristallisation, ainsi que d’une partie de son acide; le soufre se sépare, et ce qui reste est du sulfate de potasse.

Nitrate de potasse. — Ce nitrate est un composé d’acide nitrique et de potasse; il est connu dans le commerce sous le nom de salpêtre ; c’est un des composés salins les plus importans, non-seulement par l’attention que les recherches de ses propriétés et de sa composition ont excitée, mais aussi par ses nombreuses et utiles applications.

Le nitrate de potasse existe dans quelques plantes , comme le tabac et la bourrache ; on l’a observé cristallisé dans leurs tiges desséchés. Il se trouve en grande abondance dans plusieurs parties du globe et particulièrement dans l’Inde , dans l’Égypte et dans l’Amérique méridionale. On le produit artificiellement en Allemagne et en France, au moyen de nitrières qui sont formées de matières animales et végétales à l’état de putréfaction. On y mêle des terres calcaires provenant de vieilles démolitions, ou de portions de terrain dans lesquelles la chaux abonde. L’humidité à laquelle on supplée en ajoutant de l’eau, une température modérée et un abri

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contre la pluie qui noterait le sel aussitôt qu’il se forme, sont les seules précautions nécessaires pour favoriser la production du nitre.

Il est facile de comprendre ce procédé en examinant les parties constituantes du nitre. La base de l’acide nitrique, l’azote , se dégageant des matières animales pendant la putréfaction, s’unit avecl’oxigène de l’air et forme l’acide nitrique; la potasse est formée par les terres et les matières végétales.

Après un certain tems, qui est plus ou moins long, suivant la nature des mélanges et des circonstances , le nitre qui s’est formé, étant enlevé avec de l’eau, l’évaporation produit un sel brun et coloré qu’on nomme nitre cru. C’est un mélange de plusieurs sels, dont on sépare le nitre pur par des cristallisations répétées. Après une purification suffisante, on l’obtient sous la forme d’un hexaèdre terminé par deux pyramides à mêmes faces.

Propriétés. — Le nitrate de potasse est particulièrement distingué par un goût amer piquant et froid. Il est fragile et un peu humide lorsque les cristaux sont réduits en poussière. Sa pesanteur spécifique est de i . 93. Il est inaltérable à l’air. L’eau à i5.5 6 centigr. dissout la septième partie de son poids , et il se produit un grand froid pendant la solution ; l’eau bouillante dissout deux fois son poids de ce sel.

Fortement chauffé, le nitrate de, potasse fond et prend une consistance huileuse; par le refroidissement, il se prend en une masse opaque qu’on nomme cristal minéral. Cette fusion ne produit aucun changement, mais quand la température est plus élevée, l’oxigène se dégage, ensuite l’azote et la potasse restent. Le nitrate de potasse est décomposé par le charbon; une action violente se produit en exposant à un feu rouge un mélange de nitre et de charbon. Le carbone s’unit à l’oxigène de l’acide, l’azote se dégage et l’alkali reste: c’est ce qu’on nommait autrefois du nitre fixé par le charbon. Quand cette opération est faite à vases clos, il se forme une. petite quantité d’eau que les alchimistes nommèrent Clyssus , à laquelle ils attribuaient des propriétés étonnantes dans la

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préparation de la pierre philosophale. Quand on expose au feu un mélange de nitrè et de phosphore, il se produit une violente déflagration ; on n’opère que sur de petites quantités et avec prudence. Le soufre et le nitre, exposés à une haute température produisent également des effets violens. Le soufre se combine avec l’oxigène de l’acide nitrique, et forme l’acide sulfurique qui entre en combinaison avec la potasse.

Poudre fulminante. — Cette poudre est préparée en mêlant 3 parties de nitrate de potasse, 2 de potasse et 1 de soufre , bien secs , et en les triturant dans un mortier. Lorsqu’on chauffe ce composé, il produit une violente explosion.

Poudre a canon. — C’est un composé de 7 6 parties de nitre, de 1 5 de charbon et de 9 de soufre. On doit observer que les matières qui sont employées dans des proportions différentes par les fabricans, sont réduites séparément en poudre fine, et après avoir été bien mêlées, forment une masse épaisse par l’addition d’un peu d’eau. Quand la pâte est un peu séchée , on la passe au travers un crible , où elle forme des grains de grosseur convenable ; on les sèche au soleil ou à l’air, puis on les met dans des barils qui tournent sur eux-mêmes à l’aide d’une machine; au moyen de ce frottement, les grains deviennent unis en se polissant; c’est ce qu’on appelle époussetage.

Les effets terribles de l’explosion de la poudre à canon sont dus aux changemens qui se produisent en un moment sur les différentes substances dont elle est composée. Le charbon et le soufre brûlent avec une étonnante rapidité, par l’addition du nitre; et pendant cette combustion, le gaz acide carbonique, l’azote, l’acide sulfureux et l’hydrogène sulfuré, se développent, ainsi qu’une partie d’eau et d’ammoniaque. Il est évident que ses effets irrésistibles sont dus au dégagement subit et à la force expansive des fluides élastiques. Les seules substances qui restent après la déflagration , sont du carbonate, du sulfate et du sulfure de potasse, plus un peu de charbon.

Flux blanc et noir.—- Un mélange de parties égales de

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nitrate de potasse et de tartrate de potasse, que Ton soumet à une chaleur rouge, produit le composé appelé flux blanc, qui est un mélangé de potasse pure avec son carbonate : on s’en sert beaucoup en métallurgie ; mais si on traite de meme une partie de nitre, et deux de tartrate de potasse, le produit qu’on obtient est un mélange de potasse et de charbon ; sa couleur noire lui a fait donner le nom de flux noir, et il est employé aux mêmes usages.

Poudre de fusion. — Ce composé est ainsi nommé à cause de ses effets puissans sur les substances métalliques; on l’obtient en mêlant intimement trois parties de nitrate de potasse , une de soufre et une de sciure de bois.

Les parties constituantes du nitrate de potasse sont 43 d’acide, 40 dépotasse et 17 d’eau.

Exp. I. — Si l’on fond une partie de nitrate de potasse dans un creuset; et lorsque la fusion est rouge, si on y ajoute du poussier de charbon bien sec, il se fera une brillante combustion à chaque addition , en raison de la décomposition rapide du sel.

Exp. II. — O11 produit des effets semblables avec le phosphore; on évite les dangers de l’expérience en enveloppant quelques atomes bien secs de nitre et de phosphore dans du papier. On place le tout sur une enclume , et par un coup fort et sec , il se produit une détonation violente.

Exp. III. — Trois parties de nitre et une de soufre projetées dans un creuset rouge par petites quantités , produisent chaque fois une détonation; le soufre se convertit en acide sulfurique.

Exp. IV. — Si on combine les parties constituantes de la poudre , deux à deux , comme le nitre et le charbon , le nitre et le soufre ou le charbon et le soufre, et qu’on y mette le feu ; au fur et à mesure qu’on approchera les substances les unes des autres., on pourra observer des effets analogues à ceux de la poudre ordinaire, par la combustion plus ou moins rapide qui se fera , en proportion des combinaisons qui pourront s’effectuer.

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Exp. V. — Que l’on mette quelques centigrammes de poudre fulminante sur une lame de fer ou de cuivre, et qu’on l’expose au feu , la poudre prend d’abord une couleur noire , et puis elle entre en fusion; alors il se produit une violente explosion. Il faut que le feu soit modérément et graduellement appliqué, jusqu’à ce que la poudre soit en fusion complète; c’est en l’approchant davantage du feu que l’explosion se fait. Cette combustion est due au dégagement instantané des fluides; elle est semblable à celle qui se produit avec la poudre à canon.

Exp. VI. — On fait un autre essai en remplissant une coquille de noix de la poudre de fusion , et en fixant au milieu une lame très-mince de cuivre. En y mettant le feu, la poudre brûle avec rapidité, et le métal se réduit à l’état de sulfure, sans affecter en rien la coquille.

Nitrite de potasse. — Ce sel n’est pas formé par la combinaison directe de l’acide nitreux avec un alkali; mais, après avoir soumis le nitre à une chaleur rouge , il reste un sel déliquescent et âcre, qui change les couleurs bleues en vert, et qui produit des vapeurs rouges par les acides forts; ce sont des vapeurs d’acide nitreux.

Hydrochlorate de potasse. — Ce sel , appelé autrefois sel fébrifuge de Silvius , sel digestif et sel marin régénéré , se prépare par la combinaison directe de l’acide hydrochlorique et de la potasse; la solution saturée est évaporée jusqu’à pellicule, et on la laisse cristalliser. Ces cristaux ont la forme cubique ou celle1 des parallépipèdes à angles droits. Le goût en est amer, et la pesanteur spécifique de i . 8. Ils tombent en déliquescence à l’air humide , et l’eau froide en dissout un tiers de son poids; ils sont beaucoup plus'solubles dans l’eau bouillante; on n’obtient des cristaux réguliers qu’autant qu’on évapore lentement.

Exposé à la chaleur, ce sel décrépite et dégage son eau de cristallisation. Quand la température est plus élevée, il se sublime en vapeurs blanches, sans se décomposer. Les acides nitrique et sulfurique le décomposent; l’acide sulfu-

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rique en dégage l’acide hydroehlorique, tandis que l’acide nitrique en dégage le chlore. On obtient l’acide hvdrochloronitrique en ajoutant à deux parties d’hvdrochlorate de potasse une partie d’acide nitrique.

Les parties constituantes de ce sel sont 36 parties d’acide et 64 de potasse. Suivant le système de M. H. Daw, ce sel est un composé de chlore et de potassium , base métallique de la potasse.

Chlorate de potasse ( kyperoximuriate ). — Ce composé salin , qui possède des propriétés très-remarquables , fut préparé en premier lieu par le docteur Higgins, en faisant passer un courant de chlore dans une solution de potasse. Il lui donna le nom de nitre , et il observa qu’il détonnait sur les charbons ardens. Mais ce sel fut plus particulièrement observé par M. Berthollet.

Préparation. — Si on introduit une forte solution de potasse dans des bouteilles de Woulf, et qu’on y fasse passer un courant de chlore jusqu’à saturation , il se précipite des cristaux en écailles blanches; ces cristaux étant enlevés, on les purifie en les dissolvant dans de l’eau bouillante; on filtre et on laisse cristalliser.

Propriétés. — Les cristaux de ce sel affectent toujours la forme de plaques carrées ou de parallélipipèdes , de couleur argentine ; ils sont transparens et brillans ; le goût en est froid, piquant et désagréable; ils deviennent jaunes par une longue exposition à l’air; mais- du reste, ils ne changent pas de couleur en les garantissant du contact de l’air. Ce sel est soluble dans 20 parties d’eau froide, et l’eau bouillante en dissout le tiers de son poids; il entre en fusion par la chaleur, et, quand la température est très -élevée, il laisse dégager une quantité d’oxigène très-pur.

Ce sel produit des effets remarquables avec les substances combustibles. Sans aucune addition, il laisse même dégager des étincelles et des traces de lumière par la trituration. Quand on le triture avec du charbon, du soufre, du phosphore, quelques végétaux et quelques substances métalliques,

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il produit des détonations. Quand on verse de l’acide sulfurique sur ce sel, il se produit une action violente, avec dégagement d’une flamme blanche; il arrive quelquefois que l’explosion brise le vase où se fait l’expérience. L’acide nitrique produit une forte effervescence avec bruit mais sans flamme ni explosion, et l’a eide hydrochlorique en dégage l’acide.

Les parties constituantes de ce sel sont 38 d’acide, 29 de potasse , et près de 3o d’eau. Suivant la théorie nouvelle , cet acide est un composé d’acide hydrochlorique, plus une plus grande quantité d’oxigène que ce qui en existe dans l’oxide de chlore ( acide oximuriatique ) ; de là vient son nom d’acide hyper-oximuriatique (chlore).

Ce sel fut autrefois employé au blanchiment; mais on l’a remplacé par un composé de chaux semblable, qui est beaucoup moins cher (1). Sa propriété remarquable de détonner, fit naître l’idée de substituer ce sel au nitre , dans la composition de la poudre à canon. L’expérience fut faite à Essone ;

(1) On ne se sert pas de chlorate de chaux en France, dans l’art du blanchiment, mais bien d’un chlorate de potasse très-faible, que l’on nomme eau de javelle. Voici la manière de faire cette eau, telle qu’on l’achète chez les épiciers de Paris.

Dans un grand filtre de grès, contenant une solution de carbonate de potasse qui marque de 4 à 6 degrés , au pèse - sel de Beaumé , on fait passer un courant de chlore, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que ce gaz se dégage entièrement du liquide, sans absorption sensible; alors on ajoute, à la solution, des cristaux de sulfate de soude, jusqu’à ce que le meme aréomètre marque 12 à x4 degrés; on la verse ainsi dans le commerce sous le nom d’eau de javelle. La bouteille qui dégage le chloce , est posée sur un bain de sable , et communique au filtre par un tube de plomb ; elle contient 3 parties d’oxide noir de manganèse pulvérisé et 10 ou 12 d’acide hydrochlorique. Au reste, il faut que l’eau de javelle soit claire et transparente, et que la bouteille soit munie d’un tube de sûreté. Le sulfate de soude qui sert à élever la liqueur , coûte 3o centimes le kilogramme dans le commerce.

( Note du Traducteur .)

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mais une explosion spontanée , qui fut suivie de la mort de deux personnes témoins de l’expérience, empêcha d’en suivre les effets qu’on en attendait.

Exp. I. — Qu’on réduise i5o à 200 milligrammes de ce sel en poudre fine , et qu’on mélange bien avec son poids de charbon tamisé; par la trituration dans un mortier, le charbon s’enflammera avec une légère explosion; si on ajoute 60 milligrammes de soufre au mélange , on obtiendra une flamme et une explosion plus grande. Pour la réussite de ces expériences , il faut que les matières soient bien sèches , particulièrement le charbon, et que le mortier soit chauffé; on se garantit aussi la main en l’enveloppant d’un mouchoir. Le carbone du charbon se combine avec l’oxigène de l’acide , et forme de l’acide carbonique qui s’unit avec la potasse. Quand on emploie du soufre, il y a formation d’acide sulfurique et dégagement de chlore. La décomposition rapide est accélérée par la friction.

Exp. IL Qu’on prenne i3o milligrammes de ce sel, et les deux tiers de son poids de soufre ; qu’on les réduise séparément en poudre fine, et après les avoir mélangés, qu’on y applique une forte pression avec le pilon; il se produira un coup violent avec flamme. O11 peut varier beaucoup ces sortes d’expériences, en enveloppant les mélanges et en les frappant avec un marteau.

Exp. III. — Qu’on réduise 64.75 milligrammes de chlorate de potasse en poudre, et qu’on la rassemble au fond du mortier; la même quantité de phosphore que l’on placera sur cette partie, produira une forte explosion accompagnée d’une vive lumière par la trituration. On peut répéter l’expérience en enveloppant les deux substances dans une feuille d’étain et en les soumettant à la percussion ; mais quelle que soit la manière de faire cette expérience, il faut toujours prendre les précautions pour qu’il ne puisse résulter aucun fâcheux événement de la forte projection qui se fait des matières. On obtient les mêmes changemcns subits que dans les expériences précédentes.

Exp. IV. — Qu’on réduise en poudre line 323.75 milligrammes de ce sel, et qu’on mélange cette poudre avec 38a a 4^o milligrammes de sucre; si on fait arriver une goutte d’acide sulfurique concentré sur le mélange, il s’ensuivra une inflammation subite sans explosion.

Exp. Y. — Que l’on mette 10.623 grammes d’acide nitreux dans un verre; qu’on y verse doucement et le long des bords du verre de 3 à 5 grammes d’eau , de sorte que les deux liquides soient séparés; qu’on plonge alors une petite partie de phosphore dont le volume soit égal à la moitié d’un pois; si on y ajoute ensuite de 5oo à 690 milligrammes de chlorate de potasse , le phosphore prendra feu et brûlera rapidement au fond du verre, en projetant des traînées de feu à la surface du liquide. Il faut encore faire cette expérience avec précaution.

Exp. VI. — Que l’on mette 4 grammes d’alcool dans une soucoupe, et qu’on y ajoute 5 à 600 milligrammes de chlorate de potasse, l’addition de 4 grammes d’acide sulfurique causera un dégagement de petites boules de feu d’une couleur bleue, qui s’élèveront au-dessus de la surface; peu après toute la surface deviendra embrasée (1).

(1) Lorsqu’on mêle le chlorate de potasse avec différens corps combustibles , et qu’on y laisse ensuite tomber une goutte d’acide sulfurique concentré, il en résulte une vive combustion due à la décomposition subite de l’acide cblorique. Cette propriété a été mise à profit pour faire les briquets nommés briquets oxigénés. De tous les corps combustibles , j’ai trouvé que le sulfure d’arsenic réussissait le mieux, et était en même tems le plus économique. Yoici la manière d’en préparer les allumettes. On prend trois parties de réalgar pulvérisé et une partie de chlorate de potasse , dont on fait une pâte avec un peu d’eau de gomme; on trempe une des extrémités des allumettes du commerce déjà soufrées , dans cette pâte , de manière à former une petite tête rouge .au - dessus du soufre. Après avoir laissé sécher , on trempe ces allumettes dans une bouteille contenant de l’acide sulfurique, pour les enflammer. Lorsqu’on mêle avec du soufre , au lieu de sulfure d’ar-

Phosphate de potasse. — L’acide phosphorique se combine avec la potasse en trois proportions, i. le phosphate, où l’acide et l’alkali se trouvent saturés, et qu’on obtient par combinaison directe de l’acide phosphorique et de la potasse. On ajoute l’alkali dans l’acide phosphorique à chaud, jusqu’à ce que la solution ne produise plus de changement sur les couleurs bleues végétales; par l’évaporation, on obtient des cristaux transparens tétraèdres, terminés par des pyramides. Le goût en est rafraîchissant ; les cristaux ne s’altèrent point à l’air; ils sont très-solubles dans l’eau, et deviennent liquides lorsqu’on les soumet à la chaleur rouge.

Sur-phosphate de potasse. — On l’obtient en dissolvant le premier dans de l’acide phosphorique jusqu’à saturation ; il prend la forme de gelée , et cristallise rarement ; il est trèsdéliquescent et très-soluble dans l’eau.

Sous-phosphate de potasse. — On obtient ce sel en fondant de la potasse pure dans le phosphate neutre; la base est en excès. On peut préparer un composé semblable en faisant bouillir du sur-phosphate de potasse dans une solution de potasse ; le sous- phosphate se précipite alors en poudre blanche. Ce sel est presque sans goût, et n’est soluble que dans l’eau bouillante ; il est très-fusible.

Carbonate de potasse. — Ce sel , qui est un composé d’acide carbonique et de potasse, a été connu sous différens noms , désignant les substances qui servaient à l’extraire. On l’obtient en brûlant des matières végétales ; on en lave les cendres , et on évapore la solution. Mais la potasse , obtenue ainsi, outre quelle n’est pas pure, ne se trouve pas entièrement saturée d’acide carbonique. On obtient du carbonate de potasse, en faisant passer un courant d’acide carbonique

senic, on n’en peut mettre que le quart du chlorate de potasse. En employant moins que la quantité indiquée de sulfure d’arsenic, les allumettes ont l’inconvénient de cracher vivement la lumière.

( Note du Traducteur. )

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dans une solution de potasse pure : il cristallise à la surface du liquide. On doit conserver les cristaux dans des bouteilles bien bouchées après les avoir séchés sur du papier Joseph. Ce sel cristallise en prismes tétraèdres à sommités dièdres ; le goût en est doux et alkalin; il change les couleurs bleues végétales en vert; il est soluble dans quatre fois son poids d’eau; quand elle est bouillante , l’eau en dissout davantage; il dégage alors de l’acide carbonique et se trouve en partie décomposé ; il ne s’altère point à l’air ; quand on le chauffe , l’acide carbonique se dégage ; enfin tous les autres acides le décomposent.

Les parties constituantes du carbonate de potasse sont 43 d’acide carbonique, 41 de potasse et 16 d’eau de cristallisation.

Sous -carbonate de potasse. — La potasse du commerce, même lorsqu’elle est purifiée, n’est jamais entièrement saturée d’acide carbonique ; l’expérience prouve que ce sel ne contient jamais que la moitié juste de l’acide qui existe dans le carbonate ; il est aussi différent dans ses propriétés ; il est plus âcre et corrosif; le goût est plus alkalin, et il est trèsdéliquescent. La potasse du commerce est toujours mêlée avec du sulfate et du muriate de potasse et quelques matières insolubles.

Essais de sa pureté. — Il est d’une grande importance pour le fabricant de savoir déterminer la quantité de potasse pure que contient cette espèce de marchandise. On a proposé de l’éprouver par la quantité d’alumine que la potasse était capable de précipiter; c’est-à-dire, en ajoutant de la potasse à une solution aqueuse d’alun et en observant la quantité du précipité qu’on obtenait par une proportion déterminée de \ potasse. Il y a un autre essai, c’est de saturer une partie d’alkali par de l’acide nitrique d’une densité connue. Par des solutions et des cristallisations répétées, on parvient à séparer les autres sels qui sont mêlés au sous-carbonate.

Arseniate de potasse. — Il ne paraît pas cristallisable ; il est composé d’acide arsenique et de potasse; il est déliquescent.

changeant le sirop de violettes en vert, mais ne produisant aucun changement sur la teinture de tournesol. Fortement chauffé , il fond en un verre blanc , et une partie de la potasse se combinant avec la silice et l’alumine du creuset, il passe à l’état de sur-arseniate ; soumis à une chaleur rouge, et à vase clos, l’arsenic se sublime. L’acide sulfurique sépare l’acide de ce sel; enfin, les sels à base de chaux et de magnésie se décomposent et forment des arséniates de chaux et de magnésie dans la solution.

Sur-arseniate de potasse. — Si on ajoute de l’acide arsenique à l’arseniate de potasse, jusqu’à ce qu’il n’affecte plus le sirop de violettes, et qu’il rougisse la teinture de tournesol, la solution évaporée produit des cristaux tétraèdres transparens , terminés par des sommets à mêmes faces. On peut le préparer par la décomposition du nitrate de potasse par l’oxide blanc d’arsenic, en proportions égales; on l’appelait sel neutre arsenical de Marquer; il cristallise, rougit les couleurs bleues végétales. Les sels à base de chaux ou de magnésie ne le décomposent pas; ce qui le distingue du précédent.

Acétate de potasse. — Ce composé était autrefois connu sous le nom de tartre régénéré, sel essentiel de vin. On peut l’obtenir en saturant du carbonate de potasse avec du vinaigre distillé, et en l’évaporant lentement à un feu modéré pour empêcher le dégagement de l’acide.

Ce sel a un goût piquant et faiblement alkalin; il est déliquescent à l’air, très-soluble dans l’eau; et si la solution est très-étendue, il se fait une décomposition spontanée à vases clos, et un dépôt d’écailles muqueuses. Lorsqu’on le chauffe , il fond et se boursouffle , se décompose et se charbonne. Quand on le distille, il est également décomposé; on obtient pour produit, de la potasse et du charbon. Le premier produit de la distillation, est un acide liquide, où l’on trouve , d’après les expériences de Proust , de l’ammoniaque et de l’acide prussique, tandis qu’il reste dans la cornue du carbonate et du prussiate de potasse.

Oxalate de potasse. — On le prépare et saturant l’acide oxalique de potasse; mais en cet état, le sel ne forme qu’une masse gélatineuse. Avec un léger excès de base ou d’acide , on obtient des cristaux en forme de prismes hexaèdres ; et quand on emploie deux parties de carbonate de potasse et une d’acide , les cristaux rougissent le sirop de violettes et la teinture de tournesol.

Sur-oxalate de potasse. — On l’obtient par l’addition graduée de la potasse à une solution saturée d’acide oxalique , jusqu’à ce que le précipité paraisse. Les cristaux sont des parallélipipèdes opaques; le goût en est acide, piquant, et amer. 11$ ne sont pas très-solubles dans l’eau froide; mais l’eau bouillante en dissout le dixième de son poids ; ils sont inaltérables à l’air; mais ils se décomposent par la chaleur. Ce sel contient le double de l’acide contenu dans l’oxalate neutre.

Dans Yaxalis acetosella et le rumex acetosa , ce sel existe tout formé. On l’employe beaucoup pour ôter les taches d’encre et de rouille.

Quadroxalate de potasse. — Il a été découvert un autre composé d’acide oxalique et de potasse, dans lequel l’acide est en proportion de celui de l’oxalate neutre : : 4 : *• On le prépare en ajoutant de l’acide nitrique ou hydrochlorique , au sur-oxalate , qui lui enlève la moitié de sa base. Par l’évaporation et la cristallisation , on peut l’obtenir à un état de plus grande pureté.

Tartrate de potasse. — On l’appelait autrefois tartre soluble ; on l’obtient en ajoutant de la crème de tartre du commerce à une solution bouillante de carbonate de potasse , jusqu’à ce que l’effervescence cesse; on fait ensuite bouillir la solution, et par le refroidissement il se forme des cristaux en rectangles oblongs avec des sommets dièdres : ce sel a un goût amer; il est déliquescent à l’air; 4 parties d’eau froide sont nécessaires pour sa solution ; il se gonfle et noircit par le feu ; quand on le distille , il passe un acide liquide et une grande quantité de gaz; l’alkali mêlé à du charbon se

trouve au fond de la cornue. Les acides forts lui enlèvent une partie de potasse , et le réduisent à l’état de sur-tartrate ; on forme le même sel par l’addition d’une partie d’acide tartarique.

Sur-tartrate de potasse. — Ce sel contient un excès d’acide. Si on fait dissoudre le tartre qui se trouve dans les tonneaux , dans l’eau bouillante, qü’on filtre la solution et qu’on l’évapore, il se dépose, par le refroidissement, beaucoup de cristaux qu’on nomme crème de tartre.

Les cristaux de ce sel sont principalement formés de prismes hexaèdres; le goût en est acide et désagréable : 60 parties d’eau froide, et 3o d’eau bouillante, sont nécessaires à sa solution. Il ne change pas à l’air. Par l’action du feu , il se boursoufle et noircit ; par la distillation , il se dégage un acide acétique impur, et beaucoup de gaz acide carbonique. Il paraît que ses parties constituantes sont de 57 d’acide, 33 de potasse , et 7 d’eau de cristallisation.

Citrate de potasse. — On peut l’obtenir en dissolvant 61 parties de carbonate de potasse dans 36 parties d’acide citrique; le sel obtenu par la cristallisation se dépose difficilement; il est très-soluble dans l’eau et tombe en déliquescence à l’air; il est composé de 55.55 d’acide, et de 44 -45 de potasse.

Camphorate de potasse. — L’acide camphorique saturé de carbonate de potasse jusqu’à ce que l’effervescence cesse , produit , par l’évaporation lente , des cristaux blancs et transparens de forme hexagone régulière. Le goût en est amer et légèrement aromatique ; il ne change pas à l’air sec , mais il perd sa transparence à l’air humide. Quatre parties d’eau bouillante suffisent pour le dissoudre ; mais il en requiert plus de 100 d’eau froide.

Soumis au chalumeau , il produit une flamme bleue ; l’acide se dégage et la base reste ; quand on le chauffe fortement , l’acide se sublime, et dégage une fumée épaisse, légèrement aromatique. Par l’addition des acides forts à une solution concentrée de ce sel, l’acide camphorique cristallise par le refroidissement. Le camphorate de potasse est soluble dans

l’alcool , et brûle avec une flamme bleue. Il est décomposé par les sels à base de chaux.

SECTION JI

DE LeA SOUDE ET DE SES COMPOSES.

"L’idée généralement reçue que la soude était un minéral, lui fit autrefois donner le nom àéalhali fossile ou minéral. C’est la substance dont parlent les écritures sacrées, sous le nom de nitre. Elle se produit abondamment dans le sol de quelques contrées d’Egypte, où elle porte le nom de natron; on la trouve aussi sur les murs des caves , ou des lieux souterrains, de vieux édifice? , etc. Mais la soude du commerce s’extrait de différentes plantes qui croissent sur les bords de la mer; le salsosa soda et des espèces diverses de fuci, sont les plus généralement employés. Le sel commun, si abondant dans les eaux de l’Océan, et formant des masses compactes sous la terre , dans plusieurs parties du globe , est un composé de soude et d’acide hydrochlorique.

Essais pour la soude. — La potasse et la soude se ressemblent beaucoup par plusieurs de leurs propriétés, et on les confondit, en effet, long-tems. On a proposé l’acide oxalique comme le réactif propre à distinguer ces deux alkalis. Quelques milligrammes de l’acide solide étant ajoutés à une solution de potasse, forme un précipité très - soluble , tandis qu’avec la sonde, le précipité est presque insoluble.

On purifie la soude de même que la potasse; dans cet état, elle a la forme de lames solides d’une couleur blanche grisâtre ; le goût est analogue à celui de la potasse ; elle a des propriétés caustiques et corrosives semblables , elle change les couleurs bleues végétales en vert et pèse 1 .3. Par l’évaporation lente de sa solution alcoolique , elle cristallise en prismes ; exposée à la chaleur , elle se liquéfie et prend une consistance oléagineuse; soumise à une chaleur rouge, elle s’élève en vapeurs acres corrosives. Quand on l’expose à l’air, la soude

devient d’abord humide par l’absorption de l’eau et de l’acide carbonique, et lorsque l’air est sec, elle s’effleurit et tombe en poudre ; elle a beaucoup d’affinité pour l’eau ; quand l’alkali sec est humecté avec de l’eau, celle-ci est absorbée et devient solide avec dégagement de chaleur.

La soude est employée aux memes usages que la potasse ; dans quelques manufactures , on la préfère même à cette dernière , parce qu’elle est moins âcre et corrosive , et se trouve par là moins susceptible d’attaquer les formes des substances végétales ou animales, que l’on soumet à son action.

Sulfure de soude. — Il est produit par le procédé suivi à la préparation du sulfure de potasse; et dans la plupart de ses propriétés , il lui est analogue.

Hydro-sulfure de soude. — Si on fait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré dans une solution de soude, le gaz est absorbé et condensé jusqu’à saturation de l’alkali. Ce composé est l’hydro-sulfure de soude , qui cristallise en prismes tétraèdres, terminés par des pyramides quadrangulaires. Les cristaux sont transparens et incolores, sans odeur, mais d’un goût très-amer; très-solubles dans l’eau, déliquescens à l’air, et prenant une teinte verdâtre. Ils se décomposent par l’action des acides qui en dégagent le gaz hydrogène sulfuré.

Sulfure hydroguré de soude. — Quand on dissout le sulfure de soude sec dans l’eau , celle-ci est décomposée. Une partie de soufre se combine avec son hydrogène , pour former du gaz hydrogène sulfuré, qui se combine avec le sulfure, et constitue le sulfure hydroguré de soude. La liqueur prend une couleur rouge foncée ; après quelque tems , elle acquiert l’odeur du gaz hydrogène sulfuré; le goût en est âcre, amer et froid; elle communique une tache verte à la peau. Ce liquide a une action très- considérable sur les substances métalliques.

' Sulfate de soude. — Ce sel, composé d’acide sulfurique et de soude , est aussi connu sous le nom de sel de Glauber. On l’obtient par combinaison directe, mais on l’a d’ordinaire pendant la décomposition du sel ordinaire, par le moyen de l’acide sulfurique dans les manufactures de sel ammoniaque. La

solution étant filtrée, purifiée et évaporée lentement, on obtient des cristaux transparens en forme de prismes hexaèdres terminés par des sommets dièdres. Ce sel est d’un goût rafraîchissant, amer et nauséabonde; il est efflorescent à l’air sec, très-soluble dans l’eau froide , et ne requérant que les 3/5 de son poids d’eau bouillante.

Fusion aqueuse et ignée Quand on l’expose à la chaleur,

ceysel subit d’abord la fusion aqueuse , qui est la séparation de son eau de cristallisation ; il reste une poudre qui fond une seconde fois en continuant un feu rouge; on l’appelle la fusion ignée. Il ne se produit aucun changement dans les parties constituantes, car, lorsqu’on le redissout dans l’eau, on en obtient des cristaux semblables à ceux qu’on avait soumis à l’expérience. Le sulfate de soude soumis à une chaleur rouge, est décomposé par le charbon ; l’oxigène de l’acide se sépare ev on obtient un sulfure de soude. Les parties constituantes du sulfate de soude sont 23.52 d’acide, et 18.48 de soude, plus 58 d’eau de cristallisation.

Ce sel est beaucoup employé en médecine; en chimie on s’en sert pour décomposer d’autres substances , et dans les arts on en extrait la soude.

Sur-sulfate de soude. — Si on dissout le sulfate de soude dans l’acide sulfurique , et que l’on mette la solution à cristalliser, il se dépose des cristaux rhomboïdaux, qui contiennent un excès d’acide , que l’on peut enlever par la chaleur ; ils s’effleurissent à l’air, et se dissolvent dans deux fois leur poids d’eau à i5° 56.

Sulfite de soude. — On prépare ce sel en faisant passer un courant de gaz acide sulfureux dans une solution saturée de carbonate de soude; on obtient une masse de petits cristaux qui , dissous dans l’eau à 5o° , cristallisent par le refroidissement. Ces cristaux ont la forme prismatique , dont deux des côtés sont très-larges , les deux autres très-étroits , terminés par des sommets dièdres ; ils sont transparens.

Ce sel a le goût sulfureux et rafraîchissant; il s’effleurit à l’air; il est très-soluble dans l’eau, et cristallise par le refroi-

APPLIQUEE aux arts et aux manufactures. 17!» dissement. La solution étant exposée à l’air, se convertit en sulfate. Ce sel éprouve facilement la fusion aqueuse , et si on augmente la chaleur , une partie de soufre se dégage et convertit le sel en sulfate.

Nitrate de soude. — Ce composé, autrefois appelé nitre cubique ou rhomboïdal , se prépare par la combinaison directe de l’acide et de l’alkali, ou par la décomposition du muriate ou du carbonate de solide par l’acide nitrique ; le sel cristallise et prend une forme rhomboïdale.

Le goût en est rafraîchissant , mais plus amer que le nitrate de potasse. Il attire l’humidité de l’air, et se dissout dans trois parties d’eau froide, ou en moins de son poids d’eau à ioo°. Il décrépite sur les charbons rouges ; il est moins fusible que le nitrate de potasse, et par sa décomposition, il laisse dégager les gaz oxigène et azote. Les parties constituantes de ce sel sont 53 d’acide, 41 de soude et 6 d’eau de cristallisation lorsqu’on la fait sécher à une température de 210 centigrades.

Muriate de soude. — Suivant les vues de S. H. Davy , relativement à la composition de l’acide muriatique ( hydrochlorique ) et de l’acide oximuriatique ( chlore ) , ce dernier est une substance simple , et le premier est un composé de chlore et d’hydrogène ; ce sel ( muriate de soude ) ne serait pas un composé d’acide hydrochlorique et de soude , mais bien de chlore et de sodium , base métallique de la soude. Quelle que soit sa composition réelle , aucun sel n’a été plutôt connu que celui-ci, sous le nom de sel commun, sel marin, parce qu’il est très-abondant dans les eaux de la mer , et sel gemme ou de roche , parce qu’il existe en masses solides au centre de la terre.

La plus grande partie du sel de commerce s’extrait des eaux de la mer par l’évaporation. Dans quelques pays comme à Marennes, dans la Saintonge, on fait arriver les eaux dans des pièces qu’on nomme marais salans; l’évaporation se fait facilement par les chaleurs salaires , et se trouve favorisée par le peu de profondeur de l’eau; le sel qu’on extrait de

la sorte fournit aux besoins de la France et de l’Angleterre.

Dans le nord, sur les cotes de Norwége et dans la mer Blanche , on met à profit les fortes gelées du climat. On fait arriver de même les eaux de la mer dans des bassins qu’011 laisse geler ; on enlève à plusieurs reprises la glace , et on obtient de la sorte une eau fortement chargée que l’on porte ensuite dans des chaudières où on finit l’évaporation nécessaire.

La méthode de purifier le sel, dépend du principe, que les sels qui sont mêlés avec le muriate de sonde sont plus solubles que celui-ci. On réduit une quantité de sel ordinaire en poudre fine , qu’on introduit dans un cône- de bois , qui est légèrement bouché à l’extrémité, afin que l’eau puisse découler lorsqu’on place le cône dans une position renversée ; on prépare une solution saturée , et on la verse bouillante sur le sel qui se trouve dans le cône. Cette solution élève les sels solubles, sans attaquer le muriate de soude, puisqu’elle en est déjà saturée ; il est certain néanmoins que cette purification n’est que partielle.

Pour des expériences de chimie, le muriate de soude doit être purifié d’une autre manière. On le dissout dans 4 parties d’eau froide , on filtre , et on ajoute une solution de soude jusqu’à ce qu’il apparaisse un précipité. On évapore ensuite jusqu’à ce qu’on obtienne des cristaux cubiques à la surfac.e ; mais l’évaporation lente produit des cristaux plus volumineux. On purifie aussi le sel ordinaire en ajoutant une solution de muriate de barite, et puis du carbonate de soude jusqu’à ce qu’on observe un précipité; on filtre ensuite et on évapore. Dans ce procédé, la barite s’unit avec l’acide sulfurique de la solution, et le carbonate de soude précipite les terres qui sont en combinaison avec l’acide hydrochlorique.

Les cristaux du sel ordinaire sont des cubes parfaits , qui subissent néanmoins plusieurs modifications. Le goût en est agréable, et sert de comparaison dans la distinction des substances salées. Sa pesanteur spécifique est 2.12; il ne change pas quand on l’expose à l’air, la déliquescence du sel

du commerce est produite par son mélange avec les autres sels : il est soluble dans un peu plus de deux fois et demie son poids d’eau, et cette solubilité est à-peu-près la meme à l’eau bouillante.

Assujetti à une forte chaleur, le muriate de soude décrépite, et abandonne son eau de cristallisation; il fond à une chaleur rouge, et s’élève en vapeurs blanches; mais il n’est pas décomposé, car les vapeurs condensées produisent toutes les propriétés du sel ordinaire. Le muriate de soude est décomposé par les acides qui ont une plus grande affinité pour la soude que n’en a l’acide hydrochlorique : l’acide sulfurique le décompose pour en obtenir l’acide hydrochlorique du commerce , et la soude. L’acide sulfurique forme un sulfate de soude, tandis que l’acide hydrochlorique dégagé est conduit dans des chambres de plomb contenant une solution d’ammoniaque, où il forme l’hydrochlorate d’ammoniaque. Le sulfate de soude , après avoir été soumis à une forte chaleur dans un fourneau , est mêlé avec son poids de chaux et moitié son poids de poussier de charbon ; le mélange est fortement chauffé dans un fourreau à reverbère et remué de tems en tems afin de dégager le soufre et les gaz ; le produit est une masse solide , noire , composée de carbonate de soude, de chaux et de charbon. On peut en extraire le carbonate de soude par la solution aqueuse et l’évaporation.

Ce procédé étant très-cher à mettre en œuvre , on a proposé différens moyens économiques. On fait un mélange de sel ordinaire et de chaux, et on en forme une pâte que l’on expose à l’humidité ; bientôt le sel est décomposé , une efflorescence de soude apparaît à la surface de la masse. On explique ainsi la formation de la soude sur la surface des terres en Égypte. Le carbonate de chaux et le muriate de soude y abondent, et partout où il y a une humidité suffisante, il se forme une grande quantité de carbonate de soude.

On peut encore obtenir ce sel , en décomposant le muriate de soude par la litharge ( protoxide de plomb], dans un mélange de 4 parties de litharge et d’une partie de sel dissous

dans une petite quantité d’eau; il se produit une décomposition ; l’acide hydrochlorique se combine avec le plomb , et se précipite; la soude, restant dans la solution, peut être filtrée et évaporée.

On peut également décomposer le sel ordinaire par le fer et les autres métaux. Une lame de fer étant plongée dans une solution de sel, on l’expose pendant quelque tems dans *pn lieu humide, où elle se couvre d’une incrustation de soude.

Les parties constituantes du muriate de soude sont 46 d’acide et 54 de soude; si on considère ce sel comme composé de chlore et de sodium , ses proportions sont 59 . 5 de chlore et 4o.5 de sodium.

Aucune substance ne peut être plus importante que le sel ordinaire , tant sous le rapport de l’économie domestique , que sous celui des arts; on pourrait même le regarder comme nécessaire à la vie ; il est le plus propre de tous les composés salins, pour préserver les matières animales alimentaires; il est considérablement employé dans plusieurs procédés métallurgiques et dans la teinture.

Chlorate de soude. — Ce sel est préparé de la même manière que le chlorate de potasse ; mais comme il a presque le même degré de sublimité que le muriate de soude, il est difficile de l’obtenir pur; ses cristaux prennent la forme de lames plates ou rhomboïdales ; il est soluble dans trois parties d’eau froide ainsi que dans l’alcool ; il produit un goût rafraiçhissant à la bouche. Comme le chlorate de potasse, il se décompose par les combustibles et les acides. Il fond sur les charbons rouges, et produit une lumière jaunâtre. On considère ce sel comme un composé d’acide chlorique et de soude.

Borate de soude. — Ce sel s’obtient en saturant l’acide boracique, de soude ; on connaît peu ses propriétés et sa nature.

Sous-borate de soude. — On croit que les anciens connaissaient ce sel et qu’on l’appelait chrysocalle , de sa propriété d’aider la fusion de l’or et des autres métaux. Le mot de

borax est dérivé de quelque langue orientale. Homberg au commencement du dix -huitième siècle, sépara l’acide de cet alkali, et lui donna le nom de sel sédatif de Homberg. Le borax est une production naturelle de la terre, dans plusieurs parties du monde et particulièrement dans l’Orient, où on le nomme tincal;t t quand on le verse dans le commerce, on le distingue sous le nom de borax brut. Dans cet état, il a la forme de petits cristaux grisâtres, mêlés de matières étrangères.

Dans le principe , les Vénitiens seuls purifiaient le borax ; les Hollandais , pratiquèrent exclusivement par la suite ce genre de commerce; nous tenons de ces derniers les procédés les plus utiles. Les solutions et cristallisations répétées , qui sont nécessaires, se font dans es vases de plomb. Il est probable qu’on emploie l’eau de chaux dans le cours de ces opérations.

Le borax purifié a la forme d’un prisme hexaèdre, dont deux côtés plus larges, terminés par des pyramides trièdres; le goût en est agréable et alkalin ; il change les couleurs bleues végétales en vert, s’effleurit légèrement à l’air, et se dissout dans 12 parties d’eau froide ou 6 à ioo°.

Le borax fond par la chaleur; il prend la forme d’une masse poreuse qui le convertit en borax calciné ; lorsque la température est élevée à une chaleur rouge, il change en un verre transparent soluble dans l’eau.

Comme son nom l’indique, l’alkali est en excès dans ce composé, et ses parties constituantes sont 34 d’acide, 17 de soude et 49 d’eau de cristallisation. Le borax est trèsemployé comme fondant des métaux, et pour accélérer la soudure des métaux précieux; on l’employe aussi comme „ fondant de minéraux traités au chalumeau. Le borax calciné est appliqué aux éruptions de la bouche comme un absorbant.

Phosphate de soude. — Ce composé était autrefois connu sous les noms de sef fusible ou sel microscomique. On l’obtient en saturant de carbonate de soude, le phosphate acide de chaux; l’alkali doit être ajouté en excès. Comme le carbonate et une petite partie de phosphate de chaux se précipitent dans

l8o KJLÉMENS DE CHIMIE PRATIQUE

la solution, il faut la filtrer et l’évaporer jusqu’à ce qu’il paraisse une légère pellicule. Il cristallise par le refroidissement (i).

Les cristaux sont des rhomboïdes allongés , ou des prismes rhomboïdaux ; le goût en est rafraîchissant et doux ; ils s’effleurissent à l’air; 4 parties d’eau à i5.56 et une demie de son poids d’eau à ioo° centigr. opèrent la dissolution.

Exposé à la chaleur , ce sel subit la fusion aqueuse ; il fond

(i) Le procédé pour obtenir le phosphate de soude est assez difficile, et requiert des soins particuliers. Voici un procédé dont le résultat m’a été très-favorable.

Les proportions des substances sont :

Os pulvérisés et calcinés à blanc, 9 onces; acide sulfurique à 66°, 4 onces ; carbonate cristallisé de soude , 1 once ; eau , 4 livres.

On procède comme suit :

i° On met une livre d’eau sur les os, et on ajoute, en remuant, 2 onces d’acide sulfurique ; la matière prend la consistance du plâtre gâché épais;

20 On ajoute sur-le-ehamp une autre livre d’eau par portions, puis 1 once d’acide sulfurique; la masse remuée prend la consistance du miel ;

3° On fait bouillir à couvert, en remuant souvent; on retire le feu, et on ajoute 1 livre d’eau;

4° On filtre à froid ;

5° On ajoute une livre d’eau sur le résidu, et 1 once d’acide; on fait bouillir et on filtre ;

6° On réunit les liqueurs, on fait évaporer jusqu’à réduction de 8 onces, et on filtre pour en séparer le sulfate de chaux;

70 On ajoute 1 once de carbonate de soude à chaud et dissoute dans le moins d’eau possible.

Cette quantité suffit pour faire passer au violet le papier teint au bois de Fernambouc.

8° On filtre à chaud , et un quart d’heure après , la cristallisation s’opère.

Il est important de faire cristalliser dans un courant d’air ; la première cristallisation produit toujours r once 7 grains séché sur papier Joseph. (Vote du Traducteur.)

APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. l8l

à une chaleur rouge et change en un verre blanc par le refroidissement; sous l’action du chalumeau, sur un charbon, il devient opaque par le refroidissement et prend une forme polyédrale. Il est en partie décomposé par les acides nitrique, sulfurique et hydrochloriqne ; il se convertit en un surphosphate de soude. Les parties constituantes de ce sel sont 20 d’acide, 18 d’alkali et 62 d’eau; il est très-employé en médecine comme axatif.

Carbonate de soude. — On l’extrait des plantes marines , particulièrement des fuci. Il peut ctre préparé en dissolvant une quantité de soude du commerce dans trois ou quatre fois son poids d’eau pure , filtrant la solution et l’évaporant jusqu’à pellicule. Cette pellicule , qui consiste en petits cubes de sel ordinaire , doit être enlevée , et la chaleur continuée jusqu’à ce qu’il n’en paraisse plus ; après quoi , on laisse cristalliser.

Les cristaux de ce sel sont des octaèdres rhomboïdaux, formés par deux pyramides tétraèdres tronquées près de leur base; le goût de ce sel est légèrement âcre ; il verdit les couleurs bleues végétales , et s’effleurit rapidement à l’air ; il est soluble dans 2 parties d’eau froide et dans un peu plus de son poids d’eau bouillante.

Exposés à la chaleur, ils éprouvent la fusion aqueuse; ils fondent à une chaleur rouge et se convertissent en un liquide transparent. Les parties constituantes de ce sel sont 16 d’acide, 22 de base et 62 d’eau de cristallisation.

Sur-carbonate de soude. — L’acide est en proportion double dans ce sel, comparé à l’autre; on l’obtient en faisant passer un courant de gaz acide carbonique dans une solution de carbonate de soude; il se dépose une masse solide. On l’a trouvé natif dans quelques parties de l’Afrique , et il change si peu à l’air, qu’on en construit même des murs de cabanes, au lieu de pierres.

ArseniQte de soude . — Il ressemble à l’arseniate de potasse dans ses propriétés; lorsqu’il est saturé, les cristaux ont la

' jSj, ÉLÉMENS DE CHIMIE PRATIQUE

forme de prismes hexaèdres; mais avec un excès d’acide, il est déliquescent, et refuse de cristalliser.

Acétate de soude. — On 1 obtient par la voie ordinaire, en saturant d’acide acétique une solution de l’alkali, la filtrant jusqu’à pellicule , et laissant cristalliser. Ces cristaux sont semblables à ceux du sel de Glauber, en prismes striés ; le goût en est amer et piquant : cet acétate est soluble dans trois parties d’eau froide , et il se décompose par la chaleur. Le résidu , \ après avoir subi la distillation, a des propriétés phosphorèscentes.

Oxalate de soude . — Si l’on fait dissoudre deux parties de carbonate de soude cristallisé, dans une partie d’acide oxalique , une partie d’oxalate de soude se précipite, et l’aütre reste dans la solution ; on peut l’extraire par l’évaporation. Ce sel verdit le sirop de violette.

L’acide oxalique peut aussi former un sel acide avec la soude.

Tartraie de soude. — L’acide tartarique saturé de soude , produit des cristaux aiguillés ; ce sel se combine avec une autre partie d’acide, pour former un sur-tartrate , qui est moins soluble dans l’eau.

Citrate de soude . — On l’obtient par voie directe en prismes hexaèdres; il a le goût salin, s’éffleurit à l’air, et se dissout dans deux parties d’eau : quand on le chauffe il se boursoufle et se convertit en charbon.

Benzoate de soude. — L’acide benzoique et la soude forment un sel qui cristallise facilement , dont le goût est piquant et salé ; il est déliquescent à l’air et très-soluble.

Camphorate de soude. Ce sel s’obtient en saturant la soude d’acide camphorique , par une évaporation lente ; il est blanc, transparent et irrégulier. Le goût en est amer; il s’effleurit à l’air, et se dissout dans 8 parties d’eau bouillante : il se boursoufle par la chaleur, l’acide se dissipe en vapeurs aromatiques, et il brûle avec flamme bleue; au chalumeau, l’acide se sublime et l’alkali reste.

APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. l8^

SECTION III

UE l’ammoniaque et de ses composés.

On le connaissait autrefois sons le nom d’alkali volatil. Son nom actuel lui vient du temple de Jupiter Ammon , où on recueillait une grande quantité de sel ammoniaque, produit par l’incinération des matières fécales des chameaux. L’ammoniaque paraît avoir été décrit par les alchimistes du quinzième siècle ; mais ce ne fut que vers le dix-huitième siècle , qu’on découvrit qu’il était composé d’hydrogène et d’azote.

Préparation, (i). — L’on introduit dans une cornue une

(i) Ce n’est point là le procédé que l’on suit dans le commerce; la grande quantité que l’on en expédie de Paris pour Lyon, où elle est appliquée à la teinture de la soie , est généralement fabriquée par le procédé ci -après :

On introduit des matières animales et des vieux chiffons dans des cylindres de fonte de fer ; on applique la chaleur nécessaire , et on obtient une quantité prodigieuse de vapeurs que l’on conduit dans des réfrigérans , où elles se condensent ; on filtre cette liqueur dans de la chaux vive, et on obtient un sulfate d’ammoniaque cristallisable. Ces cristaux sont repris par d’autres fabricans, qui commencent par les purifier, en les dissolvant dans l’eau, et en passant cette dissolution sur un filtre de charbon végétal. On le fait cristalliser de nouveau , et on l’introduit avec son poids de chaux vive dans un appareil en fonte de fer; on applique une chaleur modérée , et on recueille le gaz qui se développe dans des tourilles placées dans des baquets réfrigérans. Par ce procédé, on obtient une liqueur qui pèse 24°. Il est à observer qu’on peut également employer le carbonate d’ammoniaque tel qu’on l’obtient d’abord de la calcination de la matière animale ; mais la quantité d’huile empvreumatique qui s’y trouve mêlée, et qu’on ne sépare que difficilement, fait que l’on préfère l’autre moyen indiqué. Eu général, on ne saurait trop répéter les filtrations des sels ammoniacaux dans cette fabrication ; c’est le seul moyen d’obtenir une liqueur limpide et diaphane.

Il est des fabricans qui ne purifient pas le sulfate d’ammoniaque, et

partie de sel ammoniaque en poudre, et trois de chaux vive,, on fait dégager , par le moyen de la chaleur , le gaz ammoniaque qu’on recueille sur du mercure , ou dans l’eau.

Propriétés. — Les propriétés physiques du gaz ammoniaque ressemblent à celles de l’air : le goût est acre et caustique , mais moins corrosif que les autres alkalis; l’odeur en est extrêmement piquante. Il verdit les couleurs bleues végétales, et éteint les corps en combustion. Un litre de ce gaz à o et sous la pression de ora 76, pèse 0.7752.

Quand on le fait passer à travers d’un tube rouge , il se décompose et se convertit en azote et en hydrogène ; quand la température est à — 4^° 77 , il se condense et devient liquide ; mais , lorsque la température s’élève , il reprend la forme élastique.

Les proportions de ses parties constituantes sont de trois volumes d’hydrogène, et d’un volume d’azote, condensés en deux volumes. Ce sont les proportions qui ont été obtenues par la décomposition du gaz ammoniacal sec , par le moyen de l’électricité. Ce gaz est facilement absorbé par l’eau , à la température de -f- 10, et lorsque le baromètre est à près de onl 76, elle en absorbe près de 670 fois son volume; la pesanteur spécifique de l’au en est diminuée. Cette solution se nomme ammoniaque liquide. Lorsqu’on l’expose à la température de 54.44 centigr. , le gaz s’en dégage, et lorsqu’on abaisse graduellement la température à — 4°° centigr. , il cristallise ; il est alors dépourvu d’odeur. Quand le gaz ammoniacal se combine avec l’eau , celle-ci s’échauffe en raison du calorique qui se dégage de l’ammoniaque, et qui se com-

qui se contentent d’ajouter dans leur appareil une demi-partie de poussier de charbon végétal sur une de sulfate d’ammoniaque employé. Ce moyen est bon en ce qu’ alors l’appareil ne distille pas une quantité d’eau qui passe souvent dans la première tourille , pendant le premier procédé; la raison en est que le mélange n’est pas alors aussi liquide;, mais le produit n’en est pas aussi beau. ( Note du Traducteur Q

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bine avec l’eau. De même que la pesanteur spécifique de l’eau diminue ou augmente suivant la quantité de gaz qu’on y combine , de même -aussi son point d’ébullition est sujet à variations.

On obtient des produits différens par l’inflammation du gaz ammoniacal et du gaz oxigène , au moyen de l’électricité , ou bien quand on les passe dans un tube rouge de porcelaine , suivant les proportions des gaz employés. Quand l’oxigène domine , la plus grande partie de l’ammoniaque disparait , et il se dépose du nitrate d’ammoniaque ; une partie d’oxigène se combine avec une partie d’azote de l’ammoniaque pour former de l’acide nitrique, et une autre partie de cet oxigène, s’unissant avec une partie d’hydrogène de l’ammoniaque, forme de l’eau; enfin, le tout entre dans la composition du nitrate d’ammoniaque. Mais quand l’ammoniaque est en excès , elle est entièrement décomposée ; une partie de son hydrogène forme de l’eau avec l’oxigène , et l’autre partie se dégage avec l’azote.

Le gaz ammoniacal combiné avec le chlore , brûle avec une flamme blanche ; l’ammoniaque est en partie décomposée ; son hydrogène s’unit avec le chlore pour former de l’acide hydrochlorique , qui se combine avec l’ammoniaque restante , et forme du sel ammoniaque. Une partie de gaz azote se dégage.

Le gaz ammoniacal est absorbé par lè charbon à froid , sans changement dans ses propriétés ; mais quand on le passe sur du charbon rouge , il est décomposé ; une partie de charbon se combine avec l’ammoniaque ou avec ses élémens , et forme de l’acide hydrocyanique ( prussique ).

Sulfure dy ammoniaque . — L’ammoniaque se combine en vapeurs avec le soufre , et forme un sulfure qui possède les propriétés des autres sulfures alkalins.

Hydro-sulfure d’ammoniaque. — Quand on fait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré dans de l’ammoniaque liquide, la solution devient jaune verdâtre, et se convertit en hydro-sulfure d’ammoniaque. Quand on distille parties égales de sel ammoniaque, de chaux vive et de soufre, on obtient

l8 6 ÉLÉMENS DE CHIMIE PRATIQUE

un liquide d’une couleur orangé-foncé; il exhale des vapeurs extrêmement fétides , en raison de l’ammoniaque qu’il a retenu. On le désignait autrefois par le nom de liqueur fumante de Boyle. Quand les fumées sont passées , l’excès du soufre se dépose, et l’hydro-sulfure reste alors en état de pureté. On prépare aussi cet hydro-sulfure en combinant les deux gaz ensemble, ammoniaque et hydrogène sulfuré, et en les condensant dans une bouteille entourée d’un mélange frigorifique. Il cristallise en aiguilles; il est transparent et incolore; sa grande volatilité fait qu’il se sublime au sommet des vases dans lesquels on le garde.

Sulfure hydroguré d'ammoniaque. — Quand on verse de l’hydro-sulfure d’ammoniaque sur du soufre , il y a combinaison , et on obtient un sulfure hydroguré : la même combinaison s’obtient en séparent la dernière partie du liquide qui se dégage dans la distillation de la liqueur fumante de Boyle.

Sulfate d'ammoniaque On l’obtient par la voie directe,

en saturant l’alkali d’acide. Il a été découvert par Glauber (i). Les cristaux sont des prismes hexaèdres à côtés inégaux, terminés par des pyramydes ; il n’éprouve pas de changement , excepté à l’air humide ; il est soluble dans deux parties d’eau froide ; il fond à la chaleur , perd une partie de sa base , et devient sur-sulfate; il rougit alors les couleurs bleues végétales , et il est beaucoup plus soluble. Ses parties constituantes sont 55 d’acide, i5 d’ammoniaque et 3o d’eau.

Sulfite d'ammoniaque. — On l’obtient en passant un courant de gaz acide sulfureux dans de l’ammoniaque liquide; la solution saturée produit des cristaux. La forme des cristaux est semblable à celle du sulfate d’ammoniaque , ou bien ils constituent des prismes rhomboïdaux, ou des tétraèdres terminés par des sommets trièdres. Ce sel a un goût froid , piquant et sulfureux ; il est déliquescent à l’air , et se convertit

(i) Voir la note précédente pour la formation du sulfate d’ammoniaque en grand

en sulfate ; il est soluble dans son poids d’eau froide , et une solution saturée agitée à l’air ouvert, se convertit en peu d’heures en sulfate. Ses parties constituantes sont 60 d’acide sulfureux , 29 d’ammoniaque et 1 1 d’eau.

Nitrate cT ammoniaque . — On obtient ce sel par la combinaison directe; on le nommait autrefois nitre inflammable. Il cristallise en prismes hexaèdres; cependant, la forme en varie suivant le degré de température de l’évaporation ; le goût en est âcre et amer, et l’eau bouillante dissout le double de son poids.

Ce sel subit la fusion aqueuse ; il est entièrement privé de son eau de cristallisation, et quand la température est plus élevée , il fait explosion avec une flamme blanche très - brillante. Ses parties constituantes expliquent la raison de cette combustion subite. L’hydrogène de l’ammoniaque s’unit avec l’oxigène de l’acide et forme de l’eau, tandisque l’azote de l’alkali et de l’acide se dégage.

Le deutoxide d’azote , qui est un composé d’azote et d’hydrogène , s’obtient en décomposant ce sel. En général , le nitrate d’ammoniaque sec éprouve une décomposition rapide à la température de 180 à 200° centigrade. Il est très-nécessaire d’observer avec soin la température à laquelle ce sel se décompose dans la préparation du deutoxide d’azote ou gaz du paradis , sur-tout quand on le destine à l’absorber.

Chlorure d'azote. — La décomposition du nitrate d’ammoniaque , par le chlore , produit une substance très-susceptible d’explosion. Si on renverse une fiole remplie de chlore sur une solution faible de nitrate d’ammoniaque , à une température de 38° centigr. , le gaz est absorbé, puisque la solution monte dans la bouteille, et qu’une matière oléagineuse se forme et tombe au fond. Cette substance fut d’abord observée par les philosophes français (1), et a été examinée par eux avec le plus grand soin; la couleur est à-peu-près celle de l’huile d’o-

(t) M. Dulong, en 1811.

l88 ÉLÉMENS DE CHIMIE PRATIQUE

live; l’odeur en est très-pénétrante, et elle est plus volatile que l’éther. Sous l’eau et à la température de g3 . 33 , elle se décompose, mais à ioo° centigr. , il se fait une explosion avec beaucoup de violence. Ce composé produit de pareilles explosions avec des substances inflammables telles que l’huile d’amande ou le phosphore.

L’eau qui est en contact avec cette substance se congèle à 4°. 44 centigr., tandisque celle-ci reste fluide, même à une température très-basse. Quand on la garde dans de l’eau, elle se décompose, et laisse dégager du gaz azote. Elle est aussi décomposée par l’acide hydrochlorique fumant ; il se dégage du chlore, et l’hydrochlorate d’ammoniaque reste dans la solution. Ses parties constituantes sont 19 d’azote et 81 de chlore en volume.

En faisant des expériences sur ce composé remarquable, on doit prendre le soin de n’en jamais employer plus de 75 milligrammes; il est toujours prudent de n’en recueillir que deux ou trois globules à-la-fois.

Hydrochlorate d’ammoniaque. — On le connaît dans le commerce par le nom de sel ammoniaque. Il est dérivé d’Ammonia, contrée de la Lybie; ce nom est dérivé du grec qui signifie du sable, et qui décrit le sol de cette région où un temple fut érigé à Jupiter. Le même sel paraît aussi être une production volcanique , puisqu’on le trouve sublimé dans les' cratères des volcans. Quelque lacs de la Toscane tiennent ce sel en solution dans leurs eaux.

Tel qu’011 le trouve dans la nature, ce sel est très-impur; on le soumet à différens procédés pour en extraire les corps étrangers. En Egypte, on brûle les matières animales qui en sont imprégnées, dans des fourneaux construits exprès; et quelquefois , on se sert des mêmes matières pour alimenter le feu. On introduit la suie qui en provient dans des vases de verre, que l’on soumet à une forte chaleur, pendant trois jours; au bout de ce tems, le sel se trouve sublimé à la partie supérieure des vases.

Dans les manufactures de l’Europe, on le prépare par dif-

férens procédés. On extrait l’ammoniaque de matières animales, (1); on ajoute de l’acide sulfurique pour obtenir un sulfate, et on mêle la solution avec du sel ordinaire, ou du muriate de magnésie; il se produit une double décomposition; l’acide sulfurique s’unit avec la soude ou la magnésie , et l’acide hydrochlorique avec l’ammoniaque. Le degré de solubilité des deux sels procure les moyens de les séparer ; le sulfate de soude est évaporé et cristallisé dans des vaisseaux de plomb, tandis que l’hydrochlorate d’ammoniaque, à l’état d’une masse élastique , est mis dans de larges bouteilles et sublimé.

Préparé par ce dernier moyen , ce sel est en une masse solide , légèrement élastique, fléchissant sous la pression du doigt , et se réduisant difficilement en poudre. Sa pesanteur spécifique est de 1.4. Le goût en est piquant et froid ; il est soluble dans 3 ou 4 fois son poids d’eau; il cristallise par une évaporation lente en pyramides tétraèdres allongées; il se produit un grand froid par sa solution dans l’eau.

Il est à peine altéré à l’air quand il a été sublimé; mais les cristaux sont déliquescens. Il est fusible et volatil par la chaleur ; il s’élève en vapeurs blanches sur les charbons rouges, et se dissipe; à une plus haute température, il se décompose. L’acide sulfurique en sépare l’acide hydrochlorique avec une effervescence violente ; par l’action de l’acide nitrique, on prépare l’acide hydro-chloro-fiitrique ou eau régale. Les parties constituantes de l’hydrochlorate d’ammoniaque sont 68 d’acide et 32 de base. Ce sel est d’une grande importance dans la teinture, dans la préparation des couleurs , dans la métallurgie et quelques autres arts ; ce qui en fait une branche de commerce très-lucrative.

Chlorate d'ammoniaque. — On prépare ce composé en mêlant du carbonate d’ammoniaque à la solution d’un chlorate terreux; ou bien, par la combinaison directe des deux

(1) Comme il a été dit dans la note, page i83.

ÎQO ÉLEMENS DE CHIMIE PRATIQUE

parties constituantes; ses cristaux sont aiguiformcs, très-solubles dans l’eau et dans l’alcool; il est aussi très- volatil ; il a un goût piquant, et il se décompose par une forte chaleur.

Phosphate d’ammoniaque. — Appelé autrefois sel fusible ou microcosmique , il se prépare par la combinaison directe de l’acide phosphorique et de l’ammoniaque. On peut en obtenir des cristaux par une évaporation lente; mais, bien plus facilement par une évaporation spontanée; ils forment alors des octaèdres réguliers , ou des prismes à quatre faces terminés par des pyramides; mais le plus souvent, on obtient une masse confuse en forme d’aiguilles. Le goût est rafraîchissant et piquant , il verdit le sirop de violette , et sa pesanteur spécifique est i .8. Ce sel est légèrement déliquescent à l’air, soluble dans deux fois son poids d’eau froide; il subit la fusion aqueuse par la chaleur, et se change en un verre transparent, qui est acide en raison d’une partie de la base qui se dissipe. Il est décomposé par le charbon et les acides forts, ainsi que par les alkalis. Le phosphate d’ammoniaque s’emploie comme fondant, au chalumeau, dans les essais des substances minérales; on s’en sert beaucoup dans les fabriques de verres colorés, et au confectionnement des pierres fausses.

Phosphite d'ammoniaque. — On l’obtient par la combinaison directe de l’acide phosphoreux et de l’alkali; il cristallise difficilement en forme d’aiguilles allongées, et transparentes; il est déliquescent à l’air et très-soluble. Chauffé sur du charbon au chalumeau , il perd d’abord son eau de cristallisation ; après quoi il est environné d’une belle lumière phosphorescente. La vitrification commence ensuite; il se dégage des bulles de gaz hydrogène phosphuré qui font explosion avec le contact de l’air; enfin l’acide phosphorique reste après la décomposition.

Carbonate d’ ammoniaque . — On le connaît sous le nom d ’alhali volatil concret. On le forme en distillant des matières animales, telles que la corne. Dans les laboratoires, on l’obtient en mêlant deux parties de chaux et une de sel ammoniaque

(hydrochlorate), tous les deux secs et en poudre line, et en les exposant à la chaleur dans une cornue. L’hydrochlorate le décompose; l’acide se combine avec la chaux, et reste dans la cornue; tandis que l’ammoniaque s’unissant avec l’acide carbonique de la chaux , se sublime et forme une masse blanchâtre cristallisée. Le carbonate d’ammoniaque se recueille dans un appareil réfrigérant. Ses cristaux sont petits et irréguliers; le goût en est âcre, et l’odeur est celle de l’ammoniaque faible. Il verdit les couleurs bleues végétales ; il ne change pas à l’air quand il est pur ; deux parties d’eau froide en dissolvent plus d’une de ce sel, et à 48° 89 centigr., une partie d’eau en dissout plus que son poids ; l’eau bouillante en dégage la base, de sorte qu’on ne peut pas s’en servir pour sa dissolution.

Sur-carbonate d’ammoniaque. — Le carbonate d’ammoniaque dissous dans l’eau, et exposé à l’action du gaz acide carbonique, s’absorbe en grande partie, et par l’évaporation , on obtient des cristaux hexaèdres. Ce sel est privé d’odeur et a un goût moins piquant.

Acétate d’ammoniaque. — On le connaissait autrefois sous le nom d ’ esprit de mindereri. On le prépare en saturant l’acide acétique, d’ammoniaque; ce qu’on ne peut faire que lorsqu’ils sont tous les deux concentrés. La volatilité de ce composé en rend la cristallisation difficile, excepté par l’évaporation lente et la sublimation. Les cristaux sont longs , minces et pointus, ayant une couleur blanche perlée. Le goût en est rafraîchissant; il est déliquescent et très-soluble. Il fond à 76°6 7 centigr. , et se sublime à 120° centigr. Par la distillation de la solution , ce sel se décompose en parties : l’ammoniaque s’élève d’abord, puis l’acide, et à la fin de l’opération , une partie du sel lui-même.

Oxalate d ammoniaque.. On le prépare par combinaison

directe , et il cristallise par l’évaporation. Quand l’acide oxalique est saturé d’alkali, il se forme des prismes tétraèdres, terminés par des sommets dièdres, dont un des deux comprend trois des côtes du prisme. Le goût en est amer; une

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partie de ce sel est soluble dans 20 parties d’eau, et insoluble dans l’alcool. Quand on l’expose à la chaleur, il se dégage du carbonate d’ammoniaque , et il ne reste dans la cornue , qu’un peu de charbon. Il est aussi décomposé par les acides minéraux. On peut former un sur-oxalate par l’addition d’une quantité d’acide oxalique ; enfin les oxalates de potasse et de soùde forment, avec l’oxalate d’ammoniaque, des sels triples. Ce sel est très-employé comme réactif pour découvrir la présence de la chaux et pour en déterminer les proportions.

Tartrate d’ ammoniaque. — Ce sel cristallise facilement et a un goût amer; il est très-soluble dans l’eau et se décompose par la chaleur; par l’action des acides forts, une partie de la base s’en sépare , pour former un sur-tartrate qui est moins soluble.

Camphorate d’ammoniaque. — On obtient ce sel. en ajoutant l’acide camphorique à une solution de carbonate d’ammoniaque à 4 5° centigr. , jusqu’à ce que l’effervescence cesse. L’évaporation doit se faire lentement, à cause de la volatilité de la base. Il ne cristallise que difficilement. Quand l’évaporation n’est pas poussée trop loin , on obtient une masse cristalline , dans laquelle on observe des cristaux aiguillées; évaporé à siccité, il se forme une masse solide et opaque dont le goût est amer et piquant. Le camphorate d’ammoniaque est légèrement déliquescent, peu soluble à l’eau froide, mais bien dans trois parties d’eau à ioo°. Il se dissout entièrement dans l’alcool , et un excès de base le rend plus soluble. Sur les charbons rouges , il fond , s’élève en vapeurs ; produit une flamme bleue et rouge au chalumeau , et se dis- , sipe enfin entièrement.

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