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CHAPITRE XY

DES TERRES

On compte neuf substances auxquelles on donne ce nom ; ï° la magnésie, 2° la chaux, 3° la barite, 4° la strontiane, 5° l’alumine , 6° la silice , 70 l’yttria ; 8° la glucine , 90 la zircone. Les quatre premières sont analogues aux alkalis, dans quelques-unes de leurs propriétés. Elles sont solubles dans l’eau, et verdissent les couleurs bleues végétales. Ces propriétés leur ont fait donner le nom de terres alkalines. Les cinq dernières, insolubles dans l’eau, n’ont ni goût ni odeur, et sont des terres proprement dites.

Ces substances, ainsi que les alkalis, paraissent être des oxides métalliques, c’est-à-dire composées d’oxigène et d’une hase métallique particulière.

1 . Du magnésium . — C’est la base métallique de la magnésie. On décompose cette terre en la soumettant légèrement humide et en contact avec le mercure, à l’action du galvanisme; on obtient un amalgame de mercure et de magnésium, que l’on distille dans des tubes de verre remplis de vapeurs d’huile de naphte; mais comme la base métallique paraît agir sur le verre , il est difficile de se la procurer en parfaite pureté. Ce métal est blanc et solide , ayant une apparence argentine; il est plus pesant que l’eau, et quand on l’expose à l’air, il se convertit en magnésie par l’absorption rapide de l’oxigène.

2. Du calcium. — On mêle une petite quantité de chaux pure avec le tiers de son poids d’oxide rouge de mercure; on place le mélange sur une lame de platine que l’on fait correspondre à l’extrémité positive de la batterie galvanique; on introduit dans une cavité du mélange terreux, un globule

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de 38 centigrammes de mercure, que l’on met en contact avec l’extrémité négative de la batterie , au moyen d’un fil de platine. Par l’action galvanique, on obtient un amalgame que l’on distille dans des tubes de verre remplis de vapeurs de naphte. La plus grande partie du mercure se dégage ; mais il est très-difficile d’en séparer toute la quantité. On obtient un globule solide, ayant l’apparence d’argent, qui est le calcium. Quand on l’expose à l’air , il se convertit en peu de tems , en chaux, par l’absorption de l’oxigène; et quand on le chauffe à l’air libre , il brûle rapidement. On obtient pour produit de la chaux vive. La très-petite quantité qu’on a obtenue de ce sel jusqu’à ce jour , a empêché d’en étudier les propriétés avec soin ; sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de l’eau.

3. Du barium. ~ On obtient ce métal par un procédé semblable; sa couleur est argentée, se ternissant promptement à l’air, et se convertissant en barite. Ce métal est plus pesant que l’eau qu’il décompose pour produire une solution de barite. Il fond à une chaleur rouge brun , et requiert une température très-élevée pour se volatiliser.

4- Du strontium. — On obtient ce métal par un procédé semblable à celui des autres : il est blanc et solide, plus pesant que l’eau , et semblable au barium. Il se convertit en strontiane par son exposition à l’air , par l’absorption de l’oxigène.

5. De l’aluminium. — Il paraît que l’alumine n’est non plus qu’un composé d’une base métallique et d’oxigène , quoiqu’on n’ait pu l’obtenir séparée. Si on soumet à l’action du galvanisme un globule de fer en contact avec de l’alumine humide, on obtient un alliage qui fait effervescence dans l’eau , et qui se couvre d’une poudre blanche , laquelle n’est que l’alumine restaurée par l’absorbtion de l’oxigène.

6. Du silicium. — La silice a été soumise à de pareilles expériences, afin d’en opérer la décomposition. Quand on fait passer du potassium dans de la silice contenue dans un tube de platine , ce métal se convertit en potasse en se combinant avec l’oxigène de la silice, et il s’en sépare une substance

APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. igj

brune qu’on suppose être du silicium. On croit que cette base est d’une nature métallique, quoique cependant ses propriétés, analogues à celles du carbone et du bore, pourraient la faire considérer comme un corps simple non métallique. Cette substance, quelle que soit sa nature, s’unit facilement avec l’oxigène , et se convertit en silice. Suivant la dernière manière de considérer cette base, la théorie la fait classer parmi les acides.

7. Yttrium. — On croit que l’yttria consiste également en une base métallique; mais on n’a pu encore l’obtenir en quantité assez notable pour en déterminer les propriétés. Quand on fait passer du potassium dans de l’yttria, à une chaleur rouge , il se forme de la potasse et on observe des particules de couleur grise , mêlées avec l’alkali. On croit que ces particules sont l’yttrium.

8. Glucinium. — La glucine soumise à une pareille expérience , on trouve aussi des particules métalliques mêlées avec la potasse. Elles décomposent l’eau en dégageant son hydrogène.

9. Zirconium. — La composition de la zircone paraît être semblable à celle des autres terres, et sa base est appelée zirconium.

SECTION I

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