DU TUNGSTÈNE ET DE SES COMPOSÉS
Ce nom (dérive d’une substance blanche minérale et transparente , qui est composée de ce métal à l’état acide et de chaux. Les propriétés métalliques en furent découvertes par MM. d’Elhugart, chimistes espagnols, dans une substance nommée fValfram , où l’acide se trouve combiné avec la magnésie et le fer.
Pour décomposer l’acide et en extraire le métal, on mêle la mine avec du poussier de charbon , et on la somïiet à la
plus forte chaleur dans un creuset. Il se rassemble une masse au fond, composée en partie de globules métalliques et d’une poudre friable et noirâtre. Le métal est gris , très-brillant et ressemblant à l’acier ; c’est un des plus durs et des plus pesans. Sa pesanteur spécifique est de 17.4; il est très-difficile à fondre. Quand on chauffe le tungsthène à vase ouvert , il se convertit en oxides, qui sont le brun et le jaune. Ce dernier, qui a des propriétés particulières , s’appelle acide tungstique. On le prépare en faisant bouillir 3 parties d’acide hydrochlorique et une de Walfram; l’acide étant décanté au bout d’une demi-heure , laisse précipiter une poudre jaune par le repos, qui , étant dissoute dans l’ammoniaque et évaporée à siccité , produit une niasse sèche, que l’on soumet à une chaleur rouge et qui constitue alors l’oxide jaune pur, ou l’acide tungstique.
Le tungsthène s’unit avec le phosphore et le soufre ; il forme aussi des alliages avec d’autres métaux, et l’acide tungstique forme des composés salins avec les alkalis; le peu d’importance de ces composés ne permet pas d’y fixer plus long-tems l’attention ; la rareté d’ailleurs du métal sera encore long-tems un obstacle à l’investigation complète de ses propriétés.
SECTION XXI
du molybdène et de ses composés.
Vers l’année 1778, Scheele obtint d’un minéral appelé sulfure de molybdène , une substance acide que Bergman conjectura être un oxide métallique. Les recherches de Pelletier ont établi que la base de cet acide était un métal particulier, et que le minéral était un composé de ce métal et de soufre. Pour l’extraire , on fait griller la mine h différentes reprises , jusqu’à ce qu’elle soit réduite en poudre. Cette poudre étant dissoute dans l’ammoniaque, on fait évaporer à siccité; la masse sèche avec l’addition d’un peu d’acide nitrique, étant chauffée modérément, précipite un oxide blanc de molybdène.
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Cctle poudre , mêlée avec du charbon ou de l’huile , et exposée à une très-forte chaleur, perd son oxigène et se réduit; mais le métal n’est qu’en petits grains , très-cassans , brillans , blancs , d’une pesanteur spécifique de 7.4, à 8.6. Quand on expose une partie de ce métal à la chaleur à vase ouvert , il s’oxide et on obtient 3 oxides de molybdène ; l’oxide brun s’obtient en exposant le sulfure de molybdène à la chaleur à vase ouvert, jusqu’à ce que le soufre soit dissipé; le métal se réduit en acide molybdique, qui, étant dissous dans l’ammoniaque et évaporé à siccité, puis la masse sèche introduite dans un creuset couvert de poussier de charbon, produit après avoir été exposée à une chaleur blanche , une masse cristalline qui est l’oxide brun. L’oxide bleu se prépare en mêlant une partie de métal en poudre et deux parties d’oxide blanc ; on en fait une pâte avec de l’eau à 3o centigr. et on le triture jusqu’à ce quelle devienne bleue, faisant ensuite bouillir le tout pendant 8 à 10 minutes. Cette solution étant filtrée et évaporée , il reste une belle poudre fine qui est l’oxide bleu. L’oxide blanc ou l’acide molybdique se prépare en grillant le sulfure, dissolvant le résidu dans l’ammoniaque et ajoutant de l’acide nitrique qui précipite l’acide molybdique en écailles blanches; celles-ci jaunissent par la fusion et la sublimation.
Le molybdène se combine avec le phosphore et le soufre; le sulfure de molybdène est le Seul qu’on trouve dans la nature. Ce métal forme des alliages avec d’autres métaux ; avec les acides, il forme des solutions qui sont bleues et incristallisables; l’acide molybdique forme aussi des composés nommés molybdates , avec les alkalis et les terres.
SECTION XXII