‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 31 sur 56 · VL · texte numérisé non relu

VL

De V Acide boracique ou borique.

D’où retire-t-on l’acide boracique ?

Cet acide se retire du borax du commerce (sous-borate de soude). Il existe tout formé dans plusieurs lacs de la Toscane, ainsi que dans quelques mines ; mais il est, dans ce cas, presque toujours combiné avec plusieurs especes de borates , et a des sulfates d’alumine et d’ammoniaque , etc.

Comment prépare-t-on l’acide boracique ?

On obtient l’acide boracique par deux

i -8 nouveaux é lumens

moyens différens , c’est-à-dire par sublimation et par cristallisation : ce dernier procédé est celui qu’on suit généralement aujourd’hui, et qui fournit l’acide le plus pur. A cet effet , on fait dissoudre une partie de borax dans trois parties d’eau chaude; on filtre, et on verse peu à peu , et très doucement, dans la liqueur filtrée , de l’acide sulfurique concentré , jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès ; il se produit un grand bouillonnement , avec dégagement de calorique ; l’acide sulfurique s’empare de la soude , et l’acide boracique se précipite par refroidissement en cristaux lamelleux , d’une couleur d’un blanc bleuâtre.

Cet acide ainsi obtenu , contient assez souvent une petite partie d’acide sulfurique et du sulfate de soude , dont on le débarrasse en le lavant plusieurs fois avec de l’eau distillée f roide , et en le tenant ensuite en fusion pendant vingt minutes dans un bon creuset de Hesse.

Quels sont les caractères de l’acide boracique ?

L’acide boracique pur est concret, ductile sous la dent , et en petites paillettes minces très blanches ; sa saveur est fraîche , légèrement acide , ensuite amère , puis douceâtre ; il n’a point d’odeur, est inaltérable à l’air, et

soluble dans l’alcohol et dans l’eau. Il faut douze parties environ de ce dernier liquide pour en dissoudre une de ce sel ; il a aussi la propriété de rendre la crème de tartre soluble.

Exposé à Faction du calorique , il se bour~ souffle considérablement, et laisse dégager sort eau de cristallisation : on le nomme , dans cet état, acide boracique calciné. Poussé à un feu violent, il se fond en un verre blanc solide très fixe , qui entre dans la composition des pierres précieuses fausses.

Connaît-on les parties constituantes de l’acide boracique?

Plusieurs chimistes distingués ont fait des recherches suivies sur la composition de l’acide boracique ; mais personne encore n’avait déterminé avec justesse la nature de son radical. Fabroni avait cru que cet acide était le résultat d’une modification particulière de Facide muriatique. Deux autres chimistes non moins célèbres lui trouvèrent de l’analogie avec Facide phosphorique ; Cadet publia que sa formation était due à la combinaison de Facide muriatique du cuivre et d’une terre vitrifiable,* mais il était réservé à MM. Guy- Lussac et Thénard de découvrir la nature de cet acide. Pour cela , ces deux célèbres chimistes ont traité à la chaleur rouge , et dans

NOUVEAUX ELÉMENS

un tuyau de cuivre, un mélange d’acide boracique vitrifié et de potassium , et ils ont obtenu , après plusieurs procédés qu’il serait trop long de détailler ici , une poudre fine d’un gris verdâtre, insoluble dans l’eau, sans saveur ni odeur , et qui , bien lavée , présente le radical de l’acide boracique. Les deux chimistes cités ont donné à ce radical, que l’acide nitrique convertit en acide boracique , de meme que la détonation avec le nitre et le muriate sur - oxigéné de potasse, le nom de bore 9 et à l’acide , celui de borique .

Des Bases salifiables .

Qu entend-t-oit par bases salifiables ?

On appelle ainsi des substances pour la plupart indécomposées , qui peuvent se combiner aux acides sans les altérer , et qui , en s’unissant avec eux , perdent leurs propriétés caractéristiques , et forment des seis qui en ont de nouvelles , qui ne participent en rien du celles des acides et des bases.

Les bases terreuses sont de plusieurs sortes , et ont des caractères particuliers qui les différencient les unes des autres. On distingue trois classes de bases salifiables.

La première renferme les terres proprement

dites 3 il y en a cinq : la silice, ralumine , la zircone, la glucine , et l’yttria.

La seconde comprend les terres alcalines v c’est-à-dire celles qui se rapprochent par plusieurs caractères des alcalis ; on en distingue quatre : la magnésie (i), la chaux, la stronliane , et la baryte.

La troisième et dernière classe admet les alcalis proprement dits; ils sont au nombre de trois : la potasse , la soude , et l’ammoniaque.

Plusieurs substances terreuses comprises dans cette division, étant peu ou point employées en pharmacie et dans les arts , leur présence n’ayant été signalée jusqu’à ce jour que par l’analyse de quelques pierres , et leur étude n’offrant d’ailleurs aucune application importante à connaître , nous n’en parlerons pas dans cet ouvrage , renvoyant aux livres de chimie plus étendus ceux qui voudraient approfondir l’histoire de ces substances.

( i] La magnésie pourrait être rangée tout aussi-bien dans la classe des substances terreuses, parcequ’elle a des propriétés qui appartiennent à l’une et à l’autre des divisions. Ainsi que les terres alcalines, elle verdit les couleurs bleues végétales, et neutralise les acides; et comme les terres , elle est sans saveur, et insoluble dans Peau,

•Sf

Page 1