‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 32 sur 56 · TROISIÈME CLASSE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CLASSE

Bases salijiables .

PREMIÈRE SECTION

Des Terres.

Qu’est-ce qu’une terre ?

Les terres sont des substances sèches , inodores , pour la plupart insipides , peu ou point solubles dans 1 eau , inaltérables au feu , non volatiles ni fusibles , et dont l’agrégation moléculaire forme des pierres solides.

i°. De la Silice.

D’où retire-t-on la silice , et par quel mode de préparation l’obtient-on ?

La silice y cette substance terreuse si généralement répandue dans la nature , et qui forme la base des cailloux et de la plupart des pierres scintillantes , existe dans plusieurs composés animaux , et notamment dans les calculs urinaires , où elle a été signalée depuis peu : on en rencontre aussi dans plusieurs végétaux

appartenant au genre des graminées : ordinairement on l’extrait du cristal de roche, où elle se trouve à l’état de pureté. A cet effet, on fait fondre , dans un creuset de Hesse , un mélange de quartz et de potasse caustique , dans la proportion d’une partie du premier sur trois de la seconde ; on prend la masse obtenue , et on la fait dissoudre dans l’eau bouillante : cette solution forme ce que les anciens chimistes nommaient la liqueur des cailloux : on neutralise la potasse que contient cette liqueur , par un acide quelconque , en ayant soin d’en mettre avec excès ; on fait ensuite évaporer à une douce chaleur, jusqu’à siccité* et on obtient une masse blanche , qui , lavée plusieurs fois avec de l’eau légèrement acidulée , et desséchée , forme la silice pure.

Quels sont les caractères de la silice?

Cette substance terreuse , obtenue par le procédé que nous avons décrit , est sous forme d’une poussière blanche , insipide , inodore ;

elle est rude au toucher , inaltérable à l’air , et

craque sous la dent; elle est infusible au feu le plus violent ; mais traitée avec le borax ou les alcalis, elle se fond, et forme avec ces derniers le verre employé pour nos usages domestiques.

La silice est indissoluble dans l’eau artificiellement ; cependant , lorsqu’elle a été nouvel-

lement précipitée , elle peut être dissoute , selon un très célèbre chimiste anglais , par mille parties de ce liquide; le solution filtré est clair et transparent. La nature nous offre d’ailleurs cette substance dissoute en très grande quantité dans beau de la source bouillante de Geyser, en Islande , d’où elle se dépose par le simple refroidissement.

2°. Alumine.

Comment obtient-on l'alumine ?

L’alumine, ainsi nommée, parcequ’elle se trouve abondamment dans Fai un du commerce, ne se rencontre jamais pure dans la nature ; elle est presque toujours combinée avec la silice , avec laquelle elle a une très grande attraction , ainsi qu’avec plusieurs oxides métalliques; pour 1 obtenir pure , on fait dissoudre, dans suffisante quantité d’eau chaude , de l’alun ( sulfate acide d’alumine ) ; on filtre , on verse dedans une solution de potasse , ou , mieux encore , de f ammoniaque liquide ; Facide sulfurique change de base , et il se forme un précipité très abondant , lequel , recueilli sur un filtre , lavé plusieurs fois avec de l’eau chaude , et séché par une très légère calcination , donne l’alumine pure.

Quels sont les caractères de l’alumine ?

L’alumine est caractérisée par les propriétés suivantes . ties blanche , douce au toucher , insipide , hapant a la langue , desséchant la bouche , et répandant une legere odeur, lorsqu’on souffle dessus ; exposée à l’action du feu , elle prend du retrait , et acquiert une solidité si considérable quelle étincelle avec le briquet ,* on s est servi très avantageusement de cette propriété pour mesurer le calorique, qu’admettent les divers corps , pour les degrés supérieurs , à la chaleur de l’eau bouillante j et J V edgvi'ood a établi son py romètre sur le retrait que peuvent prendre des cylindres construits avec de l’alumine pure , lorsqu’on les expose à Faction d’une chaleur plus ou moins élevée.

L’alumine peut être dissoute par les alcalis ; elle s’unit aux acides et aux huiles avec lesquels elle forme un lut très usité ; elle absorbe , et se charge avec beaucoup de facilité des principes colorans , et sert de base aux laques et à plusieurs précipités colorés : calcinée et delayee, elle attire fortement l’oxigène de l’atmosphère , et contracte une union très étroite avec ce fluide gazeux* on l’emploie dans les arts pour la fabrication des poteries de terre , pour la préparation desquelles elle est singulièrement utile , par la propriété qu’elle a de

conserver au feu les formes variées qu’on veut lui donner.

DEUXIÈME SECTION

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