TITRE III
' t "DIT GOUVERNEMENT» ' '-• '" '»'
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Quelquefois, on entend par gouverne- C'est pour assurer son bonheur que le
vieni, Je, corps ou l'individu à qui , dans gouvernement est institué ; et les hommes
un 3tyt, e#t confie le pouvoir exécutif ; et qui. ont le pouvoir doivent toujours 'en
c'est en ce sens que ce mot est pris, quand, user à son profit et jamais pour leuravanr
on parie>du gouvernement, par opposition tage personnel. ,.
aux autres corps de l'état.' Comme ba^e comniune de tous les gou-
Mais souvent aussi ces mots, constitu- vernemens réguliers, Aristote donne la
tion, gouvernement, s'emploient pour ex- morale, c'est-à-dire, ainsi que nous Pën-
primer la même idée, c'est-à-dire, la ma- tendon», la justice, la liberté, et l'égalité
nière dont la souveraineté s'exerce dans politique. Il veut que tout gouvernement
chaque état; et c'est dans ce dernier sens soit étabji pour l'avantage des gouvernés
que nous nous en servons en ce moment, et non aés gouvernans. Et, selon Cicéron,
Gouverner, ainsi que nous l'entendons il est faux que la chose publique ne puisse ici, c' est donc exercer fautoritè souveraine +\ être gouvernée sans le secours de l'i n jus- Mais, dans tout gouvernement, et comme tice; il est, au contraire, de toute vérité chef visible de la société, il existe un prince: qu'elle ne peut être gouvernée sans une c'est la personne ou les personnes qui sont extrême justice.
chargées de la puissance executive. Et il Tels sont donc les devoirs généraux de
est dtès-lors facile de saisir la différence tout gouvernement, par rapport au peu-
qui existé' entre' le souverain et le prince ï pie qu'il dirige*. » "
le premier fait les lois, et l'autre les exé- Au* derniers rangs du peuple, dans la
cute. . ' . ' société cfcviie, 1 se trouve encore fa populace.
Le peuple est, aprèsle prince, tout le On entend par ce mot, les individus qui,
reste de la nation. ' J ' n'exerçant point une industrie régulière,
n'ayant que des habitudes vicieuses, des les citoyens; elles les forment, en leur
moeurs grossières, ont été privés des bien* accordant le droit de voter sur les affaires
faits de l'éducation première. Le devoir publiques, soit qu'il s'agisse de concourir
dfuM.bon gouvernement est de s'efforcer à la nomination des autorités consti-
d'en diminuer le nombre, en favorisant la tuées, soit que la loi les appelle à exercer
diffusion de» lumières et en proposant des une partie quelconque des pouvoirs so-
lois justes, qm encouragent le développe- ciaux.
ment de toutes les facultés humaines. Ces Intérêt et capacité ; telles sont ici les
individus méritent surtout le nom de po- conditions qu'exigent la nature des choses
. pulace, lorsqu'ils s'assemblent en tumulte et l'expérience des siècles. Qui n'a point
pqur troubler l'ordre public et porter at- intérêt à la chose publique ne doit pas. être
teinte aux. lois» . < . admis à en délibérer; on doit en écarter
Entre le peuple en masse, et la popu- aussi ceux que le vice ou la faiblesse de
lace qui s'en distingue , se trouvent les leur nature, ou leur défaut de lumières,
citoyens ; cei sont ceux des membres de rendent incapables d'apprécier les besoins
l'état qui jouissent des droits politiques, de l'état social.
c'est-à~4ire, qui prennent part, de quel- Tout gouvernement doit s'attacher à re-
que manière que ce soit, au gouvernement connaître la nécessité d'accroître le nombre
de l'état. dès citoyens. L'équité lui en fait un devoir;
Sous ce rapport, le reste du peuple se mais le salut public exige qu'il apporte h
compose -de particuliers, d'individus, qui cela la plus grande prudence et ne pro-
ont en eux-mêmes le germe de la qualité cède que par degrés : c'est ici l'un des
de citoyen, mais qui ne sont point admis problèmes les plus difficiles de l'ordre so-
à en exercer les droits. cial. Chaque pas , dans cette voie, modifie
Les lois constitutionnelles créent seules le principe de la constitution de l'état.
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