‹ Élémens de l'art vétérinaire. Traité de la conformation extérieure du cheval; de sa beauté et de ses défauts; des considérations auxquelles il importe de s'arrêter dans le choix qu'on doit en faire; des soins qu'il exige, de sa multiplication, ou des haras, etc. Á l'usage des élèves des écoles royales vétérinariesChapitre 5 sur 13 · I>B& BEAUTES ET DE3 DBPADTS DES PARTIES. B · texte numérisé non relu

I>B& BEAUTES ET DE3 DBPADTS DES PARTIES. B

L'ARBrlàRE-MAIN. .

De la Croupe^

Nous avons dit que là croupe s'étend depuis 'a. terminaison des reins jusqu'au haut de là queue. On en considérera : .

ha. largeur y qui dépend de la distance et de Téloi-

(i) Voyez tout ce qui concerne cette maladie dans le tome III des Instructions et Observations ^ur les maladie^ des animaux domestiques, die}xx\èmei^i\^^ par ChaberL {£.)

(2) Tous ces bruits y quel que soit leur diapason , constituem, commdje l'ai déjà dit (pa^e 53), le comage, sijflaga ou kalki^ (£*•} ^ '

gnement proportionné des os iléons qui foraient les hanches. Cette partie doit être arrondie et divisée par une espèce de canal régnant dans son milieu , et qui est une suite de celui dont nous avons fait mention , en parlant de ce que l'on appelle reins doubles*. Toute croxipe coupée, ou <wàlée, ou tranchante , est défectueuse» On appelle croupe coupée celle qui^ regardée de profil, parait étroite, et ne pas avoir sa rondeur et son étendue; croupe opalée celle qui tombe trop tôt , et dès lors Torigine de la queue est plus basse qu'elle ne doit Tétre pour être bien placée j croupe tranchante celle d*un cheval dont les cuisses sont très aplaties : telle est celle qui est ordinaire dans les mulets et assez commune dans les chevaux d'Espagne. Cette imperfection ^ au surplus, ne déplaît qu'à la vue, et elle est très souvent réparée dans ceux-ci par leur vigueur , la force de leurs reins et la beauté de l'action et du jeu de rarrière-main.

De la Queue ^

On considérera dans la queue :

1^. Sa. position. Elle ne doit être ni trop haute ni' trop basse ; quand elle est trop élevée , la croupe parait pointue ; quand elle est trop basse , la difformité est visible, mais nous ne dirons pas qu'elle annonce alors , comme on l'a prétendu, la faiblesse des reins de l'animal.

n^' Le tronçon (i) , qui doit être d'un certain vo-

(i) Que quelques uns appellent aussi le couard, de cauda, queue, {ÉJ)

lamd, f<)nne et fourni de crins. Une queue qui en est dégarnie est appelée queue de rat. Une espèce de dartre qui cause de grandes démangeaisons les ronge quelque&is \ souvent aussi ces démangeaisons proviennent è»$ faux crins qui croissent sur le tàwir çon, et qui sont extrêmement gros et courts^ car nous voyons qu'elles cessent lorsqu'ils ont été arrachés.

3^. Jjàport, l'animal devant la porter horizontalement^ c'est ce que nous exprimons , en disant qu'il la porte en trompe (i).

Des Hanches.

On doit considérer dans les hanches proprement

(i) 4'. La longueur : elle ne doit pas outre^paaser les boulets postérieurs ; plus longue y elle rainasse une infinité d\>r* dures y devient très incommode à consenrer) et très gênante pour le cavalier) dans la phipartdes corps de cavalerie, on ne la laisse pas dépasser les jarrets. Lorsqu\>n veut l'avoir plus courte encore, on emporte les derniers nœuds, qu?on nomme le/buet, sans rogner les crins , et alors la queue est. dite en balai* On appelle courte queue celle dans laquelle on a non seulement emporté quelques unes des dernières vertèbres qui la composent , mais encore dont les crins ont été coupés en brosse au niveau de l?aippntation. Enfin , on dit que la queue est an catogan ou cadogan lorsqu'elle a été coupée très courte et plus près du fondement. Cette amputation, qui n'est pas sans danger, estiiinsi appelée du nom de celui qui Ta mise à la mode (lord Cadogan)*

On nomme queue à P anglaise ou angiaiaée, niquée ou niquetée celle dont on a amputé les muscles abaisseurs, pour, à l'imitation des maquignons anglais, la flire porter à la. manière des cbevaniL de race. Ce maquignonnage est aisé à

dites y résultant cies-os iléons ^ les plus considéra bléa des os du bassin :

ïàevirs proportions Q^iec les autres parties du corp»

■^■^•^•■iW--»^

reconnaitre , en ce que les chevaux dont la queue a été ainsi coupée la portent plus haute et plus relevée que les chevaux de race 9 et par les cicatrices transversales qju'on aj^er^it sous cette partie.

Z>e F Anus ou du Fondement.

On doit considérer dans cette partie :

L^espèce de bourlet protubérant et ferme qui entoure^ Touverture qu^l ferme exactement. Dana les vieux chevaux y dans ceux qui sont fatigués ,. épuisés par le travail, cetteprotubérance est effacée > Vanus est renfoncé et presque toujours béant; il laisse échapper, au moindre exercice, dea vents et même les excrémens ^ on dit ^ dans ce dernier cas, que l*anim4Usevide^

Des tumeurs noires, dures, lisses^ grappées entourent quelquefois cette partie, et se propagent j^usqu^au. tronçon de la qjueue et aux fesses ; elles annoncent un vice organique dans Les animaux qui en sont affectés. On a remarqué qu'elles étaient héréditaires. On les appelle méhmoseSy ou tumeurs mélanoïdes ou métaniques..

Un trou fistuleux ,. irrégulier, placé à la partie supérieure ou latérale àa fondement, pénétrant dans Pintestin rectum , forme une véritable^^/i^/e â l'anus, dont les bords, plus ou moins engorgés, durs et calleux, laissent suinter unehumeur sanieuse- et purulente. Ce trou, pratiqué assez ordinairement par des maquignons ou des maréchaux ignorans , dans la vuj& de soulager les chevaux a£Fectés de la pousse , comme si le poumon avait quelque communication avec l'intestin rectum,, s^appelle sifflet om rossignol. Il est inutile de faire sentir Palvsurdité de l'emploi d'un pareil moyen dans cette affection | les vents que le cheval chasse, avec plus ou moins de via-

de ranimai. Sont -elles courtes? sont-elles trop longues? Elles sont évidemment défectueuses. Dans les hanches courtes, l'arrière-main a toujours peu de

lence y en toussant y n^étant expulsés des intestins que par la contraction subite des muscles du bas-ventre y et ne venant pas de la poiuiiie , comme la multitude le croit. Mais il n'est peut-être pas inutile de dire que la pousse, qui est un vice redliibitçire,. cesse de Pétre quand le cheval a un rossignol, parce qu'il porte alors un signe certain et apparent (patent) de la présence de la maladie.

On trouye encore quelquefois , pendant Pété ^ autour de Vanus, et même à l'entrée de l'intestin rectum y dans plusieurs chevaux y la chrysalide d'une mouche appelée œstre hémorroïdal, que l'on a regardée jusqu'à présent , quoique très improprement y comme un ver, et qui y est fortement adhérente. La présence de cette chrysalide est assez ordinairement l'indice que Tanimal en a une plus ou moins grande quantité dans l'estomac.

Des Parties de la Génération dans la Jument.

On doit considérer dans ces parties :

i^ Le périnée , ou l'espace compris entre le fondement et les parties de la génération f espace qui est bien plus étendu dans le cheval , et qui est divisé par une ligne mitoyenne apparente y nommée le raphé.

2^. La vulve, ou l'orifice externe du vagin , est cette fente longue , perpendiculaire ^ placée immédiatement au dessous de l'anus et du périnée.

3^. Les lèvres, ou les bords de la vulve, collées l'une contre l'autre y fermant exactement l'orifice y légèrement arrondies et comme dentelées et replissées le long de leurs bords.

4®. Le clitoris y placé à la partie inférieure de la vulve , en dedans des lèvres, et absolument caché quand elles sont

jeu; aussi les chevaux conformés ainsi sont-ils très difficiles à résoudre à un certain ensemble j exprimé communément par le terme X asseoir^ terme dont la Téri table signification, entendue par très peu de personnes, en a imposé au point que les jarrets d'une (bule de chevaux sont chaque jour sacrifiés d'après la fiiusse idée qu'on j attache. Quoi qu'il en

fermées; il ressemble assez, par sa forme, à la caroncule lacrymale.

Toutes ces parties sont dénuées de poils ; la peau qui les forme est fine, lisse, pdtie, ordinairement noire, quelquefois marbrée ; l'intérieur, qu'on aperçoit en écartant les lèrres, ou lorsque la jument yient d'uriner, ou qu'elle est en chanteur, doit être d'une belle couleur iwrmeille.

Quelquefois ces parties sont parsemées d'une multitudïe de petits tubercules qui sont de véritables verrues ou jEiorreaux. Les jumens qui en sont affectées doivent être exclues des Haras. Il en est de même de celles où l'on aperçoit sur ces parties, ou autour, des dartres, c'est à dire des places plus ou moins larges où la peau est sèche et fiarineuse , et qui excitent des démangeaisons plus ou moins vives : ces sortes de vices étant ordinairement héréditaires.

Une plus ou moins- grande quantité de plis le long des parties latérales , et surtout à la partie inférieure de la vulve, qui , alors , est pour ainsi dire avalée jet-plus large , indique que la jument a pouliné un plus ou moins grand nombre de fois.

Une tumeur oblongue, blanchâtre, rougeâtre, et quelquefois noirâtre , semblable à une figue , qui se montre dans Pintérieur et à l'orifice de la vulve, dont elle écart:e les lèvres , et qui , quelquefois, sort même au dehors , forme ce que l'on appelle chute du vagin ^ ou est un véritable po^pe^ et peut donner lieu à des accidens qui doivent faire rejeter de toute espèce de service la jument qui on est affectée. {É.)

soît^ on doit penser (Jue, dans le cas du trop peti d'étendue des parties dont il s'agit , Tanimal est d'autant plus éloigné du point d'union , qu'elle dépendrait totalement ici du point de la courbure j dès lors forcée^ des vertèbres lombaires^ et si les reins n'avaient pas assez de longueur y cet éloignement serait encore plus considérable, à raison de cette complication. Le derrière du cheval en qui cette imperfection réside est toujours raide ; il ne travaille que des jarrets, qui y situés perpendiculairement y relèvent sa croupe et son arrière-main y qu'il lui est comme impossible de plier; or , nul mouvement n'est liant y s'il n'est produit par l'accord de toutes les parties combinées qui doivent être mues. L'inconvénient qui suit la trop grande longueur des hanches est sensible. Dans tout mouvement de progression de l'animal, il y a constamment une flexion plus ou moins grande non seulement de toutes les portions articulées de l'arrière- main y mais encore des vertèbres des lombes. C'est dans la fi>rce et dans la souplesse de ces vertèbres que consistent principalement l'action et la beauté des mouvemens du derrière j car le cheval ne peut le baisser et le plier pour amener ses pieds sous lui et près de son centre de gravité y que la courbure et la flexion des vertèbres ne soient apparentes : or , si les hanches ont trop de longueur y il est aisé de concevoir que, vu leur étendue et le pli des vertèbres el des autres articulations, ces mêmes pieds de derrière outre-passeront à chaque pas, dans leur portée , la piste ou la foulée des pieds de devant ; ils^avanceront

CMo)

au delà du centre de gravité même , et Ta^maf ^ n'étant pas dans son degré de stabilité et de force , se montrera et sera nécessairement £iiblef Le dé&ut de ces sortes de chevaux est moindre quand ils ont à monter dés montagnes; Téiévation du terrain s'opposant au port de leurs pieds trop en avant , et la Êicilité naturelle qu'ils ont à s asseoir, faisant qu'ils percutent aisément^ et que le devant en eux est pour lors chassé et relevé avec plus de véhémence ; mais ils soufïrent infiniment quand il s'agit de des-cendre^ non par la peine qu'ils ont à plier les jarrets^ mais parce qu'ils sont à tout moment prêts à s'acculer.

La saillie considérable des. os iléons y dans le cheval gras et en bon état^ forme ce qu'on appelle des hanches hautes y et l'animal alors, est réputé cornu. Cette difformité n'est désagréable qu'à la vue.

Il arrive aussi quelquefois que l'un des iléons semble plus bas que l'autre : dès lors les hanches paraissent inégales , et l'on dit que le cheval est épointé ovl' éhanché. Cet événement , lorsqu'il est accidentel et non un vice naturel de conformation y ne prouve pas le dérangement des os ; il peut être la suite d'un coup y d'un heurt qui y aura occasioné une dépression et un abaissement y ce qui est encore plus Êicile dans le poulaini en qui ces os sont moins compactes.

Quant aux e {Torts dont on a. cru les hanches suscep^ tiblesy il est aisé de revenir de cette erreur, en considérant dans le cheval y ou même dans le poulain un> peu avancé en âge y l'union intime des os paira qui forment le bassin; union qui est telle que non

seulement elle û. lieu dans les os d'un même cdtë , mais eacore dans ceux du côté opposé y en sorte que ces mêmes os n'en constituent^ pour ainsi dire^ qu'un seul*

Des Cuisses et des Fesses.

Nous entendons parler ici, sous le terme de cuisse,

de cette partie jusqu'à présent con&ndue avec ce

. que nous avons nommé et ce que l'on doit appeler

proprement les hanches. Elle est formée , ainsi que

nous l'avons dit, par le fémur. On en examinera :

La conformation. Elle doit suivre et accompagner la rondeur des hanches» Est-elle aplatie? elle rend, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, la croupe, -tranchante. Une chute , un écart qui le plus communément a lieu en dehors , sont les causes de ce que nous appelons effort; et cet effort, qui doit être regardé comme un effort de la cuisse, et non comme un effort de la hanche, est plus ou moins violent, selon le degré d'^extension des ligamens de cette articulation. L'animal boite alors plus ou moins bas , il baisse la hanche eu cheminant, il traîne toute la partie affectée.

En ce qui concerne la luxation de la cuisse, elle parait être extrêmement difficile à quiconque réfléchit sur lé nombre et la force des muscles et des ligamens qui entourent cet article, et sur la profondeur de la cavité cotyloïde qui reçoit presque toute la tête du fémur (i)

<i) Elle a néanmoins lieu , et j'ai eu occasion de l'observer trois fois. Elle est incurable. {E.)

Quant aux fkises, elles doivent âtre proportionnées à la forme de la croupe i des hanches et des cuisses {\^*

Des Jambes^

Nous nommons du nom àe Jambe la partie que Ton a jusqu'à présent très improprement appelée du nom de cuisse f elle est form^ par le tibia. On en considérera :

ï^. La longueur, qui doit être proportionnée.

2^« Le volume, qui doit être en raison de celui des hanches et de la cuisse j si cette partie est trop longue^ sèche et peu fournie^ elle pèche contre la beauté. Cette imperfection &it paraître le train de derrière serré; elle annonce toujours la faiblesse de TanimaL heijambe doit donc être proportionnément charnue j le cheval en qui elle n'est point telle est dit m^algigotté, surtout si le dehors en est maigre et le derrière tranchant.

Le grasset, ou plutôt la rotule, n'est point ^ ainsi que nous l'avons dit, articulée avec les os qu'elle recouvre. Elle roule ^ elle glisse , elle est vacillante , et fait sur l'éminence antérieure de l'extrémité du fémur l'offîce de poulie. Elle est assujettie par les tendons des muscles extenseurs de la Jambe • Lors de leur contraction^ elle glisse sur la partie infé-

(i) On en considérera : i^. la pointe, ou la partie la plus saillante et la plus élevée^ qui est formée par la tubérosité de Pischion.

2^. La courbure, ou le pU, qui en est la partie inférieure , et qui se confond latéralement avec la jambe. (É»)

rieure du fémuty die les ëkttgne du centime de mouvemQùt^ et elle donne dà^Wâ et ainsi plus de force à leur action (i).

Un mouvement ^rticulier et extraordinaire , nn ^kïorty peut avoir £iit souf&ir une extension aux fibres des ligamens capsulaires ou latéraux f ou aux fibres mêmes des muscles et des tendons dont nous venons de parler^ et alors on dit que te cheyal boite du grasset. On peut s'en assurer en observant^ dans ^ l'animal qui chemine ^ le peu de mouvement de cette partie y la contrainte dans laquelle il est de la porter en dehors ^ et enfin le trainement et Ja len* teur de celles qui lui sont inférieures {2).

Quant aux tendons on à la corde tendineuse, supé* rieure à la tête ou à la pointe du jarret, si elle a souffert^ ou d'un coup, ou d'une extension violente, il y a engorgement, douleur dans la partie, difficulté et souvent impuissance de mouvement.

Des Jarrets.

hes jarrets exigent l'attention la plus sérieuse; quelque légers , en effet , qu'en soient les défauts , ils sont toujours très nuisibles. Le mouvement pro-> gressif de l'animal n'est opéré que par la voie de la

(1) Elle est aussi maintenue par de forts ligamens qui s^attachent à la partie supérieure du tibia , et par un grand iiga» ment capsuiaire. (Ê,)

(2) Le grasset , dans le che^al^ répond au genou dans Phomme , comme le jarret du premier répoud au talon du second. (É.)

percussion, la machine ne peut être mue et portée en avant qu'autant que les parties de l'arrière-main , chassant continuellement celles de devant , Vj dé^terminent : of , toute imperfection qui t^idrait à les affaiblir^ et principalement à diminuer la force et le jeu du Jarret^ qui y d'ailleurs, par sa pro|Mre structure^ est toujours plus fortement et plus vivement occupé que les autres parties^ ne sera jamais rai* sonnablement envisagée comme médiocre et d'une petite conséquence. On en considérera :

1^. Le volume, qui doit ^tre proportionné au tout y dont il fait une portion. De petits jarrets sont toujours faibles.

2^, La forme : ils doivent être larges et plats.

3^. ha. firce : des jarrets qui tournent, qui balan- ^^nt, qui se jettent en dedans quand l'animal chemine, sont ce que nous appelons des jarrets mous. Il est des chevaux qui, en cheminant, portent aussi les jarrets en dehors : ni les uns ni les autres ne peuvent être facilement unis, parce que, dès que cette partie est hors de la ligne , cette Êtusse direction la met hors d'état de suffire ait poids 'même de l'animal.

4°. La distance de Vun à P autre : des jarrets serrés et dont la pointe ou la tête est très rapprochée ou se touche, constituent les chevaux que nous nommons jairetes y ou crochus, ou clos du derrière. Ils ne peuvent s'asseoir que très difficilement; à la moindre descente , leurs jarrets se lient, s'entreprennent l'un et l'autre, et le derrière, en eux, ne peut avoir aucune force.

5^. Le pU :. quand il est trop considérable , et que la flexion de cette partie est. telle naturellement que dans le repos le canon se trouve fort en avant et sous l'animal 9 nous disons que les.Jarrets sont coudés^ et il en résulte une seconde espèce de chevaux crochus. La courbure extrême de ceux-ci met l'animal hors d'état de mouvoir la partie avec aisance* L'un et l'autre de ses pieds sont trop près du centre de gravité , ou du point milieu du quadrilatéral formé par ses quatre jambes , et pour peu que le derrière a.oit chassé > ils outre-^passent ce point , de manière que le cheval ainsi conformé ne peut conserver le juste équilibre d'où dépendent la mesure et la facilité ,de son action* Telle est la source de la faiblesse, commune à ces sortes de chevaux^ et le vice est bien plus grande si^ pat une erreur de la nature, il se trouve joint à celui des reins troplongs, des hanches trop étendues, etc.

6^. La substance, qui doit être sècjtie, les jarrets étant bien éçidés : des Jarrets ch(irnusj des Jar^ nets pleins ou gras, $ont toujours chargés d'hu* meurs, et sujets par conséquent à une multitude de maux.

Ces maux, outre les engorgemens et les enflures qu'un travail excessif et indiscret peut y produire, et que , dans les jeunes chevaux, l'atteotion et le repos peuvent garantir, sont :

1®. Les capelets on passe- campanes : on nomme ainsi une tumeur mouvante et plus ou moins volumineuse qui n'intéresse que le corps de la peau ^ et qui se montre sur la tête ou sur la pointe des

lO

( 146 ) jarrets (i). Elle ne prëjudicie pas absolument à Tanitnal j mais si elle accroît en grosseur et en consistance , elle peut gêner le mouvement des parties sur lesquelles elle est placée : le trop grand travail y un frottement de cette partie contre quelques corps durs y une gourme à jeter ou mal jetée en sont les causes ordinaires. • •

2^. Les solandres : on appelle de oe nom ^ dans les extri^ités postérieures ^ ce que l'on nomme malandres dans les extrémité» antérieures* Les solandres arrivent au pli dn /arrêt comme les mal^ndres au pli du genou ; quand elles sont transversales y on les appelle râpes • •

3^. Les vessigons : une extension violente ^ un travail forcé ^ des contusions ^ des coups | la viscosité de la Ijtnphe, l'obstruction des vaisseaux , 6tc«, ^>ccasionent le plus souvent cette maladie y qui con* siste en une tumeur molle y indolente et d'un volume plus ou moins considérable^ Sa situation est précisément entre la corde tendineuse qui passe sur la pointe àxa jarret^ et la partie intérieure et latérale du tibia* Elle n'est visible que lorsque le cheval porte et s'appuie sur l'extrémité qui en est afTectée .

■«■MtaMMMM^

(i) La tête ou hk pointe en est la partie postérieure la plus élevée; elle est formée par Pextrémité supérieure de l'os appelé calcanéum dans Phosume) et par les tendons qui s'y attachent y ou qui glissent dessus ^ et qui y dans ce dernier^ sont connus sous le nom de tendon d* Achille*

Quelquefois le capelet intéresse la gaine des tendons qui passent sur cette partie ou qui s'y terminent^ alors c^est une tumetir synoviale. {EL)

( '47 ) Duns Ib moment de la flexion^ elle disparaît et s'effiioe^ aussi les maquignons ont-ils le plus grand soin de ne pas permettre à l'animât qui en est at-: teint un instant de repos, sur la partie viciée é Quelquefois cettec tufiûeur est double, c'est à dire, qu'il en est une aii dedads et l'autre au dehors du jarret: c'est ce que n&us nommons des fvesdgoris ckepiîlés. Ce mal ne donne pasf toujours lien à la claudication ; mais il augmente en vieillissant^ la ttimeur durcit, elle empêche l'animal de mouvoir avec facilité le jarret^ par la gêne qu'elle cause aux ligamens et aux tendons, dont quelquefois auissi elle occupe la gaine. 4^« La t;ar£c^ .* on ' eiltencl par ce mot > de varice une dilatatiim , anrivànt dans l'animal plu9(réquemmènl; à la veine saphène , dans son passage i la par* tie latérale ix»tei3ie du yarr^t; on assigne ordinairement cette situation à cette maladie. La dilatation a lieu plus souvent en cet endroit, attendu l'action violente et les grands efïbrts auxquels cette partie se trouve obligée. Elle peut s'efiTectuer aussi dans d'autres vaisseaux du même genre, surtout si le sang, étant trop épais, s'arrête dans une rainification veineuse quelconque^ Le défaut de circulation empêcbant le sang qui suit' immédiatement celui qui est -arrêté -de -passer et de suivre son cours, et ce sang qui séjoume , étatit continuellement poussé par celiii qui survient, forcera incontestablement levaisseau et le dilatera. On reconnaît la varice à l'inspection et au gonflement de la veine ; en appuyant un doigt sur le lieu même où l'on observe la dilatation ou la tumeur, on la fait disparaître sur-le-champ,

parce que la pression détermine le MQg le long i\t yaisseaa. Elle reparait et se montre de nouveau aassitftt c|De cette pression cesse. An surplus, lors* que la dilatation est excessive, elle est accompagnée de douleur^ Quelquefois il y a dilatatik>n et relâcbement des ligamens capsnlaires de l'article ; mais cet accident est particulier, et ne tient en aucune façon de ce qu'on appelle proprement varice (i).

5^. Là courbe^ qui est une tumeur ou un gonflement du tibia même à sa partie inférieure et interne* £lle occupe conséquemment celle des apo-^ phjses condjloïdes qui est de ce même cdfé. Sa forme est oblongue f elle, est plus étroite a la partie supérieure et à son origine^ qu'à sa partieiinférieure« L'augmentation insensible du gonflement ne peut que gSner l'article, et intercepter peu à peu le^ mouvement (a).

6^« Les éparvins, malheureusemeab trop com«* m uns. On en a distingué de trois sortes^ Vépicavin sec, Véparvin de hœufet VépatviiK catleûx.

On a désigné par le nom d^épaivin sec une maladie dont l'effet est de susciter une flexion convulsive et précipitée de la jambe qui en est attaquée , iatu moment où elle se meut* Ce mouvementirrégulîer

(i) C'est alors une véritable tumeur syno'viale o<i articu* lai ré, qui est ordinairement la suite de la faiblesse ou des eft'orts des jarrets. {É,)

(a) Voyez la description et la figure d'une courbe considérable, que j'ai insérée dans le tomeVIy troisième partie des Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques. {£,)

( »49 ) est exprimé par le terme Atharper. Il est trèa visible dès les premiers pas que &it le cheval et jusqu'à ce qu'il soit échaufiflé, car alors on ne l'aperçoit que .très £sdblemént , à moiïis que la maladie ne soit paravenue à un certain '. période : en ce cas l'animal harpe toujours. Un cheval crochu , avec ce iié&ut, serait totalement incapable de service. On. n'a pas rejeté. dans les manèges ceux dans les deux jambes desquels il se rencontre également f parce qu'au moyen de ces prétendus éparvins, leurs courbettes en ont paru plus trides et les battues plus souores; mais tout air pu toute allure dont on asseoira la beauté et la justesse sur un dé&ut même des par* ties paraîtra toujours vicieuse à des yeux instruits. Ce mal^ au surplus, qui n'existe point dans \e jarret, mais dans les muscles mêmes qui servent aux mouvemens de flexion , ou dans les nerfs qui y aboutis-^ sent y n'occasione point la claudication. Si le cheval boite au bout d^un certain temps» c'est qu'il survient 9i\x jarret, &tigué par la continuité de l'action ibrçée qui résulte de la flexion convulsive dont il 3 agit, quelqu'autre maladie.

IJéparçin de bœuf est une tumeur humorale qui occupe, dans le bœuf, presque toute la portion de la partie latérale interne du jarret. Elle est .produite,, dans cet animal, par des humeurs lymphatiques, arrêtées dans les ligamens de l'articulation. Elle est molle dans son origine , mais elle s'endurcit par le séjour de l'humeur qu'elle occasione, et qui devient insensiblement plâtreuse. On ne. peut pas nier la possibilité de l'existence d'une pareille tu-

meur dani les j&rretf du cheval ; mais s'il s'en trouve afFectë., elle est d'une nature qui n'a rien de parti* culier à cette partie, et elle pourrait également se montrer sur toutes: les autres. Ainsi nous dirons que la seule tumeur qui doit véritablement être regardée ^ dans cet animal , comme éparçin est celle qui est calleuse ou osseuse, et dont le siège est dans l'os même. Elle n'est qu'un gonflement survenu à la partie dq canon que les anciens nommaient épar- $fin, c'est à dire à la partie latérale interne et supérieure de ce même os. Ce gonflement est produit par les mêmes causes que la courbe*

7^. ïaQ' jardon, et suivant quelques auteurs la Jarde : c'est une tumeur ou un gonflement à la partie lat^ale externe et supérieure du canon. Elle est dure ^ du même genre et du même caractère que la courbe ou Véparpin^ les suites n'en sont pas moins fixnestes.

S". Les Cercles, ott plutôt le gonflement de toutes las parties qui environnent et qui ceignent \^ jarret. Des coups y des efforts , une hydropisie àp l'article, etc., peuvent y donner lieu; très souventàls dégénèrent en une ankylose vraie , et les os étant soudéq yi\j Si perte totale de mouvement dans cette pajrtié.

Quoi qu'il en soit, tous* ces maux difFérens, connus jusqu'à présent plutôt par le siège qu'ils occupent que par leur caractère ©t^ar leurs causes, fiurvienant à uûe partie chargée des phi» grands et forts à faire, sont toujours fort à craindre, sans parler de ceux auxquels elle peut être sujette conséquem*

ment à ces mêmes efforts ^ et qui n'ont point reçu de dénominations propres et particulières.

Du Canon, ou des extrémités postérieures et

inférieures.

Nous avons déjà compris dans l'extrémité posté-> rieure toutes les parties dont elle est formée , et qui doivent répondre au corps de l'animal, et aux parties qui constituent les extrémités antérieures , soit par leur largeu% soit par leur longueur^ soit par leuj; épaisseur.

Nous avons donc à examiner :

i^. Le canon, sujet aux mêmes infirmités que celui des jambes de devant y c'est à dire à des suios^ simples, k des suros cheçillés, à des suros près des tendons, k à^s^uras près de F articulation ^ k des os^ selets, à des fusées.

2fi. Le tendon, qui peut èXte failli, qui peut avoiir éxéféru, qui doit être, comme celui de l'extrémité antérieure ^ferme, détaché de l'os, sans enflure, etc., et qui peut-être affecté dans sa longueur d^une gale^ crustacée, et quelquefois coulante , que nous dési** gnons par le terme d^ arête ou queue de rat, soit qu'il n'y ait pas d'écoulement de matière , soit que Ie& croûtes en soient humides ou visqueuses» Ce mal n'arrive aux jambes que dans les chevaux épais ^ chargés d'humeurs , et dont les extrémités sont garnies d'une grande quantité de poils. Quelques au* teurs l'ont fait consaitre par Ip^xiom de grappes.

3^. Les boulets. Ils ne sont pas exempts de mo^ lettes : au contraire, elles sont ici beaucoup plus

communément ■ sur le texidon, et elles acquièrent plus fréquemment de la dureté. On y rencontre aussi des osselets, des marques à^ entretaillure ^ des entorses, des luxations, plus dangereuses que dans les boulets de devant , à raison du travail de ceux dont nous parlons , et de l'aiSuence plus considérable des humeurs.

Un vice intérieur, des coups sur le tendon j des meurtrissures donnent souvent lieu à une tumeur connue sous le nom impropre de Jopart nerpeux du boulet. On a compté trois autres espèces àejavarts : lejapart simple, qtfi se montre particulièrement et le plus souvent sur le derrière du paturon } le cheval en boite, mais les suites n'en sont point à craindre; un second joQart, aussi improprement dit juvart nerveux, qui a son siège à l'intérieur ou à l'extérieur du paturon, sur un des tendons de cette partie; enfin le javart encorné, situé près de la couronne, au dessus d'un des quartiers, plus souvent sur celui de dedans que sur celui de dehors s il peut , ainsi que V atteinte encornée, occasioner de vrais gavages dans l'intérieur du pied. Toutes ces tumeurs sont, au surplus, dans le cheval, les mêmes que celles que nqus ap^lons furoncles dans Thomme.

Nous ne devons pas oublier cette humeur puante, cette sanie, qui, sans ulcérer les parties, suinte d'abppd à travers les pores, et que nous nommons eaux aux jambes. Dans le principe , elle se montre aux patju,rons $ à mesure de ses progrès, elle s'étend en montant jusqu'au boulet, et mémejusqu'au milieu du canon, et elle cause l'enflure totale dé l'extrémité.

Quant à ce que Ton appelle porreauûb, ils se présentent comme des espèces de verrues qui viennent également sur les boulets et sur les paturons* Ils se propagent quelquefois jusque sur le canon ,. d'autres fois jusque sur la fourchette; leur multiplicité est plus dangereuse que leur volume. Souvent ils repa-* raissent après avoir été détruits ; souvent aussi le poil tombe autour et les laisse à découvert ; il j a de la difficulté à les guérir radicalement.

£n ce qui concerne les mules tnwersines, appelées par quelques uns mules tnwersières, on donne ce nom a des espèces de crevasses, d'où suinte une sérosité fétide y et qui sont situées sur le derrière du boulet* Celles qui, descendant dans le paturon , paraissent aflfecter les tendons , ont été dites par corruption mules nerveuses» Les unes et les autres sont toujours douloureuses et ne se guérissent pas tellement, attendu que l'animal en marchant étend et plie successivement l'articulation ]| ce qui les ouvre, les ferme et les irrite sans cesse.

4^. he paturon* Cette partie peut, de même que celle du devant , être trop longue ou trop courte , et le cheval long-Jointe ou court-jointé de l'extrémité antérieure l'est ordinairement du derrière. Le premier de ces défauts est suivi des inconvéniens dont nous avons déjà parlé. Le second conduit le cheval à être droit sur ses membres, et à devenir, avec le temps , Juché ou rampin : alors le boulet se porte tellement en avant que l'animal marche et repose sur la pince. Les mulets sont extrêmement sujets à être rampifis} quelques uns, au lieu de mettre ce

(i4) terme en U6age , disent, pour exprimer la dernière de ces imperfections , que Tanimal est pinçard.

Le paturon est encore icir sujet aux formes, aux luxations, à des atteintes de trois espèces^ à d^ crevasses qui en attaquent le pli, à l'ulcère nommé crapaudine. Il â^ est un d'un autre genre que ce dernier, qui porte le même nom, et qui, provenant de causes internes, est infiniment plus dangereux. Il est situé, comme l'autre, sur le devant du patu^ ron, directement au dessus de la couronne; il commence par une espèce de gale d'un pouce environ de diamètre , le poil tombe , la matière qui ea découle est extrêmement fétide, et quelquefois si acre et si corrosive qu'elle provoque la chute du sabot. Les chevaux chargés de poib et d'humeurs, qui travaillent dans la boue, en sont plutôt atteints que des chevaux fins. Cet ulcère donne lieu à des soies ou pieds'^e^bœuf.

Tout cheval, au surplus, qui se prend, de ma*" nière ou d'autre, dans sa longe, ou dans les cordes de son licou , et qu; s'est meurtri ou écorché le pli du paturon, est dit s^être enchevêtré, du mot de cJieçêtre, qui signifiait anciennement licou 4

5^. La couronne. L'enflure, le hérissement Aes poils, une crasse farineuse , une humeur fétide suin* ttant de cette partie, sont des symptômes de la maladie à laquelle on a donné le nom de peignes. Les peignes sans suintement sont nommés peignes secs, les peignes avec écoulement sont nommés peignes humides.

Il est encore une autre maladie semblable à

celle-ci y qai se maxûfeste par de petites crêpasses autour de la couronne, et que l'on connaît sous la dénomination djÇ mal d^ânej l'animal en boite continuellement ^ et il est à craindre que la démangeai^ son ne l'incite à y porter la dent^ oe qui pourrait lui occasioner non seulement un ilegoût^ mais une espèce de dartre et des ulcères à 'la langue et aux autres parties de la bouche (i).

6^« Les pieclsé Uongle doit être ici comme celui des pieds antérieurs^ les postérieurs étant néanmoins sujets à moins d'infirmités qu'eux^ parce qu'ils sont continuellement humectés. Ils sont aussi en proie à des soies, surtout dans les cheyaux rampins r on y découvre encore des crapauds, des cerises, des tei'gnes, la., pourriture de la fburchette, etc^ et V étonnement du sahot est en eux très fréquent , surtout eu égard à des chevaux enclins à ruer.

Des Poils ou des Robes, des Balzanes, et des différentes marques naturelles.

La variété des robes ou des poils, dans les ani-> maux^ n'est qu'un jeu de la nature ^ et ne saurait être un indice de leur bonne ou de leur mauvaise organisation. Toutes les cpnséquences qu'on en a voulu tirer sont fausses^ elles ont été démenties^ mille fois; et il parait^ en général ^ qu'aujourd'hui la raisoA l'a emporté à cet égard sur le préjugé, et

(i) On peut Yoîry pour toutes les maladies cutanées des extrémités , PouTrage que j^aî publié sur les eaux auxjam^ bes des chevaux ^ et qui a été couronné par la Société royale de Médecine de Paris, en 1783. (£*•)

qu'on est assez universellement convaincu que de toas poils et de toutes marques il est de bons chevaux.

Nous diviserons les poils dont tout le corps du cheval est revêtu ^ en sin^ples et en composés.

Les poils simples sont ceux dont la couleur est uniforme* On ne dit jamais néanmoins qu'un cheval est d'ui^e telle couleur, mais on dit : un cheval de tel poil, de telle robe.

Nous appelons poils com^posés ceux qui nous montrent le mélange confus ou distinct de couleurs différentes.

Parmi les poils simples nous comptons :

i^. "Le poil bai, c'est à dire celui dont la couleur approche de celle d'une châtaigne. Il est plus ou moins clair, plus ou moins obscur ou foncé, et de ces nuances dérivent en partie les bais suivans :

2?» Le bai châtain t il approche le plus de celui que nous venons de définir,

y. Le bai clair; la nuance est moins foncée.

4*« Le bai doré : il tire sur le jaune.

5°. Le bai brun : il est presque noir. Il a communément les flancs, le bout du nez et les fesses d'un roux éclatant, quoiqu'obscur : alors le cheval est dît marqué de feu. Si cette espèce de poil jaune est, au contraire, mort, éteint, blanchâtre, on dît que le cheval est bai brun, fesses Lwées.

6®. Le bai à miroir ou miroité : on y observe des inarques plus brunes ou plus claires qui rendent la croupe pommelée, et qui la différencient en partie du fond général de la robe.

Tout cheval bai a, au surplus, les crins et les ex*.

trétnités, c'est à dire les quatre jambes , noirs ^ autrement il ne serait pas bai^ il serait alezan : ainsi ^ c'est une sorte de pléonasme que d'exprimer cette condition dansunsignalement^ à l'exemple de beaucoup de connaisseurs qui écrivent bai, les extrémités noires.

7°. Tues poils blancs : il est un blanc pâle ou sale, il est un blanc luisant ou argenté^ on ne croit pa» qu'il j ait des chevaux nés véritablement blancs^ les chevaux gris deviennent tels en vieillissant.

8^. Le poil noir : on en admet de deux sortes : Tun^ qui n'est pas parfaitement noir, et qui à un œil un peu roussâtre, celui-ci est dit noir mal teint j^ l'autre , qui est d'un noir véritable et vif, il est dît noir Jayêt : le premier de ces poils est infiniment plus commun que l'autre.

9^ • Le poil alezan : il tient en partie du fond des divers poils bais f il a aussi diverses nuances , mais les extrémités n'en sont pas noires. Ualezan clair est blond ou doré; lorsque les crins en sont blancs, le cheval est dit alezan poil de vache. Quant à l'alezan brûlé, il est extrêmement brun, obscur et

ibncé (i)-

Du reste , tout cheval noir, ou bai, ou alezan, sur la robe et surtout sur les flancs duquel il est des poils blancs semés çà et là , est dit cheoal rubican.

(i) De tous les poils simples, V alezan est celui qui présente le plus d'irrégularités , ou qui eatraine avec lui plus d'ac« cessoires; il n'est pas rare^ par exemple , de trouyer des cheyauz qui ne sont que bais, que blancs, que noirs, et qui sont zains; mais il est très rare y au contraire , dVn trouver

Les poils composés sont :

lo. Le poil gris : le £>nd en est Iflanc mêlé de Tioir: en général sa variété naît, ou du plus ou du moins de noir^ ou de la différence des places que cette dernière couleur occupe.

a^. Le gris sale : le poil noirj domine : si les crins de l'animal sont blancs^ la robe en est d'autant plus belle.

3^ Le gris brun : le noirj est en moindre quantité que dans le gris sale; mais cette couleur l'emporte encore sur le blanc.

l^* Le gris sanguin^ ou rouge, ou vineux s c^est un gris mêlé de bai dans tout le poiL

ô^« he gris argenté : cette robe présente un gris -^if y peu chargé de noir, mais dont le fond blanc est extrêmement brillant.

6^. Le gris pommelé : on le reconnaît à des marques assez grandes, de couleur blanche et noire, parsemées à distances assez égales , soit sur le corps ^ soit sur la croupe.

yo^ Le gris tisonné ou charbonné : la robe en est chargée de taches irrégulièrement éparses de côté et d'autre, comme si le poil eût été noirci avec un tison.

8^. Le gris tourdille : il £)rme un gris sale, ap* prochant de la couleur d'une grive.

go. Le gris étoameau : il a été nommé ainsi par

mm ■ ! ■ ' .1,1 . B^— —

qui ne soient q\i* alezans ; presque tous sont plus ou moins marqués en tête , ont plus ou moins de blanc k cette partie y du ladr€, des balzanes ^ etc. J'ignore s^il y a des alezans, zainsy mais je n'en ai point encore vu. (j&.)

sa ressemblance à la couleur du plumage de cet oiseau*

lO^k Le gris truite, ou le tigre : le fond blauc eu est mêlé ou à^alezan, ou de noir, semé par petites faciles assez également répandues sur tout le corps. Cette robe est encore nommée gris moucheté.

ii<^. Ije gris souris t il est semblable à la couleur du poil de cet animaL Quelquefois les jambes et les jarrets sont tJEichés de plusieurs raies noires, quelque£>is il en est une sur le dos* Quelques uns de ces chevaux ont les mn^ d'une couleur claire; les autres les ont noirs ainsi que la queue.

12^* Le rouan ordinaire : il est mêlé de blanc, de gris et do bai»

i3^« Le rouan vineux : il est mêlé d^ alezan ou de bai doré (i).

\é^. Le rouan cap ou caressé de more : c'est une robe rouan} mais cette distinction n'a lieu que lorsque l'animal a la tête et les extrémités noires (2).

i5^. Uisabelle : le Jaune et le blanc composent cette robe, mais la première couleur y domine; ses nuances sont telles qu'il en est de plus clair, de plus doré^ de plus foncé. Quelquefois les crins et les ex^ trémités sont noirs} quelquefois la raie de mulet s'j rencontre.

i6^. Le louuet, ou le poil de loup : ce poil est uct Isabelle foncé, mêlé èUsahelle roux, le tout appro«-

(1) IL imite, par sa couleur plus ou moins foncée ^ celle du vin rouge. (£.)

(a) Bt c^est de là que lui vient son nom de.çap de more, qui veut dire ressemblant à la tête d^un Maure. {£.) .

( »6o ) chant de la teinte et de la couleur du poil d'un loup ; souvent ces sortes de chevaux ont la raie noire sur le dos, avec les extrémités noires^ plusieurs cependant n'ont pas ces différentes marques.

ly^. Le soupe de lait : il est d'unyaim^ clair et blanc ^ cette seconde couleur y dominée On en a vu avec les crins et les extrémités noirs; mais ces sortes de poils accompagnés ainsi sont infiniment rares. La plupart des chevaux soupe de lait ont la peau très délicate , et le plus communément ils ont du ladre, c'est à dire que les environs de leurs yeux et de leurs naseaux, séparément ou ensemble, sont dépourvus Ae poils. On n'y voit qu'une chair rouge ou fade, mêlée souvent, dans des chevaux de toute autre robe ayant du ladre aussi, de quelques taches plus ou moins obscures (i). - /

iS*'. Le poil de cerf, ou le poilfau^^e : il tire son nom de la couleur du pelage du cerf* Plusieurs chevaux de ce poil ont la raie noire, ainsi que les crins et les extrémités*

19®. Le pie : il est interrompu par de grandes taches d'un poil totalement difïlérent, surtout à

(f) Ces sortes de chevaux ressemblent beaucoup aux indiyidtis que , dans i^espèce humaine , on connaît sons le nom de nègres blancs ou. albinos; iU ont assez souvent les yeuop vairons. C^est une véritable dégénération qui se rencontre dans quelques autres espèces , et pliis fréquemment dans celle du lapin.

he poil café au lait est moins jaune, plus foncé que ce dernier; le nom qu^on lui a donné indique suffisamment la nuance de sa couleur. [È)

l'éfyauleet à la croupe. Si .ces taches sont rvoîres, le cheval e^lpie^noir^ si elles sont alezanes, le cheval est . pie-alezan^ si elles sont baies, il est pie-bai.

2d**. Uauber, le miUe^fleurs, ou fleur dépêcher: c'est un'^mélange apsez confus de blanc y ^alezan et de &xf ^ le tout ressemblant à la fleur de pêcher.

m^. he poil-porcelaine : il n'est pas commun (i).

Nous appelons du nom général de marques diverses particularités que l'on observe dans \ts robes. Telles sont :

i^. Les. balzanes, qui ne sont autre chose qu^un changement en blanc de la couleur du fond de la robe, ou dans les quatre extrémités^ ou dans trois, ou dans deux, on dans une. Anoiennément on appelait tratHit le cheval dont les d^iix extrémités du même côté étaient blanches; trastna^at celui dont le pied de devant d'un côté, et celui de derrière de l'autre étaient balzans j et arzel le balzan du pied du hors-montoir de derrière : toutes ces expressions sont à présent hors d'usage. Nous disons balzan des quatre extrémités, ou du inontoir, ou du hors-monloir, ou du montoir de derrière et des extrémités antérieures, etc. (a).

■^^■•«■«««••-••«— •••'W'ii'OT-MVi'i^»— «^^iMM*4->.M*v^pa^>

(t) Dans ce poil, le fond' de \a.robe estd*un 3/a/rc brillant, luisant, méié de bai ou de noir , par petites parties et de manière à imiter à peu près la porcelaine sur laquelle sont peintes quelques fleurs de diverses couleurs. (JE.)

(2) Il faut fixer les idées des élèves sur ces expressions , montoir et. hors-^montoir : %\\es expriment, la première, le côté gauche par lequel le cavalier monte à cheval 5 et la seconde) le côté droit, par lequel il ne doit pas y monter. Il

Quant à la jonction du poil blam du eau©» oo au. boulet avec la couleur gënérale d« la robe, il se trouve de» krégolarilés «n pointe cwunie de» dent» de scie ; ces irrëgttUrité» empruntant de la bakane ut du fûnd du poii, la bakane est dite dfn^k'^} s\ elle ««t tach(etée de noir, elle est dite hemiirtdé ou numeh^téei si elle monte et s'étend, ou près, du genou, ou près du jarret, ou même au dessus, on dit nue le chev4 eàt ùhaussé haut, chaUssétrop haut^

a°. V étoile ou la pelote : si elle descend un peu , on l'appelle étoile prolongée ; sj ^Ue se propage le long diji chpinfrein , ou si,, en suite de cette marque , le «biinfrein «st couvert 4e poils blancs, l'animal est dit belle faae^ si la lèvre «intérieure est noyée da»8 )« blawi, on dit qUe l'animal boit dant ton blanc, hait dant du lait; ai le boUt dU »iesi est seulement taché d'une bande de poils blavtçt fort étroite, <«tte bande est dénommée Usie} «l, en «gnalant le cheval, on ajoute Usse au bout du nez (i), etc. Du reste , voyea ce qui a été dit sur les chevaux mvns.

ne faut donc employer ces expressions dans les signalemens que lorsqu'il s'agit de chevaux de selle j car on ne peut se dissimuler qu'il deviendrait ridiculeà'eH faire Usage pour des animaux »ur lesquels <m ne monte point, tels que les cheya^x de trait; il faut pour ceux-ci (et pqut-être vaudrait*il mieux pour tous ) indiquer simplement le çÛU droite ou gauche^ soit dans ce cas , soit dans t;ous les autres où ces «impressions sont en usage. La langue U plus générale , celle qui peut être 'entendue du plus grand nombre, est toujours la meilleure et doit être préférée. (-É.) - .

(i) C'est UsU qu'il faut, et non pas lisse, qui ne signifie rien dans le sens où il est employé ici. C'est sans doute par

3**. jLes épis ou m&lettès nais^eitti:, selon quelques tms, d'une e^pèee de ètiyvttë ûstfMéile da poU^ é[m^ te relevant sut Uù poil couché, forme une lïi'ap^ae «pprochslnte de la figure d'tlu ëpi de blé. D'àvltres fie les envisagent que comine tin retour ou cm re*broussement des poils (i). De quelque manière que la chose soit, les épis ne sont dus qil'à la configuration des pores. On les divise en ordinaires et en ex-traordinaires • Les épis ordinaires sont ceux qui se trouvent indifféremment et indistinctement sur tous les chevaux. Les épis extraordinaires sont ceux qui 9 n^étant pas communs , ont méiité de la part des esprits faibles et crédules une attention particu» lière. Uépée romaine, qui règne tout le long de rencolure près de la crinière y tantôt des deux côtés , tantôt d'un seul^ est de ce nombre , ainsi que les trois épis séparés ou joints ensemble , que l'on voit quelquefois sur lé firent de l'animal.

4^. Enfin, le coup de lance, ou la cavité sans cicatrice que Tou remarque quelquefois au devant^

une faute de copiste ou d'impression que le mot lisse aura été substitué au premier dans quelques ouvrages. Liste, dans toutes les langues de TEurope , signifie bande , raie , bordure, et nous avons encore listel, liteau, linteau, dont l'origine est la même. Au surplus , et ce qui ne peut laisser de doute sur ce qui vient d'être dit| c'est que d\uiciens auteurs emploient les mots liste, litre en parlant de cette marque du clieval dans le sens que nous venons d'expliquer : tels sont 9 entr'autres, F, Grison, Olivier de Serres, de Beaure^

père , etc. (^0

(t) Les anciens les appelaient aussi remoîins, d'après les écuyers italiens, de remolino, roulé, retors. {E.)

la beauté, et sont ^ de l'autre , un indice de la bonté de l^anîmal.

On doit attacliier à ce dernier terme l'idée d'un tempérament robuste et d'une constitution souple et nerveuse^ qm, dépendant de l'intérieur de la machine y et tenant à l'assemblage heureusement combiné de ses parties , ne peuvent être aperçus et re-? connus que par l'usage que l'on &it du cheval • La ^eautd, au cpi^fr^ife^ »^ n^^n^fqst^ à Tinspection seule i mais il est aussi certain que tojis les yeux n'iMit pas également le drmi de |)iea voir, <}u'il est vrai que toua lea hpmmesi indistînotemeni croient avilir Mlui de juger. Cependant y les décisiosa fondéeasjur la qoQBaissai;ic0 de certaines règli^s. établies et démontrées sont les seules qui doivent &ira loi : or y elles ne sauraient émaner que de ceux à q^ai ces inéme^ ràgles sont &milières} car tout jugement qui n'a pour base que le caprice^ le préjugé ^ le penchant^ l'idée purement habituelle et non perfectionnée de 1^ chose y n'est qu'une Tcônf» et souvent une £aiusse opinion , dé^ênû^ par lie^ uaa^ adoptée par les autres^ et quelquefois même bient^tiinbandonnée par celui qui l'a conçue. Tel cheval sém^bJe beau à celui-ci, et ne paraît pas tel à çelu%là:. Si pelui dont il obtient les sp&ages ne s'en est tenu qu'aux apparences trompeose^de l'animal qui, a pu lui plaire 9 sans s'être livré k la recherche des raisons par lesquelles l'ammal lui plaît, il sera toijijouiâ libre ^ l'autre de ne ^a« se ret^dre^ parce que 1b témoignage des sens^ du^ pnemier n^est pas moins équivoque que celui dos ^ent 'du second^ et

que la conversioa et la convÎGtioKi du dernier uc

peuvent dëpeudre que de la £)rce et de la v^liditë des priacipesAur lesquels porteraient leunsisentimens opposés.

(^1 dit communëment que la beauté de la léte est principalement dans la petitesse de so» volame j néanmoins y dès qu'il j aura excès ^n petitesse comme en grosseur^ et que le volume ne sera Hululement en raison des autres parties , celle-ci sera plus ou moins réellement difforme ^ ou plus ou moins ëvideufment monstrueuse. On entend dire encore chaque jour qu'une jambe est belle ; elle ne peut l'être si elle n'est proportionnée à la taiile de l'animal 9 le ^nou à Tépaisienr du bras, le canon à. l'épaisseur dû bras et du genou ^ etc» Or^ quelles sont ces proportions relatives? Eûton étudié avec, le plus grand soin chaque partie de l'animal en par» ticulier^ £l!Ltf on par&itextient instruit de Ist Ibrme qu'elles dpivent avoir^ on.aeraa9Suréme&t toujours très embanaseë Lorsqu'il s'agira d'y répondre , parce que cette étude et ces lumières ne sauraient suffire pour démêler y. dans la composition du tout enseï»*» ble y des difieiences et des. imperfections qui ne pîeuvent fi:apper que ceux qui sont parvenus* à un degré de connaissaiMses» sans lesquelles, elles ne -peuvent être sientiesé. La beauté n'est donc pas â la portée de tout le monde j et ^ en ei&t, Itels traits hardis de l'architecture^ qui sont des miracles de Wtl pour: des jeux savipis^ seront absolunyent dédeâgnés^ et paraîtront même toujours des ^é£&uts à ceux qui tm sont pas faits pour eo juger.

'ji\ ,.

Quoique la beauté naisse des proportions, on ne peut pas soutenir que lès hommes aient su quelle» sont les proportions des objets avant d'en avoir aperçu la beauté^ au contraire, c'est sur la beauté des corps qu'on a imagine d'arrêter les proportions» Dans la musique ,. après avoir trouvé les propriétés des sons capables de produire œ que nous appelons harMumie^ par l'attention que l'on a faite à cçur qui étaient les plus agréables à l'oreille, on les a pro^ portionuQs entr'eux, on lésa unis, et on les a sépar rés par de justes intervalles* Dans la peinture, on a observé l'effet du clair-obsi^ur et des ombres; et> en sfiftrrêtant à la stature d'un Iiomme qui^ d'un ac^ eord général, passait pour être beoA, on a, pour ainsi, dire,, deviné ce qui plaisait si &rt en lui ; et,. ;de.S( différentes combinaisons qui ont é%éfd\ïeH , on a tir^ li^s règles de proportiou qui £>rment aujourd'hui, les règles du dessin. C'est ainsi qu'en fixant nos jQg^Jcds: sur ce que, d'un aveu commua, nous re^ gacdons'comme la. belle nature, nous avons tenté de pénétrer dans les. premières raisons de la beauté de l'animaL

La nature, il est vrai, se joue dans ses ouvrages». Ils sont tellement vaiâés qu'aucun ne se ressemble ;. mais, dans les parties qui servent à. la com-* position. d'un beau cbeival, nous nedevons considérer que celles qui peuvenli contribuer à une s^eule et unique &^au£<9f aimai ^ en parlant de la mesure que doiveAt avoir ces parties pour produire*'une parfaite symétrie, on ne peut) comprendre, que celle qui^^ seule, peut laire la belle proportion. Totis le&che^

( i69 ) vaux^ en effet ^ ne sont pas fait^ de la même ma^nière; mais la règle doit être générale et s'adapter à tous. L'animal peut être épais et courte il peut avoir une taille déliée ^ médiocre, ou une taille haute et avantageuse, et être exactement proportionné : ainsi il peut y avoir mêmes proportions^ et cependant variété dans les figures. Cette vérité incontestable décèle, au surplus, l'erreur de ceux qui pourraient penser que l'entreprise d'établi» les raisons de la beauté du cheval sur des principes serait aussi ridicule que celle qui tendrait à fixer des metsures et à asseoir des proportions pour constater la beauté des chiens. Il est facile de voir qu^il n'en est pas du cheval comme de ces animaux; qu'il p'est pas marqué par des différences aussi fortes et aussi sensibles que celles qui résultent de la forme du lévrier, du mâtin, de l'épagneul, du barbet ^ du braque, du basset^ etc.; et, d'ailleurs, serait-il bien étonnant et bien bizarre d'assigner des mesures fixes pour chacune de ces espèces ? Les chevaux; tiennent toujours, quelque caractère particulier des contrées où ils sont nés , mais leur espèce ne change pas; un certain tout, un certain contour, une certaine conformation , certaines nuances joiptes a de certaines qualités qui leur sont propres, indiquent le pays d'où ils sortent; elles ne sont pas telles, néanmoins, qu'une même règle ne puisse leur convenir en général, autrement on pourrait soutenir que les règles de proportion, qui sont aujourd'hui les règles de dessin, ne sont applicables qu'à des hpmn^es d'une telle nation , et non d'une

( I70 ) autre j ce qui serait le comble de l'absurdité la ptua.

grossière.

Manière de s^assurer des proportions du Chet^aL

Quoi qu'il en soit, dès que la beauté rëside dans, la convenance et le rapport des parties , il faut de toute nécessite en observer les dimensions particulières et respectives, et pour acquérir la connaissaifte des proportions , supposer un genre de mesure qui puisse être indistinctement commun k tous les chevaux. La partie qui peut servir de règle de proportions à toutes les'autres est la tête. Mesurez- en la longueur entre deux lignes parallèles^ l'une tangente à la nuque ou à la sommité du toupet , l'autre tangente à l'extrémité de la lèf re antérieure, par une ligne perpendiculaire à ces deux parallèles, vous aurez sa longueur géotnétrale. Diviser, cette longueur en trois portions , et assignez à ces trois portions un nom particulier qui puisse s'appliquer indéfiniment à toutes les fêtes, comme ^ par exemple, celui àe prime : une tête quelconque , dans sa longueur géométrale,^ aura par conséquent toujours trois primes; mais toutes les. parties que vous aurez à considérer, soit dans leur longueur^ soit dans leur hauteur, soit dans leur épaisseur, ne peuvent pas avoir constamment, ou une prime entière, ou une prim^ et demie ^ ou trois primes} subdivisez donc chaque prime en trois parties égales que vous nommerez secondes^ et comme cette subdivision ne suffirait pas encore pour vous donner la mesure juste de toutes les parties, subdivisez ^e

( «7» ) nouveau chaque seconde en vingt^quatre points y en sorte qu'une tête divisée en trois primes aura , par la première subdivision ^ utv£ secondes y et deux cent seize points parla dernière. Dès lors, lorsque vous direz une tete^ vous entendree toujours sa longueur gëomëtrale; lorsque vous prononcerez le mot de primç, vous entendrez un tiers de cette même longueur ; lorsque vous pn)£irerez celui de seconde,, vous entendrez la neuvième partie; enfin, lorsque vous direz un points ce point signifiera la deux cent seizième partie de cette longueur gëoipëtrale.

On comprend y au surplus, que eette division en primes et ces subdivisions en secondes et en points naissent d'une supposition forcée; car, comme il ne peut y avoir, sans supposition, une mesure égale et commune pour des animaux qui ne sont égaux ni en grandeur, ni en largeur, on ne peut en établir une fi^ie, certaine et stable, qu'en en imaginant ou en en recherchant une qui puisse , dans Textension ou la diminution, conduire au principe une (bis déterminé.

Mais la tête peut elle^^même pécher par un défaut de proportion. Cette partie n*est, en ^et, censée trop courte ou trop longue , trop menue ou trop* chargée, que par comparaison avec le corps de l'animal : or, le corps devant avoir, soit en longueur, à compter depuis ia pointe du bras jusqu'à la pointe de la fesse inclusivement ^ soit en hauteur, à compter depuis la sommité du garrot jusqu'à tene^ deux i$i0s et demie ^ dè9 que cette partie » par sa longueur géométrale, donnera en longueur ou en hau-*

teur au corps mesure plus de deux fois et demie sa longueur^ elle sera trop longue y et si elle en donue moins, elle sera trop courte.

Dans le cas où Tun de ces défauts existerait , il ne serait plus question d'asseoir sur sa longueur gëométrale les proportions des autres parties. Abandonnez cette mesure commune , et compassez la hauteur ou la longueur du corps ; partagez la lour gueur ou la hauteur en cinq portion» égales ;- prenez ensuite deux de ces portions , divisez-les far primes^ secondes et points, conformément aux divisions et subdivisions que vous auriez faites de la tête, et vous aurez une mesure générale telle que la tête vous l'aurait donnée, si elle eût été proportionnée.

Proportions du Chepat.

Il serait superflu d'entrer ici dans des détails qui ne peuvent vraiment intéresser que le sculpteur et le peintre (i). Nous rejetons donc toutes les dimensions uniques, et toutes celles qui ne concernent que les plus petites parties, pour ne nous attacher qu'aux dimensions frappantes de celles qui^ d'une part, ont assez d'étendue pour être saisies facilement et d'un coup-d'œil, et qui, de l'autre, présentent par leur correspondance , ou plutôt par

(i) Voyez Pouvrage intitulé Mémoire artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des animaux y tant en peinture qu'en sculpture; par MM. GoiiTon et Vincent f ouvrage également intéressant pour les personnes qui se des* tinent à t art de monter à cheval. Al fort, 1779* ^ volumes pet^t in-foL, dont un de planches.

une égalité réelle, soit en faatitenr, tc^iï en li&ngueur, 8oit en largeur, soit en épaisseur, des objets de comparaison si sensibles , <}ue les plus légères différences qui existeraient entr'elles, et qui les rendraient par conséquent défectueuses, ne sauraient nous échapper.

i^. Trois longueurs géométrales de la tête donnent la hauteur entière du cbeTal, à compter du toupet au sol sur lequel il repose, pourvu que sa tête soit bien placée.

2^. Deux têtes et demie égalent :

La hauteur du corps, du sommet du garrot à terre j

La longueur de ce même corps, celles de l'avantmain et de l'arrière-main, prises ensemble, de la pointe du bras à la pointe de la fesse inclusivement.

3*^. l/ne tête entière donne :

Là-longueur de l'encolure , du sommet du garrot à la partie postérieure de la nuque ;

La hauteur des épaules, du sommet du coude au sommet du garrot;

L'épaisseur du corps, du milieu du ventre au milieu du dos ;

«Sa largeur, d'un côté à l'autre.

4^. Une tête mesurée du sommet du toupet à la commissure des lèpres ; cette mesure légèrement remontée, à moins que la bouche ne soit très fendue , égalera :

La longueur de la croupe, prise de la pointe supérieure de l'angle antérieur de l'os iléon à la tu« bérosité de l'ischion formant la pointe de la fesse ;

La largeur iatérale de Façant-bras^ prise de son origine antérieurement à la pointe du coude.

1 1**. Deux tiers de cette largeur latérale donnent :

Uéléçalion verticale de la pointe du coude, au dessus du niveau du dessous du sternum ;

I^ abaissement du dos, par rapport au sommet du garrot j

La largeur latérale des jambes postérieures, près

des jarrets ;

L^ouperture, ou plutôt la distance des opani^bras d'un ars à son opposé.

1:2^. Une mjoiiié du tiers de la longueur entière de la tête égale :

L'épaisseur de Paifant-bras, vu de face, à son origine, de Tars à son contour extérieur horizontalement ^ .

Xiâ largeur de la couronne des pieds antérieurs , soit d'un côté à l'autre, soit de Tavant à l'arrière 5

La largeur de la coutonne des pieds postérieurs , d'uû côté à l'autre seulement} 1

La largeur des boulets postérieurs , pris de l'avant, à la naissance de l'ergot;

La largeur du genou, vu de face : cette mesure est néanmoins un peu foi-te ;

L'épaisseur des jarrets : cette mesure est un peu

faible. /

i3**. Un duart de ce même tiers de la longueur de la tetM donne l'épaisseur du canon de VaQantm.ain : celui de l'arrière-main est un peu plus épais.

i^^. Un tiers de cette m^me mesure égale :

L^ épaisseur dut aifant'hras, près du genou, dans sa partie ia plus étroite ;

L^épaisseur des paiurons postérieurs y vus latéralement.

i5®. Ija hauteur du coude au pli du gèh&u est là même que :

La hauteur de €0 même pli jusqu'à terre 5-

La hauteur de la rotule awpli du jarret f^' •

La hauteur du pli dujdrretjusou^a'ta coumnnç.

1 6**. La sixième partie de cette mesure donne :

La largeur au canon de P aidant-main ^ vu latéralement, au 'milieu :de sa longueur.;

Celle, de son boulet^ vu de iâoe* . .

17^* Le tiers de. cette nvesureiest k peu prè^égal et la largeur du Jarret , du pli à la pointe.

1 d^. Un (fuçLrt de Cette mesure donne : >

La largeut du<genowy. vu: latéralement • .

. Sa longueur, * .

i^n L^ intervalle des yeuocx-^dlun grand angle à Vautre é^jal&i

. La largeur.de la Jojnbe de derrière, vue latéralement , de ia coupure de la fesse à la partie inférieure de la tobérosité sdu tibia.

ao®« . Une moitié de. cet interi^aUe des yeux donne :. '

La largeur du canon postérieur, .vu latéralement; - La largeur du boulet et de Pawint^main, vu laté-* ralement^ de son sommet antérieur à la naissance de l'ergot j .

Enfin, la différence de la hauteur de la croupe , respectivement au sommet du garrot.

Telles sont, à peu de cbose prèa y dan» le dikeval y toutes les parties correspondavEtea par des dira ensions réciproques. L'oail execçé à €e« diffêireiàles dofi'nées les transportera , sans besoin d'hippomèlre, de coca-* pAs et d'échelle, s^w W piMftiea dout^ il vorudra juger les défauts par l'appréciation dos mesures ^ avec autaat de feclUté <|ue le peûitoe en krousa à réduire des délias ^ et è feire d'aile figwe ordinaire une figure colossale»

Nécessite des proposions.

Ce serait méconnaîlare les. vues et Tiiidustiie delà nature que d'imaginer que ce», redierchés^ et ces observatîona ne pcrtect e« âtieuitô mtaàère sîlr les lois qu'elle & est piescritcs à ellft'^mèmev Ses opé-^ rations ne sont pain% l'e&t du hasard f ellies. oût été calculées 9 coeapassëes et réfléchies^ et toute» les vérités mécaniques dont notre faible intelligence a été frappée ont été puisém dans ae» ouvrages ;. mai» les hommes pour qui ils ont été une soduiice fecoode de lumières ne s'en amit pÂs tenus^Â notre îmièation^ à l'en'veloppe ou à l'écorce.. Il est sans doute pli»» commode et plus facile de ne pas. aller aiik delà ,. et de soutenir que l'entreprisâ de pénétreK plu^ loin est totalement inutile ; cependant ceux qui^ dané l'ékudedu dueval^auscoBtle courage d'ottlare*-pa8ser le poil f le cuir ou la supcvfisie^ s'aspercerront bien-^ tàt deVimmensité des connaôssaoces à aîoater à des premières notions acquises , et malheurëuâemeot bornées à la aunpie perceptiûnx. de quelques défauts qui sont à la portée de tous les j«ux«

Qael<jue& exemples succincts àe la nécessité de5 |)roportions ^ considérées relativemeiït à l'usage que nous faisons de ranimai ^ convaincrotit peut-être les esprits les plus éloignés^ de nos idées et les plciâ préoccupés de leur savoir.

En supposant d'abord une tête qui pècke par un excès de longueur y nous dirons que cet excès en accroît le plus s-ouvènt la masse , et que^ ^ns la position ordinaire de la main ^ur un cheyai auquel on peut reprocher ce dé£aiut y ià direction des rênes se trouYera telle que les branches du mors opéreront sur les barres l'effet des branches hardies; ce qui a toujours lieu lorsque l'angle ré&ultant des rênes et des^ branches est fort aigu*

Si 9 au contrake^ la tête est trop courte , elle' est communément plusi volumineuse par san'épais^* .seur, et l'effet des rênes sera totalement différent , en ce que les branches du mors n'aiiront que ce^ . lui des branches flasques , l'angle ' étant alors {dus eu moins obtus. L'une et l'autre dé ces imperfec* tions seront aussi plus considérables^ si^ d'une part y à l'exagération de la longueur de' laijtête sont jointes tme trop grande sensibilité et une trop grande délicatesse dans la bouche, et si^ de l'auU^e^ la briè» veté se trouve compliquée avec le peu. d'élévation^ la rondeur et l'endurcissement des barres.

Lorsque l'encolure est trop longue^ les extré-v mités antérieures sont plus chargées > attendu le prolongement du bras de levier auquel la tête est suspendue. Les vertèbres cervicales qui foraient ce bras portent sur les premières dorsales comme sur

une base inébranlable. Leur force, pour supporter la tête, réside dans leur position relative au ligament ceryical qui, lui-même, en est le principal soutien. Son avantage est plus grand dans la fonction dont il est .chargé, lorsque le garrot est plus élevé , parce que la base de la colonne résultant des vertèbres cervicales est plus éloignée du point de l'attache de ce ligament aux apophyses épineuses des six premières vertèbres dorsales, et qu'il doit être cpnsi* déré comme faisant l'office des haubans, qui maintiennent les mâts des vaisseaux et qui les affermissent.

Il faut encore observer que ce même ligament , divisé en deux lames remplissant l'intervalle triangulaire provenpint de la situation élevée de l'encolure et du garrot , a des attaches fixes à la deuxième , à la troisième et à la quatrième Vertèbre cervicale ; tandis que, supérieurement, il n'est attaché qu'à l'occipital, sans aucune adhésion à la première et à une grande portion de la seconde : or, par ces attaches fixes, il cominunique à la colonne cervicale la force nécessaire 'pour la suispension de la tête et par sa nonadhérence' à la première de ces vertèbres et à une partie de la s.econde , la nature a prévu les obstacles qu'il aurait opposés à la liberté des mouvemens auxquels elle est sollicitée lors du jeu et du concours des différens agens chargés de les opérer (i). Quoi qu'il en soit, l'excès dont il s'agit ne pouvant exister

(i) Voyez, dans le PrécL anatomique déjà cité, la descrîjkion du ligament cervical, tome I, art. 161 ,'page 232,

sans que le bras de levier ne soit prolongé y le poids relatif delà, partie qui est au bout de ce bras augmentera infailliblement;, il exigera, que le bras opposé soit chargé d'ui^c plus grande partie du poids de rarrière-maippour le contre-balancer rdonc les pafrties antérieures auront à supporter de plus que dans. un. cheval donf^ l'encolure sera proportionnée non seulement l'excès du poids relatif de la tête, mais l'excès du poids pris dans les parties postérieures.. Que si l'encolure est droite , c'est à dire que si les vertèbres cervicales, en partant-.de leur base 9 sont déterminées, sur-le-champ en avant et dans une direction plus ou moins horizontale y alors il faudra les envisager comme un mât plus ou moins incliné, qui fatiguerait plus ou moins ses haubans, sans parler des inconvéniens que nous venons de décrire, et. qui résulteraient encore de l'extension du bras.de levier..

L'excessive longueur d'un cou , ^ui en même temps est mou et effilé , le rend toujours incapable de soutenir ce qu'il doit supporter comme corps intermédiaire à la puissance ou à la main, étala résistance ou à la^ bouche, des eiForts de ki' première sur la seconde. La résistance est^elle douée d'une grande sensibilité ? le défaut sera moindre j mais en est-elle dépourvue, la barre est-elle basse et arron^ die? le défaut sera beaucoup plus considérable-, parce que la force à laquelle la puissance se verra obligée sera telle,.que ce même corps intermédiaire, contraint de la partager , cédera et fléchira de côté et d'aulne lors des actions de la main. Dans tous ces

ça$, Tappui n'est jamaâs par&k; il est plus ou iiioin$ falsifie y et il est très difficile «de donner de l'assu-r ran«e à la tête« Geà sortes d'encolures ^ au surplus , &ciliteiit toujours à Tanimal les moyens de s'armer , surtout quand leur trop Ae longueur est accompagné cie qe aaéme vice de proportion dans la tête.

Le trop de brièveté de cette partie ^ c'est à dire le défaut opposé , e:xiste rarement sans que cette même partie soit plus épaisse , et sans que la tête deTanîmal soîtmîal attachée : ainsi une encolure ^e «cette sorte ne saurait «e loger dans l^uge y et la tète se £xer -dans la juste position où elle doit ^tre« De plus», ie corps intermédiaire étant alors plus raide et plus inflexible , attendu l'épaisseur et le peu de langueur , il en résultera, y en quelque Êiçon y vne interception de i^ réciprocité du seûthnent y qui lie 'ppiiurrâ, se communiquer qu'autant que la puissance emploiera plus de force sur la résistance; ce qui «ndurcira inévitahleanent: les barres et privera encore l'animal de la facilité -et de la grâce qui doivent en accoimpagner l'exercice. Que si le cou çst court et mince en même temps ^ la maigreur ne. pouvant être attribuée qu'au moindre volume d^s muscles 9 a raison de la moindre quantité <les fibres charnues 9 ces mêmes muscles, qui doivent agir contre la colonne , en suscitant les mouvemens latéraux et divers de la tête , seront [»:ivés de la force dont ils sont doués dans une encolure bien propor* tionnée, et n'auront jamais le nnême pouvoir sur la colonne, qui ^ par son peu d'étendue, sera moins sus-^ oeptible de souplesse, puisqu'elle sera moins dispo*

sëe à se prêter aux plù difiërens qu'il est nécessaire de lui imprimer.

Lia hauteur •cm i'éiévatloia daoorps, n'étant pas égale à sa longueur , pëotiera par le trc^ ou par te irop peu y c'est à dire par exoès on par diminution ; par excès , d'abord le dé&ut sera le raénM que si le cheval était trop coort; pardimiautioUy le déiantsera le oiiémeque si le chevalétait trop long.L'excés peut prcyresnir seulement de l'amplitude du-'Oorps et principalement du thorax ; en ce cas, l'animal est dépourvu de toute légèreté, et ne présente qu'une masse lourde etînfornie^ Quand il nait de la longueur exagérée des jambes ) les membres sont si faibles y qu'ils ne peuvent résister au moindre travail ; et lorsque l'excès a sa source dans l-es deax causes ensemble , il n'est pas douteux que la ruine de l'animal est. beaucoup plus prochaine , quoique les membres, n'aient pas autant de longueur à proportion que dans le dernier cas , parce que , plus alongés , d'unepart, qu'ils ne devraient l'être selon lès dimensions naturelles ^ ils ont, de l'antre , à porter un ferdeau plus considérable. Quant k la diminution , si elle provenait du peu de capacité du corps , et particulièrement du thomx, il est aisé de comprendre quelles seraient, outre •cette difikrmité, les suites de la contrainte qu'éprouveraient les viscères que cette cavité -contient, et dans la circonsrtanoe où Ton ne pourrait en accuser que la brièveté des ntembres, on concevra bientôt aussi que la progression de l'animal en serait évidemment plusrétrécie. Dès que ses extrémités postérieures, en eBet, ne pourraient^

pour opérer les percussions indispensables , atteindre comme dans le transport successif et local d'un cheval bien proportioiinéy la ligne de direction du centre de gravité y la masse serait absolument nécessitée de parcourir moins de chemin à chaque temps ^ ou Tanimal obligé dédoubler les mouvemens^ pour gagner , d'une autre manière , ce qu'une véritable impossibilité lui ferait perdre sur une certaine étendue de terrain y ou enfin y si son courage et son ardeur le portaient à forcer ^ en quelque l[a$on, la nature pour approcher davantage de cette même ligne , il est certain que chaque . extrémité serait infiniment plus travaillée , et succomberait bientôt , vu les efforts répétés qu'elles auraient à &ire pous opérer ce qu'il faudrait d'élévation à la masse à chaque instant des^ déplacemens qui là détermineraient en avant.

Dans la circonstance de la longueur excessive du corps y toute la colonne vertébraje doit êtfe incontestablement plus faible , et les muscles ne peuvent qu'être sollicités à de&mouvemens plus viôlens pour irésister à l'effet du fardeau dont elle se trouvera chargée^ puisque les bras de levier accordés à la résistance seront xnoins eiEcaces ^ en raison de l'excès de la longueur reprochée , q^u'ils ne l'auraient été dans un animal exactement compassé et mesurée Nous voyons aussi qu'un cheval eosellé^ c'est à dire en qi^i la colonne- dorsipile est. pUée plus ou moins en contre-bas^ n'a jstmais une vraie , force. L'avantr^ jnai9 en semble plus beau^ parce que le garrot , attendu cette sorte de voussure en desisous, parait plus élevé ^ et l'encolure sortir perpeodiculairemenl

( '85 ) de cette dernière partie; mais un trait de beauté acheté aux dépens d'une qualité essentielle ne la compense point ^ et n'en est qu'un appât plus trompeur. Dans toutes Içs actions qui requièrent un ensemble y ces sortes de chevaux sont toujours au dessous de ce qu'on leur demande : par exemple y et surtout en suite de quelque exercice plus ou moins rapide , ils ne présenteront point parfaitement le front à l'arrêt y ils ne l'exécuteront pas avec fermeté^ ils vacilleront et se traverseront à droite ou à gauche^ malgré Ja justesse de la main^ à moins qu'elle ne soit infinie et dans un accord si parfait avec les jam> bes^ qu'au moyen de la précision y de la finesse et du sentiment du cavalier, l'animal reçoive de l'art ce qui lui a été refusé par la nature ; l'arrêt formé ne sera pas stable^ ils se jetteront en avant ou en arrière y etc. Enfin, quelque vivacité, quelque légèreté qu'ils montrent dès les premiers momens de leur allure , leur fiiiblesse se manifestera bientôt ; et, en effet, la courbure de l'épine ne peut exister en eux , que les muscles, qui s'opposent à ce qu'elle ne plie davantage , n'aient déjà été naturellement por^ tés à un degré d'extension , au delà duquel leur élasticité et leur jeu ne tai*deront pas à atteindre leur terme, et à passer, de l'excès de l'action , à l'inertie qui doit la suivre.

Le trop de longueur supposé n'être dû. qu'à celle du thorax seulexnent, les jambes antérieures n'é' tant pas plus éloignées des extrémités postérieures qu'elles le sont dans un cheval bien con&rmé , est un dé&utqui n'est point aussi rare qu'on le croirait.

Dams uiisemUabie cas, le devafrt serait chargé à*\xik très grand iKiiils ^ non seulentent parce que le prolongement du ttiorax accroîtrah la niasse totale, et particulièrement celle q«e ce même devant a à sup-porter , mais parce que , 'oommo je l'ai expliqué en parlant de l'excès de iongu-eur de Tencolure, c& prolongement ne saurait exister sans occasioner celui du bras de levier résultant de cette dernière partie , et sans employer une pltis grande portion dé la ma'sse postérieure an contre -balancement du poids des parties -antérieures, le point d'appui demeurant toujours chargé de toute l'intea- STté de 'la résistance et de toute l^'întensité de la paissance qui lui lait équilibre. De là le défaut immanq'uable^de liberté desépau'les et des membres^ quand même Tanimal serait pourvu d'un courage réel 9 quand ces menées membres sembleraient avoir nne épaisseur qui en indiquerait la force : de là la nécessité qu'il pèse à la main, que ses jambes ne parviennent jamais au degré d'élévation requis dans ses diiïërentes allures , «qu'il rase le tapis , qu'il bute «et qu'il succombe en peu de temps sous le faix d'un exercice indiscret et immodéré auquel il pourrait être -condamné par ceux qui confondraient en lui l'engourdissement , qui ne demande que la répétition des actions et du jeu des parties , avecl'épuipeinent qui tient àTénormitéde la charge supportée. l^n ce <jui concerne la longueur du corps qui serait due à l'extension des os des îles , il est évident que r^lo&gement de ces bras de levier tendant à plier les vertèbres loiB4>aires en contre-bas et à les

faire obëir au ferdeati éônnerait à ce même fardeau un avantage considérable sur la résistance qu'opposeraient les muscles* Pour se déHyrer de l'effet de ce poids , les chevaux en qui ce dé&ut existe s'efForcent, par un mouTement automaticfue et totalement contraire à cet effet , de voûter l'^épîne en contre-haut, et Ifipiu part forgent, s'atteignent y s'attrapent, etc«

Lorsque le corps de l'animal est trop court, sa force , pour supporter tm poids , est naturellement plus grande , par la raison de la hrièveté des bras de levier, mais aussi les effets des réactions se manifesteront bien plus directement sur le poids; la colonne ayant moins de longueur aura beaucoup moins de jeu ; l'ailure du cheval sera par <x>nséquent moins liante , et il y aura très peu de ressort dans ses mou- ¥iemens^ dont l'impression se propagera toujours sur le cavalier d'une manière dure «t désagréable. D'cui autre câté^ il tirera a^i^c moins d'avantage., parce q;Tie le rapprochement diu centre de gravité des pallies antérieures sur le point^'appui , c'est â -dire sur les pieds postérieurs , lui ravira certainement l'empire qu'il aurait eu contre le £9irdeftu quelconque qu'il aurait à traîner.

Nous avons dit que la mesure existante dans un cheval bien planté «t e» repos sur le sol , depuis la partie supérieure de la croupe jusqu'à la partie supérieure an grasse t , est la même ^ue xiepuis celle* (£ jusqu'à la partie supérieure laftérale eaUierne et saillante du jamet, et que depuis cette partie du jarret jusqu'au ^1. Si la natuve se fut écartée de ces cosditioiis^ soit par la brièv^eté, soit par le pix>-«>

longement des parties qui cancourent à la fbrmatioa des extrémités postérieures , dans le premier cas y le derrière eût été nécessairement raide et dénué de la liberté essentielle à son action , les percussions auraient été incontestablement moindres, puisqu'elles sont toujours en raison des flexions respec* tives de chaque partie du membre , et les extrémités antérieures, qui se trouveraient au degré d'élévation qu'elles doivent avoir dans le cheval bien pro— portionné, ne pouvant, par une percussion à laquelle elles ne sont point astreintes , suppléer à ce que le défaut de celles de derrière aurait fait.perdre au transport de la machine , ce transport eût été toujours lent et très pénible.

Dans le ^second cas, c'est. â dire dans celui du prolongement excessif de ces mêmes extrémités postérieures, nous dirons qu'outre les inconvéniens que nous avons décrits en examinant, les résultats d'une trop grande extension dans les os des îles , l'exagération de chaque partie du membre serait suivie de celle de l'effet des détentes : la masse serait donc chassée en avant avec plus de célérité et plus de force , et la course de l'animal bien plus rapide; mais aussi les extrémités antérieures, n'étant point en même raison de hauteur, se verraient écrasées par le &rdeau dont elles seraient toujours chargées, comme dans les chevaux bas du devant ; et il faut ajouter ici la force plus grande de son. rejet de la part des extrémités postérieures prolongées , surtout lors de l'action du galop , dans laquelle la masse retomberait à chaque temps inévitablement de plus

haut 8ur elles. D'ailleurs, vu leur brièveté considérée par rapport à Texcès à reprocher aux parties de derrière^ brièveté qui doit rendre leur action naturelle infiniment moins efficace , elles seraient nécessitées à des efforts plus violons pour la relevée et le soutien de la machine en suite de chaque percussion opérée par les membres postérieurs.

Nous présumerions volontiers que , dans les chevaux anglais y la ruine des épaules, l'anéantissement de la liberté de ces parties y et même les douleurs dont sont assez ordinairement atteints leurs pieds antérieurs y ne sont dus qu'à la surcharge que le devant éprouve , soit par ce défaut de conformation, qui n'est pas absolument rare en eux, soit par la manière dont on les exerce sans attention à la nécessité de l'ensemble et d'une juste répartition du poids et des forces y soit enfin dans les courses plus ou moins véhémentes qu'on en exige, etc. Cependant, en doit observer qu'à leur égard, dans le galop de chasse , comme dans le galop précipité , la masse ne retombera pas de haut , eUe est constamment près de terre, et il s'en faut de beaucoup que les forces irgitées contre les colonnes antérieures en sollicitent l'élévation autant qu'elles en opèrent le progrès; car les parties postérieures s'approchent beaucoup moins de la ligne de direction du centre de gravité , et leur détente semble n'avoir réellement ' lieâ que de la perpendiculaire en arrière : or , par cette détente, qui constitue le membre dans une sorte de raideur qu'on peut regarder comme une des causes de cette espèce de flottement de côté et d'autre

^ue l'ona ilésigix^ par Texpressioade branle de galap^ tout le produitde la vitesse employée dans une direction Lorizontale consiste dans une déterminatioii plus rapide de la machine en avant ^ et alors lea épaules ont d'autant plu& à tratailier ,, que les parties postérieures sont bien nloins occupées de les seconder dans la relevée de cette même machine*

Nous ne pousserons pas plus loin ici ces observa -« lions ^ que nous pourrions étendre à l'infini par le développement, d'une foulé de principes évidens et applicables à tous les points qui ^ dans le corps du cheval , correspondent les uns aux autres à titre de cordes ^ de levier y de point d'appui ^ de puissance et de résistance. Il suffît de ces simples aperçus et de cette très légère ébauche, pour jugpr de la soïnocie de lumières qui^ résultant de cette manière d'étudier et de rechercher l'animal , mettrait notre esprit au niveau des rapports, et dés conditions qui sont pour nous autant de mystères dont la révélation importe essentielietnent,( néanmoins ^ au vétérinaire dans nombre de cas^ et dans toutes les circonstances à la perfection de la science du manège.

Kien n'ei&t assurément plus admirable que de ï'éduire un animal doué d'une force plus ou moins considérable et d'une agilité plus ou moins ^ande à une obéissance entière ^ et de le conduire peu à peu y malgré lui, et cependant sans contrainte, à l'habitude de la finesse et de la précision dans l'exé-^ cution ; mais aussi combien, peu d'hommes en ont été véritablement capables! Une longue pratique et le tâtonnement enfantent des règles générales

( »90 qui i>e sont que la stiiperfiçie de l*art y la connaissrance profoude «ie Vammal en est la base* Une étuJe soi*-vie et relative au^ dc^é cle faiblesse et de Ibrce aiuioïkcé piftP saafkroctJire et par les^ difiërentes com-^ binai^m <|tii .tmt pcëaidé y pour ainsi dive , à la con-^ formation id49 aoa corps et de ses membres ^ est donc abaolkune&t indispensable. Par elle^ les^ causes de son opposiliott. i telle ùvt telle action , de sa propen* sion et telle on teUe aïo^re,^ et èfs vaiîationsf énormes qui étonnent toujours dans chacun des indiridos que Tofi exerce^ se dévoilent et se mamfestent; les moyens à employer ^osav triompher et pour vaincre se préscnteidl ancssit&k; les vaines tentatives auxquelles, on se seraiift indiecrètement livré à cet effet sontr^el^e^y oa n^entreprend que ce que l'on doit entreprendre; la uesuire des leçons est- eonetammettt œUe Ae ce que peut ranimai } on prévient ses f anteSi, . et. dès lora on évâte la peine et le danger d'avoir à corriger ; le mouvement qui précède instruisant de ceJLm qm ètàt suivre^ Ions desseins nuisibles simt aisiSHanik rompus, etc. Enfin, il n'est aucuns cas particuliers. qui puissent être un sujet de perpilexit<é et d jembarras^ parce que c'est des trésors mêmes quie la nature nous a ouvertsr que nous tiroiiâ tous 1m pnncipee.

De la justesse de l'aplomb^ et de la direction des

membres»

La direction des^membreset la justesse des aplombs sont encoflce d'une considération très importante* Telle doit être la djvection des qolonnes * anté-*

rieures vues latéralement y qu'une ligne verticale ^ tirée de la sommité du garrot à terre , passera sur la jointe du coude ^ tandis qu'une seconde verticale , conduite du tiers postérieur de la sommité de l'avantbras au.spl^ partagera également la largeur du canon 9 le boulet y compris jusqu'au paturon , et qu'une troisième ligne semblable , tendante pareillement à terre et menée de l'articulatioii du bras avec l'omoplate , .répondra directement à l'extrémité de la pince.

Ces mêmes colonnes considérées di&Êice^ on verra que 9 quoique le contour ou la partie .latérale exteriiedes d,vant-*bras rentre plus en . dedans à me* sure qu'ils descendent près du genou^ que le contour intérieur ne se rapprocjbe de cette méo^e partie latérale^ une verticale > menée du milieu 'de ieur portion la plus ét;roite. jusqu'au sol , diviserait également la largeur de tantes les pièces formant le reste de ces extrémités* • , • *

Quant aux cploJ^if es. postérieures, examiziées dans le premier de ces sen^, une verticale abaissée sur la terre, depuis l'articulation de' la jambe aveso la cuisse, répondrait précisément à la pince; et ^ ]|pu3 les envisageons sous le second point 'de yue , nous verrons i®. que le contour extérieur des jambes rentre plus en dedans, à mesure qu'elles approchent des jarrets, que celui des avant-bras à mesure qu'ils atteignent les genoux j o^. que leur contour intérieur tombe presque verticalement ; 3**. que, relativement à ces mêmes extrémités, qne verticale qui descendrait du milieu de la lar-

geur de la pointe du jarret sur le sol partagefait également la largeur de toutes les parties qui les composent. Voilà les vraies lignes à' aplomb qui nous assurent de la stabilité certaine de l'animal, parce que, dès lors, l'emmancliement de toutes les pièces de chaque colonne est d'autant plus parfait, qu'elles portent exactement les unes sur les autres, et que le fardeau dont elles sont chargées se trouve également distribué sur toutes les parties de la circonfërence de la base ou du pied.

Ces directions, néanmoins, ne sont que trop souvent interverties, soit dans la totalité du membre, soit dans quelques unes de ses portions*

La verticale qui passe par l'articulation du bras avec l'omoplate, au lieu de répondre à l'extrémité de la pince, la laisse-t-elle en arrière? l'animal est dit sous lui; il porte beaucoup plus sur la pince que sur le reste du pied; son allure n'est jamais sûre, eUe est constamment rëtréàe; l'inclinaison det extrémités préposées pour le soutien de l'avant-main le met toujours sur le penchant de sa chute ; elle accroît le fardeau dont elles sont chargées; elle assujettit, eUe oblige le cheval à une flexion plus grande et plus laborieuse du genou pour la levée de la jambe, encore ne bute-t-il pas moins communément, vu l'énorme difficulté qu'il a de dégager le pied , qui ne peut que heurter souvent les corps qui se trouvent supérieurs à la superficie du tenain, et fréquemment le sol même sur lequel il chemine. U est sans cesse en danger de s'atteindre avec les pieds postérieurs, etc.

La pince , au contraire, esl-elle en avant de cette même verticale? le poids porte plus sur le talon que 6ur toute autre partie de la base 4 le bras du levier résultant de l'encolure se trouvera plus court, le poids de la tête contre-balancera donc une moinis grande partie de celui du corps, et les muscles seront conséquemment nécessités à un travail pins considérable j la marche sera aussi plus raccourcie , parce que la jambe embrassera d'autant moins de terrain à chaque foulée, qu'elle se trouvera naturellement plus en avant de la verticale dont il s'agit : autrement elle ne se poserait sur le sol qu'en contrebute, et s'opposerait incontestablement à la progression de la machine.

Ce dernier défaut existant dans les parties postérieures, l'animal sera, pour ainsi dire, acculé par cette conformation très vicieuse ; le ferdeau écrasera en quelque façon les jarrets, sur lesquels il portera plus sensiblement, et les ruinera bientôt. Ces parties, trop fléchies dans le repos, seront encore, lor» de l'action , beaucoup plus bornées dans leur mouvement de détente , attendu que la pointe du jarret aura beaucoup moins de jeu. L'allure, enfin, n'en sera pas moins raccourcie , par la nécessité où sera l'animal de détacher de terre successivement chaque pied postérieur beaucoup plutôt qu'il ne l'aurait fait, si le jarret eût été moins coudé, attendu qu'alors il aurait pu s'étendre davantage sur le même point du sol. Que si le défaut opposé subsiste , si la pince est trop en arrière de la verticale , les mêmes inconvéniens qui ont lieu dans un cheval en qui lef

extrémités postérieures sont trop courtes seront^ ainsi que ceux que nous ayons observés en parlant du galop des chetaux anglais^ les résultats de oetfe difformité qui constitue l'animal dans l'impossibilité de percuter avec la même force et dans le même sens qu'it l'aurait fait, s'il eût été bien proportionné et dans son juste aplomb y les extrémités dont il est question ne pouvant ici s'approcher assez de la ligne de direction du centre de gravité , et les détentes ne s'effectuant aussi que de la perpendiculaire en arrière.

En supposant encore que la Verticale menée du tiers postérieur de la sommité des avant-bras sur le sol^ et la verticale conduite de la pointe du jarret à terre , bien loin de diviser également la largeur des parties inférieures , les laissent plus ou moins sensiblen>ent d'un câté ou d'un antre ^ c'est à dire en dehors ou en dedans : dans la première de ces cir* constances ,^ l'animal sera plus stable dans le repos,quoique la masse appuiera toujours plus sur le quartier de dedans que sui; celui de dehors ; mais on peut dire que sa stabilité sera due à une force surnuméraire, inutile et mal appliquée. D'ailleurs , son pas sera pénible, vu la contrainte dans laquelle il sera de rejeter le poids à chaque temps sur les extrémités qui doivent le porter, et de là une vaciU lation ou un bercement perpétuel , tel que celui que Ton remarque dans la plupart des chevaux qui am« hlenty à l'exception qu'ici le mouvement n'en sera que plus lent y tandis que dans les ambleurs il n'en est que plus vite. Dans le cas, enfin, où les extré«»

mités seront hors de la ligne en dedans, l'expérience a suffisamment prouvé que l'animal est ordinairement plus faible , qu'il se coupe , qu'il s'attrape, etc.

En ce qui concerne les pièces particulières qui , mal abouties , peuvent fausser Vaplomb, ainsi qu'on le voit dans les che'VSinx panards , cagneux, brassi* courts, et dans ceux qui ont des genoux de bœuf, dont les boulets j ou le paturon y ou la couronne se jettent de côté et quittent la ligne, etc. , on comprend que le fardeau , tendant perpétuellement à resserrer davantage Tangle contre nature qui résulte de ces positions défectueuses , les muscles , qui font obstacle et qui s'opposent à ce resserrement, sont dans une action continuelle et forcée , et par conséquent en danger de succomber bientôt. Il n'est -pas douteux aussi que le fardeau se trouve, dans les abouts ainsi que dans le pied , porté seulement sur quelques points, au lieu de reposer, comme il le devrait, sur la totalité; ce qui nuit infailliblement à la solidité de l'édifice.

Manière d^eijaminer dans le repos le Cheval qu'on

veut acheter.

La multitude des objets à saisir et à embrasser dans l'examen d'un cheval doit, sans doute, rabattre beaucoup de l'idée que plusieurs personnes se forment de l'existence d'un nombre infini de connaisseurs en ce genre : elle prouve en même temps la nécessité indispensable de se faire un ordre , et de détailler, pour ainsi dire, méthodiquement l'a-

ninialy à refFet de n'avoir pas à se reprocher l'o'* mission de quelques vices très essentiels. Le vrai moyen de se mettre à Fabri de l'erreur et de la séduction n*est pas de se prévenir, ainsi que quelques auteurs le conseillent (i), contre le cheval que Ton se propose de juger j ce n'est jamais d'un esprit prévenu que partent des décisions justes j on ne peut les attendre que deceluLqui réfléchit et qui raisonne, et d'fdlleurs il n'est libre à qui que ce soit de se prévenir à son gré. Ici, les parties les plus importantes sont celles qui sont le fondement de la ma* chine j elles sont, par conséquent , les premières sur lesquelles les regards doivent s'attacher. Considérez donc d'abord les pieds , et successivement toutes les parties des extrémités, en remontant jusqu'au, garrot et jusqu'à la croupe. Revenez au total de chacune ; examinez ensuite toutes celles que présente le corps ; passez^ enfin, au reste de l'avant-main; comparez encore le tout ensemble ; telle est la route que vos yeux doivent suivre ; rien ne leur fera .illusioa s'ils ont été éclairés, et si vous avez un assez grand fond^ de principes à appliquer aux objets qui les frapperont. Quiconque voudrait considérer le tout à la fois n'en verrait pas plus que celui qui, dépourvu de ce £>nds , se flatte de tout vbir, par cela seul qu'il a beaucoup vu , ou que ceux qui s'en laissent imposer uniquement par l'impression du premier aspect, ou

(i) SoUeyself Parfait maréchal^ déjà cîté , tome II ^ cil ap. XXV, page i3i. — làa Guérinière , Ecole de Cavct^ lerie* Paris , 1769, in-8% tome I^ chap. II, page 7.

d'un bout de deQant, souvent très séduisant , abstraction faite de toutes les diiFormitës rassemblées dans l'individu.

Mécanisme de la conformation du Chenal, en ce qui concerne la possibilité de ses mouçemens.

Mais la considération de ce que l'extérieur de l'animal envisagé dans le repos ofire et présage na conduit encpre à rien d4n&illible ; il faut , de plus » examiner le cheval dans Faction.

Ses allures sont de deux sortes : les unes sont naturelles, les autres artificielles* Le pas, le trot et Je galop sont compris dans les premières. On en pompte une quatrième, qui est l'amble j mais elle est défectueuse , et ne dérive de la nature que dans un petit nombre de chevaux. A l'égard de certains trains rompus et désunis, tels que l'entrepas, qui tient du pas et de l'amble, et l'aubin, qui tjent du trot et du galop, ils annoncent la feiblesse et la ruine de l'animal ^ et ne doivent pas être , par conséquent^ mis au rang des allures dont il s'agit.

Celles que l'on nomme artificielles, 014 airs, en terme de manège, sont, ou, près déterre, comme le passage , la galopade , la \olte , le terre»à-terre , le mézaire, etc.; ou releçées, comme la pesade, la courbette, la c]X)upade, la ballottade, etc.) cepen*" dant, quoiqu'elles soient tirées des autres y elles ne sont que l'efFet et la suite d'une éducation donnée par d'habiles maîtres, et cette éducation ne se suppose que rarement dans un cheval dont on fait choix.

Le moyen de saisir av^c une véritable précision tout ce que cet animal peut présenter de défectueux et de beau y de juste et d'irrégùlier, dans Texécu* lion des différentes allures auxquelles il est invité quand on l'éprouve ^ et même de toutes ses actions quelconques dans toute autre circonstaâce , est d'avoir l'esprit toujours présent aux vues et à Tindus* trie de la nature lors de sa cdnfcrmalion.

Quatre colohnes osseuses , composées chacune de plusieurs pièces unies et assemblées dans une di<^ rection et une convenance d'où dépendent la possi* bilité et la liberté de leur jeu , servent de base à cette machine animée, ainsi qu'à. son transport d'un lieu à un autre, lorsqu'elles sont sollicitées aux mouvemens dont elles sont susceptibles» Il serait inutile de parler ici des cordons plus ou, m oins larges et plus ou moins aplatis qui, sous le nom de ligamens, en assurent la stabilité et la liaison; mais nous dirons que chacune de ces colonnes a six articulations, une sphéroïde^ qui est la supérieure, et cinq ginglymoîdes. Ainsi, dans les colonnes antérieu-^ res, la sphéroïde opère la jonction du bras avec l'épaule par la portion supérieure de l'humérus reçue dans la cavité glénoîde de l'omoplate ; comme , dans les colonnes postérieures, elle opère celle de la cuisse avec le bassin par le fémur, dont la tête arrondie entre et roule dans la cavité cotjloïde (i).

(i) Voyee , dans le Précis anatomique du corps du Cheval, . déjà cité, les articles i3, 14 j i5, 16 de VHippostéoIogle, tome 1 , page 41 et suivantes.

( 2pO )

La direction et la situation de leurs différentes parties dépouillées de leurs muscles et considérées dans le. repos $ont telles , que l'examen de celles préposées au soutien du devant nous montre l'extrémité inférieure de l'omoplate au milieu de son inclinaison, possible 9 soit. en avant ^ soit en arrière. Il en est néanmoins ime légère en ayant dans la position naturelle d^. aet os^ qui né peut jamais et dans aucun cas put^e-pas^er la ligne verticale. . Le bra3 qui se fléchit en arrière 9 et que nous supposons pouvoir^ ainsi que l'épaule^, parcourir dans toute sa flexion y respectivement à l'omoplate , environ quarapte degrés | se trouye ^Iprspu xpilieu dp ^oii chemin*

L'a vant-!> bras qui, dans sa flexion en avant » peut aussi parcourir un arc â'envirpn le double, est, en arrière, a un tiers près de l'extrémité de son chemin possible , et dans une ppsition qui n'est pas exactement verticale, puisque la ligne qu'il trace de bas en haut pst légèrement portée en arrière*

Le canon qui se fléchit en sens opposé et seloa une l^gne verticale est à l'extrémité possible de sa flexion en avant.

Le paturon , à l'articulation du boulet, se fléchit en arrière et en avant : il est à peu près à l'extrémité de sop jeu , aussi en avant.

Ce même os , à son articu^tipn ^vec celui de la couronne , est à ^extrémité de slou chemin en avant, et forme , avec la verticale , un angle de quarantecinq degrés.

Quant à l'os de la couronne, il est encore plus

oblique en approchant de l'horizontale ; mais si son £|rticulation avec le paturon et la couronne, et l'articulation de la couronne avec le pied sont capables de semblables mouvemens , l'arc qu'ils décrivent est à peine de quelques degrés.

Le sabot, enfin, repose horizontalement sur le soi.

A l'égard des colonnes postérieures , nous obser-» vous que de la situation et de la direction des pièces supérieures résultent des angles alternes rétrécis et rendus plus aigus par leur action. Ces pièces sont le fémur, qui est dans le milieu de sa flexion en avant; le tibia, qui est au commencement de sa flexion en arrière, et le canon, qui est au milieu de sa flexion en avant ; les autres parties sont dans la même position que celles qui terminent les colonnes chargées de l'avant-main.

La raison de la position des os qui composent l'extrémité antérieure , position plus ou moins distante d'une ligne diroite, ou la nécessité de leurs différentes flexions ou inclinaisons, soit en avant, soit en arrière, même dans le repos, nous par^t sensible.

Il n'est pas douteux, en effet, que, si les articulations eussent été dans la même ligne que la longueur des solides qui forment le membre entier, 1^. ou les muscles parallèles aux os qu'ils doivent mouvoir n'auraient jamais pu vaincre la résistance du poids qui, dès lors, aurait été infinie, ou il aurait été indispensable de multiplier et d'accroître monstrueusement les éminences, soit dans l'étendue, soit dans les articles de ces mêmes os, pour écarter

( 2pO )

La direction et la situation de leiiir^ une mullîpajties dépouillées de leurs musclioç/rë la puissance; dans le repos sont telles, que l^,antfiiit qu'un seul préposées au soutien du de?a^yt porté dans la matrémité inférieure de l'on) ^^ lorsque sa chute seînclinaisoA possible, soit ."'érection.

Il en est néanmoins UT ^oTénient, la nature, en sition naturelle dft r;^, omoplates sur les faces ladans auc^n cas pu ;;>^, écartés de la perpendiculaire

Le bras qui ' >^^^part, en portant leur sommet supposons po' .^^^ dorsales , et, de l'autre , en dîdans touJ;e 5^^^^^a,ités inférieures en avant- De environ c ^^^y^en sens opposé et en arrière l'extré- ^P ?^î^ ^!^ffare de l'humérus j elle a éloigné soi- ' !r^^ ^® paturon , l'os de la couronne* et du ^*'' ^/''"fT /directions de l'avant-bras et

«' yz

^j'fférentes positions des divers solides destinés ^ ^Va ensemble qu'une seule et même colonne,

^^^ ./''"Codirections de l'avant-bras et du canon:

^a'un 5^^ ^^ même appui, étaient absolument éoes/s^i^QS pour que la réaction ne se transmît pas ^ j'extrémité supérieure avec une force capable j'ebranler la machine entière, d'ojflfenser les muscles qui maintiennent les omoplates, et sur lesquels l'animal semble être , pour ainsi dire , soutenu comme par des sangles , de détruire les ligamens qui lient ces os aux vertèbres dorsales, et qui, les séparant en quelque façon de cette même machine , la sauvent des secousses que, malgré toutes les autres précautions prises , elle aurait incontestablement éprouvées, si ces mêmes os eussent été emboîtés clans les vertèbres.

Ve des directions particulières et variées de Hes pièces n'est pas moins digne d'admi-

> attaché par le sommet n^aumit pu se , il arrière sans froisser les côtes, sans gêner ^aration et sans rencontrer lui*même un obstacle oon jeu : il importait donc qu'il se mût^n avant- Par une suite nécessaire , le bras a dû se mouvoir en arrière 9 Tavant-bras en avant ^ et le canon dans le sens du bras ; car ces flexions successivement con* traires favorisent le mouvement progressif. L'omoplate étant levé f toutes les autres parties constituant le reste du membre forment, en eflet, divers anr gles qui en abrègent la longueur, et dès lors il peut être porté en avimt sans aucun obstacle; outre qu'au moment df sa ibuléa sur le sol , la percussion qu'il effectue tient de la direction différente de chacune de ces parties , qui toutes tendent par leur jeu du devant à l'arrière. Il est vrai que les articulations des autres os qui le terminent ne sont point sçlon cette succession constante dans les portions supérieures y puisque le sens de leur flexion est conforme au seiks de la flexion du canon ; mais l'uniformité de mouvement dans cet os et dans ceux qui lui sont inférieurs a été spécialement ordonnée pour la facilité^ et même la possibilité de la marche, qui, autrement, aurait été d'autant plus périlleuse ou plus impraticable , que le pied porté en avant aurait infailliblement heurté sans cesse contre les moindres corps; au lieu que, vu leurs dé* terminations en arrière, ces partiei, en s'élevant^^

glissent sur tous les obstacles présentés et les franchissent.

En voyant y dans la construction des colonnes sur lesquelles l'arrière-main est établie, le fëmur engagé , comme il Test, dans la cavité cotyloïde, il semblerait , au premier coup-d'œil , que la nature pourrait être accusée d'avoir omis de parer aux inconvéniens de la réaction, mais une multitude de routes la conduisent au même but. Elle a donc suppléé ici au dé&ut du ligament qui , dans l'avantmain , attache et suspend l'omoplate , par la flexibilité des vertèbres lombaires, par la longueur du levier formé par les os des îles, et parle soin qu'elle a eu de varier les directions. Ce levier répond en quelque Ëtçon à l'omoplate, le fémur au bras, le tibia à l'avant-bras , le canon et les autres parties aux mêmes parties du devant; ce qui complète l'égalité du nombre des pièces dans les colonnes opposées.

L'objet des flexions de celles^i est le même ; le fémur fléchit néanmoins à contre-sens du bras , le tibia à contre-sens de l'avant-bias, le canon à contresens du canon de devant; mais on voit clairement que toutes ces directions tendantes ici de l'arrière en avant , tandis que les autres tendent de l'avant en arrière, ont été tournées du côté qui pouvait favoriser la progression de l'animal , la célérité de sa marche, et la force dont il avait besoin pour tirer des faix lourds, et pour percuter de manière à chasser, à élever toute la masse, et à détacher de terre le devant, qui porte le &rdeau plutôt qu'il ne le transporte.

Quoique les articulations soient selon toutes les conditions requises pour l'exécution du mouvement local, leur action est cependant purement passiye^ les pièces osseuses ne sont mues que par les instru* mens organiques auxquels elles servent d'attaji^he (i) : ainsi la contraction des muscles importait a la flexion et à l'extension des parties j la flexion et l'extension, à leur transport et à leur appui j leur appui et leur transport, au mouvement local qu'elles effectuent. La flexion et l'extension complètes d'un seul membre n'opéreraient cependant pas ce mouvement. Le cheval appuyé sur la colonne antérieure drojte fléchira et étendra vainement jusqu'au terme fixé les pièces différentes de la colonne antérieure gauche , si le derrière ne percute et ne chasse lui-même l'avant^main en poussant en * avant la colonne fléchie , la masse demeurera fixée dans le même lieu, et le pied élevé retombera, lors de l'extension , à environ la même place qu'il occupait précédemment à la flexion , à peu près comme nous le voyons dans l'animal qui bat du pied pour se délivrer des mouches qui l'incommodent.

Mais toutes les flexions aperçues dans la même colonne sont-elles en même degré d'utilité, et l'animal ne cheminerait-il pas sans le concours de tous ces angles ? Nous avons reconnu , dans les six con-

(i) Voyez, dans le Précis anatomique du corps du Cheval, déjà cité 9 les articles 91, 9», 9^ du Précis myologique , tome I, page i56 et suivantes.

( 2o6 ) joDclions naturelles des os de chaque extrémité, une seule articulation sphéroïde ou par genou , et cinq articulations ginglymoïdes ou par charnière. Les pièces unies par genoii sont susceptibles de mouvemens en tous sens : or^ c'est en elles que ré-side la cause immédiate et prochaine du transport; celles dont la jonction se fait par gingljme ^ n'étant que des pièces purement auxiliaires^ y conspirent simplement. L'omoplate et l'humérus sont donc , dans les colonnes de l'avant-main , et le fémur, dans le^ colonnes de l'arrière-main, les uniques agens, d'où dépend réellement la translation d'un lieu à un autre. Far eux, la machine est principalement dirigée, tantôt sur une ligne droite, tantôt sur des lignes obliques et détournées, selon le chemin qu'elle doit décrire et parcourir, et de leurs actions dérivent celles du membre entier, tout mourement fait dans le principe d'une partie ne pouvant que se commu* niquer et s'étendre jusqu'à son extrémité. Soit donc que la translation ait lieu en avant, obliquement ou de côté, il est évident qu'elle n'est que l'efi'et des mouvemens de la cuisse, de l'épaule et du bras , surtout si l'on fait attention aux pieds de l'animal , qui, au niomeiit de la foulée ou de l'appui, n'outre 'pas;<ent jamais que de très peu de chose, dans sa progression, les articulations dont il s'agit, et tombent toujours, malgré l'extension et la flexion des autres portions osseuses, de manière que la pince revient constamment à peu près au lieu qu'elle occupe lors de la station de l'animal , et se trouve sur une ligne presque perpendiculaire

( ^^7 ) à celle où le grasset et la pointe du bras ont été portés.

Les bornes imposées^ au surplus, aux mouvemens des autres portions mettent encore sous nos yeux la simplicité et la solidité des voies par lesquelles la nature agit. Non moins merveilleuse par son économie que par sa fécondité, elle ne va jamais au delà du besoin. Les pièces intérieures devant participer des différentes actions de celles dont elles sont une suite , il aurait été superflu de les douer de tous mouvemens: Elle ne leur a conséquemment départi qu'une liberté telle qu'elle leur était nécessaire pour se mouvoir sur elles-mêmes. En les renfermant dans la seule possibilité de la flexion et de l'extension , non seulement elle a évité la profusion des muscles dont les actions en tous sens auraient infailliblement exigé la multiplication ; mais elle a travaillé à assurer la stabilité et la fermeté des articulations, moins sujettes aux dérangemens, dès que leurs mouvemens sont ainsi limités , que celles qu'elle a chargées d'en accomplir un plus grand nombre.

Succession harmonique des membres du Chepal dans

ses allures naturelles.

La science du mécanisme de l'animal, en ce qui concerne le principe, le sens, l'étendue et le terme des mouvemens dont il est capable, conduit à celle de leur ordre ou de leur succession harmonique, qui change et varie relativement à la diversité de ses allures plus ou moins tardives, plus ou moins

vites et plus ou moins près de terre. Les temps et l'arrangement particulier des jambes ^ ordonnés dans les unes et dans les autres, en constituent la différence } mais l'œil le plus attentif et Toreille la plus exacte ne les apprécieraient jamais avec assez de précision. Il faut , pour ainsi dire y ici circonscrire les objets pour les voir dans un jour où aucune des conditions ne puisse échappei:.

On doit donc considérer dans le mouvement des jambes à l'action dix pas ^ le lever ^ le soutien , le poser et l'appui. Le lever est l'instant où elles se détachent de terre , le soutien est le temps qu'elles demeurent en l'air^ le poser est l'instant où elles regagnent le sol , et l'appui est le temps qu'elles y demeurent fixées; mais le lever et le poser fuyant avec trop de rapidité pour être commensurables^ on peut réduire l'action entière de chaque colonne en particulier aux deux temps qui résultent du soutien et de l'appui.

De plu$> il importe y à l'effet d'éviter la confusion qui suit les mouvemens successifs et précipités des colonnes, d'envisager le cheval comme un bipède ^ en fixant nos regards, ou sur les colonnes antérieures seules, ou sur les colonnes postérieures, ou sur les colonnes latérales é

Sous le premier point de vue, il est clair que l'instant du lever du pied droit est toujours l'instant du poser du pied gauche : or, les temps du soutien et de l'appui successifs et marqués de chacune de ces jambes ne peuvent être que parfaitement égaux entr'eux dans leur durée : autrement il faudrait

quelles deux pieds restassent quelque temps à terre ou en l'air ensemble j ce qui n'est point et ne saurait être dans l'allure dont il s'agit.

Les mêmes vérités s'oiFrent à nous dans le bipède résrultatit des colonnes postérieures ; mais'il n'en est pâs ainisi à l'égard des bipèdes latéraux : l'instant du lever d'une j^ambe n'est pas l'instant du poser de l'autre.

Au pas^ dès qu'une j^ambe de devant fait enten<» dre sa foulée en se posant ^ la jambe de derrière y du côté opposé y doit immédiatement après faire entendre la sienne; l'autre jambe de devant effectue en-suite sa battue y et €elle<-ci est suivie de la battuef de la seconde jambe de derrière : or^ les foulées des bipèdes antérieurs et postérieurs étant ainsi natu«^ Tellement interrompues etdiagonalemententrecou'^ péesy il n'est pas possible que la retombée de la |ambe antérieure et la relevée de la jambe posté-' rieure des bipèdes latéraux soient exécutées ea même temps.

Supposons que la durée de l'action entière de chaque jambe , dont les battues et les foulées hepeuvent être espacées que par des intervalles de temps égaux y soit de deux secondes ; divisons cette action entière en deux temps, dont l'un sera celui du soutien et l'autre celui de l'appui » ces deux temps étant, ainsi que nous l'avons prouvé, dans une égalité parfaite, seront chacun d'une seconde» Que résultera-t-il donc de cette position? L'appui de la première jambe de devant mise à terre sera d'une seconde \ la foulée de l'autre jambe de de--

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