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yant, à laquelle nous devons accor4er an même espace de temps pour son soutien , ne se fera que lorsque la seconde sera écoulëe; mais cette foulée devant être intercalairement prëcédëe , oomme on ne peut le nier^ de celle de la jambe de derrière diagonalement opposée à celle qui, la première, a marqué sa battue, et ainsi successivement, chaque foulée intercalaire, séparée par des temps égaux, qui ne sont autre cbose que les quatre temps que l'on entend distinctement lors du pas , doit être à une moitié de seconde l'une de l'autre.
Si chaque foulée intercalaire doit être à une moitié de seconde l'une de l'autre , la première jambe de devant tombée est à la moitié de son appui , et la seconde jambe de devant mue à la moitié de son soutien, lorsque la jambe de derrière, diagonalement opposée à celle de devant qui a frappé la première , se repose sur le sol : or, les jambes du bipède antérieur n'ont donc plus, pour la terminai* son du temps qu'elles ont commencé , c'est à dire l'une pour son appui et l'autre pour son soutien , qu'une demi-secoude; tandis que la percussion diagonale de celle de derrière doit être encore d'une seconde entière : d'où il suit que la première jambe tombée se lèvera , et la seconde jambe élevée se posera à la moitié de cette seconde entière, c'est à dire a la moitié de l'appui de la jambe de derrière qui percute. Si donc l'une se lève et l'autre se repose à la moitié de cet appui, nous sommes nécessités de conclure qu'eu égard aux bipèdes latéraux, l'instant du poser d'une jambe n'est pas l'instant du lever de
Tautre^ Tëlëvàtion de la jambe antérieure précédant d'un quart de temps entier l'élévation de la jambe postérieure, et son appui devançant d'un semblable quart de temps celui de celte même jambe postérieure, et l'une et l'autre se trouvant conséquem* ment un quart de temps ensemble à terre et un quart de temps ensemble en l'air.
Disons donc que le cheval cheminant au pas est alternativement porté : i^. par la jambe droite de devant et par la jambe droite de derrière, bipède latéral, pendant un quart de temps que chaque jambe met à compléter son action, ou, ce qui re*vient au mêiiie, son appui et son soutien pris ensemble, c'est à dire durant une demi • seconde , puisque la durée de cet appui et de ce soutien pris ensemble a été supposée de deux secondes; â^. dans le second quart de temps, par la jambe postérieure gauche et par la jambe droite de devant, ces deux jambes se répondant diagonalement ; 3^. dans le troisième quart de temps, par la jambe droite de devant qui arrive h, terre , et par la jambe droite de derrière , bipède latéral, qui est prêt à la quitter} 4^. enfin , dans le quatrième quart de temps , par la jambe droite de derrière qui se pose sur le sol, et par la jambe gauche de devant qui j est encore , ces deux jambes étant diagonales. Ainsi s'achève et se termine l'action du pas ^ pendant laquelle on entend une, deux, trois, quatre battues espacées également d'une demi-seconde, si chaque jambe emploie deux secondes à compléter son action eiitiéré ou son pas particulier.
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L^action des jambes au trot diffère de Tactioii des jambes au pas : i^. en ce que, lorsque cette allure est déterminée et soutenue , l'action complète des quatre colonnes est marquée par deux foulées seu* lement , un pied de chacun des bipèdes antérieur et postérieur frappant toujours le sol en même temps; r2^. en ce que chaque jambe de chacun de ces bipèdes n'attend pas que sa paire soit tombée pour se détacher de terre, car il est entre ces deux actions un instant très rapide pendant lequel la masse y s'élançant en avant , n'est étayée sur le sol par aucune partie : d'où il suit que la durée du temps de l'appui est un peu plus abrégée que la durée du temps du soutien. Or, à cette allure plus diligente et plus relevée que la précédente , chaque jambe du bipède antérieur agit toujours diagon0lement avec celle du bipède postérieur, l'animal ^ à l'exception du moment presqu'insensible de son élancement , n'effectuant sa progression que par la translation de deux jambes ainsi mues et de deux jambes ainsi posées^ et les foulées des jambes qui tombent s'exécutant dans un si grand ensenlble , que des quatre battues on n'en entend jamais que deux.
Cçtte précision des foulées diagonales n'est pas néanmoins telle dans le cheval faible, abandonné, qui trotte mollement. Le son provenant de l'appui des deux jambes qui tombent n'est point un son net, c'est un son traîné, résultant de leur chute discordante et non exactement simultanée, semblable, i peu près à celui qui frappe notre oreille lors de la prononciation des deux consonnes t^ ;>
précédant la iroyelle a y à laquelle elles se trouvent uniesy tra, tra (i).
Il est encore une sorte de trot très écouté , et suggéré par l'art) où les temps de l'appui et du soutien de chacune des jambes sont toujours parfaitement égauxr, où la droite de devant et la gauche de derrière étant dans 'leur 'appui, la droite de derrière et la gauche' ée- devant seront dans leur sontien; où y enfin, au iiiéme moment dans lequel les deux dernières tomberont, les deux premières se lèveront incontestablement : eh sorte qu'au trot dont il s^agit, non seulement l'instant de la levée d'une jambe du bipède postérieur est l'instant de la posée de Tautre, comme l'instant de la posée d'ime jambe du bipède antérieur est l'instant de la levée de sa voisine, mais Imstatit de la levée d'une jambe du bipède latéral est encore l'instant de la posée de l'autre jambe du même bipède; en sorte que les levées et les foulées étant exactement simultanées de toutes parts, les deux jambes qui tombent, et sur lesquelles la masse est diagonalement étajée , ne font jamais entendre qu'une .seule battue.
U amble a été de tout temps, et avec raison, regardé comme un train défectueux, plutôt ordinaire, selon le témoignage de l'expérience, à des poulains qui n'ont pas encore acquis leur force, à des chevaux naturellememt faibles des reins, ou à des
(i) Le mot trot, comme tant 4*ai;itres, est une véritable onomatopée , qui représente à Poreille et à Tidée le bruit que font les pieds du ckeval dans cette allure. (JS.)
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chevaux usés et ruinés parle travail^ qu'A ranimai qui a de la vigueur et du nerf. Cette allure j la plus basse de toutes et la moins détachée de terre ^ a été totaleixient bannie des manèges. Outre qu'elle est fort alpngée^ et que chaque membre a^ par conséquent 9 un terraiii. cpnsidérable à décrire, l'ordre dan9 lequel ils agissent et sont successivenient dans le repos est tel , que la machine n'est jamais alternativement portée que par un des càtés, l'autre n'ayant absoluinent aucun appui ^ puisque chaque bipède latéral se charge alternativement de la masse ; qr^ ce défaut d'équilibre , cette situation chancelante qui ,coii|:raignent l'animal à un balancement conti* nuel, et sans lequel sa chute serait inévitable , joints à l'étendue du chemin que chaque colonne doi^t parcourir, demandent une diligence extrême ' dans les mouvemens, et c'est précisément cette vitesse et cette célérité nécessaires pour l'exécution d'une marche incertaine^ brouillée , et dans laquelle la masse n'est janiais affermie, qui excluent des écples tout cheval qui va Vamble^ Obligé dès lors , en effet, de raser le tapis continuellement, parce que, si les colounes mues et agissantes étaient conduites à une certaine hauteur^ il tomberait iafailli blement sur }e côté, et que d'ailleurs il perdrait considérablemeut sur la longueur du chemin, qu'elles ont à embrasser ^ il ne peut jamais &ire montre, par leur élévation et leur soutien, de la liberté de ses ressorts, liberté dont il est ordinairement privé, vu sa Êtiblesse^ et qui serait nécessairement étouffée par la précipitation avec laquelle il
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«lolt se mouvoir, quand même il en serait doué. Ainsi f cette action ne pouvant être mesurée, soutenue, sonore etcadencéç, ne saurait être soumise et rappelée à ce point de justesse , de précision et d^hariiionie, qui est une suite et un efFet de l'art ^ et ne peut être en aucune manière envisagée, par conséquent, par les maîtres, comme un objet sérieux d'étude et de réflexion*
Il en est de même de V amble rompu , c'est à dire de VentrepcLs ou du traquenard; l'ordre et les temps observés dans l'amble s' j trouvent intervertis : l'ordre ^ en ce quç l'animal .n'est pas toujours porté sur un bipède latéral , car il est un moment, à la vérité très court, et qui est à peine sensible , pendant lequel il est appuyé sur deux jambes diagonales : les temps, en ce que ceux du même bipède ne sont point parfaitement simultanés, les jambes ne foulant point et ne s'élevant point exactement ensemble, de façon qu'on entend la posée de chacune d'elles^ et que l'oreille distingue les quatre battues, les deux foulées de chaque bipède latéral se succédant et se faisant très près l'une de l'autre*
Quelque prompte que soit l'action des membres au galop ^ l'œil saisit trop facilement leur arrangement et l'ordre dans lequel il sont mus , pour que l'on puisse former des doutes à cet égard* Il doit être tel qu'un des bipèdes latéraux devance tou^ jours l'autre , de sorte que lorsque l'animal galope à droite , les jambes droites de devant et de derrière outre-passent constamment les jambes gauches dans leur marche et dans lenrs foulées^ comme lorsque
Tanioial galope à gauche y les jambes gauches ou^ tre-pas$eDt les jambes droites. Dans cet état, le^^ir lop est rëputé juste et uni, la justesse- dépendant de la jambe de devant qui outre -passe ou qui mène et entame; car l'allure est falsifiée , si à droite la jambe gauche ^ et si à gauche la jambe droite devancent, l'union ne naissant que de raccord des membres du derrière et du devant , celui du derrière étant nécessairement astreint à suivre le mouvement de la jambe avec laquelle il forme un bipède latéral , en sorte que Tune de devant enta? mant) celle de derrière dii même câté doit entamer aussi ; saas cette condition , l'action du cheval est désunie et d'ailleurs chancelante et peu sûre*
Considérons Tanimal galopant à droite y et dans $a course naturelle foulant seulement trois fois le sol à chaque pas con^plet du galop : la jambe gauche de derrière eilectuera la première battue , la jambe droite de derrière et la jambe gauche de devant la seconde, et la jambe droite de devant la troisième. Voilà des temps marqués et qui ne se dérobent point aux sens; mais la vue la plus perçante s'é* gare bientôt lorsque, pour fixer la durée des ap-^ puis et pour s'assurer de celle des soutiens , elle court, pour ainsi dire, de jambe en jambe, cher-> chant à démêler tous les te^lps da l'action de l'une séparément, de deux, ou de toutes ensemble. La rapidité de leur mouvement l'emportant sur la vivacité de l'organe , nous voudrions en vain discerner et saisir l'étendue ou les intervalles , les comparer et les diviser par parties ; nos efforts ne sern
yent qu'à augmenter le troutile, et chaque objets ne pouvant être distinctement envisagé y ne fait sur nous qu'une impression obscure , confuse ^ et d'ailleurs trop faible pour asseoir sur elle quelque chose de certain. Le seul moyen qui s'ofifre à nous pour dissiper ou plutôt pour diminuer les ténèbres d'une telle nuit est donc de combiner et d'unir les faits les plus apparens dont nos sens déposent , avec les ijdées qui résultent du mécanisme connu de Tani-* ^nal^ et d'en composer un corps dont la lumière 7*é£léchie puisse au moins guider et satisfaire notre raison.
Il n'est pas douteux y et tout le monde convient que le galop est une sorte de saut en avant ; l'élancement de la machine dans cette action eQ est d'ailleurs une preuve: or, nul élancement possible aux quadrupèdes qu'en suite du rejet du devant sur le derrière (car c'est ainsi qu'ils entament leur course), et qu*en suite de ce rejet, du port subit des piedv<i de derrière près du centre de gravité ( car c'est ainsi qu'ils la continuent); et selon que ces mêmes pieds seront plus ou moins près de ce centre, que les flexions et les détentes des colonnes chargées de la masse seropt plus ou moins grandes et plus ou moins obliques^ l'animal s'alongera plus ou moins en embrassant plus de terrain à chaque pas complet du galop y ou son action, plus ou moins raccourcie, sera aussi plus soutenue et plus détachée de terre.
Ces principes et ces vérités suffisent pour nous mener à la connaissance des raisons de la diversité des degrés de vitesse et d'élévation , et conséquenj^-^
jTient à la distînctioa exacte des différens genres de galop dont le cheval est capable .
Si les colonnes postérieures prennent leur appui moins près de la ligne de direction du centre de gravité^ elles seront moins fléchies, la détente s'en iera dans une direction plus oblique de l'arrière â l'avant^ et son effet sera conséquemment tel que ]a iiiacbine ^ moins élevée , ne pourra parcourir que plus de terrain en avant. D'une autre part^ le bipède antérieur, dont l'appui était d'autant plus près de la ligne de direction de ce centre que celui du bipède postérieur en était plus éloigné, ne soulèvera jamais, par la sienne, considérablement l'avant-main; sa percussion, étant dans lem&ne degré d'obliquité que celle du derrière, favorisera plutôt encore le port de la masse dans le sens auquel lelle est déterminée par l'effort du bipède postérieur, et c'est ce qui caractérise le galop le plus ordinaire et le plus naturel , c'est à dire celui dans lequel nous n'entendons que trois foulées dans l'ordre que nous avons remarqué.
Nous avons vu d'abord , et il est certain, que la masse est premièrement rejetée sur la jambe de derrière opposée à celle qui entame. Dans ce moment, les jambes antérieures étant en l'air, celle-ci, occupée de la plus grande partie du poids, succomberait infailliblement sans l'action prompte et subite qu'elle fait pour s'en délivrer. Cette action, qui tend, d'un côté, à porter le centre de gravité en avant, tet , de l'autre , à rejeter le poids sur le membre qui , postérieuremeni: l'avoisine , et sur celui de devant
qui compose avec elle un bipède latéral ^ sollicite la chute de ces deux jambes^ qui reçoivent la masse dans sa tombée, et qui , par leur percussion oblir que y la portent encore plus en avant en la relevant médiocrement : alors , et à l'instant même de leur relevée y la jambe de devant qui entame ajoute par sa percussion, d'où dérive la troisième battue, un nouveau degré de vitesse à ces mouvemens combinés ^ mais plus particulièrement à celui de l'élévation de l'avant^main , Qt cette troisième battue , qui est toujours la plus sensible , étant effectuée , la machine est en l'air jusqu'à ce que la jambe de derrière^ qui la première s'est fait entendre, atteig^e le ;$ol et soit chargée de nouveau. L'animal est donc 4'abord porté sur une jambe , ensuite par deux , et enfin par une , ce qui ne paraîtrait pas compréhensible , si l'on ne faisait pas attention à la direction, ainsi qu'à la rapidité et à la célérité de l'action d6s membres , qui , tour à tour et successifvement , viennent au secours de la machine , s'op« posent à sa chute , la soulèvent , la chassent et l'é* tajent. Les foulées sont également espacées: c'est ce dont tout homme attentif an bruit ou au son rësultant du heurt des colonnes sur le sol sera inévi*tablement convaincu. Ces foulées sont séparées entre elles par deux intervalles; mais ils ne peuvent entrer en proportion avec celui qui sépare chaque pas complet I si nous nous en rapportons encore à la disposition du même organe. Enfin , l'appui de chaqiie colonne est moins du tiers du temps qu'elles mettent à compléter leur action; et leur soutien ,
VU la vëhémente percussion qui ne peut être effectuée et porter le corps en avant que par l'excès de la vitesse du membre percutant sur celle du corps mu ^ sera environ à l'appui comme Hj plus le temps que la machine est en l'air, est à i .
Supposons à présent que les colonnes postérieures prennent leur appui plus près de la ligne de direction du centre de gravité, le derrière étant plus abaissé et la plus grande portion du poids se trouvant rejetée sur lui : alors les colonnes du bipède antérieur^ débarrassées et déchargées, pourront, aidées d'aillaurs par le jeu des lombes, soulever l'avant-main à une hauteur considérable , au moyen de la plus légère percussion; et leur détente se fai* sant, ainsi que celle du bipède postérieur, dans une direction moins oblique de l'arrière à l'avant , qu'au galop dont nous venons de parler, la masse entière sera plus élevée que chassée. De là ces actions détachées de terre et moins alongées , c'est à dire ces différens genres de galop plus ou moins soutenus et plus ou moins cadencés , selon le plus où moins d'obliquité des membres perçu tans, dans lesquels quatre battues, très distinctes frappent toujours notre oreille , et qui ne sont véritablement effectuées que par l'art, car elles exigent de la part de l'animal un ensemble qu'il fuirait, et dont il serait incapable sans une force, une agilité et une souplesse qui n'ont pu être développées que par des leçons sages, mesurées et dispensées savamment.
Ces différens genres de galop à quatre temps peuvent être réduits au nombre de deux, le second
étant encore bien moins alongé que le premier , plus soutenu et plus harmonieux^ s'il nous est permis de nous exprimer ainsi* Dans l'un etdansl'au* tre^ à en juger par l'impression que les foulées font sur le sens de l'ouïe, elles sont espacées également y et ce sens est encore afifecté y ainsi que nous l'ayons dit, de quatre battues très sonores, la posée de la jambe gauche de devant et de la jambe droite de derrière n'étant et ne pouyant être ici simultanée comme au galop à trois temps, yu que la plus grande élévation de l'ayant-main favorise la séparation de la chute de ces jambes diagonales ; mais l'instant de l'élancement, c'est à dire l'instant où la machine est totalement détachée du sol, est, dans la première de ces actions, entre la posée des deux jambes de devant et la posée de celles de der-^ rière , tandis que dans la seconde il se trouve entre la foulée des colonnes postérieures et celle du bipède antérieur. Du reste , il nous semble que les soutiens sont aux appuis environ , à peu de chose près, comme 3, plus l'intervalle ajouté, est à i. Cependant le derrière étant toujours plus bas, plus fléchi et moins élevé que le devant , il est nécessaire que Tappui du bipède postérieur soit plus long que celui du bipède antérieur ; car ce même derrière^ dont les colonnes postérieures sont chargées , ayant moins de chemin à parcourir de haut en bas, ces colonnes n'auraient jamais le temps de compléter leur action en revenant à leur appui. Ainsi, pour nous expliquer avec plus de précision , les soutiens du devant sont à leur appui , comme nous l'avons dit ^
et les soutiens des colonnes postérieures, dont la diligence est extrême , seront plus courts en raison des appuis^ à proportion du long intervalle de temps qu'elles seront à terre, cet intervalle ne pouvant être pris qu'aux dépens de la durée des soutieus, puisque les quatres foulées sont toujours espacées également.
Nous ajouterons que celui de ces galops j qui diffère de l'autre en ce que l'intervalle dans lequel la machine est entièrement en l'air se rencontre immédiatement après la foulée du bipède postérieur, est, par cette raison , plus véritablement comparable au' saut. Imaginons, en effet, d'une part, que les colonnes postérieures prennent ensemble et sans s'outre-passer leur appui près de la ligne de direction du centre de gravité, l'animal use de toute sa force dans le moment de leur détente simultanée, et percute continuellement avec cette V£ième force, en leur faisant parcourir un plus grand arc , à l'extrémité duquel elles seront dans une direction plus oblique. Figurons-nous, d'un autre cAté, que les colonnes antérieures, agissant aussi ensemble et ne soulevant que médiocrement l'avant-main, prennent leur appui plus ayant et parcourent aussi un arc plus considérable, il en résultera une action de la dernière célérité. Or, dans cette action qui dérive uniquement de la succession de plusieurs sauts précipitamment répétés , et qui ne nous fait entendre que deux foulées, une seule partant de chaque bipède, il est certain que le moment où l'on aperçoit les quatre fers de l'animal suit toujours celui de la chute subite
des colonnes postérieures ^ qui tombent aussit&t que les antérieures qui ont frappé le sol se relèvent , et, ce moment étant précisément le même au galop dont il s'agit 9 il s'ensuit que ce galop ^ quoique plus raccourci que les précédons , tient néanmoins plutôt qu'eux de ce mouvement prompt et violent, par le moyen duquel les animaux sautent et s'élancent.
Examinons encpre la nature dans ce qu'elle nous présente toujours de merveilleux , eu égard à la progression des animaux* Nous devons envisager leur transport successif et local comme une action dépens daate de leur volonté ; mais les mouvemens alternatifs et continus des membres dans cette action n'en sont pas constamment un acte particulier. Nous marchons nous-mêmes sans qu'une volonté réitérée et sensible détermine à chaque pas le cours des esprits : or, ces mouvemens, qui, pour être opérés, n'ont besoin ni d'une volonté expresse ni d'une attention réfléchie, sont donc presque toujours des mouvemens automatiques ou machinaux, tels que ceux auxquels nous sommes invités conséquemment à de certaines perceptions. Le moyen le plus simple d'en solliciter ici l'exécution était de provoquer en quelque façon cette crainte naturelle dont est tout à coup et machinalement saisi l'animal lorsqu'il chancelle ou qu'il est voisin de sa chute ; mais ce sentiment ou cette crainte n'aurait pu être provoqué dès qu'il aurait été affermi dans son mouvement progressif ^ comme il l'est dans le repos : de là , sans doute, l'obligation dans laquelle tout quadrupède, chemi* nant franchement ^ se trpuve de mouvoir alternatif
vemerit deux jambes ensemble et de ne reposer que sur deux points , et la nécessité y par conséquent , de cette suite répétée de positions toutes non stables par lesquelles il passe et entre lesquelles il flotte.
D'une part y cette instabilité met la volonté à l'abri des &tigues d'une contention continuelle , eï qui serait inévitable s'il ne lui suffisait pas de consentir, et si elle devait sans cesse ordonner; de l'autre , ses degrés sont , pour ainsi dire , la mesure de la vitesse de l'animal. Qu'un cheval soit assujetti à une répétition d'efforts à l'efFet de vaincre la résistance que lui oppose le poids considérable qu'il tire ou qu'il porte y la force qu'il est contraint d'employer exigeant qu'il soit plus ferme et plus assuré sur le soi y il n'agira successivement que d^une jambe seule, les trois autres étant à terre^ et sa marche sera toujours très lente et très tardive. Supprimons le fardeau et laissons-le cheminer librement , nous nous convaincrons que la célérité de sa progression augmente en raison de son instabilité. Son centre de gravité est-il renfermé dans la seule direction de deux points diagonalement opposés , de manière que l'on n'entende que deux foulées au lieu de quatre? cette action sera celle du trot et elle est plus vite que celle du pas. Priverons-nous absolument de tout appui les côtés de la masse , un bipède latéral étant en l'air tandis que l'autre bipède sera chargé? l'animal sera porté à un mouvement encore plus prompt , d'où dérivera y amble f et s'il n'est enfin successivement étajé que sur un pied, pressé machinalement par l'évidence et la proximité du danger qu'il court, il ne cessera
d'appeler ses membres au secouFs les uns des autres^ et de la rapidité avec laquelle ils se succéderont naîtra l'action diligente du galop.
Manière d^ examiner, dans V action, le chei^al qu^on
veut acheter.
Le trot en main est communément l'allure ou la première épreuve à laquelle on soumet un cheval après l'avoir examiné et en avoir considéré toutes les parties. Cette action ne peut être ici unie et soutenue telle qu'elle le serait dans un cheval instruit y exercé y et qui serait sous l'homme ; mais on exige qu'elle soit ferme et prompte; que le maniement des membres soit libre sans cependant que l'action des épaules et des bras soit trop élevée f car, toute séduisante qu'elle est, elle occasione bientôt la ruine des jambes et des pieds; que l'animal montre de la légèreté ; que le derrière chasse le devant avec franchise ; que sa tête soit haute naturellement et sans le secours trompeur de la main du palefrenier qui le trotte et de la branche énormément longue du filet par le moyen de laquelle on relève attentivement e( frauduleusement cette partie; que les reins soient droits; que les mouvemens de l'avant et de Tarrière-main soient uniformes; qu'il ne se berce point 9 c'est à dire que la croupe ne balance pas alternativement à chaque temps ; qu'il embrasse proportionnément le terrain ; qu'il trotte devant lui sans forger, sans s'entre-tailler, sans s'attraper, sans billarder ou sans jeter ses jambes antérieures en dehors : ellea ne doivent pas , en e£fet , s'écarter de la
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ligne du corps ; il faut , au contraire , que les jambes postérieures les dérobent à l'œil de Tacheteur placé directement derrière le cheval , pour s'assurer de toutes ces différentes conditions , et d'une multitude d'autres points relatifs à tout ce que nous avons observé jusqu'ici.
Néanmoins cette position 9 à laquelle on se borne ordin^iirementy n'est pas l'unique et n'est pas même celle d'où l'on peut parfaitement juger du véritable accord diï mouvement des membres entr'eux. Il est essentiel de rechercher s'il y a égalité dans l'action de chaque jambe : or, comment y parvenir, si l'on ne se met à portée d'en saisir les différences en voyant le cheval de profil? Dès lors, chaque membre agissant à découvert , il est facile d'en comparer l'élévation , la progression et la vitesse • Ce n'est même que par cette voie qu'on peut apercevoir un défaut presque imperceptible de justesse, qui naît assez souvent plutôt de la. faiblesse de l'un de ses membres que d'un mal réel 9 et qui n'en est pas moins la cause d'une claudication légère, qui échappe toujours quand on ne considère l'animal que de face, ainsi qu'il est d'usage.
Les yeux seraient encore plus aisément frappés de l'irrégularité ou de l'inégalité des mouvemens dans l'aQtion du pas, puisque ces mêmes mouvemens sont moins rapides. Lève-t-il une jambe de devant? on verra clairement si cette action est faite avec hardiesse et avec facilité , si le genou est suffisamment plié , si cette même jambe parvient à une élévation convenable, si, lorsqu'elle y est parvenue, elle s'y soutient un certain espace de temps , si, dans sa&ulée,
son ^ppui sur le sol est ferme ^ si raction de chaque membre est en raison de celui qui lui correspond; en un mot, l'animal étant répréheusible dans quelques points de sa marche , se» défaatéi seraient bien plutôt apcrçusi C'est aussi cette allure qu'il faut pria* cipaleçaent exiger d'abord d'un cheval que l'on fait mpnt^: devant soi. On se mettrait plus sûrement à l'abri de la fraude ei^ le montant soi-même, puisque le sentiment serait joint alors aux différentes remarquas que l'on aurait pu faire , soit dans la station y soit quand il a été trotté et conduit en main , soit quand il a été et qu'on Ta vu sous Thomme. En pareil cas ^ jamais on ne doit débuter par des aides propres à l'animer et à le rechercher. On l'observe attentivement au moment du départ, on examine si ce premier mouvement est opéré librement, de bonne volonté et sans aucune action désordonnée de la tête. On l'éloigné peu à peu du lieu où le marchand le met en montre; s'il témoigne de l'ardeur^ on l'apaise , on ne lui demande rien ^ on ne le tient point, on le laisse marcher et cheminer quelque temps à son gré , et l'on voitinsensiblement ensuite, en le renfermant et même en l'attaquant par degrés, s'il demeure placé , s'il aura de la franchise , de l'appui, s'il est libre à toutes mains, etc. De telles épreuves sont les seules au moyen desquelles on peut porter un jugement d'autant plus certain de l'animal , que tous ses mouvemens sont un indice non équivoque de sa nature.
Indices de la nature de V Animal, d* après ses
différentes actions.
Les qualités que l'on doit rechercher en lui sont la force, la leEèreté, le courage, et un tempérament qui n'ait rien de trop ardent ou de trop tardif. Si à ces qualités se joignent de justes proportions, et l'exemption des vices principaux dont ses membres peuvent être atteinte, il se trouvera, dans toutes ses actions, naturellement uni, la tête en sera ferme et assurée, le devant léger, les hanches affermies, les allures franches, sûres, nullement pénibles et toujours accompagnées de tout ce qui constitue la grâce ^ dans ses mouvemens hauts et relevés , on verra sans cesse la correspondance merveilleuse de ses parties entr'elles et avec le tout; ses sauts, qui ne seront point désordonnés et qui ne tiendront en aucune manière de ce que nous nommons défenses, seront constamment le produit de sa force et de sa gaieté , il les effectuera toujours en avant et librement* Livré à un homme de cheval, son obéissance sera prompte et entière ; et s'il paraît se refuser à ce qu'il lui demandera, ce ne sera qu'en voulant prévenir sa volonté et en se portant aux premières leçons qu'il en aura reçues. Il est certain aussi que les chevaux de ce caractère sont très aisément gâtés, surtout lorsqu'on emploie sur eux la violence et une force toujours inutiles, ou lorsqu'on ne se conforme pas aux instans possibles à saisir et aux temps qu'il faut prendre pour les porter à telle ou telle action , ou enfin lorsque , sans égard à leur union naturelle
( »29 ) et en tentant indiscrètement de les mettre au point où l'on imagine as3ez mal à propos qu'on les as* seoit, non seulement on fausse en eux l'équilibre résultant de la juste répartition de la masse sur les " extrémités^ mais on les force sur les jan^ets; ce qui n'a lieu que trop fréquemment par l'ignorance profonde de ceux qui les estrapassent plutât qu'ils ne les instruisent en les exerçant.
Le cheval vigoureux, mais moins voisin de la perfection que celui- ci, s'annonce d'abord par sa construction, son action ensuite en décèle le fond. Elle est exécutée avec une sorte d'ensemble, sans mollesse, et avec une vivacité qui se soutient longtemps; elle est la même au moment où l'on commence et au moment où l'on finit de l'éprouver. Ses sauts, qu'on peut regarder communément comme des contre^temps ^ sont multipliés, redoublés et continués, attendu la force de ses reins; cependant, cette force fût- elle suivie de beaucoup de légèreté, si sa bouche était si faible qu'on ne pût en rencontrer l'appui , on se tromperait très fort en le destinant aux airs relevés , puisqu'il ne serait pas possible, malgré sa vocation apparente, de le secourir des aides de la main quand l'action du devant serait trop lente et trop basse , de le recevoir à la descente du saut, de lui assurer la tête, et de maintenir, en un mot, l'égalité et la justesse de son manège.
La faiblesse est dénotée par diverses actions , selon ses causes ou selon les parties en qui çlle réside principalement. Lorsqu'elle tient en total à la constitution de la machine , tous les mouvemens de l'a-
nimal s'en , ressentent ; ils sont d'ailleurs bientôt épuises , et il s'avilit toujours davantage. Est-elle particulière aux reins? sa tête ne saurait demeurer constamment placée, il se bercefa sans cesse en cheminant; le jeu des vertèbres lombaires ne sera jamais en raison de . ce qu'il devrait être pour accompagner et pour aider celui des extrémités pc^stérieures; l'action de l'arrêt lui coûtera infiniment, il ne l'effectuera qu'en portant au vent, et toujours plus sur le devant que sur le derrière, dont il se traversera à l'effet de se délivrer et de se tirer d'un état pénible. Le reculer lui sera par conséquent encore bien plus fâcheux; il s'j refusera ou en tendant le nez, pu en battant à la main, ou en se jetant sur les épaules , ou en se traversant, et si l'on parvient à le gagner, ce ne sera que pour un instant, encore les reins étant incapables de supporter ce qu'ils doivent soutenir du fardeau rejeté «ur les extrémités auxquelles ils répondent directement, tout le derrière s'abaisserart-il.de nmnière que le cheval sera pour ainsi dire accroupi. La débilité des jarrets et des autres parties de ces mêmes extrémi* tés sera suivie de semblables effets. De plus , leur action sera exécutée mollement, sans soutien, et à chaque foulée qu'elles feront , elles tourneront de côté et d'autre, et fléchiront en quelque sorte sous le poids. Si, enfin, ce défaut est indiqué dans les colonnes antérieures par trop de finesse ou par les autres signes différens qui peuvent le faire préstimer, il ne le sera pas moins par la contrainte sensible dans le mouvement de chaque jambe , qui sera
d'autaut moins élevé qu'elles seront successivement appelées au secours Tune de l'autre par le prompt soulagement de celle qui se trouvera chargée de la uaasëe* L'animal sera donc diisposé et sujet à buter; et. si la faiblesse est manifeste ^ surtout dans les épaules et dans les bras, il pèsera sur la main, principalement a la fin d'une course ou d'une allure précipitée : la facilité, la beauté et la justesse de l'arrêt dépendant, non seulement des reins et des parties postérieures qui chassent toujours la machine y mais des forces combinées du devant qui la reçoit y et qui, dans.ce moment, en doit, nécessairement ramener l'action.
La légèreté dépend de la con£>rmation et de la justesse des proportions des membres, aussi accompagne* t-elle très souvent la force. On la reconiiaît à Tagilité naturelle qui se montre dans toutes les actions de l'animal j soit en effet qu'il chemine au pas, ou qu'il trotte , ou qu'il galope , tous les mouvemens en sont faciles et prolnpts, et les ibulées si prestes qu'à peine dirait-on que ses pieds atteignent le sol. Dans les temps de ses sauts , la masse est toujours portée à un degré d'élévation considérable, sa chute semble ne pas &ire la moindre impression sur le terrain , et l'on peut observer que les défenses de ces sortes de chevaux ont lieu constamment plutôt par la levée du devant que parcelle du derrière*
Le cheval pesant est pour l'ordinaire chargé de tête, de cou et d'épaules; ses pieds ont un volume excessif; plusieurs sont bas du devant , ou longs de corps, et pai* conséquent faibles de reins; d'autres
les oot durs et peu flexibles ; il en est encore qui , provenant de père et mère mal assortis » tiennent le devant de Tun et le derrière de l'autre , et sont tellement décousus y que ces deux parties semblent disjointes en eux. Quoi qu'il en soit, leurs mouvemens sont directement opposés à ceux qui caracté* risent le cheval léger. L'action de leurs membres est toujours lourde et tardive ; ils ne sont capables d'aucune des allures qui exigent de la célérité ; ils ébranlent^ pour ainsi dire y par leur poids , le sol sur lequel ils heurtent et retombent; et l'impossibilité dans laquelle ils sont d'en détacher la masse dont ils le surchargent fait qu'ils ne le quittent jamais en> tièrement, et que y bien loin d'efifëctuer de vrais sauts dans leurs contre -temps ou dans leurs défenses 9 ils se voient forcés à prendre leur devant pour appui.; tandis que, d'une autre part, ils emploient leur derrière à des ruades gauchement et maladroitement fournies. .
Le courage n'est autre chose, dans l'animal, . qu'une volonté constante d'exécuter et d'obéir j la disposition à la soumission et la franchise en sont donc les premiers témoignages. L'œil des chevaux doués de cette qualité l'annonce aussi. Leur déter— mination est toujours en avant, ils ne se refusent point à l'étendue, à l'alongement et à l'élévation possibles à leurs membres , leur action n'est jamais limitée , et elle est constamment exécutée avec toute la force et tout le nerf qui leur ont été départis.
L'éloignement de la sujétion et de la contrainte ne naît pas toujours d'un mauvais fond. Une timi^
^të naturelle^ qu'il serait dangereux de confondre avec ce qu'on doit réellement appeler mauvaise vo- ^ lonté 9 7 a souvent beaucoup de part ^ ainsi que le défaut de raisonnement dans des hommes qui, ayant demandé indiscrètement à l'animal ce qu'il ne peut ni ne sait, sont parvenus à le rebuter, à le révolter et à en pervertir le caractère. Il est aisé de se persuader que la timidité doit s'évanouir à mesure que la modération et la douceur capteront la confiance et que l'animal trop craintif acquerra insensiblement l'habitude des actions et des objets. Il est certain aussi que celui qui ne sait pas doit ôtre ins* truit par des personnes qui sachent ^Ues^mémes se faire entendre de lui, et à l'égard du cheval dont l'obstination a son principe dans une véritable impuis- ' sance occasionée par la mauvaise constitution de quelques unes de ses parties , ou par des vices dans la construction totale, il s'agit de rechercher les effets des unes ou des autres de ces imperfections relativement à telle ou telle action, pour n'exiger ensuite que celles qui n'ont pour lui rien d'impossible. Le vrai défaut de courage ou la mauvaise volonté réelle réside donc dans l'intérieur de l'animal et se montre au dehors par tous les signes qui annoncent la malignité, la poltronnerie, l'ardeur superflue, etc. L'œil couvert en est un indice, mais la preuve la moins suspecte est celle d'une opiniâtreté conslante à se retenir et à borner ses mouve» mens sous lui , quelque effort que l'on puisse faire pour le solliciter à un développement par le moyen duquel il embrasserait franchement le terrain. Se&
déiënses , qui ne sont que trop fréquentes , et dont il prévient toujours par le déplacement de sa tête, et le plus souvent par le mouvement de l'une de ses oreiller en avant et de Tautre en arrière, Varient à riniinî. S'il est léger et que la bouche en soit.déli* catOy elles consisteront dans des^înC^J très dangereuses, puisque, plus ou moins droit sur ses pieds de derrière y il sera aux risques de se renverser sur l'homme y surtout dans le cas où il manquerait de force dans les reins, et où son ardeur et sa vivacité le porterait à s'élever subitement et avec violence trop en arrière. Si à la légèreté se joint la force, lorsqu'il sentira que ses pointes ne sont que de vains efforts Contre le cavalier, il se livrera à des sauts désordonnés, soit en avant ^ soit en arrière, soit en se traversant , soit en tournant , etc . Si ces défenses .d'ont encore inutiles , il cherchera à gagner la main en portant au vent , et il fuira en se dérobant à tous les mouvemens^e cette partie* S'il est Ëiible , il se plantera à la même place , il fuira la volte, il pliera le cûu^ et la lenteur ainsi que la mollesse de ses contre -temps décèleront sa débilité. S'il est pesant, il ruera sans quitter le sol du devant, il pèsera sans cesse sur la maiu 9 il 7 tirera , pour peu qu'il ait d'impatience , et il la gagnera le plus fréquemment en s'encapuchonnant; enfin, si, après s'être obstiné dans une seule et même place ^ et quand il éprouve le plus léger châtiment, il se jette à terre, on doit le regarder comme un animal des plus vils , etc.
Le mouvement d'un cheval de bon tempérament
est prompt; celui d'un cheval ardent, toujours pressé; celui d'un chéVal paresseux, constamment tardif. Les allures du premier ne sont jamais qu'au degrc de célérité auquel on veut les porter ; celles du second, dont la vivacité est excessive ^ ne peuvent être que très difficilement tempérées, surtout quand il est mu par quelques objets, et son ardeur lui est aussi nuisible qu'elle est fatigante pour l'homme; celles , enfin , du troisième sont retenues, en ce que chaque action de ses membres est languissante; il demande à être sans cesse sollicité et poussé ; il ne répond à ces sollicitations et aux dififérentes aides auxquelles on n'a recours que pour un instant , car il en revient bientôt à tout ce qui caractérise en lui la paresse; et, insensiblement accoutumé à ces mêmes aides répétées , il s'endurcit tellement que son insensibilité prive le cavalier de toutes ressources.
Le mélange de tou testées qualités, bonnes et mauvaises, combinées encore avec tous les vices diflerens qui peuvent exister^dans chaque cneval, nous offrirait ici une matière bien plus ample et qui exigerait de nous plusieurs volumes; mais en nous bornant aux simples indications, nous ouvrons les portes aux idées des élèves; nous leur présentons des moyens d'approfondir, de s'instruire eux-mêmes ^ et de sentir un. jour que des lumières acquises par ses méditations et par ses propres recherches éclairent mille fois plus que toutes celles que l'on tient d'autrui et auxquelles on participe simplement.
Choix des Chenaux ^ d'après Vu$a^e auquel on les
destine»
L'usage auquel on destine un cheval doit encore en déterminer et en fixer I^ choix.
Il est des chevaux fins y il est des chevaux communs. Cette distinction a lieu , soit qull s'agisse de chevaux de monture , soit qu'il s'agisse de chevaux destinés à tirer.
Le cheval fin, parmi les premiers, est proprement un cheval de légère taille , tel qu'il doit être choisi dans le nombre des difFérens chevaux résultant du mélange de diverses races, lorsqu'on se propose de s'en servir pourrie manège ou en qualité de cheval de maître , en voyage , à la guerre , à la chasse, etc.
On demande que le cheval de manège ait de la beauté et de la grâce , qu'il soit nerveux , léger, vif et brillant , que les mouvemens en soient lians et trîdes^ que la bouche en soit belle, et surtout que les reins et les jarrets en soient bons, etc.
Dans le cheval de voyage, on exige une taille raisonnable , un âge fait , tel que celui de six ou sept années, des jambes sûres, des pieds parfaitement conformés, un ongle solide, une grande légèreté de bouche, beaucoup d'allure, une action souple et douce, de la tranquillité , de la "franchise , et l'on doit rejeter avec soin celui qui serait ardent , paresseux , et délicat en ce qui concerne la nourriture.
Le choix du cheval de guen*e n'a que trop sou-
vent coûte la vie à celui qui Ta fait ou pour qui il a été fait imprudemment et sans lumières. La taille des chevaux consacrés à cet usage ne doit être ni trop élevée ni trop petite j il est rare de trouver de l'agilité et de la légèreté dans une grande machine, et d'une autre part^ outre le désavantage qu'il y a de combattre sur un petit cheval , il est constant qu'il ne résistera jamais à la fatigue comme un cheval d'une certaine hauteur. Le poil en doit être obscur, principalement s^il est destiné à monter un ofiSder de marque. Il faut qu'il soit bien, proportionné, bien traversé, beau du devant, bien ouvert, et non chargé d'épaules, puisque alors il serait pesant, paresseux et lent dans ses actions. La tête et l'encolure en doivent être bien conformées, la bouche belle , et l'appui à pleine main , afin qu'il obéisse assez promptement , sans cependant être effarouché de quelques mouvemens irréguliers de cette partie, qui ne se* raient pas extraordinaires, même de la part d'un homme de cheval dans le moment du combat. La jambe en sera bonne, les pieds excellens et non dérobés ; car un semblable défaut serait une raison d'exclusion. Il sera uni ; il aura de la souplesse , de la sensibilité , de l'adresse et du courage , et une liberté entière à toutes mains, soit au pas, soit au trot>, soit au galop; actions qu'il doit exécuter avec Êicilité et promptitude. Il sera docile aussi au partir de la main, et susceptible d'un retour facile à un galop écouté , ainsi qu'au trot et au pas ; il connaîtra les jambes; il fuira librement les talons, et, lora-* qu'il sera arrêté, il ne témoignera aucune inquié-
tude y et sera comme immobile à la même place ; il importe encore qu'il ne redoute aucun des objets qui peuvent frapper son ouïe ou sa vue , qu'ilne craigne ni le feu ni l'eau ^ qu'il ne soit point vicieux envers les autres cbevaux , qu'il n'ait point d'ardeur, qu'il soit d'unt bon et &cile entretien , etc.
Quant au cheval de chasse , on désire qu'il ait du fond et de l'haleine 9 que les épaules en soient plates et très libres ; qu'il ne soit point trop raccourci de corps ; que la bouche en soit bonne , qu'elle ne soit point trop sensible; qu'il soit plutôt froid qu'ardent à s'animer 9 ^^^^^ ^^î^ doué de légèreté et de vitesse , etc.
La tranquillité , la docilité , l'exacte obéissance , la bonté de la bouche , des allures sûres et douces , une taille médiocre , une franchise à l'épreuve de tous les objets capables d'effrayer et d'émouvoir sont les qualités que l'on doit rechercher dans les chevaux de l'arquebuse , dans les chevaux de promenade et dans les chevaux de femme.
Le cheval de domestique ou de suite , le cheval de cavalier et de dragon , le cheval de piqueur sont dans le genre des chevaux de selle que nous envisageons comme des chevaux communs , et qui peuvent être mis en opposition avec ceux dans lesquels nous trouvons de la finesse. Le premier doit être bien traversé , bien membre , bien gigotté . La bouche en sera bonne sans être absolument belle , et l'on ne doit pas trop s'attacher au liant ou à la dureté de ses allures.
11 est essentiel que le second y c'est à dire le che-
( ^3$ ) val de troupe soit plus susceptible d'obëissance , de souplesse et de légèreté relativement aux manoeuvres qu'il doit exécuter, et auxquelles il n*e^t que trop prouvé qu'il ne peut suffire dans un âge tendre. Les secours de l'art , absolument limités aux mouvemens dopt il est tenu, et bornés, d'une autre part, à ce que le cavalier et le dragon doivent- savoir euxmêmes, seront toujours utiles au bien du service , surtout lorsque les principes donnés seront étroitement renfermés dans le cercle des actions dont ces différens corps doivent être chargés.
Le cheval de piqueur doit être étoffé , vigoureux, doué d'une grande haleine , et propre à résister au travail pénible auquel il est assujetti.
Quant aux bidets de poste , on doit plutôt considérer la bouté de leurs jambes et de leurs pieds que leur figure , et que les qualité^ de leur bouche ; il faut nécessairement qu'ils galopent avec aisance , et de manière que la dureté ou la force de leurs reins n'incommode point le cavalier. Trop de sensibilité serait , au surplus , en eux un défaut d'autant plus considérable , que l'inquiétude qui résulterait des mouvemens désordonnés des jambes des différens courriers qui les montent , et de l'ap^ proche indiscrète et continuelle des éperons, les rendraitbientôt rAifs et ramingues.
Dans le genre des chevaux qui tirent et qui portent des fardeaux , il en est de plus ou moins fins et de plus ou moins grossiers.
Des chevaux bien tournés et bien proportionnés , d'une taille de quatre pieds onze pouces , jusqu'à
cinq pieds trois ou quatre pouces , qui seront parfaitement relevés du devant , bien traversés , dont les épaules ne seront pas . trop chargées y dont le poitrail ne péchera pas par un excès de largeur ; dont les jambes , plates et larges , ne seront pas garnies d'une infinité de poils ; dont les jarrets seront nets y amples y bien évidés y bien conformés ; dont les pieds seront bons ; xjui auront de la grâce et beaucoup de liberté dans leurs mouvemens y qui seront justement appareillés de poil, de taille y de marques, de figure , d'inclination , d'allure» et de vigueur y formeront des chevaux de carrosse qui auront de la finesse, et qui seront préférables à tous ceux sur lesquels ou pourrait jeter les yeux , lorsqu'on souhaitera des chevaux beaux, brillans et d'un très bon service.
Certains chevaux de chaise comparés aux chevaux peu déliés que l'on emploie communément à tirer cette sorte de voiture , seront, dans leur espèce, envisagés comme des chevaux fins. Le cheval de bran* card (i) sera bien étoffè , d'une taille raisonnable et non trop élevée. Il trottera librement et diligemment , tandis que le bricolier (2), qui sera bien traversé, mais qui aura moins de. dessous que lui , et qui sera aussi moins éloigné du genre des chevaux de selle , sera capable de fournir avel) facilité à un galop raccourci.
(1) Que Pon appelle encore brancardier, mallier, {È,)
(2) Ou le cheval du postillon, que Pon nomme aussi porteur. {È,)
Les autres chevaux de tirage seront plus ou moins communs selon leur structure , leur épaisseur y la largeur de leur poitrail y la grosseur de leurs épaules plus ou moins charnues , leur pesanteur y l'abondance et la longueur des poils de leurs jam* bes (i) y etc. Il en sera ainsi des difFërens chevaux de bât et de somme qui doivent avoir, aussi beau* coup de reins, et ce n'est véritablement qu'au moyeu d'une attention scrupuleuse à toutes ces distinctions^ qu'on peut approprier le choix de l'animal à l'emploi qu'on veut en faire.
Action en Garantie et Cas rédhibitoires*
Nous ne nous dispenserons pas de placer un mot ici sur l'obligation du vendeur envers l'acheteur.
Cette obligation consiste dans une garantie y qui est ou une suite naturelle de la vente , ou une condition faite et arrêtée entre les parties , ou une règle particulière y et en vigueur dans- certains lieux.
Dans le premier cas, la garantie est de droit; dans le second , elle est conventionnelle; dans le troisième, elle est d'usage.
La garantie de droit ne s'exprime point , elle a lieu constamment et quelles que puissent être les circonstances de la vente. Tout homme qui vend
(i) Le limonier surtout, destiné à supporter la charge et à la retenir dans les descentes, doit être distingué par sa force, et par la largeur de ses reins et de ses jarrets. (£.)
un cheval est nécessairemeat astreint à répondre que l'animal lui appartient. C'est une loi immuable et de rigueur à laquelle il ne saurait se soustraire ^ parce qu'on ne peut, sous aucun prétexte et sans blesser les bonnes nH£ars, transmettre une propriété que l'on n'a pas.
La garantie conventionnelle s'étend à tous les engagemens pns par le vendeur, il en est indispen-* sablement tenu.
Enfin , la garantie d'usage est relative aux vices déclarés par les maximes usitées et reçues , être de de nature à annuler la vente.
Ces vices ont été généralement restreints parmi nous à la pousse^ à la morçâ et à la courbature. Dès que le cheval est atteint de l'une de ces maladies y l'acheteur est en droit de contraindre le vendeur à reprendre l'animal et à lui restituer le prix donné.
On ne doit point être étonné que la facilité de dérober et de pallier, pour quelque temps et au moyen de certains médicamens , les signes caracté* ristiques de l'espèce de courbature qu'un flux considérable d'humeurs par les naseaux décèle , ainsi que les symptômes évidens de la pousse et de la morve, qui, d'ailleurs, ont été regardés comme des maux incurables, ait suggéré une disposition qui obvie aux fraudes que cette même facilité peut ocçasioner; mais il est surprenant que la jurispru-^ dence diffère et varie sur la durée de l'action rédhibitoire admissible dans ces trois cas . Il est des pays où l'acheteur doit se pourvoir dans les huit jours, à compter de celui de la délivrance du cheval : il en
est d'autres où l'usage est d'en accorder quarante^ après lesquels le vendeur est à couvert de toutes recherches.
Quoique la fixation du plus coiirt de ces délais soit autorisée sur le risque de^ événemens qui peuvent arriver dans l'espace et dan$ la circonstance d'un terme plus long, il est certain qu'elle n'en est ni plus juste ni moins illusoire* En premier lieu^ la condition de l'acheteur est assez défavorable pour qu'on ne doive pas craindre de prendre toutes les voies capables de réprimer, dans le vendeur, des infidélités qu'il commet encore avec plus de hardiesse, lorsque la loi même qui les condamne ne lui interdit pas toutes les exceptions captieuses qu'il peut employer pour en abuser.
S'il est vrai, en second lieu, qu'il soit possible de faire disparaître, au delà des huit jours prescrits et pendant le cours d'un mois entier, les symptômes principaux et univoques des maladies dont il s'agit, par le secours de quelques médicamens , il faut né* cessairement convenir que les coutumes et les ordonnances qui prescrivent l'action en rédhibition , quand elle n'est pas intentée dans la huitaine, non seulement ne remplissent pas l'objet qu'elles semblent et qu'elles doivent s'être d'abord proposé, mais favorisent en quelque manière U mauvaise for du vendeur. Il serait donc à désirer q«e tous leg tribunaux auxquels de semblables contestations sont déférées prononçassent uniformément et d'après un principe généralement établi pour l'entière sûreté des acheteurs, tel que celui qui est suivi rigoureu-
seiHent dans de cerlaîns parlemens, comme, par exemple y dans le parlement de Rouen (i).
Persuadés , au surplus , de Tinutilité de nos réflexions sur les ruses pratiquées par la plus grande partie des marchands de chevaux , nous ne nous y livrerons point. Comment, d'ailleurs, rougiraientils de leurs .artifices , dès que des personnes de tous les états, par une sorte d'exception aux règles de la probité et de l'honneur, disputent publiquement et sans remords , à des âmes viles et mercenaires , la eloire ou la honte d'avoir porté aussi loin qu'elles
(i) Le Code civil actuel a généralisé la garantie; il dit d'une manière plus avantageuse pour l'acheteur :
lArt, lô^i' Le vendeur est tenu de la garantie, à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage, que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il les avait connus*
Art. 164a. Le vendeur n'est pas tenu des vices apparens et dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même.
Il résulte donc bien évidemment de ces deux articles que ce ne sont plus tels ou tels vices qai sont rédhibitoires , suivant telle coutume ou tel usage 9 mais que tous les vices dont l'acheteur n'a pas pu s'apercevoir au moment de la vente, parce qu'ils étaient cachés , et parce qu'ils préjudicient au service d'une manière quelconque , sont dans ce cas.
Mais ce même Code civil a dit, art. 1648 : L'action ré^ sultan t des vices rédhibitoires doit être intentée par Facquéreurdans un bref délai, suivant la nature des vices réMibî" foires, et F usage des lieux où la vente a été faite. Ainsi, il a conservé les usages et coutumes des lieux pour la durée de l'action en garantie, quelqu'insuffisaos qu'ils soient pour certains vices cachés au moment de la vente. (£'.)
( a45) l'art humiliant de la fraude et du mensonge?. A l'aspect de tous les détours odieux qu'il nous serait aisé de dévoiler^ et qui seraient peut-^jêtré moiins communs si^ conformément à la police observée par les Romains y et à l'édit fameux des Édiles, tout vendeur était obligé de décla^r les défauts de l'animal qu'il vend, et n'avait pas même la faculté de s'excuser sur son ignorance, nous nous contenterons de nous écrier avec Montaigne : La vertu assignée aux ovaires de ce monde est une vertu à plu* sieurs pUs y encoignures et coudes, pour s'accommoder à Vhum^aine faiblesse (^\).
Des Soins qu'exigent les Chepaux.
Le mépris du régime, l'oubli de ses lois, voilà la source d'une infinité de maladies.
La même suite de mouvemens qui constitue la vie dé l'animal en opère insensiblement la destruction ; et y d'une autre, part , tout ce qui , dans les corps qui l'environnent, doit influer sur lui tend à retarder ou à accélérer sa ruine. Le principe de son anéantissement réside donc au dedans de lui-même, puisque l'action de ses propres ressorts n'a qu'un terme plus ou moins limité , et que ses humeurs se perver-
(i) On trouvera de plus grands détails relatifs à Paction en garantie et aux cas rédhibitoires, dans les Instructions et Observations sur les maladies des animaux domestiques , déjà citées , première partie ; et encore dans l'ouvrage intitulé De la Garantie et des Vices rédhibitoires dans le com'^ merce des animaua?- domestiques , par Huzard fils. Paris , 18299 in-i^« (£.)
tiraient et seraient bientôt épuiaées sans de nouveaux rafraichissemens et de nouveaux sucs; le plus souvent aussi la cause en est au dehors, puisque les différentes qualités dès êtres physiques extérieurs dont il est nécessité de participer peuvent décider de la durée de son existence et du moment de sa pette.
Rien ne peut affina nchir de la iiiort, l'arrêt en est irrévocable; mais il est des moyens de ne pas en hâter le coup, et ces moyens consistent dans un usage constant et proportionné des choses propres à inain«» tenir l'intégrité des €orps , et daiis une a<ttention exacte à rejeter toutes celles qui , préparant toujours et produisant plus tôt ou plus tard des dérangemens et des maux plus ou moins graves, doivent être regardées ici comme ennemies de la nature. Il est vrai que la distinction de ces choses ne peut être certaine, parce qu'elles ne sauraient être nuisibles ou salutaires absolument et en elles-mêmes : or, ces deux qualités étant relatives et dépendant réellement de la disposition particulière des sujets , leur évidence exigerait non seulement la connaissance singulière de la nature de chaque individu , mais en«core celle des rapports et des agens qui ^ dans ces mêmes individus, sont capables d'opérer une infinité de changemensdont elles peuvent être susceptible»^
Cependant, il est des effets généraux qu'il n'est pas permis d'ignorer; car la science de ces efiéts nous fi'aie les routes qui conduisent à la conservation de l'animal , et peut même nous éclairer sur des exceptions et sur des dérogation^ qui nous échapperaient infailliblement sans elle. ,
On doit savoir qu'un air humide ramollit, relâche y a£&ibUt les fibres motrices et s'oppose dès lors aux excrétioufi) qu'un air trop chaud raréfie les li*^ queurs^ ouYire les pores avec excès ^ et augmente par coDséquept la transpiration au point de solliciter la dissipiatioa des pariicule&.les plus mobiles et les plus tenp^s dçs {luméura, et c'est ainsi qu'il dbnne lieu à l'iraméabilité de celles qui restent, à l'allongement et à l'affaiblissement des solîaes , à des obstructions | à des dessécheitiensy à des inflammations I. çtc. Il n'esl pâ& moips certain qu'un air. trop firoid rappfoçlia ies;.pa.rtiçules dçfs fluide^, les côn*dense et le^.ép^iâsit, r^ssei^T^ les pores et les extrémités de6;vai£p$eaux âéçrétoirés, chasse et détermine les iiqu^um jla la cirooolei^ence aU centre; ce qui ne peut arriver £(^ps qu'il en résulte des suites plus ou moins funestes. Il est incontestable aussi- qu'un air tempéré doj(me aux fibres la force et la tensiouvinécessaires à la liberté^ ^ Jl'ég^ité de ieuxt action 9 et au mamtieuida juste équilibre qui doit régner entre elles et les fluides qu'il n'épaissit, ni nexlissout^ ni n'attél^ue^ ni ne «ubfilise point trop, demanière a troubler les sécrétions , les excrétions et toutes les fonctions 9 en un mot, dans lesquelles consistent la vigueur et l'état sain de la machine» .
Ces vérités doivent être sans cesse présentes à l'esprit , m)n seulement de ceux qui s'opcupent du traitement dies maladies des animaux, mais^de ceux à qui la conduite en est confiée. Elles prouvent aussi combien il serait important d'apporter plus d'attention dans le choix du lieu que Ton destine à leur ha-
bitatîon^ et dans la construction des bâtimens élevés ou réservés ^ cet effet ; rien n'est sans doute plus singulier que de voir dans la plus grande partie des maisons de la capitale des écuries y pour ainsi dire^ enterrées y mal exposées y mal aérées , mal éclairées, et qui forment autant de réduits où les chevaux contractent nécessairement une infinité de maux.
Construction des JSt
cunes.
Les écuries qui sont dans une exposition véritablement favorable sont celles qui aont orientées à Pest; elles sont moins en but aux vents de sud et de nord y et l'air y est toujours beaucoup plus tempéré.
Le sol sur lequel elles sont bâties doit être sec et élevé i un terrain bas et humide les rend malsaines, et les chevaux y sont en proie à des fluxions , à des refroidissemens d'épaules, etc.
Elles doivent avoir plus ou moins de longueur, selon le nombre des chevaust que l'on se propose d'y retirer, et selon la manière dont on a dessein de les séparer les uns des autres. Leur largeur, soit qu'on les ait destinées à en contenir un ou deux rangs , doit être telle qu'il y ait toujours un espace de douze pieds , pour la place de l'auge , du râtelier, et de chaque cheval dans sa longueur, et il est nécessaire de ménager encore un intervalle de huit pieds au moins, pour laisser un libre passage derrière ces rangs à ceux^que la curiosité conduit, ou qui sont préposés au sei^ce de ces animaux. Quant à la hauteur du vaisseau , elle doit être proportionnée à sa grandeur; et, d'ailleurs, un architecte habile et
éclairé doit constamment s'attacher à ne rien Ëiire perdre à l'œil du yolame , de la masse et de la taille de chaque animal, taille qui, quelque colossale qu'elle soit et qu'elle puisse être y parait réduite à celle d'uu bidet dans de vastes édifices y que l'on n'admire vraisemblablement que parce que leur étendue en impose.
Les voûtes sont préférables aux planchers , aux plafonds même. Elles maintiennent l'écurie plus chaude en hiver, plus firaiche en été; et ^ d'ailleurs^ dans les cas d'incendie^ elles s'opposent aux progrès funestes du feu.
Ces sortes de lieux sont communément pavés« Quelquefois on substitue aux pavés des madriers de chêne posés transversalement , intimement unis , et semés de hachures pratiquées à l'eflfet d'éviter que les chevaux ne glissent, ce qui seredt infiniment dangereux et très aisé , surtout lorsqu'ils se campent pour uriner.
Ces madriers , ou le pavé , en cet endroit , doivent toujours présenter depuis le devant de l'auge une légère pente qui se termine à la croupe des chevaux ^ ou plutôt au commencement du chemin tracé derrière eux. Elle doit aboutir à une sorte de ruisseau qui reçoit l'urine et les eaux quelconques, dont elle facilite l'écoulement. Elle relève encore le de-^ vaut du cheval et le met dans une situation qui sou* lage très souvent ce même devant, et qui rend l'animal beaucoup plus agréable aux yeux du spectateur. Ce ruisseau doit être conduit hors de l'écurie.
Outre la propreté qui résulte des plates-formes ,
oo n'a poioA à redouter que les chevaux deiriennent rampins, ce dimt on ne doit pas se flatter lorsqu'ils sont sédentaires sur un terrain pavé; car, dès qu'ils en rencontrent les joints y ils j implafatent la pince des pieds de derrière, et s'accoutument à ne se re* poser que sur cette partie, de manière que la rétiac** tion des tcDdons de leurs jambes postérieures est inévitable.
Cependant j les madriers entraînent dans une diér pense considérable \ mais il est un mojen moins eoûteux j il consiste à hien salpêtrer le terrain et à le bien battre (i). On entretient à peu de frais -un sol ainsi préparé; il maintient les chevaux à leur aise y il n'en fatigue pi les pieds ni les jambe^, efj^l le& sauvd de toute humidité, ainsi que àe^ douleurs «t des incommodités qu'ils éprouveraient s'ils repo^ raient sur la terre.
Plusieurs personnes ont pensé que des chevaux résidant continuellement sur des planches souffrent ensuite dans leur marche, et redoutent les terrains
(i) Quoique cette expression {salpêtre^) soit généralement employée pour exprimer Taclion de garnir un sol quelconque de la terre eucore tumide dont on a tiré le nitrate de potasse ou sa!|)étre , elle n'en est pas moins inexacte. On ne salpêtre pas le sol ; la terre connue sous le nom de hlanc de salpêtre ne «ontient pkis dé nitrate de potasse , elle ea a été privée par les lessives auxquelles elle a été soumise par le salpêtrier^ elle doit être renouvelée, au contraire, lorsqu'elle est salpêtrée de nouveau, c'est à dire lorsque, par l'effet des urines dont elle a été imbibée et pénétrée par l'effet du temps , elle a repris du nitrate de potasse ou salpêtre ^ parce qu^alors elle est froide et Immide. {É,)
dars et pierreux y nous ne croyons pas que Texpé*rience puisse confirmer cette idée« L'ongle duché* val y en effet, ne peut jamais que se ressentir du &r ^ dont son contour «st infërieurement garni , sur lequel la masse repose y et qui garantit le pied de l'impression et du heurt direct de tous les corps quelconques qu'il atteint. lia seule partie de ce même ongle qu'il ne dë&nd point , et qui n'est autre chose que la sole et la Ë>urchette y n'est point expo«> sëe au contact du pavé ; car il en arriverait des con* tusions, telles que celles qui ont lien lorsque le pheyal a chemina sans fer : ainsi y l'avantage des ma«driers ne peut être détruit et balancé que par la cherté dont ils peuvent 011*8 y ils garantissent bien mieux que le pavé l'animal de l'humidité du terrain, humidité qui perce toujours, quelle que. soit la litière qu'on puisse faire (i).
Les murs vis à vis desquels sont tournées les
(i) L^hutnidité et la fraîcheur des mu ro latéraux , ootiUe lesquels on place les chevaux, sont au moins au^si à redouter que. celles du sol, surtout lorsque ces murs sont salpêtres n, comme cela arrive fréquemment : aussi , ' dans les écuries bien tenues, ces murs latéraux sont-ils garnis , à trois ou quatre pieds de hauteur, de paillassons ou de nattes de paille , ou , ce qui vaut beaucoup mieux encore, de planches parfaitement jointes , qui garantissent les animaux du contact immédiat de rhumidité.
Il ne faut pas chercher ailleurs que dans la fraîcheur et Phumidité du soi et des murs de beaucoup d'écuries la cause de claudications rhumatismales qu'on s'efforce inutilement de guérir, et auxquelles les animaux sont encore plus expo^ ses que Phomme. (^.)
têtes des* chevaux sont meublés d'une auge et d'un râtelier qui régnent dans toute la longueur de récurîe.
L'auge ou la mangeoire est une espèce de canal de quinze pouces de profondeur^ sur un pied de largeur^ clos et fermé par ses deux bouts. Le bord supérieur de sa paroi antérieure est élevé au dessus du sol de trois pieds trois ou quatre pouces environ* Où construit ce canal le plus ordinairement en bois; mais les planches qui le forment doivent être tellement jointes et assemblées , qu'il n'y ait pas entre elles le moindre intervalle par pu l'avoine ou le son que l'on distribue au cheval puisse s'échapper et tomber. Ce même bord de la paroi antérieure sera armé de feuilles de tôle ou de quelque autre métal , vis à vis les chevaux qui rongent y qui mordent le bois^ et qui contractent la mauvaise habitude de tiquer.
Les auges de pierre n'exigent pas toutes ces précautions. Il faut que les cames en soient exactement abattues et arrondies. Quelques uns leur donnent la préférence sur les premières. Ils décident d'abord ainsi: i^. eu égard à leur solidité; 2^. eu égard à l'aisance avec laquelle elles peuvent être lavées et nettoyées; 3°. vu la commodité de pouvoir s'en servir pour abreuver un rang entier de chevaux en même temps , lorsqu'on est à portée d'y conduire de l'eau et de les en remplir; ce qui suppose , d'une part, une légère pente de chaque côté, et à une de ieurs extrémités un réservoir qui peut s'y dégorger dès qu'on ouvre un robinet, qui y est placé à cet ef-
( ia53 )
fët^ et à Tautre bout un second robinet pour Vécou* lement du fluide quand les chevaux ont bu. Au moyen de cette irrigation une auge de cette matière est toujours très propre et très nette. D'ailleurs , les auges de bois contractent toujours de Todeur, et non les auges dont il s'agit lorsque la pierre est dure et compacte.
Les consoles ou les pieds«droits qui servent d'appui et de soutien aux unes et aux autres de ces auges sont espacés de manière qu'ils ne se rencontrent pas dans le milieu des places qu'occupent les chevaux : non seulement ils priveraient alors les palefireniers de la &ciiité de relever la litière et de la ranger sous l'auge , mais encore l'animal pourrait se heurter le genou contre ces mêmes piliers et se couronner. Enfin , à trois, ou quatre pouces environ au dessus du bord de la paroi antérieure dont j'ai parlé y on attache ^ dans les auges de bois^ et on scelle y dans les auges de pierre, trois anneaux à distances égales. Celui qui est dans le milieu sert à porter et à suspendre la barre de séparation des chevaux y les deux autres à attacher ou à passer les longes du licou^ l'une d'un, côté^ la seconde de l'autre , et l'on comprend que l'anneau du milieu devient inutile , si l'on sépare les chevaux par des cloisons. Il en est qui, au lieu d'anneaux , pratiquent trois trous : cette n^éthode ne tend qu'à af&iblir les bois ou qu'à endommager la pierre; et, au surplus, si les longes ne sont arrêtées que par des boules de bois posées à leur extrémité, elles coulent et glissent bien moins
aisément dans les trous perces que dans les anneaux.
Les râteliers ou les espèces de grilles que nous nommons ainsi ont communément deux pieds et demi de hauteur^ et sont placés de façon qu'ils sont ou droits ou inclinés. Dans le premier cas y leur saillie en dedans de l'écurie est de dix-huit pouces environ. Ils reposent par leur extrémité inférieure contre la paroi postérieure de l'auge ^ et leur distance du mur est remplie par un autre grillage plus serré, appuyé et arrêté, d'une part^ contre cette même extrémité, et, de l'autre, accoté et fixé à la muraille* Ce grillage livre un passage à la poussière du ibin, qui tombe alors en arrière même de l'auge.
Les autres râteliers sont inclinés par leur extrémité supérieure en avant. Cette même extrémité est soutenue par des tirans de fer qui partent horizontalement du mur et qui l'en maintiennent éloignée de quinze pouces environ, tandis que l'autre en est si rapprochée qu'elle j est scellée très solidement. La mangeoire dès lors n'en est pas séparée. Ceux-ci, qu'on ne doit élever et mettre en usage qu'autant que l'on est gêné par le défaut de terrain , n'of&ant aucune issue à la poussière et ôux autres ordures qui ne se rencontrent que trop souvent dans le fourrage, s'en déchargent sur la tête , sur le cou , ou sur la crinière de l'animal.
On pourrait encore placer des râteliers sans qu'ils fissent saillie dans les écuries. On pratiquerait vis à vis de chaque cheval, dans l'épaisseur du mur, un renfoncement en niche qui serait plus haut que le
râtelier, et qui descendrait derrière l'auge jusque sur le sol. Ce renibncement serait formé par le râtelier qu'on appliquerait contre ses montans y et supérieurement ouvert pour laisser passer le fourrage que l'on distribuerait et qui serait, comme dans les râteliers droits , soutenu par un grillage placé au ni* veau de la partie la plus élevée de la paroi postérieure de la mangeoire.. Ce grillage laisserait échap per les ordures et la poussière qui, dès lors, tomberaient sur le terrain en arrière du râtelier même. Les fuseaux des uns et des autres de ces râteliers doivent être distans seulement de trois ou quatre pouces. Si l'espace est plus grand, le cheval tire et . perd trop de foin; s'il est moindre , il n'en tire pas assez ou n'en tire que difficilement. Du reste, il est bon que ces fuseaux arrondis tournent et roulent dans les cavités qui les contiennent, pour qu'ils n'opposent point trop de résistance à la sortie du fourrage* Il est des écuries sans râteliers , d'autres qui ont des râteliers sans auge : celles-ci sont d'usage dans quelques .haras; on y retire les élèves pendant la nuit et à leur retour des pâturages , sans les y attacher. Les autres , qui sont destituées de râteliers , demandent une attention, une assiduité de la part des palefreniers , sur lesquels il esi rare de pouvoir compter. Us ne sauraient, en effet, étendre dans l'auge une assez grande quantité de fourrage à la fois , et il est absolument nécessaire de le renouveler souvent, sans parler de l'inconvénient de la perte qui s'en fait, soit à raison du dégoût dont sont saisis nombre de chevaux pour peu que leur souffie ait
échauffé leur nourriture j soit attendu Timpossibilité de le maintenir dès qu'on est privé du secours] qu'offrent les râteliers , et qu'on l'abandonne totale ment à la discrétion de l'animal y qui s'en remplit 1] bouche et qui en laisse tomber une grande partit Cette construction ne peut donc convenir que dai les écuries de ceux qui alimenteraient leurs ci vaux de fourrages hachés, seuls ou mêlés aveci grain j ainsi qu'on le pratique dans quelques pa]
Chaque place doit être séparée par des barre par des cloisons.
Les barres doivent être unies, arrondies et cées par les deux bouts. On les suspend à l'ai du milieu y scellé ou fixé dans l'auge , par uni leurs extrémités , au moyen d'une corde passée un des trous, et au moyen d'une autre corde au lier placé en arriére , vis à vis cet anneau , et qu'oi doit, avoir percé à cinq pouces environ au dessous ai l'espèce de tête ou de boule qui en décore le sommet , afin qu'il puisse recevoir la longe qui doit por ter la barre. Une des manières d'arrêter cette corde^ en arrière du trou de ce pilier est de la nouer, en y faisant une boucle coulante. Cette précaution est d'autant plus importante qu'il est alors aisé de dégager promptement et sur-le-champ un cheval embarré , puisque le palefrenier en tirant , avec un^ force même légère, l'extrémité de la longe dont grosseur doit être proportionnée au trou quii la reç( et le remplir presqu'en entier, défait tout à coup nœud et laisse couler la corde.
Il est encore essentiel d'observer que la barre soit
( ^5? ) suspendue à un^ hauteur qui réponde à six ou ^ept doigts environ au dessus des jarrets de ranimai y et par le bout qui regarde IVuge au dessus du) milieu de son avant-bras. Si elle eât moins élevée, le iéhd^al s'embarrera fréquemment, et si elle l'est: daifiantage, il pourra, malgré; retire : sorte de séparation, estropier les qbevauxrqui ravoisinétont et. en > être blessé lui-même.
Quelques personnes ne su^pendetnt lés.> barcé^ en arrière que par une corde arrêtée au plancber{OU*à la. voûte. En pareil cas, cette corde ou longe dasas^ pension doit être .coupée en deux portions , Tune fixée supërieurenieiit f^r ui). tirerfoiid^ son éjLtrémité inférieure étant 'terminée .en' une gansé ; Faotre^qui passe dansja barre et qiie Ton noue en dessous^ avant à son autre lext^émilé un boutt>n de bois en forme olivairé' allongent qu'on arrête doos la- ganse de la première, et qu'on en retire faciienielit au besoin « .I^e jeu des^ . barres' sjispéndues. ainsi esjttrè^ considérable. Elles ne gacadtisaent pas toujours aussi exactement que celles -qui sont si^i^pendues à. des pi^ liers les chevaux des cou ps^ de> pied, qu'ils pempenl se donner mutuellement,' elles les amortissent tout au' plus. D'ailleurs, il est t(>u)9ù]râ„trèia^ dàngerèiçc d'aborder des. anitna'ux vifs et. sujets f xi^ier» iquànd ^ils sont séparés de cett^ manière^» à.nM>kiS'^u'oB i|'ait l'attention de se saisir de^U barre i autremânt^ en vacillant^ elle frapperait et heurterait le cbeval, et pourrait le portçr à détacher une .ruade o^ (un «coup de pied à celui qui en, approcherait et. qui o^ ferait pas en g^^de* .'..... i
Dans les ëcurie$ d'une fouie de maquignons, les bornes ne sont élevées que du côté de l'â.uge y i'autre bôiit repose à terre et sur le sol. Il userait superflu de détoiUer ici les commodités qu'ils prétendent en retir.A^' il laut leur laisser le soin de se rappeler les suites &neste8 des embarrures , des coups de pieds, des- entorses, des fractures même que cette disposition a cccasionés.
. Quoiqu'il en soit, les piliers nous paraissent être de meilleur moyen d'assujettir les barres : ils doî- Tent être exactement ronds et polis. Les inégalités , le» ie^tes y sont nuisibles, en cè^que les crins s'y engageait et se rompent. O» lès place debout, àe «lifitaLDce en •di9lai]^ce ; ils limitent l'étendue de terrain accordée à ciiaque cheval. Élevés hors de terre de quatre pieds et demi à cinq pieds environ, ils j sont enfoncés de trois pidds de profondeur, 'et sont estliêmemeBt forttiés'eit stables. S'ils n'étaient pas plaintes assez en arrière, ils seraient trop à la portée de l'animal, qui poutraît en profiter, comme il arrive souvent, pour frottfer sa queue, et quelquefois a^issi pour appuyer ses pieds de derrière , sur la pince desquels il se reposerait continuellement pour peu q:a^l y «ùt de la^ disposition . '
On ne doit pas , au surplus, imiter ceux qui fixent aux deax côtés de chàqiie pilier un anneau de fer, à i'efi'et d'y attacher les rênes du filet ou du mastigadour, lorsqu'on tourtle le cheval de &içon que sa Groupe soit à l'auge. En premier lieu, ces anneaux psuv^t demeurer relevés et. non aplatis contre le^ piliers sans qu'on s'en aperçoive, et le cheval qui
( ^59 ) reptr^ra^t à sa place avec vivacité pourrait s'y pren^^ 4re et a'y engager par quelques parties de son liar* DaiS) ou se heurter et se blesser. Il faut convenir, d'une autre part, qu'ils sont dès lors multipliés sans jiëcessité ; car un seul anneau placé au devant du pilier^ à dieux pouces et demi environ au dessus du trou dont nous avons parlé, suffirait assurément pour contenir la longe droite et la longe gauche de deux chevaux qui seraient voisins, et l'on éviterait les risques des heurts, des ^contusions et du déëhire** ment de quelques .poxtiuns de l'équipage de l'ani-" mal. A l'égj^rd du crochet, que l'op peQ.t poser au dessus du lieu qu^ j'assigne à cet anneau, il peul être utile pour suspendre uq moment une bride ^ un bridon , etc. ; mais il n'est pas si nécessaire qu'on ne puisse s'en passer.
Au moyen de séparations pratiquées selon que J6 viens de l'expliquerai on peut ^e l^isf^ qu'un in ter-* v^Ue de quatre pieds pour la place de chaque che* val 9 et nous observerons ici qu'une distance de troi» pieds et demi^ laissée, pour l'ordinaire, entre chaque cheval dans la plupart des écuries de Paris^ ne sau-
f^ rait être suffisante. Les chevaux j sont gênés, surtout dans les cas où ils aie couchçnt ; et si l'on nous
^ objecte que le tei'irain çst précieux , nous répondrons que les chevaux ne le sont pas moins.
h Les places limitées par de véritables cloisons se-
^1 raient trop étroitement espacées^ si elles ne comprenaient pas au moins cinq pieds (i). Ces cloisons
(i) Pour juger de la largeur que doivent avoir ces espèces
}iff
( aôo )
sont cammimément en bois de chêne } les planchas en sont exactement assemblées et languettées; nul clou ne peut porter aucune atteinte au cheval; nulle fissure^ nulle aspérité n'endommagent ni ses crins ni ses poils. Une de leurs extrémités est insérée^ par coulisse | dans lé pilier ; l'autre est arrêtée à l'auge , et elle monte depuis le sol pavé et parqueté, jusqu'à la hauteur des piliers et des fuseaux du râtelier. On pourrait encore élever celle^i jus^ qu'à la hauteur de sa traverse supérieure; ce sacri-
de loges particulières appelées stalles, il sufEt de se représenter Panimal debout et couché. Je suppose un cheval de carrosse de la taille de ciziq pieds du garrot à terre , il faut ajouter un pied au moins pour avoir sa hauteur du sommet du toupet au sol , et il en résulte une hauteur totale de plus de six pieds. Lorsque Panimal est couché tout de son long , il doit occuper en largeur ou en superficie sur le terrain j à très peu près , le même espace qu^'t occupe en hauteur ; lorsquHl veut se relever, son premier mouvement est de porter la tête en arrière , et dVugm enter ainsi l'étendue qu'il occupe : il faut donc lui laisser la liberté de ses mouvemens sans se heurter contre la cloison.
Ainsi) la largeur des stalles devrait toujours être plus considérable que là hauteur totale des animaux qu'on veut y mettre y- non seulement pour qu'ils y soient couchés à l'aise, mais encore pour que l'on puisse , en cas de maladies ou d'âccidens , tourner librement autour d'eux ; et si on compare les stalles de nos écuries actuelles avec celles dont je viens de donner les proportions, on ne sera pas surpris des accidens trop multipliés auxquels les premières donnent souvent lieu, dont les plus fréquens sont des enchevêtrures, des efforts de boulets ^ de reins f des luxations de l'encolure ; etc. {É0)
( a^i ) fice' de la beauté du coup-d'odii serait d'autant moins blâmable , qu'il importe à la plus grande sûreté des cbevaux , qui, dès lors, ne sauraient s'entre-mordre, porter la tête hors de l'intervalle qui leur est assigné, se gratter, se frotter, etc. On pourrait d'ailleurs le compenser, si l'on observait de mettre toutes les croupes à la portée de la vue , en contournant supérieurement ces cloisons en une doucine terminée par la boule des piliers dans les-* quels elles seraient engagées.
Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il résulte de ces moyens de séparation une plus grande propreté dans chaque place, surtout si elles sont garnies de madriers} les chevaux s'y trouvent, pour ainsi dire, emboîtés de manière qu'ils sont à l'abri d'une multitude d'accidens, qui ne sont que trop fréquens lorsqu'on n'établit que des barres entre eux. On ne doit pas, au surplus, oublier, dans tous les cas, de garnir d'une semblable cloison les murs qui terminent les rangs. Elle garantit le cheval de toute humidité, il ne saurait alors entamer son poil, et ses crins ne peuvent recevoir aucune atteinte dans la circonstance où il entreprend de se frotter (i).
D^ns la distribution des jours qui doivent éclairer les écuries , il est indi^^pensable d'avoir égard aux yeux de ces animaux. En les eiQposant aux traits d'une lumière vive et continuelle, on soumet la prunelle à un' resserrement, à une constriction constante, et la viie se perd et s'afî'aiblit bientôt. Les - ■ -- - ■ — ■ — .. ■ ■ ■ ■ ...■■,
(O Voyez ci. 'devant la note de la page 25 1.
écuries simples ou à un seul rang présentent, & cet égard^ moins de difficultés que les autres. Il est aisé de pratiquer des fenêtres dans le mur qui &it face aux croupes, et l'on a , dé plus, la commodité d'y fixer des chevalets pour y placer des selles, d'j implanter dés crochets au dessous de ces mêmes chevalets, à l'effet de suspendre les brides, les bridons, etc., et déranger, en un mot , derrière les chevaux, tout ce qUi est d'usage pour leui^ service. On ne peut jouir dois mêmes avantages dans la construction des écuries à double rang, les croupes se trouvant vis à via les unes des autres. En premier lieu, les pale&eniérs ne sauraient avoir sous leurs mains tout ce qui, eu égard à ce même service, devrait êtk*e à leur portée, à moins qu'on ne ménage d'espace en espace, selon la longueur du vaisseau, une plus ou moins grande étendue de tetrain, pour y receler tous les équipages et tous les instrumens nécessaires; car il n'est pas possible d'approuver que l'on place directement l'équipage de chaque cheval au dessus de 9a tête, contre le mur et à côté de l'inscription qu'on y met quelquefois. Un semblable £|.rraDgement expose ce même équipage à la poussière du fourrage ; les sièges des selles sont toujours garnis d'une multitude de brius de fcins; les palefreniers, ne pouvant iitreindre à la haUteut des chevalets, sont obliges de monter sur la paroi intérieure de l'auge > et dé s'aider de la màiti^ aVec laquelle ils saisissent les fuseaux du' râtelier qu'ils ébranlent, soit qu'U faille prendre la selle ou la replacer, le service est très leiit, très peu sAr et très
( a63 ) diffîdlej il arrive urême frckijUQitimooIquedâs^clievaux en 6ont.e|Frayë^, aui:toi|t lorjkjijte d^i» palefreniers: maladrôitfi laissent tciml^er l'équipage $ur la tête QU sur le. corps de oes.aninlaui;) <)iû s'aioculent^ tirent sur leur Ucouy en» caSiSei^tles! <mil:s oU le» langes^ et s'ils ne sont pas toujours dani| im grand danger de s'e^tcapier^ du moins ces sortes d'acci*dens occasiunept<*ils souvent de vi^is désordres (i). En second lieu^ on ne peuti^ dans ces. saintes d'ëcu* ries 9 être tellement maitre d^s joursy que les yeux des chenaux n'en soient incommodés y suiftout si le vaisseau est médiocrement élevé.
Quant à celles qui sont è double ra^g » les têtes placées vis à vis les unes des autres^ au moyen d'une séparation quelconque élevée dans le milieu même du vaisseau, à une hauteur convenable , il est certain qu'elles ne difFèifent point des éouriea simples^ puisqu'une seule de celles-là en compose ^ eu quelque façon, deux de celles-ci «Oh en voit une , à Naples, qui prouve que quelque décorées, queU qu'embellies qu'elles soient^ elles n'o£&*ent )|imaia un spectacle £^ussi satisfaisant que celui que pf ésen« tent les premières écuries à double raii^g dont nous venons de parier (a).
Nous n'avons point encore fait mention de ces
com|nuni<^^^i<>i^^i d^^^^ une sage économie avait: sug-*
(i) C'est ce qu'on appelle communément iirer en nsnard. (Ê.)
(2) 11 y en a\*âit une de ces dernières au tiuxetilboarg , à Paris, à P usage' du Directoire, qui produisait uH fisses bel effet , quoique tiès simple et de peUte ditoen^on^ (^.)
géré l'idée, et quel'on a appelées dti ûom &ahat-^ /&£n; on 'ir'en pi^tiqtte plud dans .des constructions bien ordonnéea, -et où n'en trouve aujourd'hui que dans les écuriçs deshôtelleries- et de quelques par-^ fîculiërs habitant dés' pays où Tusage n'est pas de bottelcrle foin. Dans ceux où cet usage est îen vi-^ gueur, *ôn se contente de jeter le fourrage , ainsi lié , du fenil hors dé rédîfîce, pour le transporter ensuite dans FécUrié, et pour le distribuer à chaque tMem vah Jl'serkit.à souhaiter que l'on put servir chacun d'eux dé ^extérieur et non de l'intérieur. On J' est parvenu dans nombre de lieux ^ en faisant tomber le foin du fenil dans le râtelier même; mais ce n'est point encore àsse^', puisque, par cette voie j la poussière desf greniers, se mêlant avec celle du fourrage, peut 'susciter dans les chevaux une toux plus ou moins fpi^te', et que, d'ailleurs, leur cprpset leurs crins ! en sont continuellement chargés et sçilis. Rien ne contiendrait mieux que des ouvertures pratiquées au dehors, vis à vis chaque place. On les fermerait avec ^ni volet aussitôt que le foin y aurait été in* troduitp Lai propreté serait maintenue, et l'on parerait au désagrément qui résulte, pour des personnes que la curiosité peut attirer dans dés écuries vastes et renommées, et pour les écuries de cavalerie , de la. rencontre de nombre de palefreniers occupés du soin dê~di§tribuér chaque portion, e\ qui marchent, cheminent chargés, et reviennent sans cesse dfns le lîeu ^Ur'P^^^gç irién^g^ derrière les chevaux. - iBa^g^drà ]a.di^tri|)ution du ^on et de l'avoine, Jl convient' qu'elle soit toujours faite dans l'écurie
même. Si le grain » qui de tous les alimèns est celui que les chevaux préfèrent, leur ëtait, ainsi que le fourrage, donné de dehors, il y aurait à craindre que ces animaux, que l'homme n'apprivoise et ne rend familiers qu'autant qu'il leur fait sentir le besoin qu'ils ont de lui , et qu'il les habitue à recevoir la nourriture de sa main , ne devinssent en quelque façon féroces et sauvages dès qu'elle leur serait ad-» ministrée d'une manière qu'il n'en serait point aperçu.
Du reste, quand ces sortes d'édifices sont destinés à recevoir un nombre considérable de chevaux distingués, tels que ceux qui forment les équipages des princes et des seigneurs , il convient de pratiquer en même temps des logemens convenables aux écujers , aux commandans de l'écurie , aux vétéri* naires, aux maréchaux, aux maîtres-palefreniers, aux personnes chargées de délivrer le fourrage, aux maîtres des garde-meubles, aux cochers, aux postillons et aux palefreniers , et d'en combiner les dispositions sur l'utilité et la commodité du service. On ne peut se dispenser aussi d'y établir des gardemeubles^ des selleries, dans lesquelles il importe de se ménager les moyens de garantir, par le moyen du feu , les selles et les harnais de l'humidité, qui leur nuit. On pourrait encore, si des vestibules formaient les différentes entrées des écuries , faire sceller des chevalets dans les murs , et les ranger en échiquiers pour y placer les selles dont on ferait le plus (l'usage , et poser au dessus de ces chevalets des médaillons, dans lesquels seraient répétés le3
noms des chevaux auxquels ces mêmes selles seraient appropriées^ et qui seraient inscrits daxis les écuries vis à vis chaque cheval ^ supérieurement à chaque niche et à chaque râtelier.
Il faudrait , de plus , disposer dans des cours^ attenantes des auges en pierre ^ dont les unes seraient très près des portes par lesquelles on communiquerait des garde -meubles et des selleries dans ces cours ; tandis que les autres seraient sous des han«gars y destinés à panser les chevaux , à les desseller, à leur abattre la sueur^ etc. : dès lors les palefreniers et les maîtres du garde-meubles jouiraient facilement du lieu et de l'eau nécessaire pour laver, d'une part^ les crins et les extrémités de l'animal ^ en observant de dégorger souvent ces auges dès que l'eau en aurait été salie y et pour nettoyer^ de l'autre, tous les harnais et tous les équipages ^ les selles ne devant, au surplus, être rangées sur les chevalets en échiquiers qu'après qu'on en aura fait sécher les panneaux mouillés et abreuvés, pour l'ordinaire, de la sueur des chevaux.
Des remises, des retraites pour le fumier ne seraient pas moins nécessaires (i) , ainsi que des in-
iiii> ^ » ij 1 1 1— i*— î^^
(i) Dans beaucoup d^éciiries des villes, l^économie an terrain, ou des convenances locales, forcent à. laisser le fumier dans Pécurîe même et derrière les ehevAux : les inconvéniens qui en résultent sont trop multipliés pour qu^il soit nécessaire de les indiquer ici. Les propriétaires qui veulent conserver leurs chevaux ne doivent pas hésiter, dans ces cas , à faire enlever le fumier au moins tous les jours trè5 exactement. (£.) , •
fîrmeries 9 distribuées de mflinîère que leé cheraux malades pussent être totalement séparés des autres, dans le cas où ils seraient afiêctés de maladies con«* tdrgieuses. D'un cûté deé infirmeries serait une pharmacie garnie de fourneaux , de tous les ustensiles , des médicamens nécessaires; de l'autre, seraient une ou deux forges et des travails de toute espèce , couverts , et à l'abri des injures du temps : par le mojen de ces différentes constructions on réunirait tout ce qui peut faciliter le traitement de l'animal sain et malade, et même tout ce qui pourrait mettre à portée de le ti^availler et de l'exercer, si l'on y ajoutait un manège qui, dans l'autre face de l'édi-* fice , répondrait à ces cours supposées^
On doit penser, d'ailleuts, que le terrain Seul doit décider des plans à &ire en pareil cas; mais ces notions générales seront peut-être dé quelque utilité aux architectes; et d'après les détails dans lesquels nous sommes entrés , les simples particuliers pourront profiter de celles de nos idées dont l'exé* cution leur sera possible , si néanmoins ils les trou-^ vent assez justes pour les adopter (i).
Nous observerons encore qu'il est essentiel de ne jamais abandonner les chevaux à eux-mêmes ; que, dans des écuries bien peuplées, il convient qu'il y ait toujours, au moins, un ou deux palefreniers de
(i) Les uns et les autres pourront encore consulter un ouvrage itititulé' Traité des bâtimeits propres à loger les anU maux qui so$it nécessaites à l^économie rurale* Leipsigx 1802^ ip-fol.) ayec 5o ^planches. (£*.)
garde; et qu'il serait à souhaiter que celles de personnes privées fussent , ddns la capitale y construites de manière à permettre aux cochers de ne pas se séparer de .leurs chevaux pendant la nuit pour habiter le faite des maisons; ce qui les met hors de portée de les secourir, de parer aux inconvéniens qui résultent de ceux quis'embarrent^ qui se délicotent, qui se mordent 9 qui se battent, etc.
Propreté des Écuries.
Des balais , des fourches , des pelles, des civières ou. des brouettes sont d'une absolue nécessité pour nettoyer sans cesse ces lieux du fumier et de toutes les ordures dont Tensemble et le séjour seraient incontestablement nuisibles à ces animaux.
L'air, ce fluide invisible, dont nous avons déjà parlé , ce mobile perpétuel qui agite , divise et mêle tout, cette espèce de chaos, dans lequel nagent une infinité de parcelles émanées de toutes sortes de corps , et dont le concours , la combinaison et le mélange donnent différens produits, s'épaissit et se corrompt bientôt s'il est renfermé, à plus forte raison s'il peut, dans un lieu limité, se charger des exhalaisons excrémenteuses qui sortent et qui s'échappent constamment du corps des chevaux , et à bien plus forte raison encore s'il participe nécessairement de parties plus. impures et plus fétides* C'est alors qu'il contient particulièrement des semences vraiment morbifiques, cachées et capables de causer à la machine des troubles plus ou moins considérables. Il l'embrasse, il l'entoure, il la comprime; il
(^69) est |>oussc , aidé de son propre poids et de son res-^ sort, principalement dans la trachée-artère, dans les poumons , dans l'œsophage , l'estomac et les intestins ; il pénètre enfin avec le chyle dans le sang^ et se distribue dans toutes les liqueurs fournies par ce dernier fluide : or, sa corruption, conséquemment aux diverses parties hétérogènes qu'il peut charrier, doit inévitablement produire de sinistres efFetsj de là l'importance y d'une part , de le renouveler atten-* tivement pour le purger, pour l'épurer, en procurant la dispersion et la dissipation de ces mêmes par-* tics, et, de l'autre, d'approprier avec le plus grand soin l'habitation de tous les animaux quelconques.- Des palefreniers toujours occupés de conduire au dehors et au loin le crottin et les moindres immondices à mesure qu'ils en aperçoivent , ainsi que de doaner.de temps en temps une entrée libre à l'air, travaillent donc avec &uit à la conservation de l'animal', et préviennent une foule d'atteintes auxquelles la p£^resse ^et la malpropreté ne l'exposent que trop souvent. Que l'on juge à présent du mérite et de la Ibrce des raisons des oodhiers qui ont le talent de per** suader a des maîtres très peu instruits que des chevaux continuellemenit sur la litière sont infiniment plus sainement que sur un pavé ou sur des madriers nets et bien balajés.. Que l'on admire la prévoyance des hâbitans des campagnes, qui, pour s'assurer de bons, amendemens et d'excellens engrais, laissent pourrir, des six mois entiers et quelquefois des années, le fumier dans leurs écui;ies , comme si la fécondité de la terre devait être indispensable-
( 27® ) ment payée par le sacrifice dés animaux sans lesquels ULous ne saurions la fertiliseri et comme s^il était perpiis au cultivateur d'ignorer que le meilleur moyen.de se procurer les amendemens qu'il désire consiste à déposer les litières dans la terre , creusée à cet effet à une certaine profondeur, et aussi à une distance raisonnable des écuries y pour qu'elles ne denaeurent point exposées à des vapeurs et à des émanations dangereuses , et que Tunique attention à avoir est de faire de temps en temps remuer et retourner ce fumier (i) .
Serait-ce y au surplus, à quelque vieille tradition que nous devons une foule d'autres préjugés qui doraàoent epcore aujourd'liui nombre de personnes? Telle est , par exemple , l'erreur de ceux qui croient que des .araignées multipliées sur les voûtes ou sur les. plafonds des écuries, ainsi que des moutons et des boucs assainissent ces lieux par leur séjour. Pour nous, nous avouerons que naos ne voyons ici qu'une pQDasion, i®* d!empoisônner des cbevaux en les mettant aux risques de manger avec les. fourrages qu'on leur donne des insectes souvent venimeux; ^^. de procurer à dee moutons , par une très bonne nourriture, une cbair excelidote; y. enfin, d'in* li&cler les écuries d'une odeur peut-être aussi insup* portable à l'animal qu'à l'homme (2),
(1) Voyez, dans le Nbui^eau Courf complet d'Agriculture théorique et pratique ^, Parisl , 1721-1723, in-8 , tome VU , rfirticle Fumier, ]^eige 182 et suivantes. (É.)
(a) Voy^z, dans ie Dictionnaire de Médecine de tEncy"
Nécessité du pansement de la main •
De toutes les excrétions ^ la plus intéressante est celle qui s'opère dans toute la suriace du corps , au moyen d'une infinité de pores dont la peau du cheval est criblée. Ces pores senties orifices des artérioles séreuses qui se terminent au niveau du derme^ et cette excrétion est appelée du nom de transpiration insensible. II n'en est aucune que celle-ci ne surpasse , et telle est la quantité des exhalaisons qui la forment 9 que les évacuations qui ont lieu par cette voie ont été regardées dans l'homme comme supérieures à toutes celles des autres^ excrétions prises ensemble. Il serait assez difficile de suivre dans l'animal les expériences qui ont été faites et répétées à cet égard sur le corps humain , ainsi que les différences que pourraient donner des résultats et des calculs 9 comparés à ceux auxquels se sont livrés Sanctorius, Dodart, Jacques Keill^ Robin" son, de Rye, Linings, Jean Hartmann, etc*^ qui ^ la plupart 9 ont soumis leur propre individu à diverses épreuves j mais il n'en est pas moins certain qu'une évapora tion qui se fait sans cesse par presque tous les points d'une superficie aussi étendue que l'est le tégument ne peut être que très considérable proportionnellement à toutes leç autres évacuations quelconques. Celle-ci maintient la peau dans une souplesse nécessaire; elle unit le poil et le vivifie ^
clopédie méthodique, déjà cité) les articles Air, Araignée, et tous les autres articles relatifs à Phygiène vétérinaire. (£.)
( a72 ) pour ainsi dire ; elle dégage les humeurs vitales d'une infinité de superfluités nuisibles, elle les entretient dans un mélange, une proportion et une température qui constituent la sauté j et nous dirions Tolontiers de l'animal ce que Primerose disait en parlant de l'homme , dans son ouvrage sur les erreurs populaires , qu'il est presque impossible qu'un corps qui transpire bien soit atteint de maladies graves et dangereuses. Nous ajouterons, avec non moins de vérité , que la plupart de celles que nous avons à combattre naissent de la concentration des parties excrémenteuses , auxquelles les couloirs de la peau auraient offert un passage et une issue, si cette excrétion, due à la contraction du cœur et des artères, ainsi qu'à la force expansive de la chaleur interne, n'avait été interceptée ou diminuée. Plus les solides chassent et déterminent les fluides à la circonférence, plus il est de ces parties qui sortent et qui sont expulsées sous la forme d'une humidité vaporeuse , dont la plus grande partie prend corps dès qu'elle est parvenue à l'habitude de la machiné , et d'où résulte la crasse ou la poussière blanchâtre ou grisâtre qui couvre la superficie du tégument. Si cette crasse y séjourne, elle obstrue, elle bouche tous les orifices de ce vaste émonctbire j elle prive de toute issue les liqueurs impures qu'il était essentiel de laisser échapper, et ces mêmes liqueurs, obligées, .les unes de refluer dans le centre, les autres de s'iarrêtet à la circonférence , ont , en quelque sorte, l'effet mortel des poisoas. L'exactitude à panser les chevaux de la main n'est donc pas un
(a73 ) soin indlfifërent, et ne se borne pas à procurer aux; jeux la simple satisfaction de voir des chevaux propres, nets et luisans^ comiùe quelques uns le croient, elle importe véritablement à leur conservation et à leur existence.
Instrumens nécessaires au pansement de la main.
Les instrumens nécessaires à ce pansement sont^ Y étrille, Vépoussette, la brosse ronde et longue, le bouchon de paille ou de foin, V éponge, ie peigne, le cure^pieds, le couteau de chaleur, etc.; ils sont assez connus : nous ne croyons pas cependant devoir nous dispenser de parler idi de V étrille, attendu les diverses formes qu'elle reçoit dans les difFérens pays*
Celle que nombre d'éperonniers français appellent du nom d^ étrille à la lyonnaise semble y à tous égards 9 mériter la préfèrence. Nous en donnerons une exacte description après avoir détaillé les parties que Ton doit distinguer dans V étrille en général ^ et par comparaison à celle à laquelle je m'arrête, nous indiquerons les plus usitées entre celles qui sont connues.
Les parties de V étrille sont le coffre et ses deux rebords, le manche, sa soie empâtée et sa virole, les rangs, leurs dents et leurs empatem^ns, le couteau de chaleur, les deux marteaux, enfin les riçets, qui lient et unissent ces diverses pièces pour en composer un tout solide «
Le cof^e n'est autre chose qu'une espèce de gouttière résultant du relèvement à l'équerre des deux extrémités opposées d'un plan carré ou carré long.
( »74 ) Dans V étrille à la lyonnaise , U présente un carré long de tôle médiocrement ^païUsëi dont la lalrgeur est de six à sept pouces, tel la longueur de huit ou dil pouces. Cette longueur se trouve diminuée pac deux ourlets plats , que iait l'ouvrier en repliant deux fois sur elles-mêmes les deux petites extrémités de ce carré long, et ces ourlets, larges de deux lignes, et dont répais&eur doit se trouver sur le dos de Xépille et non en dedans , sont ca que l'on nopume les rebords du coffre. A Tégard des deux extrémités dé ce parallélogramme bien aplani, ellea forment les deux c&tés égaux et opposés de ce même coffre, lorsqu'elles oiA été tailléea en dentis et repliées à Téquerre sur le plat de V étrille y et ces côtés doivent avoir dix ou douze lignes de hauteur égalé dans toute leur longueur*
Le manche est de buis, d'un pouce six ou dix li* gnes de diamètre , et long de quatre ou cinq pouces environ. Il esito^urné cylindriquement , et strié dans toute sa circonférence par de petites cannelures, espacées très près les unes des autres, pour en rendre la tenue dans la main plus ferme et plus. aisée ^ et il est ravalé à l'extrémité, par laquelle sa soie doit j pénétrer de cinq ou six lignes de diamètre , à Teflet d'y recevoir une virole qui en a deux ou trois de largeur, et qui n'y est posée q^tepour le gàra^ntir contre l'effort de cette soie, qui tend toujours à le fendre. Il est, de plus, placé à angle droit suirle milieu d'une des grandes extrémités , dans un plan qui ferait, avec le dos du cofi're , un angle de vingt à vingt-cinq degrés. Il est fixé au moyen de la patte, qui se termine
en^nne- rsoie-eiasefà longue pour l'enfiler daiis le sen^ de sa longueur çt être rivé au delà. Cette patte, forgée avec sa soie selon Tangle ci-dessus^ et arrêtée sur le dos du cofFre pai* cinq rit^ets au moins, ne sert pas moins à le fortifier qu'à reninoancher ; aussi est" elle refendue suit le plat en deu± lames d'égale lar^^ geur^ c'est à dire de cinq ou six lignes chacune ^ qui s'étendent en demi S avec symétrie; l'une à droite et l'autre à gauche. Leur réunion, d'où naît la joie, et qui doit recevoir le principal ripet, doit être longue et forte, et leur épaisseur^ suffisante k de.u^ tiers de ligne environ partout ailleurs, doit augmenter insensiblement en approchant du manche^ Qt se trouter de trois lignes au moins sur quatre lignes de largeur à la naissance de la soie, qui [leut être beaucopp plus tnince, mais dont il est împor-* taj9t de river exactement l' extrémités -
Les deux parois verticales du coffre et quatre lames de fer également espacées et posées de champ sur son fond parallèlement aux deux parois com-« posent ce que nous avons nommé les rangs. Trois de .ces lames sont^ ainsi que celles qui Ibnt partie du cofh*e^ dentées supérieui*ement et ajustées de mapière que foutes leurs derUs toucheraient en même temps par leurs pointes un plan sur lequel on reposerait V étrille f Celle qui ne Fest point, et qui constitue le troisième rang à compter dès le manche, est proprement ce que nous disons être le couteau de chaleur. Son tranchant, bien dressé, no doit pas atteindre au plan sur lequel portent les dentsy mais il faut qu'il en appco«he. également dans
ifr.
(.76) toute sa longueur y et conséquemment un intervane égal à leur profondeur, d'une Ugne^ plus ou moins, $u£G.t à cet efiêt. Chacun de ces rangs est' fixé par deux riçets qui traversent le cofîre, et deux empatemens qui ont ëtë tirés de leurs angles inférieurs par le secours de ia forge. Ces empatemens sont ronds, ils ont six à «ept lignes de diamètre, et nous les comptons dans la longuear ' des lames qui, de l'un à l'autre bout, est la même que celle du coffre. Il est bon d'observer que ces quatre lames ainsi appliquées doivent être forgées de façon que, tandis que leurs empatemens sont bien assis, il y ait un espace de deux lignes environ entre leur bord inférieur et le fond du cofire , pour laisser un libre passage^àla crasse et à la poussière que le palefrenier tire du poil du cheval, et dont il cherche à dégager et à nettoyer son étrille en frappant sur le pavé ou contre quelqu'autre corps dur.
C'est pour garantir ses refbords et ses carnes des impressions de ces coups, que l'on place à ses deux petits c&tés, entre les deux rangs les plus distans du manche, un -morceau de fer tiré sur carré de quatre ou cinq lignes, long de trois ou quatre pouces, refendu, selon sa longueur,, jusqu'à cinq lignes près d'une de ses extrémités, en deux lames d'une égale épaisseur, et assé^ séparées pour recevoir et pour admettre celle du cofire à son rebord. Ces morceaux de fer forment les marteaux, La lame supérieure en est coupée et raccourcie, pour qu'eHe ne recouvre que ce même rebord, et l'autre est couchéç entre les deux rangs, et fermement unie au coffre par
âeuXf où. trois rwets. Les angles de œà marteaux sont abattus et arrondis comme toutes les carnes de l*instrument, sains .exception, et afin de parer à tout ce qui pourrait blesser l'animal en l'ëtnllant. Par cette même raison , les dents , qui représentent le sommet d'un triangle isocèle assez alôngé, ne sont pas aiguës jusqu'au point de piquer; nulle d'entre elles ne s'ëlève au dessus des aùti:e&. Leur longueur doit être proportionnée à la sensibilité de l'animal au* quel V étrille est destinée; eUés doivent^ en passant au travers du poil, atteindre la peau , mais non la déchirer. La lime à tiers-point, dont on se sert pour l^s foimer,. doit aussi être tenue par l'ouvrier très couchée sur le plat de la lame, afin que leurs côtés et leur fond,^ dans l'intervalle qui les sépare, présentent un tra^ichant tel que celui du couteau de cliale^, c'est à dire un tranchant fin et droit sans être affilé oaen^tat de couper, et elles seront es-pacées de pointe à pointe d'une ligne tout au plus.
Toute paille,.. barbe, &usse ou mauvaise rivure, faux joint ou dent fendue capable d'accrocher les crins du cheval ou le poil, sont des défectuosités nuisibles, et qui tendent à donner atteinte au plus bel ornement de cet animal.
Entre les espèces à! étrilles les plus usitées, il en est dans lesquelles on compte sept rangs, le couteau de chaleur en occupant le milieu. Les rebords en sont ronds, le dos du coffre voûté, et \es rangs ëlev^és sur leurs empatemens jusqu'à laisser six ou sept lignes d'espace entre eux et le fond du coffre. Leurs marteaux n'ont pas deux lignes de grosseur
H 4e saillie, et ils sont placés èntire le deivxièiilé et le troisième rang; la patte du manche eM eafiii té* fendue eii troi^ lames, dont les deux latérales ne peuvent être considérées que comme une sorte d'èùjoliveueat..
. U eslév^ident i^. que le septième rang n'est bon qu'à augmenter kuutilement le pcicLs et le volume 4e cet instrument; 3°. Tespace entre le fond et les rangis est non seulement excessif, poisqne , quand ilser^iit d'une seule ligne ^ il suffîrait pour empé-* cher l'adhésion de la «crasse et pour en faciliter l'expulsion f mais il est encore réellement préjudiciable, parce que les rangs peuvent être d'autant plus fa'« çilement couchés et détruits, que l^s tiges de leurs empatem.ens sont plus longues; 3^* les marteaux, étant aussi minces et aussi courts , ne méritent pas même ce nom; 4^. situés entre le second ef le tiimième rang , ils ne sauraient, par leur position et par leur saillie, garantir les rebords et les carnes j 6^« ces re* bords ronds n'<>nt nul avantage sur Us rebords plats, 4^ t n'exigent que plus de temps de la partdel'ouviler; 6^. enfin, la patte, ne conù^buant pas à fortifier le ipoffre^ ne remplit qu'une partie de sa destination. Nous trouvons dans les éitrilles qui sont du plus fréquent usage à Paris une grande partie de ces délâuts. Il semble que les ouvriers qui construisent cet instrument, sovdisant anglais, et par cela seul^ sans doute, préféré, s'attachent uniquement à Illettré à profit des lame^de fer très minces, dont ils ne peuvent tirer des «mpatemens à peu près solides qu'aux dépens des parties dentées* Ces lames çcl
ces parties n'occupent qu'eniriron la moitié de la longueur du coffre ^ les empatpnneiis qui les atta* chent par les deux bouls ayant de chaque côbé un qu^rt de cette ioAgileur tptale : ainsi,, au moyen de la brièveté dés rangs, le palefitenier n embrasse à la Imt qt^'une trè$ petite partie de la sur&ce des poils, et il 'se-Toît obligé de multiplier les allées eties ve^^ nues', la longueur des rangs tirés du cofiire même ne suffisant pas pour détacher la a«sse -qu'il s'agit d'enlever. Il n'est ici qu'un naarteau tiré du rang du milieu, c'est à dire du couteau de cbaleury et par conséquent très mal situé ; il est tellement afiâmé qu'à peine peut'-il réaiîster à quelques* coups* D'aîlleui?s, ia construction totale est d'autant plus mau* vaise, qu'elle ne présente qu'aspérités et fdusses rivurèsi Quant au manche, il serait à souhaiter qu'il fût adapté 0.nx étrilles à la lyonnaise, la£>rme en est également ronde ^ mais| au lieu, de simples slries dans son milieu , il est renflé dans le lieu que le creux de la main saisit, et terminé par un bout &rt élargi , <Hi forme de champignon^ qui » remplis* sant l'espace qui est entre le pouce et l'index àm la main qui en est armée comme elle doit l'être,. empêche que V étrille, ne glisse, et demande à cette main moins d'efforts pour la tenir. Du reste, nous . désirerions encore que ce même manche £(lt relevé jusqu'au point d'éviter le frottement des doigts da palefrenier dans l'action d'étriller l'animal.
U est encore d'autres étrilles dans lesquelles les rangs ^sont seulement dentés jusqu'à la moitié de leur longueur; tandis que y dans l'autre moitié , ils
représentent un couteau de chaleur opposé dans dbacjue rang, et répondant à la moitié dentée de Tautre. Communément Fourrier forme les rangs droits scir leurs bords supérieur et inférieur; ces rangs £)rmés droits , il en taille en dénis la, moitié ; maîs^ soit par ignorance , soit par paresse ou par intérêt 9 il s'épargne le temps et la peine de ravaler le tranchant : dès lôrs l'appui du couteau sur le poil s'oppose à ce que les dents parviennent à la peau* Je conviens qu'un ouvrier plus intelligent ou. de meilleure foi peut y en ravalant les tranchans ^ ob* vier à cette défectuosité ; cette pratique y néanmoins ^ ne m'offre aucune raison dé préférence sur la méthode que je conseille , car elle sera toujours plus compliquée ;. et ^ d'ailleurs y l'expérience démontra journellement qu'un couteau de chaleur^ coupant toute la longueur de Y étrille ^ n'est pas moins efficace que les six moitiés qui entrent dans cette dernière construction.
Au surplus y à l'égard des ouvriers qui blanchis* . sent à la lime le dos du cofire y nous dirons que ce soin est assez déplacé relativement à un semblable instrument 9 et nous ajouterons encore qu'il petit apporter un obstacle à sa durée ^ l'impression de la forge dont ils dépouillent le fer en le limant étant un vernis- utile qui l'aurait long-temps défendu des atteintes de la rouille.
Pansement de la main.
Quoi qu'il en soit de toutes ces différentes observations^ la première attention du palefrenier. ou
du cocher^ en se levant où en entrant le matin dans ' l'écurie 9 doit être d'attacher à un des fuseaux du râtelier une des doubles longes du licou. C'est ce que plusieurs cochers ne. pratiquent jamais; aussi trouve-^ t-on très souvent, leurs chevaux couchés , étendus ^r le pavé, et mangeant leur litière; à l'égard des chevaux malades , cette précaution serait déplacée. Il doit ensuite y&în^ net, ou nettoyer les auges avec un bouchon de paille , et distribuer l'avoine ou le son, selon qu'il est ordonné. Quand on n'aurait rien à présenter à l'animal^ on ne fera pas moins net devant lui, l'odeur que contracte l'auge par le séjour des alimens en partie mâchés et laissés par le cheval étant capable de le jeter dans le dégoût ; aussi cette action doit-elle être répétée plusieurs fois dans le jour.
' Aussitôt après que l'animal a mangé ce qu'on lui a donné, on remue la litière avec une fourché de bois et non de fer, il serait très prudent d'interdire aux cochers celle-ci. Quand elle se trouve sous leur main , ils s'en servent préferablement à la première , aux risques de blesser très dangereusement l'animal. Ils relèveront promptement la litière sous l'auge , observant de séparer et de mettre à l'écart la partie de cette même litière qui se trouve mouil- * lée ou gâtée par la fiente et par l'urine , après quoi ils nettoieront à fond avec le balai de bouleau la place du cheval.
Quoiqu'on relève rarement la litière aux chevaux malades, il est bon d'en ôter ce qui est corrompu et mouillé, et de balayer en dessous^ sauf à faire
( aSa )
une litière en partie iraîclie, le tout pour rendre toujours la pli*C6 qu'ils occupeiit plus saine*
Avaut de .procéder au pansepient^ ii&iut nieitre le chetal au d&let ^ ou ^ ce qui vaut mieux eocovei «u mastigadoury. que l'on garnit de temps en tempi d'un nouet d!a8âa-f(ûetidà. Cette eapàoe.de tnastiôft*toire ou d'apophlegmatisapt pvëvieiU touteinappé*^ teoce; il rdveiille la sensi^ipade là fi^iiniy et procure souvent lina utile réTulaion (i).
L^^l^u'on peuffaire sortir l'animal de sa plaee et le fiirer en arrière^ en attachant les longea da £llet ou du mastigadour aux piliers qui la limitent^ on ne doit pas chercher a s'en dispenset; en pansfint des chevaux à leur place ^ la pou^ssière de I'^hh voie surl'autre*
Si la saison et le temps sont beaux ^ on les oon* duit hors de l'ëcurie^ on lès âttaohe, par ces mêmes longçs^ à des anneaux de fer' scellés. dajas le mur pour cet usage.
Toutes ces précautions prises^ le palefrenier, ar* nié de V étrille y qu'il tient dans sa main droite*, de manière que son petit doigt est tourné du côté da corps ou du cofïre de cet instrument , et que son pouce se troure étendu sur l'extrémité du matu^be, et près de la rivure dé la soie dont ce manche est enfilé, saisit la queue du cheval avec, là main gauche, il passe V étrille sur le milieu et sur le côté de
( j ) Voyez Ma Uère médicale raisonnée à l'usage des élèves des Ecoles vétérinaires ^ quatrième édition, Paris, i8o5, iu-8^, tome 1 , pages 170, 243 , tome II, pages 61, 44^«
la cvovLfe^ à rebrousse-poit, en lallant et r6Tetiant pendant : uft certain espace de temps,, avec vitesse et Avec légèreté 9 sur toutes 'les*. parties de ce même càtéj <}ja'il piaifcourt d^abord ainsi enreiiiontant jus«^ qu*à l'oreille .
On doit ménager ^oiite$ celles qui sont douces d'une tr<tp gMnde • ^iu»ibîlitë> ainsi que celles qui sont OtfCBpëeir par U ra^nodes crins. On ne porte par- cotisëquent jamais Veuille ni sur le tronçon de ht queue y ni itif leé pàfties tranchantes de l'enco* liire I ni «i;ir l^ë^ibe^^ ni %ùt le fourreau ; on la passe plu» légèrement éur tes jatfibes qu'ailleurs. Du vèfite^ à\ importe que* 1^ palefiiertier^ <lkns cette ac-^ ûÀvk'jVm^pxy^ wi bras av^ a1iàn<ie , le déploie 9t embrasse à dbia<|u^ <A>up une certaine étendue du corps.
' h effet qO' eet ibstrument étant de détacher la crasse résultante de Tévaporation dont nous avons parlé y plusieurs coups donnés suffisent pour en enlever une certaine quantité plus ou moins considérable* C'est auasi pour dégager les rangs ou le fond du cofire de V étrille de celle dont on les voit char^ gés, que le palefrenier doit frapper de Tun des marteaux de son instrument âe temps e^ temps sur Je pavé y contre le mur, ou contre les piliers; it doit même sbuffler fortement entre les rangs pour les nettoyer plus exactement.
Le cheval suffisamment étrillé sur le t^ôté droit y, on procëdel^a au pansement de la partie gauche. U $'agit alors da ohanger YétriUe de aiain , et de se saisir de la queue avec la droite, d'où Ton doit con^
dure qa'un bon palefrenier doit être ambidextre ^ c'est à dire qu'il doit avoir une même et une ëgale liberté dans les deufç bras. Il pratiquera^ sur cette £àce du corps de Tanimal ce qu'il .a pratiqué suv l'autre.
A V étrille succède VépousseUe. On nomme de ce nom une certaine étendue de serge e«i de gros drap destiné à ^ïlever les corpuscules que le premier ins^ trument peut avoir élevésvet laissés à la superficie des poils. On tient cette étoffe par un des bouts ou des coins; on en frappe légèrement tout le corps de ranimai. On s'en sert aussi pour frotter etnettojer la tête, les oreilles dedans et dehors , Tangey l'intervaUe qui sépare les avant- bras ^ celui qui sépare les cuisses y et toutes les parties enfin sur lesquelles V étrille n'a pas dû être passée.
L'^Cri4^;livi'e.à l'effet de la brousse ^ qu'elle précède dans le pansenient^ ce qu'elle a détaché d'or<^ dure et de crasse et ce qu'elle n'a pu en entraîner. On doit donc 9 après avoir épousseté le cheval, prendre la brosse ronde. On la chaussera dans sa main droite en glissant une portion de cette même main entre la partie supérieure de cet instrument jet le cuir qui y est cloué en forme d'anse y tandis que l'on tiendra V étrille de la main gauche.
On brossera d'abord avec soin la tête en tous sens y en observant de ne pas offenser les jeux et après avoir rejeté en arrière la têtière du mastigadour ou du filet. On brossera de suite tout le côté droit du corps, en passant à poil et à contre -poil , et en ne laissant aucune de ces parties que ce
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même poil ne soit uni et couché ainsi qu'il doit l'être •
Il faut brosser le plus près qu'il est possible de la racine des crins y et frotter la brosse sur les deuts des rangs de V étrille à chaque coup qu'on donne ^ le tout pour la nettoyer et pour en charger ce dernier instrument ; mais on doit avoir attention alors de se retourner pour ne pas renvoyer sur l'animal la crasse ou la poussière qu'on a ôtëe.
Celle qui s'attache à V étrille s'enlève, ainsi que je l'ai dit , au moyen du souffle et des coups plus ou moins répétés de l'un de ses marteaux contre un corps dur qudiconque*
Toutes les parties du corps soigneusement brossées , ainsi que les membres y soit du côté droit, soit du côté gauche y soit sur les faces antérieures , postérieures et latérales, et la brosse ne se chargeant plus de poussière ou de crasse , on passera et repassera sur tout le corps, sur les jambes , sur toutes les articulations, entre les ars, etc., un bouchon de paille ou de foin légèrement humecté , à l'effet d'unir exactement le poil. Uépoussette légèrement niouiUée servirait encore à cet usage ; une époussette de crin, qu'on laverait après s'en être servie et qu'on laisserait sécher, nettoierait encore plus parfaitement.
Il s'agit ensuite de laver les jambes • On met à côté de soi et à sa portée un seau plein d'eau dans cette intention , et l'on se munit de la brosse longue et de Véponge. S'il est question des jambes de devant , on appuie successivement Véponge mouillée
à diverses reprises contre les difFëreiites faces du genou. L'eau qui sort de cette éponge imbue et pressée coule le long des parties inférieures de la jambe : alors on frotte vivement le long de cette même jambe avec la brosse longue , en remontant et ea descendant, jusqu'à ce que l'eau paraisse claire* On lave ainsi le canon , le tendon, le boulet, le paturon, ie £inon. A l'égard de l'articulation du paturon, il est essentiel , surtout dans sa partie postérieure et à l'endroit où tombe le fanon, de la tenir extrêmement nette } la crasse j séjourne plus facilement qu'ailleurs , et c'est à l'obstruction des pores et à l'interception de la transpiration occasionéa par cette crasse que l'on doit le plus souvent attribuer les maladies cutanées qui se manifestent.
Les jambes de derrière doivent être lavées de même ^ en appuyant et en pressant Vépange cantre le jarret ; cette méthode est préférable à celle de laver les jambes avec V éponge seule , et l'on cançoit que la brosse longue doit nettoyer bien plus è^cactement*
Il faut encore peigner et laver l^s crins. On jette l'eau qui était dans le seau , on le rince et on y en remet de nouvelle, après quoi on nettoie avee 1'^ponge mouillée , et que l'on a eu grand soin de bien laver, lés yeux , les joues et une portion du chan* frein. On reprend de Feau avec cette vaème éponge, . on mouille fortement Je toupet, qI; surt^le-champ on le peigne avec un peigne de: corne et non de bois , ceux-ci étant plus sujets à se casser, à se fêler, et par conséquent à arracher les crins qui entrent et
qai s'arrêtent dans ies fentes ou dans les joints des casauifes.
Le toupet étant peigné , on doit j^asser à la crinière* Oa l'éponge d'abord à fond dans toute son étendue et dès la racine. On reprend de l'eau, et à meslire que l'oa mouille de nouveau les crins d'une main, en commençant depuis la nuque, onles démêle et on les peigne de l'autre, en descendant auprès du garrot» On les renverse ensuite, c'est à dire que ces^ AênneB crins sont jetés du côté opposé à celui sur lequel ils tombent ordinairement. On les bumecte encore dès leur origine , en passant V éponge sur la partie supérieure dé Tencolure et dans toute sa longueur* On frotte av^ force , et tandis qu'une main est occupée à les mouiller, l'autre est employée à peigner dahs le sens où ils ont été jetés. On les met ensuite dans le sens où' ils doivent être, et on les peigne et on les éponge de la même façon.
Ceux de la queue n'exigent pas moins de soins* Lorsqu'elle est aale on prend un seau par l'anse , on l'élète de manière à y faire baigner tous les crins-; on les frotte et on les froisse entre les deux mains depuis le bas jusqu'en haut, jusqu'à ce qu'on en ait enlevé toute la aaleté. On les prend ensuite en-nÀè seule et même poignée à un demi^pied près de leur extrémité, on les peigne et on les démêle toujours en remontant insensiblement jusqu'au troo^Qiè.
L'huile d'olives est excellente pour aider à les débrouiller, le savon noir pour les décrasser; selon le besoin on enduira ses mains de l'une ou de l'an-
tre de ces matières , et on frottera la qaeue aussitât après ^ ainsi qu'on l'a fait quand elle a été baignée dans le seau. Il Êiut encore mouiller V éponge, en exprimer l'eau sur le tronçon , eh peignant et en descendant jusqu'en bas , et sans oublier que chaque coup de peigne doit être précédé de l'action d'éponger.
Le pansement sera terminé en lavant les fesses et le £>ndement , et en étuvant les testicules et le fourreau. Cette dernière précaution est d'une importance extrême. Pour layer le fourreau y on trempe V éponge dans l'eau , on la presse fortement et on l'insinue autant qu'il est possible dans cette partie, garnie pour l'ordinaire d'une humeur sébacée très fétide y aussi épaisse et presque aussi noire que du cambouis , qui souvent est en si grande quantité que l'animal ne peut tirer le membre pour uriner.
Enfin y on passera exactement Vépousseite sur toutes les parties mouillées, et on la coulera sur tous les crins de l'encolure et de la queue, à l'efifet de les sécher autant qu'il sera possible. En hiver, on doit moins mouiller qu'en été ; mais il est impor-^ tant de faire attention à ce que des palefreniers ou des cochers paresseux ne mouillent tout le corps des chevaux , au lieu de les panser avec V étrille $ ce qui n'arrive que trop fréquemment , et ce qui , réduisant tpute la crasse en une espèce de croûte ad* hérente au tégument, obstrue totalement les pores et suspend ou intercepte toute transpiration cutanée.
L'animal doit être ensuite conduit à sa place. On
(aOp) Àte le filet ou le mastigadour ^ auquel on substitua le Ifcou, qui doit être à double sou8*gorg6 si le cheyal est enclin à se dëlicoUr^ et dans le cas où ce licou n^obvieràit point à cet inconvénient^ on ajouterait deux longes très déliées qu'on attache^ rait y d'une part ^ à la partie supérieure des n|on« tans de ce même licou, et qui, de l'autre, passe^ raient dans le sur&ix destiné à maintenir les cou* ▼ertures.
Les meilleures et les plus convenables sont celles de toile ) elles s'étendent sur le corps et l'encolure de l'animal au moyen d'une crinière qu^on y adapte. Les couvertures de laine hérissent et mangent le poil , et les demi'-couvertures n^entretiennent pas ^ comme les autres , une transpiration égale dans toute la superficie. L'animal étant couvert , on en curera les pieds et on les dégagera de tous les corps qui se seraient introduits entre l'ongle et le fer , ainsi que des ordures dont la cavité du pied pourrait être remplie. On mettra dans cette même cavité une suffisante quantité de terre glaise, à l'efFet de tenir l'ongle humide , et on graissera lé sabot autour de la couronne avec l'onguent de pied (i). A l'égard de ceux de derrière, l'arîdîré n'en est pas aussi à craindre , attendu l'urine et la fiente dans lesquelles ils séjournent.
Quelques cochers font brûler, au surplus, quel-