‹ Élémens de l'art vétérinaire. Traité de la conformation extérieure du cheval; de sa beauté et de ses défauts; des considérations auxquelles il importe de s'arrêter dans le choix qu'on doit en faire; des soins qu'il exige, de sa multiplication, ou des haras, etc. Á l'usage des élèves des écoles royales vétérinariesChapitre 7 sur 13 · I ■ I ■ M II II ■ ^ II · texte numérisé non relu

I ■ I ■ M II II ■ ^ II

(i-^ Voyez la manière de préparer cet onguent dans les formules officinales de la Matière médicale, déjà citée, tome II , page 487.

(jues. brins de paille ; ils en^ jettent la cendre dans l'iiuile et en oignent Textérieur de l'ongle : ce qui lui donne un luisant^ un éclat et une couleur satisfaisante. Ils devraient toujours être munis de ces cure'-piedS'^tnglais f qu'on porte facilement avec soi, et qui consistent en un crochet très recourbe y emmanché, par charnière à un anneau de fer, la charnière ayant sur le derrière un terme qui limite l'ouverture du crochet, jusqu'à ce que les deux parties les plus voisines de cette même charnière s'aboutissent en ligne droite , sou nœud étant , pour cet effet, rejeté totalement en dedans, et le crochet , lorsqu'il est fermé , embrassant avec justesse une portion de l'anneau , muni d'un bouton creusé pour recevoir la pointe de ce même crochet.

Lorsqu'un cheval est en sueur, on lui abat l'eau avec le couteau de chaleur. On tient ce couteau avec les deux mains , et de façon qu'on en appuie le tranchant sur les parties du corps de l'animai qu'on doit racler avec force. On commence par l'encolure , et on ramène toujours l'eau du côté du garrot. De là , on suit les épaules, les bras, les avant-bras , les jambes et l'eutre-deux de ces parties .On ne tient son instrument d'une main seule que lorsqu'il ne serait pas libre de l'employer autrement. On le passe ensuite depuis le dos et les reins jusque sous le ventre, où l'eau se rassemble , e£ le long du ventre et de la poitrine depuis le fourreau jusqu'au poitrail , pour l'abattre entièrement.

On en use de même relativement à la partie supérieure de la croupe, à se% parties latérales , aux

(^91) f hanches , aux fesses y aux cuisses , extérieurement et intérieurement, aux jambes, etc. ; après quoi, on bouchonne fortement le cheval , on le couvre avec soin , on le met au mastigadour^ et on Tattacbe de manière qu'il demeure la croupe tournée à la mangeoire , jusqu'à ce qu'après un certain espace de temps on entreprenne de le panser.

Pour faire la queue, on l'empoigne dès le tronçon et on coule, en l'empoignant toujours, la main jusqu'en bas et jusqu'à l'endroit où on se propose de couper les crins. Cette mén>e main doit descendre en suivant une ligne à plomb , et sans se porter ni à droite ni à gauche ; lorsqu'elle est parvenue au lieu convenable, on la serre exactement et on la retourne^ de sorte que l'extrémité des crins se présente au palefrenier, qui coupe toute cette même extrémité excédante. La hauteur de la queue est ordinaii*ement fixée à la hauteur du fanon.

A l'égard de la crinière , on ne la coupe, aux chevaux qui ont tous leurs crins que de la largQur d'un doigt, précisément à l'endroit où repose le dessus de la têtière du licou (i).

Les chevaux dans lesquels cette partie est trop chargée demandent qu'on leur eu arrache des crins> ce qui se Êiit en tortillant autour du doigt ou d'un

(i) J'ai déjà dit (page 87) qu'il est des cbevauxà courtequeue auxquels on coupe la crinière en brosse ou à la housarde. Le mérite de cette opération consiste surtout en ce que les crins soient coupés bien uniformément. On coupe également le toupet à ces sortes de chevaux. (JE*.)

morceau de bois rextrémité de ceux qu'on se propose d'arracher.

Les grands poils des lèvres doivent être coupés , et il en est de même de ceux qui croissent au men* ton f à la barbe , et qui sont parsemés aux environs des naseaux* On arrache ceux qui se montrent au dessous de la paupière inférieure ( page 85 )•

Pour faire les oreilles^ on met Tasimal dans une position dans laquelle sa tête est à portée de la main y. et Ton coppe à petits coups de ciseaux 9 le plus près qu'on peut y le poil qui borde ces parties^ tant en dehors qu^en dedans ; on tiendra parfaitement égale la bordure que Ton trace y et la largeur de cette bordure doit être de toutes parts de trois lignes en^ tiron. Quelques personnes se servent d'un rasoir au lieu de ciseaux ^ après avoir savonné l'oreille..

On fait le poil aux jambes trop garnies de poils avec des cisaille» ou pinces à poil. On l'arrache en l'étageant de manière qu'il ne paraisse! pas qù'os en ait^té (1). ^

Toutes les fois que des chevaux viennent de l'eau, on doit la leur avaler des quatre jambes avec les deux mains , et toutes les £oié qu'ils rentrent , on doit les nettoyer de la boue dont elles sont çhar^ gées, avec V éponge et la bmsse^ ou avec le balai ^ les maîtres ne sauraient trop recomm^ander cette

(i) Onpeut'voiry pour les dangers qu'en traiae cette Méthode et les maladies auxquelles elle peut donner lieu dans les pays froids et humides, et surtout pendant Phi ver dans les grandes villes, V£ssai sur les eaux aux jambes des chevaux , que j'ai déjà cité. (£'.)* - \

pratiqué à le t»r$ cochers , surtout dans la ca|>italey dooit ia boue est toujours épaisse y noire et très c^us* iîque» Nou9 xiç voyons pas aussi que l'on y fasse un gran^ usage des bains de rivièi^e i qui » cepen-« danty sont ^rtîs capables de fortifier les roembres^ et au^rquels les personnes dont le domicile, est voisin dç la Seine devraient souvent avoir recours pour leurs chevaux (i), '

« Quant h l'habitude où l'on est de faire passer les chevaux; à l'^au! après les avoir courus, et mis en nage | elle serait, certainenient très préjudiciable si OQ les y tenait long^temps^ et si on n'en prévenait les suites funestes , d'une part , en exigeant d'eux une allure très prQiçpte et très pressée dans leur jretqur à récurie, et de l'autre, en 4^ur abattant l'eau avec le couteau de chaleur, et en les bouchonnait ^temênt en£^uite; toute action précipitée hâtant Je mouvement du sang, et l'espèce de friction qui résulte du bouchonnement ne pouvant qu'ouvrir le^ pores resserrés par l'astrictioude l'eau , augmen* )er ia chaleur de la peau , et y rétablir l'évaporation nécessaire*

Enfin, tous les soirs on repassera dans l'anneau de la mange^oire la longe du licou qu'on a attachée

. (i) Autant Pusage modéré des bains est salutaire et aYantageux , autant l'usage répété est préjudiciable à la corne, quML dessèche et qu'il rend cassante. On a observé beaucoup de mauvais pieds , ""des pieds dérobés ^ et que les chevaux se déferraient fréquemment *dans lès garniisons de cavalerie^ où. Pon a;vait la facutté de mener les c^çvaiujt à la rivière deux Uàâ par jour pour les ftire boire ou.les bs^igaer* {JE*)

le matin aux fuseaux du râtelier, afin que les' chevaux puissent se coucher. On mettra une couche de paille fraîche sur l*anl:)ienne litière , et on ne fera jamais cette même litière trop en arrière ; elle n'y est que trop rejetée par le cheval; il ne faut pas qu'elle outre-passe la pince des pieds de derrière.

DES ALIMEKS.

Cette masse énorme dont les premiers linéamens, par des moyens supérieurs à tous les efforts de Tintelligence humjaine y sont dus à une simple goutte de liqueur lancée dans l'antre utérin lors de Taccouplement, n'est parvenue au point où, nous la voyons que conséquemment à des mixtes alimenieuxy qui en font, pour ainsi dire, toute la substance.

Une assimilation constante d'une infinité de sucs transformés en une liqueur douce , capable de réparer et de compenser les pertes sans cesse occasionées par des organes destructifs de la machine , et en même temps nécessaires à son existence , est , sans doute, une des plus par&ites actions de la nature. Elle a lieu dans tout ce qui a vie, dans Pomnivore, dans le carnassier, dans le granivore , dans l'herbivore, et même dans les végétaux; mais dans ceux-ci ce ne sont pas plusieurs sucs qui, comme dans les animaux, forment un fluide presque homogène, c'est un seul suc presque uniforme , d'où résulte une variété étonnante de plantes, les unes amères, les autres aromatiques, les autres douces, et qui^ selon les changemens qu'il éprouve lors de son exalta*

tîon> de son élaboration^ et à mesure de sa marche dans les difFérentes parties , fournit une quantité de sucs divers.

Nons ne scruterons point ici le nierveilleux de ces opérations» et nous ne hons étendrons pas sitr la prévoyance admirable avec laquelle lès instrumens de la digestion ont été combinés d'après la nourriture propre de chaque animal, nous nous proposons simplement de parier de celle qui convient au cheval.

La plus ordinaire et la plus universelle, en Fraiice, est le frin, la paille defrùment et V avoine*

Des Alimens solides.

Le foin est plus ou moins bon , isuivant le terrain qui le produit. La qualité de celui des bas prés est toujours très inférieure à celle du ftfin ctieilli dans les prés élevés. Celui qui est vase, qui est semé ou mêlé de joncs (junci) et de Idîches (carices} ne vaut rien. Celui qui est très fin , très délicat et très substantiel a un inconvénient, les chevaux qui y ont été accoutumés refusent tous autres /bins qui leur sont présentés , ils dépérissent insensiblement quand ils sont forcés de se nourrir de ceux*ci , et ne s.e rétablissent qu'après en avoir contracté une k>ngue habitude* C'est ce qui arriverait à l'homme qui passerait subitement des plus excellens mets à un ordinaire fi:ugal , et mên^e d'une vie dissolue à un excès d'abstinence et de sagesse. On ne doit jamais, au surplus , leur donner que le f)in de la première récolte , le regain ne convient qu'aux chevaux de vil prix , ou aux bêtçs de somme ; aux bœufs, aux vaches, etc.

( ^9^ ) Celui <|ui esl nouveau n'est bon qu'àut^at qu'il a éui reniêriné tjroû ou quatre itkoi» dans lea leuib (i)^ quand il n'a pas eu le temps de suer, il. Sji^Jicite 9 à raison de sa i'erDietitation dan3 Tçi^tamai^ ^ .<ç'eéit à dire dan3 un viscère pourvu luiwi^ii^fiiQ çle ^»m ktf mehtescibles i do très vioie;ntes mlEiladi^âi* Un /itin trop vieux n'a pluj9 de sul^st^nç^ pi d^^ @^ût;, il tombe comme en ppussièrç 9i»w Irt dejat de l'animal lorsque iç besoiû le plus pressant: le. soUicjijlie à êa niauger^.et il fait sur lui la i|aiêine.iin[)tie9^ioiik qu'un /6m poudreu3^^. qui ^It^èr^. ordiu^irem^t le. fianp, quelque précaution que quelques |ms aient de le secouer et de le mouiller; car l^agitation ne le rend pas plus net y et l'eau )ser£y poui: aiidai dire» à £xer la poussière ^ur chaque b)rii|i.Un/!&^zt. trûp;eourt se dessèche Uop . ^roin ptement ; il h'e^t' peint ,. en gfi^ nér^I» auj^i ^.litineoteux que celui qui ebtrlongV néanmoins il e^ est d'une très bonil^e nature et que le« chevaux dévorent.

Les qualités de cette espèce de fourrage dépenr dent, au sur pi lis j de celles des plantes qnilui sont i^dsociées : la pimprenella (.sanguisprjba:ûj^iciiuilis)y les pâquerettes {^beUis percimu y jçhrysantkeiruun se^ gçtum^ chrysanthcmum leùcantAemumyj l^s .chien* dents (^tritiçiim repens,, poiUcunà dadyioiiy fpêtilca fluitans^ ^^^0-' ^^^ prêles (^equisetum flu^iutile^

(1) Si Pon met dans les greniers du foin mouille, non seulement il pourrit et se change entfumîer| mais il est à craindre qu^il ne s'embrase plus ou moins sourdement ^ t\ qu« le ftfu ne consume le bâtiment qui le contient.

( ^97 ) equîsçtum artfemè ) ^ la omette ( sàturçia ) , le tus*

sit^gd (.iussilago ^f/hrU) 9 la B^AhiojJ^eÇscéf^biùsaar" i^ensis)^ là .petite chélidamè (^rànuncUlus ficaria) ^ U ttèfle despi'és {trifolium/pmtc^nsa) » le saiaibin {he^^ dîsaram onobryehis ) y lé9 o%chUÇorphis rfUisfùulu^ oi-'^ r:kii ntaria') y le carvi (carum carpi) , Ja jAàée noire {ceiiieairea jctcea) y la pëdiaulaice (/tf</^ifibm ^a«lustris^y la grassette. des pir^^é (pinguicula vulga^ rifi) ,'. «tD.y^ siont autaflst .cte> ptaoles biénfàinantes el: appétissantes (i)..Si le. ^m ainsi coàf) posé est fauché ilaps '^a' juste maturité, c est à dire avant ^'il ait ^séth4. 9W pied y et s'il est fané dans un temps sec et favorable,. illi)rmera^pour l'animal une nourriture très salutafire*

; ,y.n mélange. 4^s. espaces de pentaphjloïdes (les ârgQâtiœs, pqterUiUas), de linaire (^anthirinuni H" na^ia)'^ d'au^é^ ( iiiuld helenium) , d'euphraise (euphrasiifu çffieiiu^lis) y, de çardamiue ( catylamins pratehûs)y de da.\icixs (^daticus carotta) y de jacobée {seneciojaCobœa) y d'eupatoire («rzi^atorizcm. caiiiia-

'■ t ■ Il * I ■ M* ^ IM I II I —11—.^ Il I

(0 On iiQ peut se dissimuler ^ue^ dans les plantes îndl-' quéés comme devant former le meilleur fôin^ il s*en trouve qui doivent en être rejetëes , telles qiie la petite cHélîdoîno (ranuHcBÙés-yicària}^ 1«l- pêdictttaire ipediculaiis palustris^^ et la gxaasette des ptéi (pinguicuia ^uuJ^ans) vque d Vitres, commeia sarriette {salureia)y le tussilage {tussilago farfara)y es prêles (equîsetum)y la première surtout, ne peuvent jamftis contrilmer à feire-'un boâ fourrage. Bouiffelat kurà sana dbH%e ëté'induit en erreur dltn» cette «onenclature par la& nours vulgaires que reçoivent souvent différentes plantes: c^é^st ce qui m'a cléterminé à aiOtiter les noms linnéens à la suite des noms ordinaire»* (^.)

binum) , des i ysimachies ( ^xîiTiacAîa vulgaris, lysirnachia nummullaria) y de dent-de-iion (^leontodon^ taraxacum) y de pouliot (menta pulegium ) ^ de scordiura ( teucrium scordium), de primevère (primida t)fflcinalis) y de laîche (can^x), de juncago (£it^/ochin palustre^ (1)^ de scabieuse des bois («ca&ioAi succisa) j de mousse terrestre {^hypnunitriquetrum), de trèfle sauvage jaune {lotus cornicuhitus) y de jonc .fleuri (Jbutomus umbêUatMis) y etc.^ fait un frin d'une qualité très inférieure au premier*

Enfiû, tous les tilliymales, tels que l'amygdalin {euphorhia amygdaloides^y le réveil-matin ( euphorbia helioscopia) y le verruqueux ( euphorbia vemicosa)y la petite ésule {euphorbia cyparissias) y l'ésule (euphorbiapalustris)yVéf\XTg(i (euphorbia lathyris)y etc.; la gratiole {gratiolaofjîcinalis)y\a ptarmique(acAî/fea ptarmica^^y les persicaire^ (polygonum persicaria, polygonum hydropiper^y les différentes renoncules y telles que la douve {ranunculus lingua)y la flammèche {ranunculus flammula)y la graminette ( ranuncu/u^ gramineus^y la lierrée {ranunculus hederaceus)y> la grenouillette (ranunculus bulbosus)^ la scélérate (ranuncfilus sceleratus)y la renoncule acre {ranunculus (icris), etc. ^ çont autant de plantes qui , confondues avec les bonnes y détériorent totalement ce fourrage

> (1) Les laîches {canç€s)y les joncs {junci)y et Iqs roseaju^c (arundines) sont non seulenf ent.de mauvais fourrages , niais ils ont encore Pinconvénient de couper les lèyres, la. langue et la bouche des animaux lorsquje.la misère, oblige à les leur ùdre mangeri surtout surplacç. (JS,)

(^99) et le changent en une nourriture, sinon mortelle ^ du moins très nuisible et très malfaisante.

Il est facile ) d'ailleurs , de comprendre l'impossibilité dans laquelle nous serions de fixer d'une manière positive les substances yëgétales d'où peuvent résulter les dififérens degrés d'excellence des prairies 9 attendu que, d'une part, ces substances ne sont pas toujours exactement les mêmes dans les divers pays , qu'il en est de particulières qui y sont propres et plus communes, qu'elles j différent très souvent par leurs qualités, et que, d'un autre côté, ' ce n'est que d'après l'expérience la plus réflécKie que l'on peut décider de leurs effets; car toutes les décompositions, toutes les analyses par lesquelles oq tenterait d'en découvrir la nature , en-* fauteraient beaucoup de raisonnçmens sur les principes qu'elles contiennent et dans lesquels elles se résolvent, et ne nous instruiraient pas davantage de. leur action sur les solides et sur les fluides du coi^ps animal.

Quoi qu'il en soit , le fiin sur. lequel on doit arrêter le plus .ordinairement son choix e^t, en général, celui dont les parties fibreuses ou vasc^i-^ laires, à peine altérées dans le conduit alimentajre^ puisque la. fiente du cheval ne présente que des filainens combustibles., ne sont ni trop déliées, ni trop fortes j dont .la couleur n'offre point un vert noir ou btun, ou trop de blancheur, et dont l'odeur, enfin, n'a rien de fétide et que d'agréable , etc.

Uaçoine donne de 'la force et de la vigueur à

( 3oo ) .

ranimai. La meiliéare est celle qui est noliT (i) f pesante , luisante, bien nourrie y et non mélangée de mauvaises graines que certaines plan tes y déposent, telles que celles de colza {brassieacampeitris)^ de coquelicot (pap(wer rhens)f de psjllium {plantago psyl^ lium), decardamine (cardamiiie pratensis)^ àe i^ttce* pierre [aphones c^ivejisis), de sénevé Çdnapis cuvensis)f d'<>robarïcbe (^ormbaAche major) ^ de nielle (^mgeUa aFifeitsis)^ qui dégoûtent inévitablement l'ammal* Celle* qui n^cst paâ parvenue à son degré de maturité, est. aqueuse.^.flatueuse) peu nourrissante*

•On cloît encore faire attention qu'elle; n'ait pa* s^nfïert d^altération dans le cbamp, du djans le gre-* nier: dans le cbamp, si, après avoir été fauchée ou abattue, et y avoir été étendue pour lui donner le temps de javaler au moyen de la pluie on de la rosée, qui gonflent et affermisèent les grajns dans leur épi,'e]le a souffert une plui4[^ ti*op abondante et de longue durée, de façon qu'elle sbiten partie pourrie et en partie germée : dans le grenier, si, parla négligence qu'on a eue de la remuer, elle a fermenté et s'est échauflée ; car', dès lors v ies principes se dételoppent , elle contracte une odeur désagréa*^ bto, rance, fétide, et elle tombe dans utta^^spèce de putt^faction capable de doUner aux cheraux, ii'its la mangeaient , toutes les maladies qui «ont le jH^duit d'une noufrituté corrompue.

(i) Ij'^afoine blanche est une variété également cultÎYëe en grand , et qui est aussi bonne que la noire lorsqu'elle réunit les autres qualités exigées de cette dernière. (/^\)

( 3oi )

La paille de froment est itti excellent aliment lorsqu'elle est blanche, menue, fourrngeusc, c'est à dire associée à de certaines plantes, telles que la gesse ( lathynu satipus)f la fumeterre (fumaria o/^ ficinalis) y le pied-de*lion (^alehemUla vulgaris)^ la perce-feùille (^bupleuruni rotuntlif>lium) , le gra* teron (galium aparine)^ le mélilot (^trifoUunt me» lilotus of^cinalis ) , la bourse^à^pasleur ( thlaspi iur- Ml postons), le perce-pierre (aphanes luveTisis), ^c*^ et lorsqu'elle n'a point été couchée, les blés étant sur pied ; mais il ne faut pas en donner ()éftucoup quand elle est nouvelle j car elle provoque des tranchées. Oii doit certainement la préférer, quan4 on le peut, à celle qui est grossière et noire, celle-ct, étant plus dure ^ moins capable de réparer les- dé-* perditions animales, et assez souvent ayant une odeur qui répugne au cheval.

«Je ne sais pourquoi on ne suit pas plus générale* ment en Brance ( du moins dans les pays et les pm^ vinces où- la paille est fine et déliée ) l'exemple des Aliemaads qui ont soin de la hacher, et qui en £Mit la principale nourriture de leurs chevaux (i). Us la doiuient ainsi sans mélange* Aux heures de la dis^tribution de l'avoine, ils la mêlent avec ce grain , qui en devient moins, échauffîmt , et ils ont tou|ouics

mtmm^^-'m»^'mmm^mmmmmtmmma,mm^mtmit^im»mmmm^»»^^mm^»m^m»mmmmém^m

(i ) L'instrument «iont iU se servent à cet efFet est nommé hachoir, hache^païUe on coupe-paillê : on en trouvera des modèles de difFéreu« prix , tous plus ou moins économiques^ et à la portée des divers propriétaires , au Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, à ^ancienne Abbaye^ à Paris. (J?.)

la précaution de mouiller légèrement le tout , pour éviter que le cheval n'en écarte pas et n'en perde pas par son souffle la plus grande partie. Dans ime disette considérable de foin, nous éprouvâmes avec succès cette méthode. Nous faisions hacher une très légère quantité de ce fourrage Awec'leî pailley et nous ibrmàmes un mélange admirable pour le bon entretien de nos chevaux , qui nous montraient chaque jour beaucoup plus de vigueur, d'haleine et de légèreté (i).

L'unique but que l'on doive se proposer est de maintenir l'animal en chair, car il ne doit être ni trop gras ni trop maigre. La difficulté d'apprécier la quantité convenable de ces différens alimens naît de ce qu'elle ne peut être envisagée comme dangereuse et nuisible en elle-même et absolument. Elle n'est telle que relativement au suj^t qui s'en nourrit 9 c'est à dire relativement aux diverses forces motrices des corps, et des parties solides. Ce qui ex* cède dans quelques individus est modéré dans d'autres : or, ce n'est que par une exacte attention aux effets de la nourriture, même la plus appropriée, qu'on peut juger de la proportion qui en rend la quantité innocente, suffisante ou préjudiciable. Tel cheval mange beaucoup et se nourrit moins que celui qui mange peu, parce que, selon la force des

(i) Voyez ce qui a été dit sur l^usage de la paille hachée, clans le Dictionnaire de médecine de ^Encyclopédie méthodique , déjà cité, au mot Alimens, tome 1 ^ page 822; et dans la Feuille du Cultivateur, tome IV) pages 82 , 141 »

( 3o3 ) organes digestifs , il peut se former plus ou moins de chyle d'une plus ou moins grande quantité d'alimens, et que, quoiqu'ils renferment en eux-mêmes un suc louable, la nutrition en dépend moins que de leur parfaite dissolution dans le ventricule. Nous voyons maints chevaux voraces toujours maigres; ils mâchent peu : or, une des conditions de la bonne digestion est la mastication et un mélange abondant de la salive avec les alimens dont elle est le pre« mier et le vrai dissolvant ; l'activité de cette liqueur, lorsqu'ils en sont pénétrés, mettant l'estomac en état d'en achever et d'en consommer la division • Les premières voies , dans ces sortes de - chevaux , ainsi que dans ceux en qui ce viscère est débile, soit à raison de leur constitution naturelle , soit à raison de quelques dérangemens, soit à raison, enfin, d'un âge avancé, sont toujours farcies de crudités qui s'annoncent, ou par des borborygmes, ou par des gonflemens, ou par des déjections fréquentes ou fétides et semées de fourrages, et surtout de grains mal digérés, ou par des maladies plus ou moins sérieuses et plus ou moins funestes.

Outre ces considérations , il faut avoir égard à la taille de l'animal. Si l'on accorde chaque joiir à un cheval de carrosse de la taille de cinq pieds , et qui est assujetti à un exercice continu ni trop, ni trop peu violent, une botte de foin du poids de huit à douze livres , deux bottes de paille du poids de huit à dix livres , et trois quarts de^ boisseau , mesure de Paris, d'avoine, on doit en moins donner au bidet ou au cheval de selle; et si les uns et les autres

jouissent d'un long repos ^ ou sont tenus à une lati-^ gue plus forte ) dans le premier cas , on diminue la ration 9 et, dans le second, on l'augmente, enn'ou*^ bliant pas néanmoins que la surabondance desaU^ mens lés plus convenables est plus perilicieuse quç^ la mauvaise qualité, quand ceux-ci sont donnés mor dérément, et en propc^tionnant cette même ration, toujours d'après l'étude et l'observation du tèmpér rament, sur la somme du travail auquel oîi souinel les animaux, ou sur la somme des pertes à coia* penser.

Toute règle générale qu^on voudrait établir pour la fixation du poids et de la quantité de la nourri* ture des chevaux souBSrirait encore une infinité d'autres exception's. Non seulement, par exempte, le foin les amollit et les rend lourds et pai^saeux, mais il avale le ventre de ceux qui ont quelque dis^ position à ce défaut, il en altère le flanc, et si les poumons , qui sont le premier et le principal . instrument de la sanguification , ont quelque débilité naturelle , ou ont essuyé des dérangemens à raison d'une cause quelconque, la circulation pulmonaire deviendra toujours plus difficile à proportion que le cheval mangera plus ou moins de cet aliment; le» sucs abondans qu'il fournit ne seront jamais assez élaborés dans ce viscère : il agit , a la vérité y vivement sur eux pour lenr ^donner la qualité d'un fluide animal, mais aussi ils réagissent fortement sur lui; s'ils offrent plus de résistance qu'il n'a de force, ils le surchargent, et c'est ce que nous voyons dans les chev«iux en qui ce fourrage hâte les progrès de la

pousse 9 c'est à dire de rastUme^ et qui souvent éprouvent des crises qui tiennent de la suffocation ^ lorsque cette nourriture ^ ou même toute autre^ leur a été prodiguée. Comme elle est trèsf alimenteuse^ on en donne en plus ou moins grande abondance à ceux qui sont étroits de boyaux ^ et à peine en accorde-t*on quelques poignées à ceiix dont on suspecte le flanc 9 etc.

Quelque ordinaires que soient les bons e£Pets de Tavoine^ elle nuit à dés chevaux malades^ à des chevaux échauffés; la quantité en serait préjudiciable à des chevaux trop jeunes ^ à des chevaux ardens et colères y dont il est toujours dangereux d'agiter puissamment les liqu.eurs^ et qu'il £iut au contraire tempérer^ en mélangeant le grain qu'on leur donne avec du son de froment^ ou bien avec de l'orge gruée , s^il s'agit non seulement de calmer, mais de soutenir l'animal.

Personne n'ignore que le son, qui n'est autre chose que l'écorce du blé écrasé par la meule, est d'un usage très familier dans la médecine vétérinaire .et dans le régime qu'elle prescrit. Il forme un aliment très rafraîchissant et d'une très &cile diges* tion* Nous le présentons au cheval sain, ou malade, sec ou mouillé , selon les cas, et souvent, au lieu de le mêler avec l'avoine, dans l'intention de modérer la chaleur qu'elle pourrait provoquer, outre l'ordinaire en grain délivré soir et matin , nous en distribuons une mesure à midi , suivant les indications. Du reste , cette nourriture seule , avec le fourragé , ne sufi&rait point à l'entretien du cheval qui tra-

vaille 9 ceBi une sorte de diète à laquelle nous le soumettons quand la santé eu est altérée} mais il est important de s'assurer que cet aliment ne soit T)oint vieux et d'une odeur fétide, et dégoûtante; x^ar les chevaux le refuseraient ^ ainsi que F eau blanche^ si nous disions celle-ci avec du son pareil^ .oa si nous ne la renouvelions pas avant qu'elle £(it aigrie (i).

^, Quant à Voi^e engrain, celui qui est pur^ compacte^ pesant et plein est celui qu'on doit préférer. Il laut rejeter celui qui est ridé^ spongieux ^ léger et petit | n'en faire usage que long-temps après la moisson y et quelque temps après qu^il a été concassé ^ afin de donner à rtmmeur visqueuse qu'il contient le temps de s'atténuer ou de s'évaporer» Sa farine est en quelque sorte dénuée de la Êiculté de nourrir, et relâche au contraire l'animal. Les Espagnols en font, pour ainsi dire , le principal aliment de leurs chevaux t sans doute que cette plante a d'autres propriétés en

(i) Voyez la manière de la préparer dans les formules médicinales de la Matièfe médicale , déjà citée, tome II, page 436.

il paraît bien certain au joard'hui , par les résultats de l'analyse et des observations , que tous les bons effets qu'on attribuait au son appartiennent exclusivement à la farine dont il est toujours plus ou moins pourvu , et que , lorsqu'il en est privé , il n'a aucune qualité alimentaire. Il faut donc choisir le son pesant, blanc, qui blanchit les mains lor8qu\)a le manie , et promptement Peau dans laquelle on le jette , et rejeter celui qui n'a point ces qualités ^ qui est' léger et semblable à de la sciure de bois. {É.)

(3o7) Espagne (i)î en France, ses tuyaux ou au paîlfe ne sont livres qu'aux boôu& et aux radies. Une personne qui ne voulait admettre aucune distinction relative aux divers pays, en ce qui concerne les qua. htés des productions végétales, et s'obstinait à nout^ nrun beau cheval espagnol avec del'o/yj, sousleprë^

texte qu'il était habitué plutôt à ce grain qu'à l'avoine se trouva forcée d'y renoncer, après l'avoir vu atta*

que d'une fourbure des plus violentes, et teUe que l'occasionerait l'avoine elJe-mêoie à tout cheval qui en mangerait inconâdérément.

Le grain de froment produirait la même maladie* il échauffe, d'aiUeurs, beaucoup l'animal. L'usagé dans lequel quelques personnes sont d'en donner tous les mâtins une jointée avant de &ire boire les chevaux étroits de boyaux, ou de mélanger cette jointée avec k ration d'avoine destinée pour de vieux chevaux dont l'estomac est affaibli , ne doit pas néanmoins être condamné. Dans ce dernier «as un mélange d'une jointée de féverole {faba miiJr eçuina) n'est pas moins efficace.

Quant au ^i» de seigle, on l'emploie plutôt comme médicament que comme aliment , et la paille de cette espèce de blé est consommée pour la litière.

(0 L'oijj», comme tousie. autns grains, contient, dans les pays méridionaux, beaucoup moins d'eau et de muqueuz proprement dit , et beaucoup plus de sucre ou de muqueux sucré , qui est la vériuble matière nourricière dans les végétaux : au surplus, Vo/ge est une plante du midi , et l'avoine ne se cultive que dans le nord de l'Europe. (É.)

ao.

Il serait à désirer que Ton examinât avec plus d'aï-tentiôn et plus de lumièresi qu'on ne .l'a fait jusqu'à présent les véritables résultats d^une nourriture corn» posée des plantes dont on forme les prairies artificielles. Ces plantes ontle mérite d'une production plus abondante que celle des prés naturels; mais ce mérite ne peut avoir de réalité qu'autant que ces aliraens se-> ront aussi sains et aussi salutaires que ceux que nous faisons manger habituellement. Un arpent de terre commune produit annuellement sept mille cinq cents livres pesant de luzerne (^medicago satii^a^ : de là plusieurs personnes ont «conclu ^ sans autre réflexion, que rien n'est plus avantageux que la culture de cette plante viyace; îl nous semble qu'avant d'en semer de vastes champs, il aurait été plus prudent de tenter des essais pour s'assurer de ses efiets sur des animaux dont un grand nombre a été d'abord sacrifié, parce que l'on ignorait, du moins dans de certains pajs dénués de prairies , la nécessité de lea accoutumer insensiblement et par gradation à ce genre de nourriture. La dispensation en a été d'abord inconsidérée. La luzerne donnée en vert, seule^ sans mélange,^ sans discrétion, avant l'épanouissement des boutons à fleurs, couverte de rosée, ou mouillée par la pluie , et non flétrie par le soleil , a occasiopé de ces espèces de tranchées qui accompagnent ordinairement de fortes indigestions ; on a vu des chevaux et des boeufs enfler $ur-le*champ, leur ventre météorisé d'une manière extraordinaire , les uns périr faute de secours, et les autres par le défaut de connaissance du remède convenable. Le mélange

( 309 ) qu'on env a £iit en&aite avec l'herbe ordinaire ctfes^ prësy ou la paille de froment ^ ou le sainfoin ^ n'à^ pas eu des suites plus heuremesj les animaux se sont gorgési. de ce fourrage et les^ mêmes accidensv. se sont montrés. Ce n'a été ^'U'après avoir essayé^ d'en donner d!abord en. très petite quantité, qu'on est parvenu à Je &ire manger avec quelque succès. Qt sans danger ; l'estomac du cheval et ceux- des ani^ maux ruminans s'y sont habitués peu à peu et avec l^ temps f la ration de ce mélange a été portée ^^ enfin 9 par chaque vingt-quatre heures passées dans, les écuries ^les établas et les bergeries, jusqu'à vingt»* quatre livres pesant, pour de fortes jumens de trait . poulinières et pour des vaches de la haute taille; à dix-huit livres^ pour celles de la petite taille et pour des juihens de légère taille y et à deux à trois livres ,^ pour les bêtes à laine. Il a augmenté le lait de ces . différentes femelles exemptes de toute espèce, de travail, et il a même servi au rétablissement^ deplusieurs chevaux, boeufs et mulets qui tombaient dans un amaigrissement tot9.1 ; cependant ilne con»vient pas également à tous, et surtout à ceux en qui., les fibres ont naturellement trop de force et: d'élas*ticité, qui surabondent en. sucs louables, dont la constitution est. sanguine.^^ dont le caractère est vif^ et ardent, etc.

Il en est de même de^ cette plante présentée à cesanimaux sous la forme d'un fourrage sec, qui, employé aussitôt après la fenaison, produit des effets encore plus sinistres que le foin donné avant qu'il ^it sué. Onjfik mélange avec, une égale quantité; de^

C 3io }

paille, et on en proporriooike la ration à la force , a • la taille de Tanimal , aux travaux qu^on exige de lui, à la qualité de celte herbe plus ou moins substantielle selon la nature du terrain auquel elle est due y et plus ou moims fine et plus ou moins appétissante selon qu'elle a été semée plus ou moins serrée y quand les tujaux vasculaires en sont gros , ik sont très durs, nourrissent peu, et sont le plus sou- Tent rebutés et dédaignés par les bestiaux.

Trente livres (i) pesant de ce mélange ont suffi à la nourriture du plus fort cheval de tirage , Tavoine lui étant retranchée dans le repos, et une seule demi-iration de ce grain lui étant accordée lors du y travail. Vingt livres ont nourri amplement des chevaux de monture de la grande taille. Vingt-sept livres , dont douze livres de cette herbe mêlée avec quinze livres de paille , ont entretenu dans l'étable des bœufs de la grande taille , auxquels, dans le temps des labours, on a retranché la paille , qu'on a remplacée par vingt livres environ de foin. Les bœufe de médiocre taille, les jumens, les vaches qui allaitaient ont été tenus à un tiers moins de cette même iration 'y enfin , cent cinquante livres pesant de cette même plante et une égale quantité de paille ont entretenu cent bêtes à laine des plus fortes. Il est même nombre de personnes qui n'ont pas craint de £yre nianger ce fourrage pur à leurs bestiaux, à raison de trente livres pour chaque fort cheval , et de vingt-quatre livres pour chaque bœuf; mais l'ex-

(i) Nous parlons ici des plus fortes rations.

périence leur-ii appris , ainsi (|Q^à ceaxquiontTouIi» suppléer à là mesure ordînaire d'avoine par six oa huit livres de cette herbe hachée ^ qn^uh aliment pa-^ * réil eÉt to^foors très dangereux. La gale , lé fiutein y les ed^!x aux jambes^' la fburboref lagras^i^dure,. de vives franches aiccompagnëës èe ténesmes, la redondance du; sang, et tens les désordres que peut occasioner la pléthore en ont été les résultats. Cette plante ^ en un mot^ bien loin d'être rafraîchissante^^ «omme quelques uns Font imaginé , soulève toujours^ la masse ; et la certitude de cet etkt est téSe y que le laat des vaches y des Rumens et des chètres qui' s'en sont uniquement nourries y agite cruellement les personnes qui en prennent , et leur occasione^ des insomnies et mille inquiétudes^

Le sainfiin ou saint'^in^. foin sacré {hedisarUmoiwhryckis) y selon les anciens^ qui l'appelaient ainsi, peut-être y à raison de sa fertilité dans des terrains, secs et même stériles j et attendu la propriété qù'ît a d'amender et de nettojer des fonds dé peu de va<^ leur et semés de mauvaises herbes j peut-être plutôt encore à raison de l'utilité de cette plante pour ht nourriture des bestiaux, n'est pas d'un usage ab* solument aussi périlleux, il pourrait être néanmoinsfuneste , s'il leur était donné pur et sans un mélange de paille, encore ne doit-il être administré ainsi; qu'à des animaux qui travaillent. C^est un aliment très nourrissant et très échauffant, soit que les tiges en aient été Ëiuchées avant l'épanouissement des fleurs^ soit qu'elles l'aient été quand les fleurs existaient^ soit, enfin, qu^elles aient été coupées

enlxQ fle.urs et graine^* li procure un lait abondant aux femelles qui ont mis bas y ou qui nourrissent. La ration en doit ètre^ ep général ^ très petite et très médioçare ^ autrement il susciterait lea mêmes matlic que U luzerne donnée dans méi^agemept et sans asspciatibn aucune* La graine de cçtte plante excite ^ au surplus , les poules & une ponte fréquente.

On cultive encore en particulier différentes sortes Ae trèfles.

Le trèfle ou triolet des prés {^trifoUam pratense^y dont l'abeille recherche avidement la fleuri est très propre à rengrais des chevaux et antres bestiaux. On le &it consommer en vert dans les écuries ^ dans les établesy pu sur pied^ mais seulement lorsque les boutons à fleurs sont formés-; car^ avant d'avoir acqxiis ce degré de maturité , il ne composerait qn un aliment m'édiocre. S'il est mouillé par la rosée, ou pf^r l'eau de la pluie ^ ou parles brouillards, il fermente dans l'estomac des animaux, et donne lieu à* des indigestions et à des tranchées semblables k celles que l'on a à redouter de l'usage de la luzerne. Ces accidens se maniiëstent aussi^dès les premiers temps où l'animal est mis à cette nourriture; il en est si friand qu'il la dévore, et c'est sa voracité et la quan* tité qu'il en mange qui produisent les douleurs dont il est atteint; aussi ne duit-on lui en laisser prendre d'abord que très modérément (i).

(i) Voyez , pour le traitement des indigestions et des météorisations , par Chabértjf les Instrtietions et Observations sur les maladies des animaux domestiques, déjà citées, tome III, seconde partie. (£.)

Cette herbe n'eçt pas moins galactaphore que celles dont nous venbos de parler; mais plusieurs personnes ont remarqué qu'elle est souvent nuisible à la truie qui porte y qu'elle en détruit les fruits , soit par aTortement y soit en les disant périr dansle yentre mâme de la mère; tandis qu'après le part ^ non seulement elle cesse d'être contraire à celle-ci ^ mais elle est très. salutaire aux nouveaux nés, par la qualité et la quantité du lait qu'elle fournit à la femelle qui les allaite»

On ne doit point l'amonceler pour la donner en vert. Il en est comme de l'orge y elle est très sujette à s^écbaufier, aussi ne la range^'t-on et ne la distribue-t-on qu'en très petits paquets* Cest^au surplus, le tremène des Normands ^ qui en font manger la première pousse en herbe > et qui réservent le se-> cond produit pour l'hiver. Ce foin exige les mêmes précautions que l'administration de la luzerne , et la ration peut en être portée au même poids , tou* jours selon les diverses considérations sur lesquelles ^ on doit se régler.

Ce trèfle est moins succulent que le grand trèfle de Hollande [trifolium incamatuni\ (i). Un arpent de terre ordinaire semé de ce trèfle produit sept mille cinq cent livres pesant de fourrage sec; et^ dans un terrain supérieur^ la production en est dou-

(i) Ce trèfle n'est qu^une variété du précédeiit. On peut consttlteri à son sujet ^ les expériences faites par Rozierp et rapportées dans son Cours d* Agriculture^ tome IX, article Trèfle. (É.)

ble. Un particulier (^M.PeUetier)^ habitant àFré-^ pillon^ village à quatre lieue$ de Paris*^ le donnait en Tert , a^ec succès ^ à des cheTanx qtt'ou lui en« voyait dans l'intention de le& rétablir ; il Tadminis-* trait de la même manière que nous administrons le '9eFtd^Qrg^.(liordeunMexasticon^* On sait que celui-ci estaujssi utile à de jeunes chevaux qu'il «serait contraire k des chevaux poussi&y £irâneiix^ morveui et trop avances en âge*.

On le donne pendant un mois ou six semaines et avant qu'il ait épié; quand Tépi est sorti du £>urreauy il provoque la fourbure. On a soin de le couper avant que la rosëe soit dissipée , il est certain qu'il n'en purge que mieux l'animal «On le lui di^ tribue continuellement poignée par poignée^ et Ton observe de tremper au même instant chacune de ces. poignées dans un seau d'eau. Mettre une plus grande quantité de cette herbe devant lui , ô'est vouloir la perdre; il la £ine par son soufïLe et la dédaigne. On doit faire attention aussi que la provision qu'on en fait pour la journée ne soit pas trop serrée dans un même tas^ l'herbe s^échaufTerait elle-même } on la range encore de façon qu^elIe soit droite et la pointe en haut ^ et on l'arrose de temps en temp&«

Trois jours après que le cheval est à ce vert on lui ouvre k jugulaire i cette saignée, plus ou moins légère, empêche qu^il ne devienne fourbu ^ et cette nouvelle nourriture produit alors tout l'efFet qu'on en attend. LVnimal est copieusement évacué par le jbndement, insensiblement cette évacuation cesse et n'a plus lieu. Il engraisse, son poil devient toU*

joors plas vif^ et ces signes sont y ainsi qu^^un ffux très abondant d'orme, la preuve la plus certaine du mérite et de refficaicité de Taliment. Quelques per« sonnes donnent chaque jour une once de foie d'antimoine (oxide d'antimoine sulfuré) dans du son; on peut ne pas le9 imiter en ce qui concerne le foie d'antimoine , dont on peut différer Tadministration jusqu'à ce que le cheval soit remis au sec, temps auquel il convient d'en fixer . la dose à demionce, piélée avec quatre-vingts grains d'éthiops minéral (oxide de mercure sulfuré noir), à donner pendant huit ou dix jours comme vermifuge; mais il est très bon de ne pas épargner un demi-boisseau de son y sec ou mouillé, selon les cas.

Doit-on, au reste, nécessairement se dispenser de panser de la main les chevaux qui sont au vert , et de relever la litière? Cette question n'est pas du nombre de celles dont l'expérience peut donner la solution} elle parle également en faveur de ces deux sentimens. Le vert n'opère pas moins, en effet^ dans Tun et dans l'autre cas, et nous croyons dès lors que la propreté serait préférable* Ceux qui proscrivent le pansement s'étayent sur la plus £)rte déperdition qu'il pourrait occasioner dans un temps, où ranimai souflGre des évacuations considérables ^^ mais s'il est prouvé parle fait que l'action de pan*» ser n'a jamais nui en pareille circonstance, nous ne voyons pas pourquoi on ne le bouchonnerait pas au moins fortement une ou deux fois par jour» A l'égard de l'espèce de fange dans laquelle on le laissecommunément, il n'est d'autre motif de ce procédé-

que celui de se ménager un fumier plus fait et plus pourri y et il eat aisé de sentir combien ce même procédé peut être nuisible (i).

Quoi qu'il en soit^ la dispensation des deux espèces de trèfles dont il s'agit^ soit en vert, soit en fouiTage sec, doit être à peu près la inême, ainsi que je l'ai dit, que celle de la luzerne; on doit cependant être certain que le grand trèfle de Hollande forme plus de sucs que les autres.

Userait, sans doute, superflu de rechercher ici les autres simples tirés du milieu des plantes agrestes,, pour en composer encore des prairies factices ; noua ne parlerons point aussi des divers mélanges récoltés dans les pays qui sont dans la disette de four^ rages naturels, tels que le hisail (2), la draçie ou la

(1) Le préjugé prescjiie gënéral que les chevaux au vert ne doivent être ni pansés , ni tenus proprement , n'est fondé que sur la paresse des gens décurie et sur i'ignoratice des préceptes d'hygiène de la part des écuyers qui les dirigent*. Bourgelat , qui a sapé tant de préjugés, n^a pas osé montrer tous les iriconvéniens de cehii-ei; il a cherché à expliquer, à motiver Popinxon de ceux de ses confrères les écuyers qui défendent le pansement , et , quoiqu^il soit aisé de voir que son opinion est conforme à la raison, il n'a pas. entièrement tranché la question. Les chevaux qui sont au vert transpirant beaucoup , ils doif ent être étrillés et bouchonnés au moins deux foiis par jour, quelle que soit l'opinion contraire , et Pexpérience a prouvé que, conduits ainsi , ils éprouvent bien plus promptement les bons effets de cette nourriture. (J?*)

(2) Mélange d'avoine, de pois et de vesce semés au prin* tomp»v

( â«7' ) dragée (i), Vhouara {p^)^Vhwemage (3), etc. Il est incontestable qu'ils ne sont réellement propres qu'aux chevaux qui ont été .habitués dès l'enfance à une pareille nourriture j et que l'estomac des autres s'j accoutume plus ou moins difficilement et dans un espace de temps plus ou moins long^ selon la qualité des alimens dont l'usage, dans le cours de leur vie, a précédé ceux-ci.

A l'égard des herbages ordinaires dans lesquels on jette quelquefois les chevaux faits, ils ne sont nullement convenables à ceux en qui la lymphe pécherait par trop d'épaississement, dont l'habitude du corps serait spongieuse, etc.; en général, ils rendent les liqueurs tenaces et visqueuses, ils relâchentjiet fibres et les afi^ib lissent : la preuve en est dans les poulains qui , ayant été trop long-temps dans les pâturages et mis au sec trop tard, forment des chevaux ordinairement débiles et paresseux, ainsi que dans les boeu& et autres animaux ténus constam-* ment à cette nourriture molle ; si elle les engraisse^

Il ' I ■ Il III !■ .Ill.l- I. ..I- ■ I ■ il.... III I I I II— ——Il I ■ Il II ■ .

( I ) Mélange de trèfle , de pois et de vesce dosné en vert ou desséché.

(2) Mélange de trèfle ou de luzerne , de pois ou de vesce, ou de fèves, ou d^avoine , ou de blé , ou de lentilles. Quelquefois toutes ces herbes sont mêlées, quelquefois il n^en est que quelques unes.

(5) Mélangé de pois, de vesce et d^avoine , auquel on joint la quantité d^un boisseau de blé par arpent.. On sème le tout au mois d^octobre \ de là le nom à^ hivernage. Ces différentes récoltes artificielles sont en usage dans plusieurs départemens ) et plus particulièrement dans ceux du nord.

les sacs visqueux qu'elle engendre les disposent à Ja plus grande partie des maladies dont nous les voyons attaqués / et qui consistent le plus souvent dans des obstructions fréquentes des viscères vascur leux, tels que le feîe, la rate, les poumons y etc.

On peut mettre à l'herbe des ^cbevaux dans la même intention que l'on a quand on croit devoir leur donner le vert, c'est à dire pour les rafraicbir, pour les purger, pour les rétablir, pour les remettre en chair, etc. Les j laisser toute l'année, c'est en assurer le dépérissement, et les maintenir dans un état de faiblesse qui ne leur permet pas de résister au plus léger travail. Du reste, l'herbe nouyelle convient parfaitement à ceux qui sont sujets à des embarras dans les reins> à des ardeurs d'urine, à la djsurie, à la strangurie , [aux tranchées qui les sui« vent, etc.; elle a, dès les premiers momens de son jet ou de sa croissance, un caractère savonneux qui la rend très salutaire en pareilles circonstances , et niéme efiEicace contre le calcul. On observe souvent ifue les boeufs nourris dans l'étable, et que l'on tue l'hiver, ont des pierres dans le £>ie , dans la vésicule du fiel , dans les conduits biliaires et même dans la vessie , et quelquefois dans l'urèthre (i); on

(i) Le 9 mai 1762, M. de Varennes de Champfleury m^envoya , de la part du Bureau d'Agriculture de la tIIIc de Ctermont-Ferrand , en Auvergne , un mémoire à consulter sur un calcul arrêté dans l'urèthre d'un bœuf, âgé d'environ huitanné^9 et qui lui avait causé la mort. Ce calcul pesait quatorze grains. Suivant ce même mémoire, la vessie en contenait plusieurs de la forme du plomb mis en gremaille , pe«

n'en trouve que très rarement dans ceux qui ont d*abord ëté jetés dans les pâturages.

sàtit en tout qaarante-deux grains : ceux-ci me furent remis dans un bocal. Au premier aspect , chacun de ces petits caU culs paraissait métallique , la couleur en était brillante et a; semblable à de Por. Nous avons plusieurs exemples de pareilles pierres trouvées dans les reins de ces animaux 9 on y en a rencontré d'argentées. Les calculs que je reçus de M. de f^rennes sont actuellement dans le cabinet d^bistoîre natu-> relie de M. de la 2 ovrat/i?^ 'conseiller en la Cour des mon-uaies de LyonV Nous aurons occasion -^ dans le cours de nos travaux, de faire connaître de très excellentes réflexiont qu'il nous communiqua alors à ce sujet} le public ne doit point être privé des choses utiles que souvent la modestie àe& personnes vraiment éclairées lui cache et lui dérobe.

Quelqne temps après, le Bureau d'Agriculture établi à Saint-Ëtienne y en Forez, nous consulta sur un même fait. A- Fouverture d'un bœuf, on avait trouvé, à peu près dans le milieu du canal de l'urèthre , un calcul rond , légèrement aplati , dur, très lisse et de couleur métallique. Le paysan auquel appartenait ce bœuf prétendait en avèir perdu un , quatre années auparavant , de la même maladie \ on vit dans son urèthre deux pierres semblables , mais de grosseurs iné-> gales. Ce même Bureau observe , dans son mémoire ^ que les bœufs qid charrieni loin de leur domicile, et qui vivent de foin sec , y sont plus sujets que ceux qui pâturent dmns hs prai^ ries. ( Note de l'Auteur.)

Voltaire a aussi adressé à l'Ecole vétérinaire d'Alfort , en 1^71, de semblables calculs ^ ils sont conservés dans le ca-> binet de cette Ecole : les faits qui y sont relatifs ont été consignés dans une dissertation de Botirgelat , insérée dans le Journal d* Agriculture de janvier 1778* {É.)

Des Alimens liquides.

Lesalimens liquides oe sont pas moins nécessaires que les alimens solides à l'entretien de la vie d.e TanimaL Ueau en est la boisson ordinaire.

Il serait assez difficile de concilier les idëes diAris' tote et celles que nous nous sommes formées des effets que ce fluide produit dans les corps animés. Selon ce philosophe, les chevaux et les chameaux boivent Veau trouble et épaisse avec plus de plaisir et d'avidité que l'eau claire. Là preuve sur laquelle son opinion est appuyée est l'action de ces animaux , qui 9 dit-il 9 la battent et la troublent eux-mêmes (i). Il ajoute que l'eau chargée de particules hétérogènes les engraisse y pfirce que dès lors leurs veines se remplissent davantage*

Nous devons opposer ici l'expérience à l'autorité. Présentez au cheval de l'eau trouble ^ inodore et sans mauvais goût^ et de l'eau parfaitement limpide, il s'abreuvera indifféremment de l'une et de l'autre; conduisez-le dans une rivière , s'il est véritablement altéré 9 il boira sur-le-champ, et ne battra l'eau que lorsque sa soif sera suffisamment étanchée. Permettez-lui, dans ce moment, de l'agiter avec l'un ou l'autre de ses pieds antérieurs, si on ne l'en détourne pas, il s'y couchera bientôt infailliblement; enfin, offrez à celui-là même qui brûlera de la soif > ■ ■ ■ . » >

(i) Histoire des Animaux , avec la traduction française , par M, Camus. Paris, 1783, in-4^, tome I , livre 8 , ch. 8 , page 481 ; et ch. 24» P^ge ^jç.

( 3at )

la plus ardente une eau sale, brouillée et fétide , illa dédaignera absolument : oi', il paraît cju'ici Afistote a attribué mal à propos à un auimal qu'il appelait d'ailleurs Philoloutron (jptKixo;/lfov)y pour exprimer l'amour naturel qu'il a pour Teau , une intention qui n'est point réelle, et il est, ce semble , plus raisonnable de penser que , dans l'instant où il bat Teau, ainsi que nous l'avons dit, ce n'est nullement pour la troubler, mais uniquement pour la &ire rejaillir sur lui , ce qui est même démontré , puisqu'il est commun de le voir s'y plonger incessamment après; le philosophe se serait donc moins éloigné de la vraisemblance, en imputant nueîiient ce mouvement à l'instinct et au goût qu'il avait reconnus lui-même dans le cheval. ,

C'est sans doute ce même goût qui le sollicite et qui l'engage à plonger plus ou moins profondément sa tête dans Tauge ou dans le seau qui contient sa boisson. Cette action, qu'on n'aperçoit en Inique lorsque sa soif n'est pas fort pressante , a encore oc • casioné de nouveaux écarts. Pline en a conclu que les cheçoMX trempent les naseaux dans Veau quand ils ^'abreuvent (i). Jérôme Garimbert'çvétenàc^Hls y plongent la tête jusqu'aux yeux, tandis que les ânes et les mulets -hument du bord des lèi^res (pi). Il

>l>l«. i « . , ■ ■ I I . -■ ■! ■ Il II I ^^^mM^^

(i) liis0ire naturelle, etc. Paris , 1771, Jn -4°, tome III, livre 8, chap. 4* > pag© 48i-

(2) Les Problèmes , traduitz de tuscan en françoys par «7. Louueau» Ijyon , 1 55^ , in-8*, page 64 , problème xxv. — Voyez encôue xlDella selva di varia lettione di P. Messia, In Venetia, i565j in*8°, jparte quarta^ cap. xiii , pag. SSy*. ,

est certain que le cheval hume en buvant ,, ainsi que l'âne et le mulet , et qu'il n'est aucune diffé* rence entr'eux ^à cet égard : or^ l'action de homer, qui n'est autre chose que celle d'attirer et d'inspi-^ rer, en quelque manière, le liquide ^ ne pourrait s'es^écuter, de la part de cet animal , si ses naseaux baignaient dans l'eau ^ parce qu'en même temps qu'il en remplirait ]a cavité de sa bouche » il en aft* tirerait incontestablement alitant dans ses fosses nasales ; l'action d'inspirer par cette première cavité f aidée d'ailleurs ici par la pression de l'air ex* terne sur l'eau y et celle d'inspirer par les secondes^ étant évidemment simultanées^ et l'on comprend dès lors qu'il ne pourrait qu'en être suffoqué. C'est aussi conséquemment à cette inspiration inséparable de l'action de humer ^ que l'on est obligé de CQuper ou de rompre de temps en temps l'eau à l'animal ^ surtout à celui qui , pressé du besoin le plus grande boit à perte d'haleine et tout de suite ^ auK risques de s'étouffer entièrement.

L'opinion dans laquelle on a été que l'eau trouble engraisse le cheval ^ et lui est. in&niment plus salut£^ire que toute autre, n'est pas jhoins à rejeter. Il seirait, en effet, très diffîcile dô découvrir. la sorte d'élsiiboi Ation à la laveur de laquelle des corpuscules terrestres et grossiers aideraient à former un chyle balsamique et propre à une assimilation d'bà résulterait une homogénéité véritable. Non seulement lé fluide' aqueux extrait lè$ parties les plus utiles des alimens, iL dissout les hùmeiirs visqueuses^ il entretient la fluidité du sa^g;| il tient rtpu^ les

( 5a3 ) émoûotoires convenables ouverts^ il d^airmsse tons les conduiia , et facilite menreiUeusementi la transpiration insensible ; mais, sans son secours, la nutritioja ne saurait être parfaitement opérée ; il est le véhicule qui porte le suc nourricier jusque dans les pores les plus ténus des parties : oy, il suit de cette vérité que les seules eaux bienfaisantes seront celles qui, légères, pures, simples, douces et limpides, passeront avec Êieilité dans tous les vaisseaux excrétoires j et nous devons penser que celles qui sont crues, pesantes, croupissantes, inactives, ter-> restres, et imprégnées, en un mot, de parties hétérogènes grossières, £>rmeront uixe boisson d'autant plus nuisible, qu'elles ne se frayeront qu'avec une peine extrême une route à travers les canaux déliés qu'elles doivent parcourir, et qu'elles ne parviendront jamais à leurs extrémités sans j causer des obstructions. U faut avouer, néanmoins, eu égard ii la constitution de l'animal , à la force de ses organes digestifs, au genre d'alimens dont il se nourrit, etc., que celles-ci ne lui seront point aussi pernicieuses qu'à l'homme ; on ne doit pas, cependant , faire moins d'attention aux di£fôrentes qualités de celles dont on l'abreuve.

Les eaux trop vives suscitent de fortes tranchées^ des gonflemens considérables dans les parotides 5 les eaux de neige provoquent assez communément une toux violente, un engorgement considérable dans les glandes maxillaires et sublinguales, ainsi que dans les glandes lymphatiques ampneelées à la partie supérieure de l'auge ; elles elcite)i;t en m&nm

(. 3a4 ) temps, dans les jeunes chevaux, un flux considéra-» ble, par les naseaux, d'une humeur jdus ou moins épaisse , et d'une couleur difierente et plus ou moins foncée. Les eaux croupissantes, le plus souTent chargées de sels acres et caustiques, de la même nature que la plupart des plantes qui naissent dans les étangs, suscitent des maladies plus ou moins graves , des fièyres putrides, malignes, pour IWdinaire épizootiquesj les eaux de. puits dans de certaines maisons et dans de certains quartiers de Paris produisent une infinité de maladies cutanées, etc. (i).

Le temps et la manière d'abreuver ces animaux sont encore des points qui intéressent essentiellement sa conservation.

On ne doit jamais, et dans aucune circonstance, les faire boire quand ils sont échauffés par un exercice violent. L'effet d<; l'eau froide sur un sang raréfié est de le condenser et de l'épaissir, de crisper et de raidir les parties solides , d'arrêter et de suspendre les excrétions les plus salutaires^ et souvent de donner lieu à des maux qui conduisent iné vitahler nrentà la mort.. L'heure la plus convenable pour les abreuver est celle de huit ou neuf heures du matin, et de sept ou huit heures du soir. £n été, on les abreuve, avec raison, trois frois par jour, et

(i) Voyez, dans la Matière médicale déjà citée, Particle Boisson, tome I, page 244 > et dans le Dictionnaire de Me-^ decine dé l'Encyclopédie méthodique, tome I , l'article AUm^n^^ page 83i • (iSI*)

alors la seconde doit être fixée enriron cinq heures après la première. Il' est vrai qu'eu ^égàrd aux che*vaux qui travaillenli efc aux chevaux qui voyagent^ un pareil régime ne saurait être exactement constant et suivi; les ehevaux'de inanége^ dans plusieurs académies bien réglées^ né boivent qu'une heure ou deux après la fin des exercices j'iesoir^ on lesftbreuve à sept heures, et toujours avant de leur donner l'aveiné.

Il est nombre de personnes qui sont dans l'usage d'envoyer leurs chevaux boire à la rivière , contre le senilimeBt de Xénophon, et suivant l'avis de J. Camerarius (i)« dont nous n'avons garde de nous éloigner, pourvu que l'eau de la rivière sok bojnne et salubre, que Ton soit assuré de laaagesse des personnes qui les j conduisent ,. qu'on ne les y mène pas dans le temps lè plus «âpre de l'hiver, et qu'on ait l'attention y à leur retour, non seulement d'avaler l'eau dont leurs quatre jambes sont mouillées , mais de les leur sécher par&itemeat, ainsi que l'ongle en l'essuyant*

Quant à ceux qui abreuvant l'animal dans l'écurie, ils doivent, en hiv^^ avoir grand soin de'&ire boire l'eau sur-le-champ, aussitôt qu'elle est tirée, et avont qu'elle ait acquis un degré de froid conûdurable. Dans l'été, au coatraire ,' il est indispensable de la .tirer le soir pour le lendemain matin , et le matin pour le soir du même jour, à l'efFet de lui faire perdre le degré de froid qu'elle avait* Yaine-

(i) £)e tractandis equis siue tTwoKofÂiKiç» — Xenophontis de Te eqvestri, Tubingœ Sveuorum ^ 1539, iii-8''.

ment le xpérae Camerariùs, tfès' diâtani du senli- -ment d'^râtoitf sur Teautroubley inveclire-t^il les palefreniers qui offrent à leurs chevaux de l'eau qui a sëî^umë dans un vase^ par cette seule raison qu'elle a été exposée, è la chute de plusieurs or^ dc^eS) et TevBt-'il qu'elle soit tirée nouvellement el présentée anssitât à Tanimal s les suitea funestes d'uàe pareille inéthode observée d^ns les temps de chaleur n'ont malheureusement que trop prouvé la sévérité avec laquelle elle doit être proscrite. Il eet possible cependant de pdtrer et d'obvier A la froidéni* de l'eaa et k sa trop grande crudité ^ en* y trempant les mains ^ ou eu y. jetant -du son^ ou' en i'exposaat (au soleil > ou en.j ifiêlant une certaine quantité d'eau dbaudè^ ou en l'agitant avec «me poignée de (bifii >etCr : c'est oe que l'on doif nécessairement feive lorsqn'en été l'on ne peut avoir qqe de l'ean tirée sur*)e*chaifip du puits.

Comme nous n'avons en nul intérêt de nous as«surer de la durée du temps pendant lequel le cheval pourrait se passer de boire , nous ne saurions <x>ntiledirele fait avancé par JlrUtoie^ qui fixe ce même espace de temps à quatre jours : tout ce que nous savons^ c^est qu'il èêt des chevaux qui boivent naturellement moins les uns que les autres ; il en est ausâ qui boivent trop peu^ et ceux-ci sont non seulement asses communément étroits de boyaux , mais le dé&ut, en eux, de proportion dans les parties liquides -et solides. du sang rend «e fluide peu pro.pre à traverser librement les plus petits vaisseaux de la machine. De là les stagnations

(aa7)

dans les canaux délies des difilérentes parties, les dispositions des viscères à s'obstruer, des reflux de sucs impurs dans laihassei, enfin nombre de maladies cbrjQmqpes dont on jdéiyiâle rarement ta gêné* ration et la'oau^e» paroe qu'on n'a jamais réfléchi attc la nécesâîté ^ sor les effets véritables delà boisson* JL est finoèse des chevajjx que le dégoût et la jatigue empêchent; de s'abiieuver, on réveille en eux le désir de boire par quelques poignées de foin, par difféien^s sortes de masticatoires , etc.

Si la disette d'alim^ns liquides est réellement pernicieuse 9 celle des alimens solides ne l'est pas moins. L'abstinence outrée nuit à l'entretien des £iisces, et éUe est encore plus contraire aux chevaux maigres et £uble8.^ En général , la faim dissout les^ parties gélatineuses du sang et de la Ijmphe, elle rend la transpiration languissante par la diminu-* tion du 'Volume du sang, qui demeure bien moins pur dans tes vaisseaux, et qui contracte bientôt , ainsi que toutes les liqueurs animales livrées alors , comme ce fiaid^, à leur sort, une acrimonie mécanique : d^oix l'on voit combien il est dangereux de sortir de oe juste milieu si cher à la nature y en se portant ou du côté de l'excès y ou du côté de la dimitiutioH dans la quantité.

Nous ajouterons que celle du fourragje qui doit éÉre distribué ne doit l'être qu^à plusieurs reprises et qu'autant que l'on présulné que les jirécédentes rations ont eu le temps d'être digérées ; une forte quantité d'alimens prise tout à la fois ne peut jamais être élaborée exactement \ elle surcharge in-

failliblenient le ventricule^ et les sucs préposé» à leur dissolution ne sauraient être rassemblés en même temps en assez grahde aboncbioce- pour l'opérer ; d'une autre part, une première digestion manquée ne se répare, ni dans la seconde ni dans- la troisième, et le séjour dans le. visicère* des premiers alièieos non travaillés comme ils auraient dû rétce y-f'orme des crudités y occasjione de^. vents, des gpnflem.eds4 et devient une source .de difFérens maiix. de Kè^ vres, etc. Or, il, convient de diviser le poids ide la nourriture à donner en plusieurs portions, et' de régler aussi, d'après ces. observations., les boure^

de la distribution • .

Il eât des chevaux dont les organes digéstife ont moins de force , d'autres en qui ces. mêmes. organes ont i^ne activité surprenante > le^ heures pour cetix* ci devraient donc être plus rapprochées que pi^ur.les premiers. Au surplus, cette assignatioa^ d'heures déterminées et constantes, quand elle esji posèâblct, contribue évidemment à la santé de l'animal. et à la durée de sa vie. Celle de la plupart des chevaux de manège n'est aussi longue que flâr l'ë^xa^^titudô du régime qu'on leur fait observer, et tels SQnt.laforce et l'empire de l'habitude,. que la nature, aocoutumée dans des instans fixes à l'exécution de telles fono^ tiens, est pressée, comme par un besoin réel et indispensable , de s'y livrer de nouveau dèis le retour de semblables instans : c'est ainsi qu'à l'heure, ordinaire où on abreuve et où on départ le fourrage et l'avoine, ces animaux hennissent, s'agitenr, battent du pied et s'abandonnent à une multitude de mou*

(329) vemens-qui annoncent aussi sûremenlque Fhorloge la plus juste la révolution du moment. Nous conviendrons oepefiidant que cette fixation n'est pas une condition si absolue que tout cheval ne puisse sans elle exister bien portant, nous en voyons une très, graade quanthé non assùjei;tis à cette loi satis&ire à de' ibrt s, travaux; et, d'îàilleurs^ on pourrait dire que*, ce n'est pas sans 'danger que l'homme et l'ani^ mal contractjent de longues habitudes, puisque, ces habiliitles- isont ua6 seconde nature qui se trouve ble^e4ii moindre changement; maistous les chevaux et Itoùftilés hommes né sont. pas si sains et si robuste», quç - tousl'genves de vie quelconques et successivement) isariés puissent leur être indifféréns •

Des soins du chewil en voyage^

voyageur ^ont en ^and nombre*

1^» Il s'agit, quelque t^mps, avant d'entreprendre ia route^ dé le mettre en haleine, en le faisant pto*ixiener deux'ou trois heures.par jour, pour le disposer .ainsi insensiblement à fournir avec aisance lè diemin^qu'il doit &ire.

2^. Les premières joavnéed doivent être courte^,, sauf à les augmenter pe^ à peu ,• ainsi <|ne ta àoit du fourrage et du grain; car ceux qui,' dans l'espé^ rance de fortifier l'animal et de le rendre plus capable de résister à la fatigue, lui prodiguent tout à coup l'avoitte , manquent presque toujours leur but : l'animal s'en dégoûte , le refus qu'il en fait le prive totalement du moyen de maintenir sa vi«

gueiir» Qt aes forces diminuent et soatft abaïUues par degrés.

3^« Ou ron fiût sa jouro^*^ eulîèirQ d^une 6eaiç traite et aan9 débrikleri ou on la pattage entre le matin et W 9pir. Le premier de ce^ paras nous setn^ ble p):6JSérjAble> Leiemps le plus profite « r^exereice est^ eti effets cel ui où la digestîoa est^cfaeTee et qui pr40ède le repas ; le chyle ayant porté dans le sa4ig auquel il ^'est mêlé quantité de matières excrëmen* teuse^^ le œouTement et l'action èo déterminent révacujïlioa par les pores ^ le suc gastrique en est (aussi plus dépuré^ et l'appétit esè inévitable; dè^ qu'au contraire la marohe et la' fetigui^^ succèdent immédiatement à la nourrit^re^ hu dî^estiod en- est le plus souyent troublée, et n'est jamais aussi parfaite que si le Corps eûV joui d'une certaine tranquillité } d'aillpur^^ le 4beyal l^ finit et qui achève sa journée de bopit^ theure a, plus de temps pour se rafraîchir et s^ reposer ; au surplu^v quand on se propose de ci^eininer te matin et le $oik, on doit s'arranger 4e imni^èxe que. J;'aAimal exéoute dans ia prexqièri^ de.ççs parties du jouf Le tinrarde la maiv che qu'il a à faire. Il est encose très ésien^el jd'féfE«te^ les ha.ures des grandes phaleînrs de i- l'été; la çpmbi]^ai(»an;<d'ùn air trop chaiid avi^ un motive- |i;)e^;t cpnti^uel enflamme \a, inasse^ force la>trans^'ration, et épuise. néùessairenient la macbine*

4^. A mespre que l'on approche du lieu où l'oft ^ projeté de s'arrêter, l'allure de l'animal doit être ralentie ; un cheval qpi a chaud en arrivant peut êUesai^id'un refroidissement subit, dont les suites

aoDt des inflammations plus ou moins graves, des fièyresy, des u|orlbndares , des fourbur^^s ^ etc. Si çett^ ^ge précautiop était demeorée inutile^ et ai raniul^l est en sueur, on le promènera, on lé tiendra h, mie action, douce el lente pour donnera cette sueur 1^ temps de se dissiper sans danger; car Le froidu e4t jfiniaid à craindre tant que le oorps est ea action. Qn pourrait encore le débrider, le mettre 4u mastigadout, le desseller, abattre Teau areè le couteau <le chaleur, Tépousseter, le bouchonner, laver, avep une épQiàge imbibée d'une eau propre et limpide, ses yeux, ses naseaux, ses lèVres, le f<mdefnent, le fourreau, ces parties étant pour Tort dinaire chargées d'une quantité de pou^^ère con<* fondue avec la sueur. On le couvre ensuite avec de la paille fraîche, qu'on assujettit par le moyeu d'un sur&ix ou d'une coUverture lorsqu'on est à portée d'en avoir une ; toutes ces opérations, qui ont pour obj^t de parer à la constriction d.es pores, el d^ prévei^ir U suppression, de la transpiration, doivent avoir lieu dans l'cQurie ou dans un lieu, quelconque tenapéfé et à l'abri de tout air vif qui contrarierait ces vu^s; Qn soufifte ensuite quelques'gor^ééf^de via dan 9 la bouche et dans les naseaux, et bien loiti dé bouchonner les jambes selon la cbalutriê pernicieuse des valets d'écurie^qui dès lora attirent et font affluer les humeurs sur oes parties, on- les lave avec de l'eau fraîche, qui répercute ces mêmes humeur^ naturellement trop portées à s'y jeter, et qui ne peut (]ue fortifier les membres*

5^. On ne débride pas ordinairement les chevaux

qui ne sont que légèrement échauffés^ on les dégourme (i)y on les attache par les rênes de la bride aux fuseaux du râtelier) on fait abëolument net devant eux ) soit dans Je râtelier , soit dans

l'auge. On les laisse ainsi pendant unehèftre et au delà sans manger, après avoir néanmoins des^ serré les sangles, ôté la croupière , débouclé le poitrail et glissé une c^taine quantité de* paille fraîche sous les panneaux de la selle. Il est nombre de personnes qui les débi'ident' sur-le-champ, et qui leur font délivrer aussitôt une ration d'à- Toine, mais nous pensons qu'il est bien plus convenable de donner aux hum^ars agitées le temps de se calmer , Testomac n'en sépai^ que mieux les sucs utiles du grain.

6^. Après un repos suffisant, on donne une certaine quantité de foin; on abreuve l'animal lorsqu'il l'a mangé en plus grande partie, ou plutôt, si l'on aperçoit que la soif éteigne en lui l'appétit de ce fourrage , et quelque temps après, on lui donne l'avoine; mais il est important d'examiner toujours le genre et la qualité de ces différentes nourritures. j^. Les pieds exigent une itttention sérieuse et constante . On doit les visiter en arrivant et en paitant, il faut les nettoyer soigneusement avec le cure-pie^ des pierres, dés graviers et de la terre quipourraiient y séjourner; on doit en remplir la cavité de terre glaise ou de crottin mouillé , et oindre la couronne avec du cambouis, ou de l'onguent de pied. Quand

y^— — ^— ■■■■ ■■■■■■■É^ii , a,,.^, I I

(i) Voyez la note de la page 69,

( 333 ) ces parties sont douloureuses, chaudes 9 et que le cheval feint et ne les appuie pas franchement sur le terrain, îl£iut nécessairement le. déferrer pour en examiner l'état.

8^. Le soir, il doit être attaché de manière qu'il puisse se coucher aisément. La longe, ou les longes de son licou doivent pour cet eÔet avoir une longueur proportionnée; cette longueur étant excessive, il pourrait s'enchevêtrer pendant la nuit.

9^. Le mors de bride doit être lavé chaque fois qu'on Tête de la bouche de l'animal; lorsqu'on j laisse croupir la salive en écume , elle contracte une fëtidité qui précipite l'animal dans le plus grand dégoût. Quant a la selle , ses panneaux étant imbus et mouillés de sueur, ils doivent être exposés au soleil pour j sécher, et il faut, avant de seller de nouveau le cheval ^ le battre avec une gaule, à l'effet d'en rompre la dureté et de leur ôter une raideur capable de le blesser; toute contusion, toute écorchure , toute plaie sur le corps , et dans le lieu sur* toutou porte et repose la selle, quelque peu dangereuses qu'elles puissent être en elles-mêmes, mettent le cheval hors de service pour la route.

10°. Dès qu'on ne peut se dispenser d'être extrêmement difficile sur le choix des eaux dont on l'abreuve , relativement à leur nature et à leurs qualités, la question de savoir s'il convient mieux de le faire boire en chemin que d'attendre d'être arrivé au gîte doit être bientôt décidée. Ceux qui inclinent pour le premier de ces usages allèguent que, si l'animal est en sueur en atteignant l'hôtellerie.

on est un temps considérable sans pouvoir loi pré^ senter la boisson, qae la soif Tempéclie de manger, et qu'une heure ou deux étant écoulées, on est obligé de le faire repartir sans qu'il ait pu prendre le moindre aliment liquide et solide ) mais si Fon se conforme au régime que nous avons indiqué cidessus, on n'éprouvera certainement pas un pareil inconvénient; et, d'ailleurs, quels seront les moyens de juger sainement des eaux que l'on rencontrera en cheminant ? l'inspection seule ne peut en donner que de très faibles notions. La prudence exige donc qu'on n'abreuve jamais les chevaux de la première eau que l'on découvre j il vaut incontestablement mieux différer jusqu'à ce que l'en soit parvenu au lieu où l'on s'est proposé de s'arrêter : les habitans , instruits par l'expérience des eaux plus ou moins salubres, dissiperont toute inquiétude, et Ton ne sera nullement exposé au danger d'abreuver l'animal d'un fluide mortel, tel que celui que roulent de petites rivières et de petits torrens , dans lesquels nul cheval ne boit qu'il ne soit atteint de £>rtes tranchées , et même d'autres maladies plus ou <moins aiguës. Nous remarquerons encore que, quoique l'action de l'animal qui marche soit modérée ^ ^t n'imprime au dehors aucune marque de chaleur •excessive , néanmoins une répétition continuelle de mouvemens suscite toujours une agitation intérieure pendant laquelle une boisson, surtout très froide et x]ui surprend, peut devenir extrêmement pernicieuse.

ii<^. Enfin, le repos, la bonne litière, le soula-

( 336 ) gemenl des pieds y et surtont des talons , par l'èxtràction de deux lames de chaque côtë^ la terre glaise renouvelée tous les jours deux fois sur la sole, l'onguent de pied autour de la couronne , de fréquentes lotions d'eau fraîche acidulée par le ri^ naigre sur les jambes ^ ou d'une lessive de cendres de sarmens , ou de vinaigre dans lequel on aura délayé de la fiente de vache ^ si elles sont très fatiguées, des lavemens émoUiens « du son mouillé au lieu d*avoine, de l'eau blanche, l'ouverture de la jugulaire trois ou quatre jours après que l'animal s'est reposé : tels sont les moyens y en suite d'un voyage plus ou moins pénible , de le rétablir entièrement.

De V Exercice et du Repos.

Sans l'exercice et sans le repos, la machine animale serait bientôt détruite. L'exercice , quand on le borne à un mouvement modéré , aide à l'insensible transpiration que nous avons dit être la principale des excrétions; il subtilise les liqueurs, il en entretient la fluidité ; il augmente la vélocité de la circulation} il fortifie les parties solides; il tient les cavités des petits vaisseaux ouvertes ; il éloigne une foule dé maladies qui dépendent'de l'abondance des humeurs, de leur impureté , de leur stagnation , de l'engorgement et de l'obstruction des viscères; il ranime les forces bien loin de les abattre ; il rappelle l'appétit qui languit; il remédie aux vices du ventricule 9 et ses effets influent sur toute l'économie dès mouvemeus vitaux. Mais autant il importe de promener l'animal, de l'habituer et de le soumettre à

C 336 ) des travaux proportionnes à son tempérament plus ou moins robuste, autant on doit craindre de le livrer à un exercice violent et supérieur à celui dont il est capable : dès lors il serait bientôt épuisé, quelqu'attention que l'on eût de mesurer sur cet exercice outré la quantité des alimens propres à réparer ses pertes, parce que des mouvemens forcés et répétés non seulement consument les forces motrices , mais usent et débilitent les organes à la faveur desquels ces mêmes mouvemens sont exécutés. La maigreur, le retroussement , et souvent l'altération du flanc, le ternissement du poil , le flageolement des jambes; leur courbure en forme d'arc, !eur éloignement de tout aplomb , la faiblesse de leurs articulations , la lenteur, la mollesse et la difficulté de leur action sont les symptômes de cet excès trop longtemps continué , et qui, lorsqu'il est subit, c'est à dire dans des chevaux surmenés , est assez fréquemment suivi de la fortraiture , de la fourbure , de la courbature, dé la morfondure, de la fièvre, etc.

Au travail doit succéder le repos; il est le remède à la lassitude , et doit être en raiison des efforts qui l'ont précédé , pour suppléer, par la concentration de la quantité des sucs utiles et digérés qui constituent la vigueur de la machine, à ta dissipation plus ou moins énorme qui en a occcasioné l'exténuation. Au repos aussi doit succéder le travail ou l'exercice ; car une cessation perpétuelle de mouvement et un régime absolument oisif et sédentaire rendent les fibres musculaires ineptes à toute action, épaississent la masse , ralentissent le cours de toutes

les humeur»^ les pervertissent, et prodaisent , en un rnot, tous les effets diamétralement contraires aux effets salutaires d'un exercice modéré i aussi voyonsnous que des chevaux pour ainsi dire abandonnés dans des écuries ^ et ne fournissant à aucune espèce de service, sont affectés de tous les maux duî doi-^ vent être les résultats de ces différentes altérations dans l'économie animale ; tels sont lesf refroidisse* mens d'épaules, l'enflure des jambes, la pesanteur^ la paresse, l'obésité, la gras'^'fondure, la: £>urbure^ diverses sortes de maladies cutanées , etc.

Cette intermission de toutes les sensations , c^te inaction involontaire, commune à l'homme et aux animaux, et que l'on a appelée sommeil y est encore plus propre à la réparation des forces que le repos dont nous venons de parler. L'exercice des sens, lors même de la plus grande tranquillité, sollicite ton-^ jours quelque déperdition j les objets, les odeurs, les sons ou le bruit affectent plus ou moins , et provoquent dans les solides certains mouvemens qui , quoique insensibles, n'influent pas moins sut la marche des fluides, et c'est vraisemblablement pai' cette raison qu'un sommeil inquiet et troublé, tel que celui pendant lequel Taninifal, même en santé, rêve , s'agtce et hennit, n'est point aussi confortatif, et le fatigue souvent mêm^ plutôt qu'il ne le calme. Mais celui qui est doux et paisible lui rend sa vigueur et son agilité; il dispose de nouveau toutes les parties à l'exercice de leurs fonctions ; il favorise la digestion , la transpiration et la nutrition , puis-* qu'il condense le suc nourricier, et que, dans cet

état| ce «uc se lie plus intimement aux parties qui doivent être nourries , etc.

Il est vrai| néanmoins, que le cheval, par sa nature, n'est pas aussi enclin à dormir que l'homme et d'au* ' très animaux, que quatre heures de sommeil suffisent ordinairement à certains chevaux, qu'il en est plusieurs auxquels il en faut moins, que les uns dorment couchés et les autres communément debout ; mais si le sommeil de l'homme a plus de durée que celui de l'animal, on doit faire attention aussi que les instans que l'homme emploie à dormir sont employés par le cheval à manger et à se réconforter d'une autre manière* Du reste, le moment du réveil est marqué dans tous les deux par les mêmes actions, par le bâillement et par l'extension des membres, dont la longueur des £bres exige que l'animal y rappelle les esprits, et y accélère auto- / matiquement le cours du sang, au moyen de diffé*

rentes contractions répétées.

Des Ages y des Tempéramens et des Saisons*

La considération de l'âge, du tempérament et des saisons est encore très essentielle pour la fixation du régime* On ne nourrit point un poulain comme des chevaux faits, on n'en exige aucun travail, on ne l'expose point à toutes les rigueurs du tempsf les alimens que l'on fait succéder au lait bien conditionné d'une mère tenue à une bonne nourriture sont des alimens tempérés et substantiels; on ne le panse point de Ifiioain, jusqu'à ce qu'il ait acquis un

certain degré de force, etc. Il en est de même du cheTal formé et parvenu à son accroissement : le régime qu'on lui fait observer doit différer de celui qu'on prescrit au cheval avancé en âge, soit par rapport au service dont celui-ci cesse peu k peu d'être capable , soit par rapport au choix des choses qui peuvent fortifier son estomac souvent débilité , et de celles qui peuvent fournir une plus grande abondance de sucs nutritifs, etc.

Le cheval sanguin , dont l'habitude du corps est spongieuse et lâche, sera nourri modérément. Le colérique , dont les fibres ténues ont une grande rigidité et en qui la marche du sang est impétueuse, ne sera point soumis à des exercices longs et violens, à des mouvemens trop pénibles ; on modérera , ainsi que nous l'avons dit, les effets du grain par un mélange d'alimens tempérés ; on l'abreuvera d'eau blanche } on n'usera jamais de rigueur envers lui : il est toujours dangereux de l'irriter. J'ai vu un cheval maltraité et estrapassé dans les piliers d'un manège refuser tout aliment solide pendant quelques jours; mis ensuite à une charrette, s'obstiner à demeurer comme immobile et j mourir accablé de coups. J'ai vu encore un cheval d'Espagne des plus nerveux, devenu si fort ennemi de l'homme en suite des contrariétés qu'il avait éprouvées de la part de quelques enfans , que qui que ce soit ne pouvait l'aborder. On avait construit autour de lui une loge dans laquelle il était renfermé ; il faisait mille efforts pour l'abattre à coups de pied dès le moment qu'il apercevait une personne. On jetait des chiens,

des moutons dans cette loge^ auxquels il ne fiiisait aucun mal ; on y faisait entrer, en reculant, des jumens qail servait avec ardeur et avec fruit ; on descendait, par un trou pratiqué au plafond, tous les alimens nécessaires à sa subsistance. Il parvint a détruire les planches épaisses, et fermement attachées qui formaient Tenceinte de l'espèce de prison à laquelle il avait été condamné : il parut tout à coup dans une cour, dont deux ou trois personnes , sur lesquelles il allait fondre et se jeter, se sauvèrent heureusement; et on se vit obligé, dans l'impossibilité où les gens les plus hardis étaient de l'arrêter et de le prendre , de le tuer à coups de fusil.

Le cheval triste et mélancolique ne doit point être tenu à des alimens propres à entretenir la ténacité et l'épaississement de son sang ; les moins substantiels et ceux qui peuvent agiter la masse , aidés d'ailleurs de boissons humectantes et délayantes , sont les seuls qui lui conviennent, ainsi qu'un exercice successivement augmenté.

Le travail est nécessaire au phlegmatique naturellement engourdi , lent et paresseux. Il s'agit de hâter en lui la circulation, d'accroître la force et la tension des parties , de dissiper une sérosité trop abondante ; et une nourriture capable de pareils ré* sultats est celle qui est à préférer, etc.

Nous ne saurions parcourir ici toutes les différences plus ou moins sensibles qu'un praticien attentif doit rechercher dans les divers individus; mais nous dirons que, si l'art a été jusqu'à ce jour si fort au dessous de lui*méme , c'est par le défaut de toutes

espèces d'observations ^ défaut auquel Texercice le plus vanté ^ le plus multiplié et le plus étendu ne saurait suppléer quand il n'est accompagné d'aucunes lumières. Le régime qu'on fait observer aux chevaux parait , en général , varier trop peu , et n'admettre que de trop légères exceptions. On ne consulte ni la force ^ annoncée par le courage y par la facilité de s'accoutumer aux plus grands travaux et de les accomplir, par la vigueur avec laquelle le corps résiste à de certaines affections, par la quantité d'alimens»pris et rendus sans la moindre incommodité, etc. ; ni la faiblesse prouvée par des effets totalement contraires , ni les habitudes contractées, ai les dispositions maladives dont on pourrait juger parles événemens passés, ni les torts que ces mêmes événemens ont pu faire à la machine , ni les traces inévitables qu'ils yont laissées et qui peuvent dégénérer en d'autres maux , ni les résultats des divers médicamens donnés dans différentes circons-^ tances , et même des mixtes qui forment la nourriture ordinaire de l'animal ; on n'a égard ni à la dissipation sollicitée par les grandes chaleurs de l'été, ni au moins de propension que les fibres relâchées alors peuvent avoir à l'exécution des mouvemens, ni à leur rigidité dans un hiver rigoureux , ni au resserrement et à la crispation des vaisseaux cutanés, ni à l'aisance plus grande avec laquelle la digestion peut être opérée. dans cette saison; on n^ nulle at-' tention au passage de cette même saison à celle qui la suit , ni aux vicissitudes fréquentes dans le printemps et dans l'automne, vicissitudes qui ne dispo-

sent pas moins les animaux que l'homme à des maladies ou particulières ^ ou épizootîques très dangereuses j ni au temps de la chute et du renouvellement des poils ^ ni à la mollesse qui accompagne cette chute et ce renouvellement ; et si quelque» personnes ^ habituées à quelques remèdes préserva* tifs et à la saignée lors de l'arrivée diji printemps , ont jugé à propos de faire ouvrir la jugulaire à leurs chevaux et de suivre annuellement cette méthode , elles n'ont pas prévu qu'elles s'asservissaient à une obligation d'autant plus indispensal^e ^ qu'il est certain que l'omission de l'ouverture de la veine , dans une des années suivantes , suscite presque tou* jours les maux insépîirables de la surcharge de la masse.

De la Duré^ de la Vie.

J^es physiologistes et les naturalistes modernes ne sont ni lès seuls ni les premiers qui aient mesuré^ soit dans l'homme y soit dans les animaux , soit dans les plantes, la durée de la vie terminée naturellement et non par des maladies pu par d'autres évé* nemens quelconques ^ sur celle du temps de l'aocroissement-

li'homme^ qui est quatorze ans â croître ^ peut, dit- on > vivre six ou sept fois autant de temps, c'est à dire quatre-vingt-dix ou cent ans; le cheval, dont l'accroissement se fait en quatre années , peut en vivre vingt-cinq ou trente; presque aussitôt que l'éphémère naît , un instant lui suffit pour perpétuer son espèce^ et il meurt ensuite ; les poissons,

qui croissent presque continuellement ^ ont aussi une très longue vie ^ etc.

T0113 ces faits se concilient, d'ailleurs^ avec les idées que nous nous formons des causes mécaniques de la vieillesse et de la mort. Le terrtie de l'accrois* sèment est l'époque où la force du cœur et la résis* tanoe d«s artères sont en quelque sorte en même raison; les solides l'emportent ensuite continuellement par un surplus ou une augmentation de puis* sance 9 et c'est cette résistance supérieure de leur part qui opère insensiblement la destruction de la machine : d^où il semble que l'on a eu raison de con-^ dure que plus son accroissement est prompt , plus est prochaine la condition de sa ruine y c'est à dire la conversion du ciment visqueux qui lie les fibres en de vrais élémens terrestres , la coalescence des petits vaisseaux 9 le dessèchement, l'osipfication des. ligamenSy de^ cartilages, de l'aorte, etc., changement qui, dans l'animal et dans l'homme morts de vieillesse, sont également évidens et sensibles.

Cependant y quelle objection que la longueur de la vie des hommes , depuis la création du monde jusqu'au déluge ! que l'existence de Mathmalem pendant neuf cent soixante - neuf ans ! que celle èi Abraham y qui , long-temps après l'inoudation de la terre 9 fut portée à cent soixante-quinze ans ! à moins qu'pn n'admette d^^ns les premiers âges du monde uue autre conformation > un accroissement bien plus lent , ou un tout autre mécanisme ; ou plutôt, à pioins qu'on n'admire dans 1^ Provid^^nce des vues fondées , d'abord sur la nécessité de peu-

pler le globe , et ensuite sur celte de ne le pas sorcharger d'habitans.

Quelle autre objection bien plus forte que la durée de la vie du cerf, du corbeau , du pigeon, etc., comparée au temps de leur accroissement ! Il est vrai que la durée de la vie du premier, portée jusqu'à soixante, quatre-vingts, ou cent ans, est regardée comme une fable par ceux qui nient formel* lement des vérités reconnues , quand elles contrarient leur imagination et qu'elles ne s'accordent pas à leur système (i).

Mais ce qu'il y a de plus certain et de plus admirable aux yeux du philosophe ou de l'homme qui contemple , c'est la conservation toujours constante d^un certain équilibre dans le nombre des animaux , la fixation invariable de la multiplica^ tion de cha<yae espèce à une quantité plus ou moins grande , la longueur de la vie des uns, dont la multiplication est lente , la brièveté de la vie des autres, dont la multiplication est plus ou moins considérable , selon leur plus ou, moins grande utilité, la balance tenue entre la vie de ceux-ci et la mort de ceux-là; enfin, le passage d'une génération, et l'arT rivée successive d'une autre qui remplace toujours celle qui périt.

Quoi qu^il en soit , et pour rentrer dans le véritable sens de la question , nous dirons qu'on- peut at*bitrer la vie commune du cheval à dix-huit ou

(i) Voyez Btfffbn, Histoire naturelle, 1756, in -4**, tome VI y page 93. «*-• 1768 y in-j|2 , tome XI , page. 137.

vingt ans et jusqu'à trente/le nombre de ceux qui outre'*passent ce terme étant très më(liocre« Aristote a observé que les chevaux nourris dans dès écuries vivent beaucoup moins que ceux qui sont en trou* peaux (i)) l'état d'esclavage et de domesticité est bien faitpour opérer quelques différences. Athénée et Pline prétendeqt qu'on en a vu vivre soixante-cinq et même soixante-^dix ans (2)* Augustinus Niphusy l'un des commentateurs d* Aristote, parle encore du cbeYal de Ferdinand I y cogime d'un cheval septuagénaire (3) ; mais ces dernières observations ne sont que des exceptions ^ semblables , dans l'espèce des chevaux , aux exceptions qui quelquefois ont lieu

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(1) Histoire des animaux , déjà citée, tome I^ liyre VI 9 chapitre XII , p^6 SçS et suivantes.

(2) Banquet des Savans, traduit par Af. Lefebvre de Vil^ lehrune» Paris, 1789 , îi^-4% tome III, livre VIII, chapitre XII, page Zo^.-^ Histoire naturelle, déjà citée, tome III, livre VIII, chapitre. 42 9 page 479*

(3) Buffon rapporte aussi Pexemple d^un cheval qui a vécu à Frescati , près Metz , jusqu^à cinquante ans. Histoire na^^ turelle , supplément, 1777, in-4^t tome IV, page 409*-^ 1778, in- 12, tome VIII, page 140 et suivantes. — On lit dans V Histoire de France de Mezerai, qu^un duc de Gascogne montait un cheval âgé de cent ans , qui était encore assez vigoureux. -r« On a présenté , en 1824 , à la Société d'Histoire naturelle de Manchester la tâte dhin cheval mort à soixantedeux ai\^. — J'en ai vu un &gé de plus de trente-sept ans^ appartenant à un charpentier chez lequel il était depuis l'âge de six ans : il avait travaillé long-temps en limon, au fardier^ et il travaillait encore en cheville à sa mort. — Voyez encore le Traité des haras, de Hartmann, déjà cité, chapitre III, pages 33, 40, et chapitre IV, page 78 et suivantes. (JS.)

( 346) dans l'espèce humaine ^ telles que celles qu'offrent cet armateur Ae Cliarlemagne, Jea/z de Temporibus, qu'on dit avoir vëcu trois cents ans ; le nommé Pair, anglais, qui, sous Charles II , en vécut cent cinquante ; et quelques personnes mortes dans le siècle passé après avoir vécu cent sept , cent neuf , cent dix 9 cent douze j cent vingt années , etc.

Ce qu'il serait essentiel d'observer et d'examiner, c'est si le terme commun que nous assignons est plus long ou plus court dans tels ou tels pays de la terre , dans tels ou tels départemens du Royaume , dans tels ou tels cantons de ce» ménies départemens; dans les pays élevés, où communément les hommes vieillissent plus que dans les pays bas ; dans des pays aquatiques ; dans des chevaux fins et qu'on est obligé d'attendre y que dans des chevaux épais qui semblent formés plus tôt, etc. L'air et la nourriture étant différens dans les uns et dans les autres de ces lieux , on pourrait alors juger, à cet égard , du pouvoir et de l'influence du climat et des alimens sur pes animaux.

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