BU HARAS
Le terme de haras exprime proprement Tassem-^ blage d'un certain nombre de cbeyaux entiers et de jumena dans un lieu cboisi , pour en tirer race , y perpétuer les espèces » et y élever des productions jusqu'au moment où elles auront acquis la force nécessaire au service auquel on les destine.
On se sert encore de cette expression en parlant de la dispersion des chevaux entiers que Ton confie entre diverses communes , ou qui appartiennent à des particuliers , à TefFet de servir les cavales qu'on leur amène : tels sont , en France y les katus de chaque département. Les chevaux remis à chaque particulier sont dits étalons royaux, s'ils sont en-# voyés par le Gouvernement j étalons départemen-^ taux, s'ils sont fournis par les départemens; étalons^ approuvés, si les particuliers les achètent eux-mêmes et obtiennent l'agrément de les consacrer^ dans un arrondissement fixe et déterminé » à la saillie des jumens que l'inspecteur choisit y signale et leur annexe.
Les haras formés de l'assemblage de plusieurs
étalons et de plusieurs juinens dans un même endroit sont ce que l'on appelle des haras parqués, parce que Fon divise le terrain en plusieurs parties fermées de baies , de palissades ou de fossés.
La partie la plus grasse de ce terrain ou du pâturage est destinée aux jumens pleines et à celles qui allaitent leurs poulains ; une autre portion , moins grasse et moins succulente , sert à celles qui n'ont pas retenu ou qui n'ont pas été servies , ainsi qu'aux pouliches ; enfin, les poulains de deux ans ou de trois , entiers ou hongres , sont placés dans le lieu le plus sec et le plus inégal y et ce lieu doit être exactement clos et fermé , à l'efï'et d'interdire , à cet égard, toute communication de ces mévies poulains avec les jumens et les pouliches ; car dès lors ils s'énerveraient avec elles , et les poulains coupés, en tourmentant les femelles , se perdraient entièrement les jarrets.
On choisit les terrains gras pour les jumens pleines et pour les nourrices , parce qu'une pâture excellente fortifie les poulains à naître , et procure un lait bon et abondant aux mères des poulains qui sont allaités : on met à part les jumens vides, parce qu'étant plus légères que les autres , elles pourraient les blesser à coups de pied et les faire avorter; d'ailleurs, il serait inutile et même hors de propos d'engraisser celles-ci , elles en retiendraient moins sûrement dans le temps.
A l'égard du parc qui doit contenir les poulains , ce lieu étant inégal , ces jeunes animaux seraient contraints 9 en puissant, de monter et de descendre^
et de telles actions répétées ne peuvent que donner plus de jeu et plus de liberté à leurs membres. Si ^ au, surplus 9 le terrain est plus sec que les autres , il n'en est que plus convenable y parce qu'il est certain que les haras établis dans de tels terrains produisent y en général , des chevaux sobres y légers et vigoureux ; tandis que des poulains nés et élevés dans des lieux humides et dans des pâturages gras sont à la vérité plus grands y mais ils sont ordinai-^ rement sans vigueur ; ils ont presque tous une tête grosse et grasse y une encolure chargée y un corps épais y de grosses épaules ^ quantité de poils aux jambes y une vue &ible y l'ongle de mauvaise qualité y des pieds plats , disposés à devenir com* blés 9 etc.
Ceux qu'on élève dans les pâturarges moyens , c'est à dire qui ne sont ni gras ni maigres y ont plus de taille que les premiers y et ne sont pas le plus souvent moins nerveux. ,
Il serait bon encore de couper les parcs chacun en deux portions y pour y mettre des chevaux et des bœufs alternativement ; la fiente récente et l'urine du cheval amaigrissent et brûlent le fond du terrain des pâturages y qui dureraient bien plus long-temps s'ils n'étaient continuellement mangés par des chevaux; le bœufl es répare y il ne mange que l'herbe qui est grande y il coupe les grosses tiges y et détruit insensiblement l'herbe la plus grossière ; le cheval y au contraire , ne pait que l'herbe qui est tendre , et par conséquent celle qui est la plus près de terre ; il laisse grainer et
multiplier celle qui est ëlevée et dont les tiges sont dures ^ de manière qu'une prairie sur laquelle il a vécu n'est ^ après quelques années ^ qu'un mauvais pré ^ et que celle que le bœuf a broutée devient un pâturage fin. IL faut y de plus ^ qu'il y ait des eaux où les animaux parqués puissent aller s'abreuver ; ces eaux doivent être courantes ; celles qui croupissent et qui sont marécageuses sont non seulement malsaines ^ attendu qu'elles sont pleines de plantes qui s'y décomposent et s*y putréfient , et qu'elles contiennent une infinité d'ordures et d'insectes ; mais encore parce que les ckevaux qui y sont habitués souffrent quand ils en boivent de plus vives y tandis que , s'ils ont été accoutumés à celles-ci , les eaux molles qu'ils boivent ensuite prennent moins sur leur tempérament.
On doit encore observer que des arbres qui puissent leur servir d'abri sont nécessaires ^ et qu'il est de la plus grande importance d'arracher cous les troncs j tous les chicots y et de combler tous les trous qui pourraient se rencontrer dans les parcs.
Nous n'entrerons pas dans le détail des écuries qu'exigent ces sortes d'établissemens ^ soit pour contenir les cavales pleines y soit pour renfermer les cavales vides , les poulains non seulement sevrés ^ mais ceux de trois ou de deux ans, les étalons ^ les pouliches y etc. , ni dans celui des forges et des cours qui sont indispensables, etc. ; il suffit, pour l'ob* jet que nous nous proposons, de savoir, soit qu'il s'agisse de grands haras parqués , qui , pour l'ordinaire , n'appartiennent qu'à des princes , soit qu'il
s'agisse de haras résultant de la dispersion des ohevaux entiers dans les campagnes , qite les principes , en ce qui concerne la conduite à tenir pour avoir de belles productions , sont absolument les mêmes.
Du croiseinent des races.
De tous les animaux transplantés ou non y le cheval est eelui qui ^ sans contestation y semble dé<^ générer davantage y soit que l'on fasse plus d'attention à la beauté et aux qualités de cet animal qu'à celles des autres^ soit qu'en effet il s^altère plus sensiblement et plus promptement qu'eux , en communiquant sa forme et en se multipliant. Le premier moyen de parer à des dégénérations subites et in* faillibles a été suggéré par le raisonnement y et cou* firme par l'expérience ; on a pensé y avec raison , que le bon et le beau de tous les êtres animés étaient répandus par parcelles sur la surface du globe, et l'ou a vu que la portion de beauté dans chaque climat dégénérait toujours y à moins qu'on ne la réunit avec une autre portion prise au loin. De là on a reconnu chez tous les peuples de la terre la nécessité absolue de mêler les races ^ et de les renouveler souvent par des races étrangères; de là l'em pressentant des Européens y des Asiatiques et des Africains à donner aux jumens de leur pays des chevaux ara-^ bes y auxquels ces parties du monde sont principa* lement redevables des productions les plus distin^ guées y de là l'attention de pourvoir continuellement les haras les plus renommés de l'Allemagne y d'étalons barbes , turcs , espagnols , hongrois , ita-
iieiis ; de. là le soin qu'ont les Anglais de fournir constamment les leurs ^ à tous prix , des chevaux arabes, barbes , turcs , danois , etc. C'est ainsi que j dans chaque région , on a cherché à prévenir les abâtardissemens inévitables sans les croisemens j ainsi que l'avilissement de la nature , dont l'empreinte se défigure plus ou moins promptement, selon le. climat et la nourriture , parce qu'il vient enfin partout un ternie où la matière ^ dominant entièrement sur la forme ^ la change ^ l'altère et la vicie.
Cette vérité est si constante que ^ si on la négligeait long- temps , en cessant d'introduire dans un haras quelconque des étalons étrangers , les générations seraient éteintes, et c'est le point auquel la France semble être aujourd'hui parvenue.
Il faut donc chercher au dehors de quoi réparer la disette dans laquelle nous sommes en ce qui regarde les chevaux distingués et de légère taille , nous y parviendrons en nous pourvoyant d'étalons arabes, persans, barbes ^ turcs ^ espagnols ^ an* glaisy etc.
Des Chenaux arabes.
hea arabes sont, de l'aveu général, les premiers chevaux; cette race s'est étendue dans une infinité de contrées, et plusieurs de nos voisins la conservent encore soigneusement^ la tête n'en est pas-exactement belle ; on ne peut pas dire qu'elle soit carrée, mais les joues en sont trop larges; et comme, depuisMeur terminaison jusqu'à l'extrémité inféjrieure de cette partie , c'est à dire jusqu'aux lèvres,
elle est trop mince ^ ce défaut dans les joues devient extrêmement sensible^ et c'est le seul qu'on peut reprocher à cette partie capitale de l'animal.
Son encolure est parfaitement bien rouée et suffisamment fournie $ on y observe le coup de hache ^ mais il est précisément à l'endroit de la sortie du garrot, et non dans une portion de l'encolure même : du reste ^ le cheval est beau et bien proportionné, si ce n'est qu'il est un peu long de corps ; il est d'une taille médiocre, très dégagé^ plutàt maigre que gras, ses membres en sont admirables; nul cheval n'a autant de force , de nerf et d'aménité que lui ; il se nourrit très aisément et de très peu de chose : un demi-boisseau d'orge bien net lui suffit toutes les vingt- quatre heures, encore ne le lui donne- t-on que la nuit; on se contente de l'abreuver deux ou trois fois le jour ; il est peu d'animaux aussi bien soignés et aussi bien pansés , et l'on peut dire que les Arabes ne sont , à cet égard, imités par aucune autre nation (i).
Personne n'ignore, au surplus, combien ils sont jaloux de leurs races, qu'ils divisent en nobles et toujours pures des deux parts, et nobles et souillées par des mésalliances; enfin, en races absolument communes, et tout le monde est instruit de l'exactitude avec laquelle ils tiennent les registres les plus
(ï) On psut consulter, sur les chevaux arabes et sur les autres, ce que fai dit de Pintroduction des chevaux étrangers en France, dans V Instruction sur V amélioration des chevaux^ déjà citée. (£*•)
( 354 ) fidales du nom , des poils et de ia taille de leurs cbevauxy qui, comme nous l'ayons dit, sont, en quelque façon , la .souche et le tronc des chevaux les plys renommés; mais la difficulté est de s'en procurer- Se livrer au trajet considérable qui est à faire pour se rendre àConstantinople, à Alep, ou à Alezandrette , c'est n'entreprendre que la moitié du chemin qui conduit à la source pure de ces étalons ; on n'y trouve que des kuedich ou des chevaux i^ommuQS, qui, dégénérant toujours dans leurs lieux natals, dégénéreraient bien davantage quand ils seraient transportés dans nos climats, et ne vaudraient pas les dépenses énormes qu'ils occasioneraient; il serait donc essentiel de pénétrer très avant dans les terres^ d'outre-t-passer Mosul, et d'aller jusqu'à Bagdad ; mais les dangers de l'aller et du retour, le temps k y employer, vu la longueur de là marche, et les délais à y essuyer dans l'attente des caravanes, joints à l'incertitude du succès; les maladies qui peuvent survenir aux animaux achetés, le pouvoir de l'influei^ce des nouveaux climats sur leur tempérament, l'embariias et les périls des embarquemens ; enfin^ l'énprmité des frais d'acquisition et de conduite sont autant de points qui nous arrêtent, et semblent limiter nos achats dans la Turquie d'£u* rope , ou nous déterminent à nous en tenir aux étalons dont la recherche ne nous engage ni à parcourir les déserts les plus éloignés , ni à surmonter des obstacles, qui, s'ils ne sont pas impossibles à vaincre, sont du moins capables de rebuter; aussi, les arabes que l'on voit quelquefois en France ont rarement
été pris sur les lieux mêmes 9 ils ont été aehelés à Constantinople ou dans les environs : d^>ù l'on ddit conclure que ces cbevaus^ iie sont pa8\de eeux dfis races nobles, distinguées^eii Arabie, fiaiT: le. Aoin de kekhilan} ce sont tout au plus des .che vaux ^q'ue les Arabes nomment hatik\ c'est à^dire deé.cb^^ vaux d'ancienne race et mésalliés ,' parmi les^eis il est certain que les connaiaseura en .ont. trouvé d'aussi beaux que ceux de Ifi .première TAoe»:
Des Chéifaux persans.
Les étalons persans sont^ après les chevaw »arabesy les meilleurs cbevaux de l'Orient rilssént'în** finiment supérieurs aux barbes que «ous^ connaissons. Ceux qui sont élevé&dans 1«8 plaines ds Médie, de Persépolis sont, en général y excellens : la taille en est médiocre 9 mais la figure agréable; la tète en est légère , la croupe en est belle ; ils ont, à la vérité , pejLi de canon , mais la force du ^ tendon y supplée; leur docilité, leur légèreté, leur hardiesse, leur courage, leur sobriété, leur vigueur doivent les faire regarder comme des chevaux précieux. On en transporte beaucoup dans la Turquie, et l'on pourrait en tirer de Constantinople avec assez de Ëtcilité*
Des Cheoaux barbes.
Le cheçal barbe est asses froid et assez négligent dans son allure ; si on le recherche , néanmoins , on trouve en lui du nerf, de la finesse, de l'haleine; il est léger et prompt à la course; sa taille excède
rarement celle de quatre pieds huit ponces; oti a cfft observer en France , en AUemagne , en Angleterre y qu'il produisait plus grand que lui ; tandis qu'au con^rWire I0 cheval d'Espagne donne des productions d*pne «aille moins avantageuse que la sienne; son encolure est longue, fine, peu chargée de crins et tie^ «ortie du garrot j la tête en est belle et petite , assez sÀurent mocitonnée ; son oreille est belle et bien placée j ^e^ ëppules sont plates , le garrot en est décharné et bien élevé ; les reins sont courts et droits ; les flancs pleins j les côtes bien tournées ; la cirôui»'©«ttinip€u longue; la queue est placée un peu •tiiop haut;: les jambes sont belles, etc. Mais il est -rare d'avoir dans ce pays des barbes de la belle race ; .nbùsin'eb vayohp le plus communément que de celle qu'il serait à souhaiter que nous rejetassions, parce qu^elle est plus capable de ruiner nos haras que de
les relever.
Nous donnons d'ailleurs^ en général, le nom de barbes à tous les chevaux d'Afrique, comme celui A^arabes k tous les chevaux asiatiques, syrien», .égyptiens, que nous ne distinguons^ par conséquent, que faiblement de ceux qui sont nés véritablement dans l'Arabie pétrée, dans l'Arabie heureuse et dans l'Arabie déserte. Cette race barbe lire son origine des races arabes : la meilleure est celle dont les royaumes de Maroc et de Fez sont peuplés ; la province d'Hea , dépendante du premier, fournit des chevaux petits, mais excellens,^ ainsi que les montagnes d'Ëdvocal et de Meuser ; dansle royaume de Fez, la province d'Azgar, les montagnes de Bu-
( 357 ) t:liiues, de Bencimerassen^ de Mazetexze et le dé* sert de Gorée en voient naître d'excellens y mais lès souverains s'opposent à ce que ces races, vraiment distinguées 9 soient portées au dehors.
Des choraux d'Espagne.
Le beau cheval d'Espagne nous est assea CMinu t ses défauts les plus ordinaires sont^ d'avoir une tête^ un peu trop grosse et souvent trop longue , les reins trop bas , la croupe le plus communément comme celle des mulets, l'encolure un peu trop épaisse et trop chargée de crins , les oreilles d'une longueur dont la diilôrmité serait d'ailleurs plus sensible si elles n'étaient aussi bien plantées , le paturon trop long, le sabot trop alongé , et semblable à celui des mulets j les talons trop hauts , ce qui les rend assez sujets à l'encastelure ; mais du reste , le feu , la franchise , l'agilité , les ressorts , la cadence naturelle , la fierté , la grâce , la docilité , lu noblesse de ces chevaux doivent nous faire pisisser sur toutes ces considérations , d'autant mieux que ^ si les vices que nous leur reprochons peuvent accroître et augmenter insensiblement dans leurs productions ^ nous sommes très à portée d'y parer, en renouvelant plus souvent les races*
Du reste , les haras de ce royaume n^ont pas souffert autant que les nôtres , qui sont absolument ruinés ; ipais ils n'ont plus la perfection sur laquelle leur réputation était autrefois fondée (i). Quoi qu'il
(l) On peut consultçr, pour les haras d^ Espagne, i^. ua
an $oit y les yr^es races espcignoles sont celles dont les chevaux sont ëpais , près de terre , étoffés ; les plus renommés se trouvent dans l'Andalousie ; il en est enoore dan&la Murcîe et dans TËstramadure \ 2i l'égard des chevaux^ qui naissent dans le Cordouan , c'est une espèce de montagnards à encolure très épaisse | à corps court , à membres bien £>urnis ^ à pieds très beaux et très solides ^ d'une très petite ^taille et absolument in&illibles et in£itiga«bles*iiC|iii nous donneraient des chevaux très propre^ à monter nos troupes légères^
Des Cheçaux turcs^
XiO ckepal turc est originaire arabe y persan f tartare : il se nourrit de peu de chose ; il tient y en général , de la tournure des races auxquelles il doit l'être» Communément l'encolure en est mince et effilée j^ son corps a trop de longueur , ses reins sont tro|» élevés; mais quiconque apporte dans le .choix qu'il en fait des connaissance^ et des lumières dis^ tingne aiséi|ienl le tronc dont il est sorti et ne se trôf»pe point sur les espérances qu'il peut en concevoir^
Mémoire sur les chevaux de ce pays^ écrit en 1784 par JDon Fedrô Pablo Pomaff directeur d^ han^s, imprimé en 1789,4 IVf^^rid^ ûi*4^» 1^^* un autre ouvrf^ge du même, sur les caiLses delà détérioration des chevaux d* Espagne, imprimé aussi à Madrid, en 1793, in-4°; ?t 3^. enfin, ce que j'en ai dit, diaprés les observations de Gilbert, dans V Instruction sur 1^ amélioration dçs chevaux, ^éjà citée. 0.)
Des Chepaux tartàœs.
Lçs ckeQuux tartares sont d'une taille peu éle** vée; l'encolure en est longue ^ la tête petite; lea membres en sont fournis; le plus souvent, nëaumoins, ils sont trop haut montés; l'ongle en est extrêmement dur; accoutumes insensiblement à la fatigue et à la diète, et n'y étant assujettis que quand ils sont parvenus au degré d'accroissement et de force qu'ils doivent avoir, ils sont Capables du. plus grand travail » de la plus forte course et de la plus longue abstinence. Ceux de la petite Tartarie sont encore plus près de terre; mais les petitàTar* tares en font tant de cas, qu'il est impossible à tout étranger d'en obtenir et de ^'en procurer.
Des Chenaux hongrois et traiisihains.
Les hongrois et les transihains ne sont pas moins sobres que ces derniers ; ils sont rarement b^aux ; la tête en est le plus souvent carrée, la crinière longue, les flancs creux , le corps plus long qu'ii n'est haut, les naseaux plus étroits, ou moins ouverts^ et ils sont assez généralement dépourvus de chair ; mais ils suppléraient, pour nous , les chevaux tartares , pour en tirer une race très utile et qui servirait à la remonte de nos haras : il en est de même des chevaux sardes , de plusieurs chevaux des Ardennes , etc. ,
' Des Chef^aux allemands.
Les chéi^àwx allemands, et particulièrement ceux de la ibrêt du 'Hariz nous procureraient d'excei-
( 3iîo)
lentfes productions ; ils viennent dea chevaux turcs^ espagnols et barbes , aussi en participent-ils du côté de la figure; on leur reproche seulement, à l'exception de ceux qui vivent dans la forêt, de n^avoir pas assez d'haleine.
Des Chevaux napolitains.
La race napotitaine^ ne subsiste plus ; on distîn-* guait te chei^l napolitain à sa figure, à l'épaisseur de son encolure qui était trop considérable, à la hau« teur de sa taille, à la coupe de sa tête, qui était naturellen>ent busquée et d'un volume considérable, à sa noblesse , à sa fierté , a la beauté de ses membres et de ses mouvemens , et ces sottes de chevaux bien appareillés forment d'admirables attelages; le mauvais choix qu'on en a fait les o- jetés, en France, dans te plus grand discrédit j ils ont, en effet, ruiné et avili la Normandie : on avait très indiscrètement tenté d'en tirer race; mais, dans le moment présent, il n*en existe pas Je moindre vestige j Naples même s'est vu obligé, pour relever ses haras, de recourir aux chevaux polésinés.
Des Chevaux polésinês*.
Ces chevaux, nés dan§ un pays formant partie des Llats de Venise, sont de la plus grande beauté; rencoturéen est superbe, la tête parfaitement bien attachée et de la plus belle coupe, le garrot admirable, les épaules et toutes les parties de leur corps exactement proportionnées, la taille. très élevée; mais presque tous ont les yeux petits^! la câëe légè^
rement serrée; les mouVemens en, sont naturelie-» ment aussi libres et au^si souples que ceux du cheval d'Espagne le mieux exercé ^ ils en ont la cadence^ et leurs hanches en ont le tride i or^ces chevaux, unis à des jumens danoises, donneraient les productions les plus rares pour le carrosse.
Des Chenaux danois •
Nous pourrions encore en attendre de très helles des chenaux danois, non de ceux qui naissent dans le Holstein, mais de ceux que l'on peut tirer du Jutlandy de Tîle de Zélande et de là Scanie. Parmi ceux du.Holstein, les chevaux élevés dans les pâturages gras ont l'apparence la plus séduisante , mais pour l'ordinaire ils sont très mous et sans vigueur^ ceux qui sont nourris dans des pâturages secs ont beaucoup plus de ressource, et souvent aussi une figure plus. distinguée; cepe,ndant, le plus fréquemment , la cuisse en est longue et peu fournie, l'encolure cou];t0, et ils ont une multitude de vices de conformation , qui ne manquent jamais de passer à leurs prôductÎ99S et de les souiller. Le vrai danois est de ]^6ll0 taille et bien étoffe ; il a de la légèreté,^ des mouvemens , du courage et de la force; c'e^t celui que» nous dev<^ns préférer, et qui, d'ailleurs, a été ia fMç^mier principe des races cotentines «
Des Chenaux hoUandais.
Quel<(ue usage que liou^ fas^ons. des cheçaux de, la Nori^MeUandâ eXdeJFrise, ils ne sauraient être comparés pour la bonté et.la beai^téaux c^ai\ois et
aux polésinés. Â Tëgard des chetfaux flamands, que les maquignons vendent pour des cheçaux hoUan^ dais, ils sont fort inférieurs à ceux-ci; ils pèchent presque tous par une tête énorme ^ des pieds plats, des eaux aux jambes , etc. C'est par eux que les liaras du Vimeux , du Calaisis y du Boulonnais , de l'Ardrésisy dont on pourrait tirer des chevaux de carrosse et d'excellens chevaux de trait, ont totalement dégénéré, et rien ne serait plus pressant que de les bannir de nos étabiissemens.
Des Cheçaux anglais^
Les Anglais n'estiment et ne recherchent dans les chevaux que la célérité et la vitesse ; le cheval de la plus vilaine figure est l'animal qui est porté au plus haut prix, dès qu'il a gagné une ou deux courses : ce ne sont pas néanmoins ceux que nous devons préférer dans la circonstance où nous sommes ; car quelque haleine, quelque nerf, quelque légèreté qu'ils aient montrés , ils ne nous donnent que de très mauvaises productions, très difformes ; nous devons nous attachera ceux qui ont de la figure et des membres; il est parmi les chévaùît' dé' ceftte nation des chevaux issus d'arabes , de barbés «t croisés de turcs" : les premiers tiennent de leurb pèref les joues et la tête , les seconds la tête busquée oif moutonnée, les derniers la force de& membres ; il faut cependant convenir que cette force apparente dans ceux-^di en impose quelquefois miU k propos y êl>qpe , quoiqu'elle semble promettre ,» lès chè^a^x n'en $(ont ni moins faibles, ni moins dépourvus. de' vi-
gueur. Au surplus, la tête du cheual anglais e&t assez naturellement longue y ainsi que ses oreilles ; la taille en est plus élevée que celle des chevaux auxquels il doit sa première existence; il est, en général , fort , vigoureux , capable d'une grande &tigue, excellent pour la. chasse et pour la course; mais n'ayant aucune liberté dans ses épaules , nul liant dans ses reins, dont le cavalier sent à chaque temps de trot ou de galop toute la dureté, nulle souplesse, nul agrément, et ses pieds sont le plus' souvent douloureux.
Quant aux chepaux d^ Irlande , il en est de très boas , mais ceux-là sont rares; on les appelle com^ munément et assez mal à propos aubins, par la raison que leur allure la plus ordinaire est Tamble.
Nous pourrions encore nous fournir en Angleterre d'une race de chevaux dont les Anglais font fort peu de cas ; ces chevaux sont de la plus grande et de la* plus fi>rte taille, leur moule est en quelque sorte ce** lui d'un cheval de bronze , les membres en sont superbes et mieux fournis que les membres de tous les chevaux que nous connaissons, et il est certain que leur résultat serait une race aussi belle qu'utile en chevaux de carrosse (i )•
^mmm^m
(i) Depuis l'époque où BoûrgeltU écrivait cecij cette race a beaucoup perdu \ elle a^ à la vérité^ conservé s^, grande taille, la beauté de ses forofies et la force de sea membres \ mais elle a perdu ses jarrets et ses extrémitési inférieures. Je n'ai pas vu un de ces chevaux, pendant mon séjour en Angleterre, dont les jarrets ne soient tarés , et qui ne soient droits sur leurs boulets. Les vétérinaires an^laU
Des CheQattx français.
Si les haras n'ëlaient point parmi nous au point de dépérissement où ils sont, nous parlerions de l'avantage que nous pourrions retirer pour la multiplication et même pour la perfection de l'espèce , en chevaux de selle , des étalons limousins, desétalons normandsy et d'une infinité d'autres étalons que pouvaient fournir autrefois difjfcreutes provinces de France, telles que l'Auvergne , le B.oussillon ^ une partie de la Navarre, la plus grande partie de la générajlité d'Auch , le Morvan , le Bugey , le Forez^ etc. ; mais tous nos établissemens sont en quelque sorte détruits, et les races françaises sont ab-* solumeiit éteintes; le chenal limousin n'existe plusV pour ainsi dire , il a tellement dégénéré qu'on ne le reconnaît à aucun des signes et à aucune des nuances auxquels on le distingue* Le normand , plus étofïé que ce dernier, et ayant originairement plus de dessous> s'est abâtardi ; la beauté de ses membres semble avoir tQtalement disparu; et cette race, bien plutôt capable de service que le limousin^ toujours tcirdif daiisson accroi^ement et très lent à acquérir sa force, s'est, aujourd'hui, absolument démentie ^ un neJû^ede cette partie, 1^ une des plus petites de la France^ en chevaux de distinction , que des fruits informes' d'un acifiouplement prématuré et peu réflé-
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auxquels, j'ai eu occasion de communiquer mes remarques conviennent que ces parties sont à refaire dans cette race^ qui, au surplus, y a été importée de la Belgique. (JE'.)
chi , c'est à dire que des résultats de poulains de iletf t ans et de jumens Yieilies ou jeunes, qui leur sont appareillées indistinctement et sans choix.
Enfin f de beaux étalons de vraie race coteniine^ dont il nous reste encore quelques germes précieux, nous donneraient de .très belles productions en ce genre*
Des Dégénérations.
Mais ^ si tel est Tordre de la nature que les dégéné*rations de Tanimal dont il s'agit, transplanté ou non, sont inévitables, ne dégénérera«t-il pas aussi dans ses productions? Ne participeront-elles pas des influences de la nouvelle nourriture et du nouveau climat? Le développement de la forme ne changera- t-il pas peu à peu dans \e^ dégénérations? SiYeraipt^mXQ en. est pure dès la première, et qu'il n'y ait aucun vice de souche au moment de la naissance, le climat ne fera*^t*il pas diverses impressions sur le poulain dans l'âge tendre, et la nourriture sur les parties organiques dans le moment de raccroissement? Enfin, des germes de défectuosités ne se manifesteront-ils pas plus sensiblement dans la seconde? et, dès la troisième ou la quatrième , les productions pe serontelles pas purement françaises , et n'auront-elles pas la teinture absolue de notre climat? Il est certain que toutes ces dégradations sont infaillibles ; mais il ne s'ensuit pas de ce que \ts caractères de la première souche seront effacés dans les petits-fils ou arrière-petits-fils , et de ce que ceux-ci n'auront plus rien de semblable avec les animaux du pays, qu'on
doive exclure les étalons étrangm'S^ parce que des chevaux français ^ constamment prives de toute aU liance étrangère y s'abâtardiraient eux»mémes , de manière qu'il ne leur resterait rien des chevaux de la Nation^ et qu'ils pécheraient entièrement par des vices et par des difformités aussi essentielles que monstrueuses. Il faut donc, ainsi que par le passé et à l'exemple de toutes les* autres nations existantes ^ venir de toute nécessité au secours de la nature ^ jqui se dégraderait à Tinfini , et donner à nos- ravales des étalons étrangers ^ et à nos chevaux ^ s'il est possible , des jumens étrangères.
Que si f comme il arrivera indubitablement y leurs enians dégénèrent , il ne s'agira , de notre part ^ que de renouveler les races par l'acquisition de nouveaux mâles et de nouvelles femelles : telle est la marche qui doit être suivie , et qui est généralement adoptée ches tous les peuples*
Nous pourrions au surplus prévenir, avec quelques soins y la pi'omptitude du déchet de l'espèce. A peine léis étalons ont-ils été livrés par le Gouver- . nement ou par les départemens , ou ont-ils été approuvés ^ qu'on les perd en quelque façon de vue. Ils sont y pour ainsi dire y livrés , d'une part y à l'ignorance du peuple , Souvent à l'avidité de la noblesse, et constamment à la direction de l'inspecteur que là faveur a mis en place y malgré la plus grande incapacité de diriger et d'instruire (i); nulle étude de
(i) Quoique faie indiqué, autant qu'il lùV été possible, la différence du temps où Bourgehi^nifait k Pétat actuel
(367) la nature 9 nul égard aux diverses nuances^ nulle considération dans les appareillemens ^ nulle suite dans les opérations ^ nulle attention aux résultat» d'un million de mélanges perpétuellement in£rrmes et bizarres. Or, dans cet état, il est aisé de comprendre que, quand même nous prendrions et nous choisirions chez toutes les nations les étalons les plus rares , dès que les produits de ces diflerens troncs ^ d'ailleurs mésalliés du premier abord, seront à la première, ou , si Ton veut , même à la seconde génération f délaissés , perdus , confondus , et unis indifiéremment à des jumens de toutes sortes , san» égard à l'origine , aux tailles , aux figures , aux qualités, les premiers caractères, déjà altérés en eux^ seront bientôt effacés de leurs fruits, et ceux-ci, souillés d'une multitude de défectuosités acquises^ qu'ils communiqueront inévitablement et qui s'accumuleront de plus en plus, ôteront enfin jusqu'au souvenir le plus léger des souches précieuses que nous nous serions procurées* Il s'agirait donc, de notre part , d'être plus éclairés et plus soigneux que nous ne l'avons été jusqu'ici.
Des AppareiUemens.
Nous avons prouvé , i®. la nécessité de croiser les races, c'est à dire de faire saillir les jumens par des
des choses , il en est néanmoins quHl ne m^a pas été possible de changer, parce qu^elles peignent ce qui se passait alors, ce qui se passe aujourd'hui , et ce qui se passera encore par la suite. {Ê,)
ëtnlon$ de pays dlffërens du leur : eh eiïeiy pour avoir de bons grains et de belles fleurs , il faut en changer les graines ^ et ne jamais les semer dans le même terrain qui les a produites. De méme^ pour avoir de beaux chevaux ^ il faut nécessairement croiser les jumens nationales avec des étalons étrangers f ou les femelles de nos départemens méridionaux avec des mâles des départemens septentrio-* naux (i). Plus la température des climats où les étalons et les cavales ont pris naissance sera éloi-* gnée^ plus les formes seront parfaites. Un maie et une femelle transplantés d'Angleterre et appareillés en France ne donneront jamais d'aussi belles productions que si le mâle eût été assorti à une jument française ou à une cavale de toute autre nation. Il en est de même du chien et de la chienne: tout re* nouvellement entier de la race par le père et la mère du même pays hâtera les dégénérations. Dans l'union et le mariage de deux animaux de régions différentes y les défauts se compensent en quelque sorte, surtout si l'on oppose les climats. Le mâle du pays chaud compense et corrige les défauts ordi'^ naires à la femelle du pays froid ^ et vice versa, et le composé le plus parfait est le résultat de celui où les excès ou les défauts de l'habitude du père sont opposés aux excès ou aux défauts de l'habitude de la mère.
(i) Voyez ce qui est dit à ce sujet, et les faits rapportes en opposition à cette assertion , dans VInstniction sur l^amé» Uoration des chevaux, déjà citée , chapitre du Croisement des races, (É,)
2^« Hon seoletfient les races d(»yeftt être ctài$éeMp tnais il faut â^y^ardi/^r scrupuleusement les fij^ures et les qualités) à l'effet de réparer par les beautés de rétalon les difformités de la cavale ^ et parles beautés de la cavale les difformités • de Tétalony et A l'effet encore de ne|)as donner lieu à des produptions monstrueuses qui auraient leur ^source dans des accoupiem^ns disproportionnés. On n'unira donc point un petit cheval à une jument bien étofifôe et de la plus grande élévation} on proportionnera à' peu près les tailles ) on donnera à une cavale qui sera épaisse un étalon qui^ ayant un peu plus de finesse^ compensera cet excès* Si elle pèche cLans son avant* main^ on choisira, un étalon qui ait de la noblesse et d^ la beauté dans cette partie; si elle est d'une taille peu avantageuse y on tâchera d'en relever le fruit par un cheval un peu plus élevé qu'elle , .et ainsi réciproquement des autres dé&uts qui peuvent être en elle et. dans l'étalon, en s'attachianty pour approcher delà belle nature ^ à suivre et à observer des gradations et des nuances»
Nous obseirerons néanmoins ici qu'il arrive sou* vent qu'un bel étalon accouplé avec une cavale très belle ne dopne qu'un poulain médiocre ; mais en tirant race de ce poulain y très souvent aus^i sa progéniture remonte et ressemble aux ascendans. paternels et matei^iiels.
Npus dirons encore qu^ la jument ayant été le &uit d'un mauvais cheval , quelque admirable que soit l'étalon qui la couvrira , elle ne produira qu'un poulain qui ^ beau et bien fait en apparence dès sa
areniière jeunesse y dëclinerâ toujours en croissant j tandis qu'une cavale sortie de banne race donnera des poulains qui promettront très peu d'abord^ adaisqùi embelliront avec l'âge. Le premier poulain'y au surplus ^ n'est jamais aussi étofiFë que ceux que la cavale donne dans la suite ^ et en cela il <en est de la femelle du cheval comme de celle de presque tous les animaux. On sait que la première ventrëe de la chienne n^ est jamais la meilleure.
3^« Il faudrait nécessairement bannir et interdire les accquplemens incestueux , source funeste et fë- ^umde des promptes dëgénerations* Le poulain forme 9 ou non £>rméy sert sa mère y sa sœur; la poulii^ est servie par son père ; dès tors nulle compensation y nulle possibilité y nulle espéirance de ré^ parer, de diminuer les vices de l'émpreiAte origi*^ nairej ces vices ^ au contraire ^ augmentent et accroissent ton jour» par les alliances de sujets dans lesquels ils sont les mêmes; et si, comme nous venons de l'observer, le Yedouvellemfent entier de la race par le père et par la mère transplantes d'un même pays daps un autre en assure la dégradation^ combien une race perp^née par' là m^é famille y et toujours dans un' wéw^ lien, ne doit-elle pas s'avilir? . ^ -
L'altération des formes dans la succession des individus est telle y que bientôt il ne reste aucun ves-* tige de la première , et-let^ défauts d^origine y même les plus légers y dè^ la seconde génération sont con-* vertis en défauts monstrueux : lai preuve de cette vérité existe, d'une part, dams presque tous lea
chevaux q.ae nous voyons naître , etdel^autré, daiis la pureté constante des racea des chévs^uic aràii^è^* Cette pureté s'est non seulement tnainteAiie (>làir l'union dès figures et des qualités les plus pàrlkiteSy sans le secoiins d'aucun mâle et d'aucuÀé feinellè étrangers par ce que l'on appelle crôîsemensr^ mais par la. plus scrupuleuse attention à éloigner^-la tioii^ sanguinité dans les accoupléineiis ; et c^estaiiisi que ces peuples sont parvenus k ^ffranefiir' les rftce^ nobIes.de tout abâtardissement Jiendantdes sièélës'y et qu'ils cmt merJseilleusemeiit: opéré .ce que la liature «eule et, arbandonnée à ellé-mémé àdtaât été incapable dd &irô sous le ciel le plus (avoriisfé; Nôilà ne craindrons pas d'ajduitér $ci que là proscrî|>tibn de& alliances d'un même sang^ qiU a été èùvisagéev .dans les pays les plus' barbares , comme une loi jqu'elie a dictée^ à cônikîbué , de méine que le niél^ngp des naboAs. et les fréquentés migrations' des peUples>.â la conservation dés iraces. humaines'^ moins susceptibles^ d'ailleursy dès' impressions du climat et du sol, que les anims^ux qiii, non vêtus et vivant toujours u alimens non préparés y non défi» guf^s par liés appcéts^ et perp^uellemeut les mentes^ jpii sont. biiÇA plutôt tribiytak'aâ(qù^^l''liomme. * . 4i*- Oa doit scmtir.que toutes ce^s conditions , sahs lesqv^Qltjes il n'ea} pas-^ssible de fermer "d'élèves et de cqq^erïer deiJsdnnès et de belte^/races de cbeji^vi^;^,«xigenl2qàeiioiis suivions ks^ générations^ du iplpiq^ ^n 00 qui concerne celles des étalons de disiincfj^my et que non» ne noUsi en tenions pas i des fôWaoïfcà deaéuts vagues le plus souvent rédlgék
d'après des rapports faux^ et qui ont Cfa jusqu'ici bien plus pour objet la quantité que la qualité des productions* Il est certain ^ en efièt^ que les haras les plus renommés des difEken tes parties de l'Europe n'auraient jamais acquis la réputation dont ils jouissent y si l'on n'y eût été sévère observateur des uns (&t des autres de ces points s et comment aurait-on pu l'être 9 si l'on n'y eût consacré , dans des registres exacts et fidèles « les noms ou les numéros des éta^ lons.y les. haras d'où ils ont été tirés , les noms et les qualités des pères qui leur ont donné le jour^ les poils> les marques, l'âge, la taille, la figure des ufis -et des autres, le sigpalement et le lieu de la naissance des cavales auxquelles ils ont été unis, le jour ot^ la date de la saillie, celle du part, le sexe de la production donnée , etc*, et si ces mêmes pro^ ductions nées n'avaient été l'objet coétinael de l'at* tention la plus réfléchie pendant tout Je temps de leur développement, de leur accroissement, de leur entière formation^ etc. ? :,
ïiiL choix des £tatoris.
Il ne suffit pas. die n'apporter,, dans le choix et dans les achats des étalons^ qu'a v lès atteûtpôns que Ton donne à l'examen des chevaqxdont 6n'ne se propose pas de tirer racOéCeux-^ ci. peuvent être très capables, malgré certains défauts de conformation, d'un service utile;, mais ces dé£ïuts accroissant toujours dans les résultats, il serait dangereux de les passer dans les. premiers. Des étalons doivent être beaux, bien faits, vigoureux, de bonne race.
(373), de bon pajSy et joindre à un magnifique extérieur les bonnes qualités intérieures y telles que le cou-rage et la docilité; les chevaux qui pécheraient es-^ sentiellement dans les proportions seraient absolu- Bient k rejeter, parce que^ d'une part, les parties disproportionnées en eux le seraient encore davantage dans leurs productions 9 et que, de l'autre, si de tels vices ne nuisaient pas positivement aux pères , ils priveraient incontestablement les en&ns de toute légèreté 9 de toute liberté , de toute souplesse, de tout ressort y etc. Il faut encore prendre garde à toute disposition maladive sujette à être transmise, c'est h dire ne pas prendre des chevaux atteints de la pousse , de la morve ^ du tic provenant de la &i* blesse de l'estomac et non d'une mauvaise habitude ^ d'une altération des flancs^ de maux d'yeux essentiels, etc. Si^ par la génération , les bonnes et les mauvaises qualités naturelles ou acquises des pères et mères peuvent être communiquées aux poulains , à plus forte raison les dé&uts de conformation et les vices des humeurs doivent-ils se perpétuer. On ne doit pas y au surplus , croire que tout les maux qu'on a placés au rang des maux héréditaires le soient véritablement. Les courbes, les éparvins sont le plus souvent, dans l'animal, ce que nous appelons exostoses dans l'homme} ces exostoses peuvent provenir de causes internes et de causes externes : dans le premier cas, les pix>duc-« tions peuvent en participer; dans le second, elles peuvent et doivent même en être exemptes. Il en est ainsi de presque toutes les maladies ; mais.
1^ dj^tînctio» àû ces causes étaat fdrt difficile y la TQÎe la ()lus sûre est ,àe xie choisir ^t de n'agréer que des c^evau:i^ exactement nets..
I^a taille des étalons doit être ^ pour' les chevaux de se lie y de quatre pieds huit à dix pouces, et pour les chevaux de carrosse et de tirage d'environ cinq l^çds et ^11 delà I les uns et les autres mesurés à la chaîne. Il est ncan moins plus certain que l'on aurd^ en mesurant 4 la potence, la véritable hauteur de l'animal» aussi cette manière de mesurer est-t^elle pré^érab^e a l'autre. |>a chaîne,^passant sur la Impudeur plus ^u moins considérable du bras et d0 l'épaulç, est toujours plus ou moins infidèle, selon la grosseur de ççs parties; ce qui, dans les che--. vauA niêm^ les mieux faits, ajoute ordinairement deux pouces à la taiUe, au «lieu que la potence n'a point cet inoon^énietit , et donne rigôui^eusement ia degré le plus juste de l'élévation.
Xi'âge auquel V étaler peut être de service est, quaut aux chevaux fins, celui de six ans, et quan^ avix che^ftux de carrosse et de trait, celui de quatre fna I quatre ans et demi , ceux-ci étant ordinairemaot; plus tôt hors de >servioe que les autres s des ^Içns trop jeunes, et qui n'auraient pas acquis leuvs. fotce^, ne d paneraient que des productions, faibles ^t inajl constituées j et c*est, commç nous l'i^v^ns dit> l'otnission . de ce point qui a causé en partie, non çeulemi^nt la chute des haras dans h^ iNoipiapdie, itiais dans presque tous les dépar- Jl^niens où les poulains ^ les pouliches et les ju* JI^^QS ^ont sims cesse mêlés dans les pâturages «t
dans les parcQurs, Du reste ^ Us çheyaux bbd con* dMits, et bien ménages , et qui n'opt pas étalonné avant l'âge mûr, .Retirait servir long-tem|>s* On en a vu fournir jusqu'à dix-huit ans; mais, pour n^ pas souiller l0s haras de mauvais poulains, il faut nécessairement réiôrmer les pères dès qu'ils commencent à déchoir (i).
Les poils qu'on adopte de préférence pour les éia- Ipns sont un beau noîr , toutes les nuances de bai^ à l'exception du bai^brun fesses lavées; le poil alezan, à l'exception de l'alezan poil de vache, et si l'on admet quelques étalons dont les robes sont mé-* langées, ce ne sont que les poils isabelle et louvet^ pourvu que les crins et les extrémités soient noirs, et ceux qui ne salissent point les races , comme les gris de toute espèce, unis à des poils simples : toutes balzanes, toutes marques blanches, tout chanfrein blanc seront proscrits. Les étalons auront seulement l'étoile ou la pelote directement placée au milieu du front, peu étendue, dessinée par la nature et noii par aucune sorte d'artifice.
Les étalons doivent être tenus dans l'écurie taule l'année, et être toujours nourris au sec, une nour« riture molle les affaiblirait. Ils s'en.tretueraient dans les pâturages, ils s'énerveraient, rien ne pouvant les retenir, et ne pouvant être un obstacle assez fort
(i) Aristote rapporte qu^on a vu un étalon saillir encore à quarante ans \ il fallait Taider à lever le devant* Histoire des nnimaux , déjà citée ^ tome I , page âçS. — Les Anglais ont aussi quelquefois tiré un bon parti de vieux chevaiix de race , qu^ils on( fait saillir. (JÉ.)
pour les empéeher de courir ^aux jumeiH^ ils \t^ couvriraient toutes indistinctement , et Von ne pourrait disposer des races. Ils doivent pareillement être entretenus dans un exercice modéré^ nécessaire à leur conservation hors du temps de la monte ^ exercice qu'il ne &ut pas confondre avec ce qui pourrait être appelé traçaiL La nourriture qu'on leur donnera sera proportionnée à ce même exercice, sauf à les nourrir plus largement pendant la saillie ; mais on doit faire attention que le foin ne doit, en aucune manière^ leur être prodigué, la plupaît d'entre eux devenant poussifs lorsqu'ils ont passé uu certain âge , surtout quand ils mangent naturellement beaucoup.
Du choix des Jumens.
Ce serait travailler vainement à la perfection des haras, que de laisser couvrir indifféremment, par des étalons^ toutes sortes de cabales. Il est vrai qu^on est assez communément persuadé en France que l'étalon influe beaucoup plus que \^ fument sur la progéniture j mais, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, une erreur, pour être générale, n'^en est pas moins une erreur, et quoique celle-ci f&t fondée, en apparence, sur des faits et sur de prétendues observations, on doit penser que notre préjugé, à cet égard, n'est né que de notre négligence constante dans le choix des femelles, qui, prises dans un climat froid, mal entretenues et condamnées à de$ travaux pénibles, ne sauraient domineic dans la gé-* nération, dès qu'elles sont accouplées avec des che-
vaux distingaës^ tirés le plus souvent des pays chauds^ nourris abondamment et ménagés avec soin • Une égale attention aux jumens et aux étalons est donc d'une importance extrême.
Les capotes seront d'une taille plutôt grande que médiocre ^ elles auront de la beauté et de la noblesse dans l'avant-main ; le poulain tenant presque toujours de la mère par les parties antérieures ^ elles seront bien ouvertes, et elles n'auront pas le dé&ut, très ordinaire en elles, d'être basses du devant ; le coffre en sera vaste et le flanc large, parce qu'une jument plate, qui a peu de corps, ne donne jamais des poulains étoffés. Elles ne pécheront point par trop de graisse; on exclura celles qui seront mauvaises nourrices : ce vice est d'autant plus essentiel qu'un poulain allaité par une telle mère demeure toujours Êiible, petit et délicat, l'accroissement et la force du jeune animal dépendant de l'abondance et die la qualité du lait qu'il suce. On bannira irré« vocablement tonte Jument chatouilleuse , qui rue et qui frappe son poulain au moment où il se présente pour se saisir du mamelon, à moins qu'une telle Jument ne f&t d'une beauté singulière, et qu'on pût charger quelque autre awaJe de la nourriture de sa production.
On n'agréra encore que des coMles qui auront tous leurs crins ; le repos et la tranquillité dans les pâturages assurent bxxil Jumens une certaine quantité de lait, et l'agitation continuelle que leur occasiolient les mouches, surtout quand elles ne peuvent a*eB défendre, en diminue visiblement l'abondance }
on pourrait^ cependant^ en recéToir qui sèraîeot dë* pourvues de crins y si elles étaient d'une figure distinguée ^ et alors on aurait la précaution de leur mettre des fausses-queues ou queues postiches.
La stérilité bien prouvée est une nouvelle raison de rejeter une capale; mais il faut être certain que son infécondité provient d'elle-même y et non de Vé^ talon ou des étalons qui l'ont servie. En général^ les jumens trop ^asses^ trop jeunes ou trop vieilles ne retiennent point; il en est aussi quelques unes dont la matrice est mal conformée; on ne peut absolument en espérer aucun produit. Quant à celles qui sont dépourvues de tempérament^ elles ne souffrent famais l'étalon; on a ridiculement tenté et inutilement employé mille moyens pour exciter les désirs des cavales y mais le nombre des Jumens fécondes est assez grand) et l'entreprise de forcer la nature ne peut être que vaine et dangereuse. Il est^ enfin, des jumens qui ne sauraient porter leur poulain à terme celles ne sont donc , en aucune manière^ propres à la saillie , et ne .peuvent être destinées à la monte.
Quoique les jumens soient, comme les femelles de toutes les espèces, beaucoup plus précoces que les mâles, on ne leur permettra l'usage de l'étalon que losrsqu'elksaurontatteint quatre ans, «'il s'agit lie /ttmi0/t^ épaisses , et que locsqu'elles en a^post fitteini; pinq, s'il s'agit de jumens fines et légères ) les premières spnt formées plus tôt que celles-ci ; celles-ci portent et produisent aussi plus tard que les autres, car elles sont encoire fécondes à quator2^ et
même à quinze, ans, tandis que les cavales ëpaisses cessent de l'être à douze environ. Du reste, on ne peut attendre de U lemelle, comme nous Tavons dit da mais qui n'a pas encore acquis sa force, que des poulains d'une faible constitution, et Tonne peut espérer de celle qui est hors d'âge et qui commence à déchoir, que des productions de peu de valeur ; cependant j'ai vu sortir dejumens vieilles , par une , exception à cette règle générale, de très jolis poulains qui promettaient beaucoup.
Les poils ou les robes des Jurnens doivent être confermes à celles des étalons, et elles doivent être choisies saines et non viciées de maux qui, comn^e noqs l'avons dit et observé, peuvent passer naturellemeiit aux productions. Si elles ont été montée^ avant d'être préseiitées au cheval, elles en sont plus faiâles à la saillie et moins farouches 5 on en connaît, d'aiUeurs, la vigueur et la force. Enfin ^^ elles peuvent être promenées sous l'homme pendant qu'elles sont pleines, ce qui les maintient en santé et leur rend le part moins dangereux et plus aisé.
L'expérience a prpuvé que les cabales qui mangent le vert dans le temps qu'elles sont admises à l'étalon retiennent plus facilement que celles q^ut^ sont au £>in et à l'avoine dans une écurie ; elle démontre encore que celle qui a toujours été nourrie au sec, et que l'oa tient aux mêmes alimens aprèfit l'accouplement, ne peut, en général, fournir un poulain d'une certaine étofiTe, et n'a jamais, d'ail*» leurs,- une certaine quantité de lait. Le même inconvénient subsiste si elle est conduite dans les pà^
turages en suite de la saillie ^ soit que son estomac» kiit besoin d'être accoutumé à rherbe, soit qu'il soit nécessaire qu'elle devienne peu à peu insensible aux injures des mouches et dutemps>po.ur que spn poulain profite. Les yum^iu qui donnent les meilleures productions sont donc celles qui pâturent le plu& et qui sont le moins long-temps établées ; aussi ne doivent-elles être renfermées que lorsqu'il n'y a plua d'herbe^ et que les pluies froides surviennent ^ encore ne les renferme*t-on que pendant la nuit; on les sort pendant le jour^ pourvu qu'il ne pleuve p^ ; et quoique les pâturages soient alors très peu nourrissanSf ils conviennent néanmoins à des bêtes accoutumées à être dehors, d'autant plus que, dans l'écurie, on supplée au défaut de l'herbe par les alimens secs. On ne doit pas cependant oublier que la gelée des rosées leur est funeste, et que la pâture de l'herbe qui en est blanchie, cette gelée n'é * tant point fondue et dissipée, est une des causes da l'avortement.
J^e la Monte.
Le temps de Ia monte ^ c'est à dire le temps où l'on doit faire monter^ ou couvrir, ou saillir, ou sau-^ ter, ou ^^mr les jumens en chaleur , est depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin de juin* Ce n'est pas que plusieurs caviales ne deviennent en chaleur plus tôt ou plus tard, mais si les pre^ mières étaient couvertes , les poulains qu'elles donneraient, naissant en hiver et avant que les herbes eussent poussé, pourraient dépérir, vu la rigqeuv
delà saison et Timpossibitité de procureraux mères tine nourriture capable de fournir un bon lait ; et 4]uant aux dernières, elles produiraient dlans la chaleur^ et par conséquent dans un temps où les poulains, dès l'âge le plus tendre, seraient excessive-ment tourmentés par les mouches, et n'auraient pas celai d'acquérir toutes les forces nécessaires pour résister aux assauts de l'hiver qui suivrait.
Pendant le temps de la monte, on augmentera l'avoine aux étalons; il sera même à propos de leur donner une jointée d'orge très bonne et très nette ^ avant qu'ils couvrent et après qu'ils auront couvert. Dans le cas où ils refuseraient de la manger, on la mêlerait avec leur avoine ; on observera encore de ne les jamais abreuver, soit le matin ou le soir, avant la sailliey et on en usera de même à l'égard des jumens.
On ne doit £iire saillir les jumens que dans le plus frais de la journée ; quand même l'étalon au* rait delà vigueur, on ne lui demande qu'un ^aut par jour. S'il en a un peu moins,, on le laisse reposer le quatrième, et s'il pèche du côté de la force et môme de Tâge, il ne couprira qu'une fois tous les deux jours j il dissipera^ moins et produira davantage. Ainsi le nombre des jumens à &ire servir valie et dififôre d'après ces considérations, et il est certain que celui de trente-cinq jumens, fixé pour chaque étalon par lesréglemens des haras (i), est
excessif^ et ne pourrait qu'énerver les chevaux.
(t) Règlemeni du Roi et Instructions touchant i'adminis^
On choisit, pour le lieu de la saillie, un endroit garni ^e verdure y éloigné d'environ cent pas de l'écurie y et dont le terrain est uni, sec et solide ^ autrement le cheval et la cavale n'étant point fermes dans leur action ^ la monté pourrait être inutile ; on plante un ou deux piliers dans ce même lieu f pour y attacher solidement la jument avec un licou de cuir ou de corde 9 ou , ce qui est beaucoup mieux y avec un caveçon^ dans les anneaux duquel passent les longes qui, de chaque côté^ partent des piliers* Une partie de ce terrain doit être encore inégale à l'effet de faciliter le saut à l'étalon; et si la jur ment est plus hapte que lui ^ ùU le place dans l'endroit le plus élevé, et il profite de cet avantage; si elle est d'une plus petite tail^e^ oh la; range sur la hauteur par La même raison. Nombre de pç^sonnea font néanmoins saillir les jumens sans les attacher à des piliers , et en les Êtisa^t simptlBii<e;at tenir paf leliqou. . , . \
. Il estd^une importa|ice extrême 4.§ faire s^tUr plu^ d'une fois celles qui. o.n^;Un désir réel 4^ $'apfx»api^^ comme de ^ae pas adn^ettre it^diiféreaimeal lea oa^ valesen quf ce dçsir^at^faibjie^ou n'est qufapfia^ctnlta sans cette attentioi^ , aa emploietail trèis ieutilemeilt les forces des (^talons. ...
Les sigi^çs de chalefilr de la jument sie tirent die sooi lienni&scjfneQt cq^tinpet^ d». désir qu'elle a de s'ap^ prêcher du ])^^nier cheval qu'elle aperçoit | àa gf»*
I i / ' H I' ' I »f J !■ " 'i*' J il i l » I I I I II
tration de*s haras. du u^uum^. Mitm-r Imprim e r i e myttie^
1724, în^^"*, litre n> aft, XIV jp^a^<^ a, r * (
flement dé ja partie infèrleare de la vulve ^ de I^éxnîssioa ou de la stillation d'une liqueur gluante et blanchâtre^ que l'on appelle les chaleurs, et que les anciens anï nommée fdppomanes^iy
Les junokeas qu'on amène à l'étalon ëtant ferrées du derrière comme du devant^ on les entravera dans la crainte qu'elles ne ruent et qu'elles ne blessent le cbeval ; ce qui arriverait si elles n'étaient pas parfaitement eu chaleur, et ce qui arrive quel- .qu^fois y qitoique leur chaleur soit à son tertne, lorsqu'elles sont chatouilleuses ; on leur met y à cet effet, des entravons à chaque paturon àe^ efxtrë^ mités postérieures; des longes qui pirenn^nt dans l'anneau de chacun de ces entravons viennent se i^'oiser sous le ventre et passer entre les deux jambes de devant , pour être arrêtées autour de l'eiicolurQ au moyen d'un nœud coulanli, qui peut être iacilemenl 46fait en cas d'accident*
Il es^ une «autre manière plus sûre et moins embarrassante ; on emploie une sorte dé bricole qà*on met à la jun^ènt , cette bricole a de chaque cAté un anneau de fer, dans lequel on fixe, par un nœud coulant, chaque longe venant des entravons; ces longes ne sont point alors croisées, elles marchent directement à l'anneau du même c6te,'èt l^on'rié
»— 1 I I p^tm^mm^m \ \ I ^ l 1 1 1 1 1 « I i il I t i i l | W 'u
(]) Qh) peut lire ) pour tout ce qui.c<mcerae le» ^méi^nt»$ espèces àHhippomanes^ Daubenton, Mémoires d» r.4fia44w^ royale des Sciences , année i75i , page 293.; et 1753 1 page 392) ln-4^. — Histoire naturelle de Bi^on, déjà citée, in-4*> toine'lV, page 4^^* — Harimann, Traité des iaras , d^àr-clté , page 1 1 1 et sui vastes. (É.)
gêne dès lors nullement l'encolure de la jument , qui peut être portée en avant ^ ou reculer^ selon le besoin,, plus facilement et sans risques» Outre ces précautions, soit que la jument se trouve attgLcIiée k des piliers , soit qu'on la tienne simplement par la tête, si, par son inquiétude et son agitation , elle trouble et dérange l'étalon , on lui parlera , on la flattera ; on l'assujettira davantage en lui mettant un tors-nez ou des morailles, en cas de besoin, sauf à l'en délivrer dès que le cheval sera à l'œuvre. Il est essentiel encore de s'assurer de sa queue, qui pourrait être un obstacle à l'introduction j on l'at^ tachera par le tronçon avec une bonne corde qui répondra pareillement à un anneau placé , à cet effet , dans la partie de la bricole qui avoisine le garrot et qui y sera fermement fixée •
La jument ainsi préparée et dans l'attente, on conduira l'étalon, coifie d'un caveçon, de l'espèéfe de ceux que l'on pratique à trois ani|feaux, et qui sera garni. d(e sa sous-gorge } deux longes de corde seront attachées aux anneaux de côté, et tenues par deux hommes qui mèneront l'animal et qui lui feront décrire un ou plusieurs cercles autour dé la ca* vale ; lorsqu'il sera en état , on l'admettra à l'action, et on la lui.Êiciliterpi en dirigeant adroitement son membre, ^t^ea- le tenant, le plus fe rm e q u'il sera possible, par les deux pieds de devant. Les mouVemens redoublés et précipités de sa croupe , ainsi que du tronçon de sa queue, les efforts qu'il fera pour s'introduire plus avant , sont des signes d'éjaculation de sa part, auxquels on doit être très attentif.
plusieurs étalons sortant Souvent de dessus la jument sans l'avoir couverte de manière à produire. Ori doît^ au surplus^ à l'ëgard de ceux qui n'ont jamais sailli , choi^r poar leur premièK*^ monte , et pour leur premier saut, Aen jumens douces, faciles, et ayant déjà pouliné. J'observerai encore qne nombre de chevaux sont distraits et troublés par une trop grande multitude de témoins , et qu'il est prudent de n'admettre au congrès que ceux qui peuvent y être né^ cessaires*
On doit faire trèis aittentïon qu'il j a àes cb^vaus trop vigoureux^ qui opèrent avec tant d'action qu'ils enfilent le rectum au lieu de la vulve , et que ces sortes de coups sont toujours mortels ^ du moins si je m'en dois rapporter à un assez grand nombre de personnes qui m'ont assuré l'avoir vu ^ et à ce que j:'en ai vu moi-même. Le 2 juin 1 76$ ^ une jument^ appartenante à M. le G. D...., fut servie par un petit étalon danois très vigoureux^ qui enfila , comme j-e l'ai dit f le rectum. La bête fut saillie le lendemain par la vulve } elle n'avait témoigné aucun état ma-^ ladif, mais le lendemain elle mourut^ c'est à dire le troisième jour de l'événement ; on lui a trouvé la membrane interne de l'intestin déchirée^ emportée^ et gangrenée.
La promptitude de l'étalon y la tranquillité de la jument sont un présage de la perfection de l'œuvre de la génération. Il est des étalons qui se Êttiguent et se harassent en montant inutilement plusieurs fois sur la cavale) on leur mel des lunettes, ils se tourmentent moins. On doit en user de même à l'é-
gard de ceux qui se jettent avec fureur sur elle. Il en est d'autres qui s'élèvent du devant, qui font des pointes > de manière qu'ils sont prêts à se renverser ; dans qe moment y les hommes ou les palefreniers qui tiennent Içs longes du caveçon les tireront avec assez de force pour ramener le devant de ces animaux en devant et en bas* Us en useront de même, eu égard aux chevaux qui , dès le mojnent qu'ils aper^ivent la cavale , se portent de loin sur les deux pieds de derrière pour aller a elle ; on applaudit le plus souvent à cette marque de vigueur; on permet axx cheval de s'y livrer, et en une monte ses jarrets sont perdus. Quant aux étalons qui spnt leiits et qui demeurent un certain temps tranquilles auprès de la jument, on les en éloigne, on les promène autour d'elle, on les en rapproche ensuite peu à peu, et ils parviennent ensuite à la saillir. Enfin , à l'égard de ceux qui ont trop de feu et dé vivacité , qui se mettent en nage, et qui ,,par cette raison, ne peuvent couvrir, il est bon de les remettre à l'écurie , et de tenter de nouveau quelques momens après.
On ne doit jamais retirer de force l'étalon de des* sus la jument. Ce point, auquel on ^it trop peu d'attentioi^ , doit étrà considéré comme l'unique moyen de conserver long-temps les jarrets de l'anî>
-mal sains et nets. Prçsqiie tous les palefreniers employés pour coiiduire Kétalon à la saillie le portent et le tirent en arrière, pour, le faire descendre de dessus U cavale; dès lors ils obligent les jarrets, déjà fqrtement travaillés dans le moment. du saut,
'à de .nouveaux eiforts , aous lesquels hienlât ils suc-»
côlnbënt. De là la ruine subite de la plupart des . chevaux envoyés ou approuvés dans Tes départemens. Lorsque le saut est terminé ^ il faut , bien loin de rejeter le cheval en arrière, porter la jument en avant } ce qui est facile si le saut se fait à la main, c'est à dire si la^ jument n'est tenue que par le licou. Si la longé de ce licou n*est attachée qu'à un pilier, comme elle ne doh l'être que par un nœud coulant, la chose n'est pas moins aisée*. EnlLn, si elle est placée entre deux piliers, et qu'elle y soit fixée par des longes répondantes au caveçon qurla coiffe , ces longes devant tenir aux anneaux de ce même caveçon par de forts porte-mousqueton, il' Be sera pas difficile de les détacher, et elles le seront par un homme de chaque côté, qui, d'une main^ pre&sera sur le ressort de l'un des portet-mx^usque* ton, et qui, de l'autre, détache^ra la longe qui vient de l'entravon de son côté , et qui passait dans' l'anneau de la bricole*
Lorsque la saillie est terminée, on élable l'étalon; on le bouchonne exactement, s'il a chaud; on en abat la sueur avec le couteau de chaleur, s'il est en nage; on lui remet sa couverture* et on le laisse seul et tranquille.il est, en effet, très à propos de ne point aller dans son écurie pendant quelque temps. Cette observation indique , par conséquent, la nécessité de le panser avant de le mettre en action* On ne lui donne du fourrage , sa boisson et son avoine, avec la jointée d'orge, que trois l^eures après qu'il a' accouplé; quelques uns lui donnent l'avoine e|; Poi*ge sur-le*champ. • 'J
Il .serait à souhaiter^ pour la conservation Je Tétalon f dont on ne doit employer que très utilement les forces 9 que l'on eût, pour éprouver si la jument est en chaleur ou pour Texciter, un petit cheval entier de bas prix y que l'on nomme boiUe^en-train ^ et auquel on substituerait ensuite le véritable étalon. Au surplus y on peut se contenter d'avoir fait couvrir, avec toutes ces précautions, la jument, une seule fois, ou bien on la fera couvrir encore le len- 4emain matin; on la laissera douze ou quinze jours ensuite sans la ramener au cheval. Cet espace de temps écoulé , on la lui présentera de nouveau : si elle est en chaleur, elle sera couverte comme auparavant; si elle refuse l'étalon, si elle rue, on ne la fera point saillir, ce refys étant une preuve qu'elle a retenu : preuve cependant équivoque , car il arrive quelquefois que des jnmens pleines se montrent encore en chaleur*
Il est encore une autre manière de faire servir les cavales : on lâche l'étalon dans un pâturage bien fermé, avec la quantité de jumens que l'on veut qu'il couvre. On le laisse choisir lui-même celles qui ont besoin de lui et les satisfaire à son gré. Il est certain que de cette façon les cavales retiennent plus sûrement ; mais l'étalon se fatigue et se ruine mille fois plus tôt. Cette manière ne doit donc être employée que dans le cas où on veut tirer quelques productions d'un étalon prêt à réformer. Alors on lui donne le$ jumens qui n'ont pas encore porté et celles qui retiennent le plus difficilement.
Après la monte et à l'expiration de ce temps, on
remet les étalons à leur régime ordinaire ; on nVura garde de lés saigner quelque temps après, selon la pratique (Je :plusieurs personnes, à moins que quelques maladies survenues ne l'exigent. La déperdition qu'ils ont faite est asses grande : on pourra seulement les faire boire à l'eau blanche, et leur donner un picotin de son à midi ^ pendant huit ou quinze jours*
De la Gestation.
Dès que les cavales ont donné de«i signes qu^elles ont conçu y on doit empêcher qu'aucuns poulains ou autres petijts chevaux entiers ne les approchent; ils les échauffent et les font vider, surtout dans les premiers nokois de leur saut; elles en devieniient amou* reuses y elles souffrent même l'accouplement , quoiqu'elles soient pleines. U n'j a jamais cependsmt de superfétçition; on a vu des jumens produira deux poulains a la fois , et quoique- ee &it passe pour être rare, il y en a néanmoins assez d'exemples; mais lelles ne conçoivent point en divers temps / et elles ne portent point de fœtus d'inégale grosseur,- et qui naissent à des intervalles éloignés l'un de l'autre ; on peut ajouter à ce fait une foi entière ^ quoiqu'il contredise Thamcis JUartholin et Tonqueinada.'Ce& deux auteifrs ont inconsidérément rapporté l'exemple de deux jumens ayant mis bas une mule pleine d'une autre mule (i). Une semblable allégation
(i) Il parait qu'Antoine de Torquemada , moine espagnol , est le premier qui ait rapporté cette histoire dans son
doit élre de mêinis poids qtie celle de Ruini , qui jugehabilçm^ut du sexe de l'animal par le cAté que l'étalon a choisi pour monter la cavale (i); elle peut encore être pUoée ayec les diiférentes recettes pres« çrites pour obliger la nature à produire des mâles préf^ra^len^ent à des femelles , etc.
Tbu9 1^8 , soignes auxquels on peut distinguer les jumens pleines de celles qui ne le sont pas ne sont pas également certains. On n'en a des indices qu'après un espace de cinq à six mois, encore ces indicés- âp9j(*ils très fiàbleâ ^ du moins en ee.qui con" cerise 1^: |b|:pi.e ejçtérieure des caTalebqoif partent et pqplipqat tous les ans , car leur ventre est constamment aval^* Quoi qu'il en soit, lés miarques équivo" q^^s 4e la plénitude sont, i^* cet espace de temps élant (éçQulé', la facilité avec laquelle la jument s'€Jig|'4isse dans Tii^ver et le voluqae qu'acquiert son :0aQp; ^.. deux mois avant le part, la tensiop ,
Il 11 ■ ■ ■! !■ ^ 1 ^ ^ f'f " ' ' ' j ' . ' 8 ' [ < ' ' 1" *'* y ' ' ■ »"■*«*' i»^—^
Uexameron^ ou sue journées f\aQntçnant ï plusieurs, doctes discours sus aucuns poincts difficiles en diyçrsç§ <^çfefu:esf mis en /rancois par Gabriel Chappuys^Lyon\ i5dt)y i|i-8®, 6*. journée / page 453. Jean Êusehe Nierernberg, jésuite espagnol, la reporta dans son Historia naturcè , maxime pe^ regrinatf (ib^s XVI' distîncia. Antuerpiat , i6î5, tn-ibl.^ lib. Ylj cap.^.jy(>'PA^e 94 ) «ans en citer iHuiteur; et -3^. But*tholin, qui ne s'aperçut pas ^ue le aécpj^à nHjr^t ifaxt que copier le premier, en les citant tous deux • ^a,fit.<i^eii)c his* toires différentes. Voyez De insolitis partûs humani wis Dissertationova^HafnicB^ i664,in-8*jcap.XVl,pag, 1I7. CE,')
(1) Dell* infirmità del Cavallo,^ Boîogna , iSçS, îii-fol., iib. V, cap. IX, page 262. — Hippiatrique du S» If. de Françinî. Paris, 11607, *"'"4*i Hyre V, cfeap.IX, page 374. (É.)
la dureté, la grosseur des mamelles^ et l'avale-iDènt des flancs et de la croupe.
Quant aux signes univoques, ils se tirent du mouvement du poulain dans li6 ventre de la xaèrey mouvement que des yeux attentifs peuvent saisir quelquefois, surtout au septième ou huitième mois. Il est encore plus sûr de s'en assurer par la voie du fact. Faiteà trotter quelques momens la cavale, remettez-la ensuite à l'écurie , présentez-lui à man«< ger sur-le-champ , en plaçant alorâ votre main sous lé ventre , vous sentirez et vous reconnaîtrez le poulain, si elle est pleine (i).
C''esl par un intérêt tj?ès mal entendu qup près** que tous les particuliers, sans aucutie considération, outrent de travail leurs jumens pleines et celles qui allaitent, et les mettent à toutes sortes de services. Dès qu'elles ne jouissent pias d'une pleine pâture et du repos qui leur convient, quels fruits péut-oq attendre d'elles , et quels alimens peuvent-elles fournir au poulain qui les suit? Ëchë^uffées par lafetigue qu'elles éprouvent, l'animal qu'elles portent et celui
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(i) Il lestiui nioy^f)- certain de rccoi^aaître la plénitude de la jument, même à trois mois., c^est de porter la main dans le rectum, pour s'assurer par le tact de Pelât de la matrice ; mais ce moyen , qui exige beaucoup âe prudence et de douceur, et une connaissance parfaite de l'anatoiçie àeû parties de la génération. de la jument, dansUéta^t dj3<Tiduité eQiiim<9 dans celui de plénit:ude , n^ doit pas être employé inconsidérément ; il ne faut y avoir recours que dan^ quelques cas particuliers, comme, par exemple,, lorsqu'il s'agit de prononcer judiciairement sur l'état de plénitude ou de viduîté d'une jument. (É,)
(392) qu'elle^ allaitent en souffrent ëgalçment, etdemeu-' rent sans force et sajis vigueur. Celui-ci même, qui «'afîaiblit en courant après elle, est souvent, attendu la mauvaise qualité du lait dont il tire sa subsistance, atteint de la gale etd'une infinité d'autres mau^ qui annoncent en lui une dépravation de la masse. Ce^ pendant les propriétaires ne peuvent avoir en vue que le bénéfice qu'ils se proposent de leurs poulains : or, plus les productions seront p^rfi^tes, plus la vente en sera considérable*
Nous ne pouvons nous eip pêcher de bl4nier en* core ici l'usage de faire saillir les cavales neuf jours après qu'elles ont pouliné , sous le prétexte qu'elles retiennent plus aisément , et mênae qu'en mettant bas elles vident toutes leurs humeur^ impures. Cet usage est très nuisible, en effet, non seulement à la multiplication, m£|is( à I4 perfec^ipQ de l'espèce. En premier lieu, il n'est pa^ difficile de voir que, dans les haras ordinaires, ou cette pratique est en vigueur, toutes les jumeas qui ont été couvertes ne produisent pas tous les ans; à peine les deux tiers de celles qui ont été soigneusement saillies et ménagées donnent^elles , dans la même açnée^ des poulains* En second lieu, celles qui ont été remplies neuf jours après le part ne fournissent, à leurs poulains nés, qu'un l^it ^rouble et séreux; d'un autre côté, ces poulains, tétant continuellement leurs mères, enlèvent la meilleure partie de la substance qui serait nécessaire pour donner l'accroissement à celui qu'elles ont nouvellement conçu : ainsi , du partage des forces de la jument , mère
et nourrice ensemble^ et de l'impossibilité dans la^ quelle elle est, ayant à nourrir son poulain né et son poulain à naître y de leur donner autant que si elle n'avait que l'un ou l'autre à soutenir, il ne peut résulter que des productions misérables. D'ailleurs^ la fatigue de porter et de nourrir à la fois rend nécessairement les cavales vieilles avant le temps , et leur donne beaucoup plus tôt l'exclusion des haras. Dans les animaux , comme dans les végétaux , il est un temps de maturité limité et relatif à la durée de la vie de la plante ou de l'animal. Les cavales portent ordinairement onze mois et quelques jours. Le nombre de ces jours, anticipés sur le douzième mois, n'est pas fixé; on a cru qu'il était eu i:aison de celui des années de la jument : l'expérience a trop fréquemment démenti cette idée , pour qu'on ne l'abandonne pas à ceux qu'une aveugle crédulité conduit (i). Ce qui peut décider la promptitude ou l'éloignement du part est principalement le plus ou le moins de force de la circulation , la nature des
(i) Voyez ce qui a été dit à ce sujet/ principalement par G, S. Wintery Traité nouveau et augmenté pour faire race de chevaux. I^uremherg, i/oS, in-fol., chap» Xlll^p. ii3, et le U^bleau qtki y est joint. — Brugnone, TraUato deli& razze êe Cavalli* Torino, 1781, in-8**, page aao et suiv. — De la FontPouloti, Nouveau régime pour les haras, déjà cité, page 146. — Hartmann, Traité des haras, déjà cité, page 107 et suiv. — Tessier, Recherches sur la dut ée de lu gestation dans les femelles de plusieurs quadrupèdes. Bulletin des Sciences, par la Socié^ Philomatique, tome I, n**. 26, page 1 77 5 et Mémoires de l* Académie royt^le des Sciences de Vlrtstitutde France, année 1817, tome II, p. 1 et suiv. (-É.)
àiimens^ et Tëtat dans lequel a été la jument mère durant la portée; conditions qui contribuent certainement plus ou moins toutes à l'entière formc^tion du fœtus. Dès qu'il est parvenu au juste volume qu'il doit acquérir, la matrice se trouve extrêmement distendue; irritée par une sorte de divulsion que souffrent alors ses fibres y elle se conti'acte , et cherche, en quelque façon, à se débarrasser du corps qu'elle renferme : d'un autre cdté , le poulain se trouvant contraint et gêné , attendu ta plus grande compression qu'il éprouve de la part de l'utérus, comprimé lui-même toujours plus fortement par le$ muscles de la respiration , qui, par l'entremise des nerfs, participent violemment de l'irritation ressen-^ lie par la matrice, s'agite, se livre à divers mouvemens pour rompre les membranes qui l'environnenl, et se frayer une issue hors de l'étroite cavité qui le contient; C'est ainsi que commence le travail du part, et telles en sont vraisemblablement les principales causes. Il n'est pas douteux que les efforts de la mère sont incomparablement plus vifs que ceux du foetus, aussi est-il plus ordinaire de voir des jumens mettre bas des fœtus morts , que de voir des fœtus, sortir vivan s delà matrice de la jumçnt inorte«
De VAçortementp
Une infinité de circonstances peuvent donner lieu à la sortie du fœtus avant le terme prescrit par la nature 9 et ce part prématuré est ce que nous appelons açortemenL Des nlaladies aiguës ^t chroniques, des exercices violons, des fardeaux trop fourds à
tirer ou à porter j des heurts ou des coups sur les reins, 3ur1e ventre^ sur les flancs ; des herbes nui* sibles ou vénéneuses mêlées dans les alimens dont la jument se nourrit , la boisson d'une eau crue et indigeste; les injures du temps, surtout dans une saison rigoureuse 4 la gelée qui couvre les pâturages dont la cavale paît l'herbe , n'occasionent que trop fréquemment eet accident. Çu reste-, il est une infinité [d'autres causes intérieures auxquelles il peut être attribuée, et t(ou$ voyons que les juméns d'un tei|) périment lâche et mou sont plus sujettes à Vaifprtement que les autres.
Les signes d'un aifortement prochain sont le gon«^ flement de la nature et du fondement de la cavale ^ l'inquiétude avec laquelle elle se lève et se couche sans c^sse , la position de sa tête , qui est basse et penché^, la l^lancheuv et la sécheresse de sa langue, la tristesse^ la fièvre, le fiisson, une évacuation spimtanée d'une liqueur séreuse par les mamelles, l'çcoulen^entpu le suintement d'nqe humeur glai* r0use par le yagin]| ainsi que les mouvemens plus fréquens ^t moins forts du poulain lorsque la jument est assez avancée dans sa plénitude pour qu'ils puissent être comparés et seiotis. Tous ces symptômes, au surplu^y ne subsistent pas toujours; ils ne se montrent av^o tout cet appareil que selon le plus ou le mqins de temps qui s'est écoulé depuis la con*^ ccption^ 0t selon les causes qui produisent cet événement. D'ailleurs, il est des jumens qui avortent avec beaucoup moins d'apparence de douleur et de maladie ; communément, ce sont celles en qui l'u-
tëru8 ne saurait se dilater au point que l'accroissement journalier du poulain le demande , ou celles en qui l'adhésion des vaisseaux du placenta avec l'utërus n'est point assez ferme.
Quoi qu'il en soit , dès le moment où l'on redoute le part prématuré^ on doit mettre la jument dans une écurie séparée , et qui ne soit ni trop chaude, ni trop froide y ni trop humide. La saignée peut prévenir cet accident, principalement dans le cas où il est occasioné par des coups , par des exercices trop violens, par la fièvre, etc. S'il peut être regardé comme l'effet de quelques corps vénéneux , on a recours à des alexitères , tels que la thériaque dissoute dans le vin, ou à des remèdes délayans, selon la qualité chaude ou froide du poison, qualité qu'il est, à la vérité, comme impossible de reconnaître, mais dont on peut tenter de juger, en administrant d'abord les médicamens délajans, et en observant attentivement ce qui en résulte ; car, dès que la cavale paraît, au mojen de ces remèdes, moins tourmentée et plus tranquille , il impqrte de les continuer; si, au contraire, elle s'agite davantage, et si les symptômes deviennent de plus en plus formidables, on aura incontinent après recours à la thériaque. C'est ainsi qu'on doit souvent interroger la nature par de légers essais, en traitant des animaux qui sont privés de la faculté d'indiquer la nature et le siège du mal dont ils sont atteints.
Les médicamens astringens sont d'une grande ressource lorsque Vaçortement que l'on craint peut être imputé à. la faiblesse d'un tempérament natu-
( 397 ) rellemeht mou et humide^ ce dont on peut être assuré par le défaut de force et de vigueur dan^ la jument, et par la nature de la matière qui suinte du vagin.
Prenez': eau de Rabel (acide sulfuriqiie dulcifié)^
que Vous mêlerez dans la boisson ordinaire jusqu'à une agréable acidité; ou bien pfènez :. sang-de-dragon , terre douce de vitriol (oxide de fer rauge), de chacun un gros ; mêlez avec une once de dîascordium et suffisante quantité de miel , pour un bol, à répéter suivant le besoin. Ce remède est préférable aux charges et aux onctions dont les anciens faisaient usage. Du reste, les astringens seraient extrêmement nuisibles, i^. si Vaportement était très prochain, et si l'on n'avait aucune espérance de le prévenir; 2^. s'il avait pour cause la tension et la rigidité de l'utérus; 3^. si le foetus était mort. Dans la première et dans la seconde de ces circonstances , ils s'opposeraient à la dilatation de l'orifice de la matrice, et ils suspendraient ou empêcheraient une expulsion qu'il convient plutôt de hâter et de procurer, et qui est absolument nécessaire au sàlut de la mère et du poulain; dans la dernière, où l'aportentent serait inévitable, ils ne pourraient qu'augmenter la tension excessive de la matrice : d'où l'on voit qu'en fait de maladies , la connaissance des recettes devient meurtrière , si elle n'est jointe à celle de l'application.
Les signes de la mort du poulain dans l'utérus sont la cessation ou le défaut de mouvement de sa part, en supposant néanmoins un état de plé-
nitude avancée à un certain période ; les douleurs que ressent et que témoigne la jument , les frissons 4ont elle est atteinte, la puanteuf de son baleine, des évacuations fétides qui découlent du vagin ; et Ton comprend que si la nature n'opère pas elle-même la délivrance de la cavale^ on doit la favoriser par tous les secours de l'art, mais sans s'écarter de la prudence qui doit présider toujours à l'action de l'artiste.
La matrice est-*-elle réellement fermée? on est nécessairement obligé d'attendre, plutôt que de fatiguer la cavale par des tentatives inutiles. L'on-fice commencent- il à se dilater? il est bon de ne pas chercher à hâter la délivrance ; cependant , si l'on croit devoir l'aider et délivrer plutôt la mère , il faut en. venir à l'œuvre de la main. Il s'agit d'abord d'oindre celle dont on doit se servir avec de l'huile., ou quelqu'autre malière grasse et nouvelle; on l'introduit eiisuite dans le vagin jusqu'à l'orifice de la matrice , après avoir oint de même les parties de la jumedt. Lorsqu'on est parvenu jusqu'à cet orifice^ on y insère les doigts insensiblement et peu à peu » on augmente la dilatation avec ménagement et par degrés jusqu'à l'introdoction de la main entière; si l'on reconnaît alors que les membranes 'qui renferment, l'animal n'ont point été en^ tamées , ce qui peut être très aisémsent distingué et senti, car, en ce cas, on imagine toucher une vesr sie ballonnée , on les perce avec les doigts ; on se saisit sur-le-champdu poulain, et on le tire au dehors; mais cette opération, plus ou moins laborieuse
(099) suivant l'état dans lequel la mère et le fœtus se trouvent, ne doit être tentée qu'après avoir sollicité et invité la mère par des moyens divers à des efforts qui peuvent donner lieu à l'expulsion. Telle est y par exemple^ l'action de lui serrer plusieurs ibis et à diverses reprises les naseaux, à l'effet de suspendre quelques momens l'expiration; telle serait l'administration des sternutatoires^ et celle dé lavemens plus ou moins acres, faits avec des feuilles sèches de tabac (nicotiana tabacum) ^ le vin émé* tique (vin antimonîé), le sel commun ( mùria te de soude), etc.
Dans la circonstance où la jument, prête à mettre bas , serait surprise par une maladie formidable et désespérée 9 on pourrait ne pas abandonner le poi)«> lain à son sort et en entreprendre l'extraction. Il faut, pour cet effet, renverser la cavale avec toutes les précautions possibles, la coucher sur le dos et l'assujettir de manière à n'en pouvoir être blessé. On fait ensuite une incision cruciale à la partie moyenne et inférieure du bas- ventre; cette incision doit être d'un pied et demi environ, et se terminer aux os pubis. Si les gros intestins, poussés hors de la capacité par les efforts que susciteront les dou* leurs vives auxquelles la jument est en proie, se présentent 9 on aura soin de les écarter, et l'on apercevra bientôt l'utérus j on y pratiquera, mais avec beaucoup de circonspection, et dans la crainte de porter atteinte au fbetus, une ouverture qui répondra à la première j ou ouvrira aussitôt encore ' les membranes qui contiennent le poulain, les
( 4oo )
eaux qu'elles renferment s'épanchetont, et Ton retirera 8ur«le*champ l'animal. Le succès de cette en* treprise dépendra de l'attention qu'on aura à prévenir la mort de la jument mère ; plus on attendra, plus le foetus sera débile, et l'on a d'autant moins de temps à perdre , que si la cavale est morte, il est certain que le poulain ne lui survivra que de quelques instans*
Cette opération impose nécessairement l'obligation d'en pratiquer une seconde promptement et sans 4élai. Il s'agit de couper le cordon qui tient le foetus assujetti au placenta , et d'en faire la ligature ; on se munit d'une suffisante quantité de gros fil, que l'on plie en cinq ou six doubles de la longueur d'un pied, et que l'on a eu soin d'arrêter aux deux extrémités par un nœud fait à chacune d'elles. Le fil ainsi préparé , on lie le cordon à quatre ou cinq pouces environ du corps du poulain, de façon qu'il ne soit ni trop, ni trop peu serré; la ligature étant maintenue par des doubles noeuds, répétés à mesure des entortillemens , on coupera le cordon à trois pouces au dessous , et l'on observera que cette section ne soit suivie d'aucune effiisiou de sang; si l'on en aperçoit , on resserre les fils , et les trois pouces de longueur qu'on laisse en deçà serviront à placer une seconde ligature , la première étant insuffisante. Ce n'est que par cette raison que nous avons fixé en quelque sorte les mesures ; car, à quelque distance que soient faites et la ligature et • la section, la nature, sur laquelle on doit se reposer du soin d'achever et de perfectionner l'ouvrage ,
( 4ot )
bpère toujours la séparatîçn du cordon à sa sortie de Tai^neau ombilical et au niveau du tégument; cette séparation a lieu eïi boit ou dix jours ^ plus ou moins; qu doit graisser l'excédant du cordon avec du beurre frais, du saindoux > etc. On conçoit, au surplus , qu*il n'est question ensuite que de pro-curer au poulain les moyens de s'allaiter pour en« tretenir une vie que l'on vient, «n quelque &çan ^ de 4ui rendre^
Ucwortement n'est pas toujours funesffe à la cavale , il n'est pas même communëm'ent suivi de grands accidens^ il importe cependant d'user de précautix)ns etivers toute jument <jui vient d'avbrtar; on la tienxira chaudement et bien couverte^ dans l'intention de favoriser la transpiration , et on. lui fera observer pendant quelque temps un régime austère; on ne lui donnera que très peu d'alimens, et l'on préférera les plus légers; elïe sera abreuvée d'eau blanche, et si elle abondé en lait, il Êiudra nécessairement la traire, dans la. crainte que ce même, lait, porté aiix mamelles, ne soit refoulé dans la masse ^ et ne cause les plus grands désor^ dres;.au surplus, on a vu des jumens* être très long-temps infécondes après V apottem^nt , et tjuel« ques unes l'être toujours. Ce dernier fait avait, san$ doule., pour cause l'énormq dilàcération qu'avait souiFerte l'utérus lors de la séparation du placeata.(i).
Il I ] ■ I
(i) Yojez tout ce qui est relatif à Vovortement , par Flandrin . dans les Instructions et Observations sur les ma-»
ladies des animaux domestiques, ^ëjà citéiss , tome VI.,
dleiixîè me partie. (£•)
Du Part.
Quand le Urme de pouliner approche, et qoé la délivrance de la jument s^annonce par le grand ai^ £iiss0ment du ventre , par le rëtrécissemeftt de» eûtes ^ ou plut^ dés âancs, par sa pesanteur^ par sa difficulté à marcher, etc. , elle doit être placée seule ^ s'il est possible y dans une ^curie sans y être attachée , et on doit lui faire une bonne Htière.. Du reste , on peut , relativement à la jument et aux femelles des animaux, distinguer, comme dans la femme , trois espèces àe parts, te naturel , le difficile et le contre-nature. Le part naturel est celui dansle(|uel le poulain se présente dans la position o{i il doit être; le difficile' ou laborieux est celui dans lequel, quoiqu'il se présente bien, il a une peine extrême à sortir } enfin, dans le part contre-'^ nature, le poulain présente mal la partie qui doit s'^ofj&ir à Touverture de T utérus,, ou en présente toute autre. Lia position du ibetus dans la matrice de la cavale paraît, donc pouvoir éprouver les même» variations que celle du fiaetus dan& la matrice de *la femme. Cependant, on pourrait établir ici anatomiquement et physiologiquement des différencessensibles ^ connues au^ élèves qui sortent des École» vétérinaires^ et qui prouvent que, quelque peu fréquens que soient , en général, les accouchement contre-nature dans la femme, h^pœrt de cette espèce est infiniment plus rare encore dans la cavale» La plus grande facilité du foetus humain à prendre diverses positions, la situation perpendiculaire de
Ba mèrç y la sienne même ^ le saut âui^ûel il est cou* trainl, les mouvemens diffërens et multipliés de la femme couchée » assise ou debout, la conformation de sa matrice , le mauvais régime qu'elle suit y le peu d'exercice qu'elle fait y la mobilité du genre nerveux en elle> ses passions , les diverses agita*tions de son^ame, l'usage fréquent du m&le^ dont les approches continuelles oocasionent 9 selon qu'elle est plus ou mmns sensible et d'un tempérament plus ou moins ardent y des secousses plus ou moins vives à l'utérus > ne permettent aucune comparaison^ et lavent la chirurgie du reproche inconsidéré qu'on lui fait en niant la nécessité de son aide y sur le fondement de t^aisance avec laquelle les femelles des animaux mettent bas sans le moindre secours.
Le part naturel n'en demande aucun; mais on doit faire attention que nombre de cavales, dans cette circonstance, sont, en quelque façon, distraites par la présence des personnes qui peuvent se tenir dans l'écurie, où elles doivent avoir été laissées en liberté.
Le part laborieux: et difficile peut être tel par le volume du poulain, ou par la débilité de la mère, quelque£)is par l'une et l'autre de ces causes; la débilité de la mère s'annonce par des signes faciles à saisir; on ne saurait j être trompé si la vulve étant entr'ouverte, et l'écoulement de sérosités ayant lieu, elle ne souffre que des épreintes légères, qui prouveiit évidemment la faiblesse de la contraction dfe l'utérus; on aura- recours alors à des reinèâes confortatifs. Dans lè cas du volume dispro-
portionnë du poulain^ la mère est infiniment plus malade y elle, est en proie à deyiyes douleurs; lea eilbrts yiolens qu'elle fait sont iinpuissans et ne peuvent hâter sa délivrance. I#es layemens émoJliens. qui dégagent le rectum des excréniens qui pourraient gêner le passage; des onctions d'huile douce faites auyagin et à l'orifice Utérin doivent d'abord être employés; et s'il iaut en venir à l'introduction de la main y ou à celle de quelqu'iastrumeut pour l'extraction^ la circonspection et les. lumières qu'on doit apporter à cette opération sont trop peu communes pour qu'on puisse s'en rapporter au premier téméraire qui se présente. L'homme consommé daû»
l'étude de l'art est le seul qui mérite quelque confiance. Du reste, on ne doit agir qu'autant que l'oa voit l'insuffîsance des efforts de la jument; et le temps de l'introduction de la main et des instrument est toujours celui de l'intermission de^ épreintes f comme celui de manoeuvrer à T^^et d'extraire le poulain est constamment le ten^ps auquel les douleurs se renouvellent. En ce qui concerne l'extrac-*^ tion du poulain mort, et l'action de rjbtourner le foetus dont la positipn dans l'antre utérin est vi-r cieuse,.on ne pourrait ^'en rapporterde même qu'à des vétérinaires parfaitement instruits et éclairés.
Quelques personnes ont pensé que, dès que la jument a mis bas, on doit en éloigner le poulain^ au moins pendant dix à douze heures, de crainte qu'en la tétant aussitôt qu'il est né , il ne se nourrisse d'un lait séreux et mauvais ,. dont on a même cru qu'il importait de décharger la cavale> en la
trayant comme o a fait des Taches. Nous ne saa-' rions nous persuader que, d'un côté, la nature ait donné au poulain, dès l'instant où il voit, pour ainsi dire, le jour, l^nstinct de se saisir du mamelon, et que, de l'autre, il ne puisse en tirer qu'une nourriture nuisible. Cette mère commune ne tombe point dans de pareilles erreurs , et il est à présumer, au contraire , qu'elle n'offre au jeune animal ce lait clair et séreux que pour le purger de la matière dont ses intestins sont remplis, et qui , semblable par sa Gouleur au suc de pavot, a été appelée, par cette raison, meconium».
La cavale ajant mis bas, il est important de la te«r nirhuit ou dix jours dans l'écurie; on l'y noiirrira abondammrât; on lui donnera le meilleur foin^ du son de froment, de l'orge grossièrement moulue, et aa boisson sera de l'eau blanche légèrement tiède } lorsque cet espace de temps s^a écoulé, on paurra la conduire à l'herbe avec son petit. Il est à souhaiter que les pâturages ne soient pas d'abord trop éloi«vgnés ; pour peu que la distance ftit longue, le pou» Jain serait fatigué , et il pourrait arriver qu'insensiblement il se situerait mal sur son devant, etquj3 ses pieds se tourneraient en dedans ou en dehors j on doit encore avoir attention de ne le point çxposer ^^ux vents froids, et à la pluie.
Des Poulains»
Le temps de sévi r les poulains n^a pas encore été. uniformément déteVminé: les uns le fixent à trois inois, d'autre^ à cinq, à six, ou à sept pour le plus
tar^y et d autres «oeore àoDzeou douze. La pre-« mière opinipti n^eat fondée sur aucun raîsconement ; las partisans des deux autres sentimeos attestent chacun Inexpérience « Ceux qui ont embrassé le premier et qui permet teat de laisser téter le poulain jûsquVaa février^ si la m^uite de la )ument dont il est uneproductioD n^a pas été hâtive ^ avancent que rmtîmal qui a été i^llaité aussi long-temps ne vaut ^mais autant que oelui- qui a été sevré plus tât, qiAoiqu'il pret»ne Qi^dioairement plus de ehair et plus die corps^ Zjies derniers soutiennent ^ au con<» traire^ que la plupart des chevaux ne sont aussi tar-« difs que par rapport à la trop prompte privation du laît; et ils ajoutent que^ j'iis tètent jusqu'aux herbes > ils sont aussi Ibrts et aussi ca{>at>les db ser» ^ice dèsTâgede quatre oucinq ana^ qu^i^ le aont lorsqu'ils oiit a;tl6int celui de huit années. Voilà des questions de jfaits sur lesquels de nouveaux essais peuvent léclairéT. Kous ne céderons point, en atten-i dàat| â ridée que Ton voudrait nous donner sur la formation accélérée du cheval ^ dans le cas où Jl n'aba»dohne le mamelon que onze ou douze moia apxés sa naissance j nous sauvons qu'elle dépend esseAliellement du climat, de Tair^ des alimens, du terrain, ain^ que de la race; car des chevaux épais acquièrent, ainsi que nous l'avons déjà dit^ plus tât leurs forces que des chevaux fins et légers; on peut croire aussi que, dans certains pays, des, poulains sevrés à l'entrée de l'hiver et mis à une nourriture dvure et sèche eja recevront un notable dommage; si leur bouche, encore trop tendre, ne
peut broyer le foin, iU n'en mangeront que très peu et maigriront inévitablement^ de manière que, l'été suivant, à peine pourront^-ils se remettre*
Quoi qu'il en soit, en consultant la nature, et abstraction &ite de la domesticité de ces animaux, il n'est pas douteux que le petit, errant avec sa * mère dans les champs ou dans les forêts , ne renoncerait à la mamelle que lorsque la jument ne voudrait plus l'admettre à la succion ; mais si , parce que riiomme a su les mettre l'un et l'autre sous sen entière dépendance , il a le droit de les gouverner à son gré , il n'en d<^t pas moins considérer qu'il importe de ne ravir à l'animal un aliment proporportionné à Ijsl faiblesse de son estomac, q^ue lorsque ce viscère a acquis une sorte d'habitude, et est dévenu capable d'en digérer de plus solides. On exa-* minera donc attentivement l'état du poulain, et selon qu'il sera faible ou robuste, il sera sevré plus tard ou plus t6t. Du resté, le terme de trois mois ne saurait suffire dans aucun cas, le terme de six mois est le délai le plus court qu'il soit possible de fixer; peut-être que ce même délai ^ communément adopté pançi'nous, n*a obtenu la préférence que relativement au mauvais usage dans lequel nous sommes de faire saillir les jumens toutes les années, et à l'attention que, dès lors, nous croyons être obligés d'avoir de ne pas les laisser allaiter sans inter-^ ruption durant tout le cours de leur portée.
Il éèlt des poulains au dessus de six mois, qui malgré l'abondance du lait de la mère, dépérissent chaque Jour. Cet événement peut être attribué à
( 4o8 > difiérentes cau&esqui résultent ài^s poulains mêmeSf^ ou des jumeus auxquelles ils doivent le jour. Eu égard aux premiersy la source en est souvent dans, une constitution n^turelietnent faible, dans un estomac naturellement débile , dans une disposition héréditaire, d'où naissent. des vices que l'art et le sa-» v.oir le plus profond ne saui^a^ient corriger^ un état réellement aiala;dif, un lait gluant ^t grossier, et de telle qualité qu'il Ae pourra que s'épaissir, ou un lait qui ne présentera 4ju une sérosité blanchâtre,, dans iaquelle'nagcront les parties casç^uses, telquecelui que peut fournir une jument pleine, seront, ei^ gënér^^l, de la part des nourrices^ autant de cir*. constances nuisibles aux petits ; on n^ peut tracer^ à çc^t égard , de règles inyaiiables} nous dirons , eu générai, que plus l'estomac du poulain a de peine à digérer, plus on dmt s'efforcer d'entretenir le lait dont je jeune animal $e nqurrit dans les coiiditionfii et d^us^ la consistance requises. Si les s\kç^ digestifa soiit viciés en lui, on emploiera les plus lég^j^s purgatifs, çt çn préviendra ensuite la coagulations qui n'est que trop ordinaire en. pareil cas^ en lui administrant de teiQp^ ep temps, à jeun, une pc^ud^^e faite de craie de Briançon, de bol d'Arménie, et d'os de moutons calcinés, de chaque devix grqs; si on le veut^ on peut incorporer cette ppudre d^^nsi du miel« Quant à la jument, op doit se conduire çelon les indications que l'on peut saisir; s^'il ne s'agit que de rendre à sou lait, d'ailleurs abondant, une fluidité convenable, et d'adoucir en eUe le sang et les hut» fnçur^, on lui donnera, tous les matins, à jeun^ uno
( 4o9 ) once de poudre de racine de vipérine (echium vut^ gare)i de réglisse (g^cyrrAiztf^/aira) et de semencp de fenouil (aneihum fieniculurn) j dans une jointée de son légèrement humecté.
Sevrer un poulain^ c'est, comme on le sait^ le séparer de sa mère, et substituer des alimens solides à la nourriture fluide à laquelle la nature Ta d'abord habitué. Ce changement subit occasionerait inévitablement une révolution, s'il ne se faisait avec précaution et avec prudence. On place donc ranimai que Ton sèvre dans une écurie différente de celle qu'habite la cavale qui l'a produit ; on observe que ce lieu ne soit ni trop renfermé ni trop chaud; parce que Xe poulain pourrait devenir ensuite trop .sensible aux moindres impressions de l'air; L'auge et le râtelier ne doivent point être trop élevés y il est même plus à propos de n'en faire aucun usage dans la distribution 'des alimens que de nécessiter réanimai à lever considérablement la têtej ce qui peut donner lieu à la difformité de son^ encolure. On lui doinne d'abord du son deux fois par jour et une très petite quantité de foin fin et choisi, &auf à l'augmenter à mesure qu'il acquiert de l'âge; du reste, on ne l'attache point; son écurie doit'âtr^ garnie d'une bonne litière, que l'on renouvelle souvent; on ne le panse point, et on ne lui permet pas de sortir, à moins qu'il ne témoigne aucune inquiétude et aucun désir de retrouver et de rejoindre sa mère : alors, et seulement dacLS lé beau femps,^on peut le conduire auxpâtuff^ges, ^)[ais il est absolument essentiel de ne jamais
(4to )
le laisser paître àr jeun j si on ne lui donne le son ^t si on ne le &it boire une heure au moins ayant de le -mettre à Therbe , il sera atteint de tranchées violentes^ et c'est ainsi que^ dans plusieurs départe* mens , on perd chaque jour des élèves.
Non seuiçment les poulains forts d'une année peuvent être abandonnés tous les jours dans les prairies 9 mais il serait bon de les j laisser coucher, a'il était possible , durant Tété et jusqu'à la fin d'oc* tobre* L'expérience et la raison nous apprennent que les cbeviaux élevés et exposés ainsi à; l'air sont plus vigoureux et plus durs au Iravail #t à la peine • Il faut encore avoir attention de ne pas leur laisser paître le regain; cette herbe, trop fine et trop délicate ^ leur donnerait uin dégoût pour le foin > qui doit être dans la suite y et dès le second hiver, leur prin<^ cipal aliment.
Ilestdes/'OttiaifU'extrémGiiient hauts «ar jambes et qui se les ruinent en quelque manière*| ôu qui sont contraints de tourner.leurs pieds en dehors pour pouvoir atteindre à l'herbe , et pour paître avec plus de facilité. Ils y sont surtout obb'gés lorsque oe dé- &ut est joint à celui d'avoir l'encolure trop courte. 21 n'est d'autre moyen de parer a cet inconvénient que cel ui de ieOr fournir le vert dans i'écurie, pourvu^ toutefois y qu'Us soient d'une certaine race y et qu'on puisse en concevoir d'heureuses espérances.
Selon que les élèves ont profité , ils s'échauffent plus tôt ou plus tard auprès des pouliches et des jumens : les uns commencent à se fiitiguer dès l'âge d'un an y les autres a deux ans^ deux an^ et demi;
dès que l'on s'en aperçoit, il faut fiécessairement les en éloigner; sans cette précaution, ils s'énerveraient pour toujours. Les prohibitions renfermées dans les réglemens des haras (i), concernant leur mélange dans les pâturages avec les pouliches, les jumens, les ânesses, etc., seraient certainement inutiles à qui connaîtrait les avantages que des poulains exactement soignés rendraient infailliblement dans le commerce qu'on en peut faire.
Rien ne contribue plus à la beauté de la queue que l'action de la tondre dés que l'animal a atteint environ dix-huit mois. Cette opération, répétée plusieurs fois, est un nloyea sûr de la garnir de crins, de l'épaissir et de la fortifier, /le manière, qu'ensuite elle résiste beaucoup mieux au peigne.
Le poulain^ parvenu à son second hiver, sera rap« pelé dans l'écurie ; on l'y nourrira de foin , de son et d* avoine moulue. Quoique le grain ne doive lui être donné qu'en petite quantité , il deviendra plua large et plus étoffé que s'il n'était entretenu qu'avec du foin seulement, et il en aura beaucoup plus de vigU:eur; ce n'est pas qu'il ne doive être conduit le jour dans les pâturages, mais l'herbe qu'il peut paître dans cette saison ne saurait lui suffire. On ne doit point, au surplus, l'expioser au grand froid et à de fortes pluies ; il faut ne le faire sortir que tard le matin , et le faire rentrer le soir de bonne heure.
Si l'on s'en rapporte aux idées de quelques per-
(i) Règlement cité , titre Y, article XII ^ pages 3oet 3i ^ t% Mémoire du Conseil^ article XX, page /19.
C 4iO
tonnes ) \e poulain doit être hongre à l'âge de trois mois y et même à deux mois et demi; mais malkeu-^ reusement pour elles, les testicules , dans ce temps^ ne sont point aperçus et sont encore logés dans l'abdomen, à l'endroit même de l'anneau du muscle grand oblique (i); ce n'est que peu à peu qu'ils trayersent cet anneau et qu'ils descendent plus tôt ou plus tard. Quoi qu'il en soit, on ne doit pas se bâter de pratiquer cette opération, qui, d'ailleurs, ne doit être.faite qu'aux poulains sur lesquels on n'a aucune vue pour en tirer race. On ne doit les cou-r per qu'à deux ans ou deux ans et demi, parce qu'a* lors ils auront acquis la force nécessaire pour souf-« Irir cette an^putation. Il faut aussi observer que le jeune animal ayant la croupe assez fournie, mais Tencolure effilée, doit être bongré plus tard que celui dont l'encolure sera forte et la croupe mince y. )e corps s'épaississant toujours de plus en plus dans. les poulains qui n'ont point été opérés.
L'opération de couper les pouliches a, dit- on, été pratiquée , elle est môme prohibée par le règlement des haras (2); mais je ne vois pas qu'on ait jamais été d'accord sur la partie qu'on enlève à la femeUe à qui Ton veut ravir la faculté de désirer le Coït et d'engendrer. Plusieurs auteurs, entr'àutres u^mtate, Ferheyen et Barbette ^ prétendent qu*on lui coupe quelque chose de l'utérus j T. Bartholin,
(ï) ''Vù'y&t'tê'Pfécis anatomîque du corps du cKevdl ^ dëj^ cité, tome H, page 116.
(3) TitreY, firt. Xf, page 3o.
Peyev et Schurigitis soutiennent qu'on lui amputa les ovaires, ce qui serait assez difficile, ff^ienu avance néanmoins qu'un châtreur crut devoir pri« ver sa propre fille de ces parties (i).
Jusqu'à ce que le poulain ait acquis trois ans et demi ou quatre ans^ on doit suivre ce qui vienl
(i) Les ovaires, n'étant attachés à Putérus que par une sorte ae pédoncule, sont, de toutes les parties de ce viscère, celles qu^il est le plus facile d*amputer ; et quoique Bourgeiat re^ gardé cette opération comme assez difficile', ce sont toujours les ovaires qu'on amputé , avec assez de facilité , aux jumens , aux vaches et aux brebis qu'on veut rendre infécondes où engraisser : la jument ne présente pas, à cet égard, plus do difficultés que les autres femelles. Voici le texte de Bartho*' lin : a Nos tri rustici.»*. in equabtts castrandis. Ex dlsseclo inguine sinistro manu utrumque testicutum cum utero ext^ muni, sed avulso tantum testiculo utroque uterum sao loco teponunt, et sine alio apparatu vulnus cofisuunt. Lorsque nos campagnards châtrent les jumens , après avoir incisé le flanc gauche, ils retirent, avec la main, les ovaires et Ia matrice \ mais , après avoir arraché seulement l'un et l'autre ovaire, ils remettent la matrice à sa place ^ et, sans a,utre appareil , ils recousent la plaie. » Th, Bartholini Epîstola^ fum medicinalinm. Hagœ Comitum, 174O9 in-8^^ Centu-^ lia III ^ Epist, LXIV, page aSç. — Voyez encore Çchuri^ gius^ Parthenologia* Dresdœy 1729} ifi-4*) page 371 et suiy. — Wierus^ De Prœstigiis» Basileœ, i583j ^'4^^ A'^* IUIf aap. XX, pag» 4^9 ^ etc.
Dans.les femelles des espèces plus petites, comme la truie^ la chienne, la chatte, la lapine, on emporte aussi les ovaires, mais souvent encore une partie du corps de l'utérus, ainsi que je l'ai vu pratiquer aux châtreurs de profession , et que je l'ai pratiqué moi<^méme sur des truies sans le moindre in*.convénient. (£•)
d'être prescrit eu égard k son entretien et aux soins qu'il exige. On le laisse pâturer la nuit et le jour pendant l'ëié dans les haras parqués , et le jour seulement^ pendant l'hiver^ dans les autres haras. On ne laisse pas pâturer pendant la nuit, attendu une foule d'inconvéniens et la difficulté de le garder, et dans tous les temps on doit éviter de le conduire dans des pâturages où l'on pourrait rencontrer des chevaux , jumens , poulains ou pouliches galeux, ou atteints de maux dont la contagion est à craindre.
Lorsqu'on retirera les poulains de l'herbe pour les tenir constamment à une nourriture sèche , on observera que ce changement d'alimens peut causer de funestes révolutionsr. On ne leur donnera pendant quelques jours que de la paille de firoment très fine et du son, et on les mettra insensiblement ensuite au foin et à l'avoine. Il est bon, surtout dans les commencemens , que le grain ait été mouillé avant de le leur faire manger. On ne les pansera point d'abord, on se contentera de les bouchonner, et quand on aura, par ce moyen, enlevé la crasse la plus grossière, on pourra se servir légèrement de l'étrille et de la brosse. Si l'animal a des poux (i),
(i) L^histoire et la description àes potue et des autres insectes nuisibles aux animaux domestiques sont encore à faire , malgré les ouvrages è? Amoreux et dé Buch^oz sur ce sujet : aucun naturaliste^ que je sache, ne s'en est occupé sous les rapports qui conviennent à nos élèves. RediSL donné la figure d'un grand nombre de ces insectes, le pouàii cheval n'y est point ; Geoffroy a dit un mot de ceux du bœuf; de Geer de celui du buffle ^ Lyonet a donné une anatomîe
€C qui arrive assez irëquemment, on pourra le laver avec de Feau tiède dans laquelle on aura fait bouillir de la semence de staplijsaigre (delphinium sta^ physagrid)j de l'absinthe {artemida absinthiurn)^ oa de la centaurée (centaurea centaurium); une décoction, ou une infusion de ces plantes dans Turine est encore très efficace contre cette maladie pédîcalaîre, et dans le cas où Ton apercevrait une gale légère, on userait d'une décoction de fruit de fusain (^etfonimus eurppaeus)*
C'est dans ce même temps qu'on doit accoutumer les paulains à la docilité et à l'obéissance , on y parviendra par la patience , les caresses et la douceur]; on les aborde fréquemment en leur parlant et en les flattant; on prend le moment de la distribution du fourrage ou de Tavoine pour leur mettre une selle légère > qu'on leur laissera trois ou quatre/ heures par jour ; on se souviendra de ne point rendre cette épreuve difficile et incommode en sanglant inconsidérément l'animal j peu à peu on l'habituera à recevoir un bridon dans la bouche et à souffrir
très détaillée de celui du mouton ; Linné, Fabricius, La^ treille, etc.^ se sont bornés à les indiquer par leurs caractères ^néraux; d'autres les ont confondus avec les tiques^ qui infestent aussi un grand nombre d'animainc, et dont Phistoire n^est guère plus avancée* Les poux de Phomme ont étéPobjiet d^une foule d'obserTations microscopiques , et sont décrits et figurés dans un grand nombre d'ouvrages; JVinterschmidi s'est occupé de celui de la moucbe : q'est aux Ecoles vétérinaires à remplir ce vide dans l'histoire naturelle et économique de nos animaux domestiques. {E,)
qii^on lui lève les pieds. Ce dernier point est d*aiv» tant plus important, qu'outre le désagrément d'a^* voir un cUeval qui se refuse à la ferrure, les efforts qu'il fait pour s'y soustraire sopt suivis , surtout dans les parties de derrière , d'une foule de maux , sans parler de la difficulté que trouve le maréchal, dès lors, à parer le pied convenablement ^ et à lui ajuster un fer comme il faut. On doit donc manier très fréquemment les jambes du poulain^ lui lever les pieds, les conduire insensiblement à une certaine hauteur, et frapper ensuite dessous comme si l'on y brochait un cIqu, et comme l'ouvrier frappera avec le brochoir lorsqu'il s'agira de le ferrer réelle* ment; on se comportera de même eu égard aux , poulains destinés au carrosse et au trait, on leur met* tra les harnais ainsi qu'on doit mettre la selle aux autres.
Les caresses, si nécessaires pour rendre le jeune animal paisible et familier, lui donnent souvent des habitudes vicieuses ; celle de mordre en est une qu'il contracte d^autant plus aisément qu'à cet âge il est extrêmement enclin à badiner; il est donc essentiel de ne pas lui en fournir l'occasion en présentant souvent la main à sa bouche , en lui pre« nant les lèvres, les naseaux et les autres parties qui l'avoisinent , ces différentes actions ne pouvant que l'y inciter; et si, quoiqu'on s'en abstienne, il témoigne un penchant véritable à ce défaut, on ne pourra se dispenser de l'en détourner par des châtimens légers et donnés avec prudence. Ces châtimens seront encore mis en usage pour s'opposer a
ce qu'il prenne d'autres vices^, tels que celui de se bercer de côté et d'autre comme les ours; d'être toujours mal situé S'ur ses jambes ou sur ses pieds ; d'appuyer ses dents sur le râtelier, sur la man-^ geoire ; de mettre ses pieds de devant dans l'auge, etc.; quelques coups ou quelques menatce^ de la gaule, joints avec celles de la voix, pourront l'en corriger.
Les premières ferrures des poulains exigent la plus sérieuse attention* On ne voit une infinité dcf pieds difformes^ de jambes de veaii, de ekevaux panards, cagneux, brassicourts, serrés du devant ou du derrière, qu'eu égard a la négligence et k l'incapacité des maréchaux , qui, plus instruits des principes qui devraient leur être présens, pourraient réformer souvent la nature par cette opération, bien loin de l'altérer et de lui porter atteinte (i). Nous ne nous sommes étendus si fort sur ce sujet dans la seconde partie , que pour mettre les inspecteurs de» haras en état d'éclairer et de conduire des praticiens qui n'agissent que d'après la routine la plus gros-^ sière et la plus aveugle.
On peut commencer, dès que le poulain a acquis l'âge de quatre ans, à le monter, pour l'acheminer seulement et non pour le travailler ; il sera facile et non rebelle au monloir, si on l'y a insensiblement habitué dans l'écurie, au moment de la dis** tribution de l'avoine et du foin. Il faut bien, au
(i) Voyez Essûi théorique et pratique sur la ferrure , déjà cité, art. XV, XVI et XVII.
surplus 9 se garder de suivre la coutume pernicieuse de le mettre à toutes sortes d'osages^ de l'excëder de fatigue et de travail ^ sans égacd k sa faiblesse ; de quelque côté et sous quelque &ce qu'on la considère , elle parait également étrange » et l'on ne peut se déguiser qu'elle est. l'effet d'un aveuglement incoi^préiie;isible« Dans tous les cas^ elle blesse l'intérêt du propriétaire : s'il destine l'aninial à son ptopre service 9 il s'ôte les moyens id'en jouir, puisqu'il le ruine avant qu'il soit formé ; s'il se propose de le mettre dans le commerce , on l'avilissant et en rénervan% de bonne heure , il en diminue considérablement la valeur, ets'expose à ne pas trouver, da^s le prix de la vente qu'il en fera, de quoi se dédommager de ce que le soin qa'il a pri^ de Télever lui coûte.
Dans lets premiers jours où les poulains sont mis au sec et absolument retirés dans les écuries, leurs jambes enflent quelquefois ^ alors on doit faire sur ces parties diBs lotions spirituenses, et même leur tirer une légère quantité de sang s'il en est besoin ; on les promènera encore plusieurs lois le jour en main , l'exercice étant très propre au rétablissement de leurs jambes* > . . ..
Quant à la gourme, nous assignerons ici les moyens d'obvier à ses suites dans le poulain. Lors-K' que le flux a lieu pajr les naseaux, elle ne présente rien de dangereux ; on tiendra l'animal au son et à l'eau blanche légèrement tiède j oax^indra la ganache et la portion de l'encolure qui enavoisine les angles avec parties égales d'huile de laurier et
d'onguent d'allb^ea , on la tevêtira d'ane /^eau d'a-c* gneâu dont la laide, la loiM^hera immédiatetâenl (i) j on jettera une suffisante quantité de miei dans da boisson y et l'on en garnira des billots^ qu'on lui mettra plusieurs fois le jour dans la bouche. On doit rejeter absolument la pratique des hâtons ou nerfs de bœufs, dont on se sert communément soua lenom à^armands, pour porter à grands rjisques cett^ matière dans le. fan4 de la gorge» Si la membrane; pituitaire est fortement e^iflamméei on injectera dans les naseau^ de la décoction d'orge miellée. VL, arrire aussi quelquefois que Thumeur morbiftquef ne peut se feiire jour par le» voies ordinaires ^^ce qui précipite le.fHnilain dans un dang^r^ qui devient pressant^ si Ton n'y remédie pas promptement« On sef conduira selon t'énormité d^s symptômes | suivant l'ardeur dé la fièvre et l'embarras des organes, 4^.Ja respiration ; on saignera i'animal ^ on lui donnera des lavemens émoUi.ens : insensiblement les accès diminueront^ çt rbumeur prendra le cours qu'elle doit suivre. Il faut, au surplus, ne p%s imiter les maréchaux en donnant des cordiaux, qu'on doit nécessairement bannir^ ainsi que tous remèdes capables
— ■ — — "■— ' ' . Il '
(i) Pour que Remploi des moyens prescrits relativement à la ganache soit indiqué, il faut supposer, pe qui arrii'easses fréquemment dans la gourme, que les glandes logées dans cette partie sont engorgées, tuméfiées et disposées à s'abcéder ^ ce qui est une des terminaisons heureuses de cette maladie. LorsquHl n^y a rien sOus la ganache , ces moyens sont inutiles^ il faut se borner aux autres , et mettre surtouten usage les fumigations émolUenteç^ (S-) » . '
de donner encore plus d'action à une matière dëjà trop acre , et qui produit dès lors leis plus formidable» ravages.
Des MuleU.
Le mulet et la mute sont le produit d'un âne et d'une jument^ ou d'un cheval et d'une ânesse; on distingue le premier de ces produits en ce qu'i[ brait, tandis que le second hennit : voilà le caractère particulier qui, selon les anciens, eh fait la différence. L'Espagne, l'île de Malte; en France, le Poitou, le Mirebalais, l'Auvergne, etc., en fournissent de très beaux et de très bons. Ceux du Bu-
gey et du Dauphiné ne sauraient leur être comparés; partout ailleurs, c'est à dire dans la plupart des autres départemens, on ne voit que de la miilasse.
Dans la monte pour la production du mulet, on présente communément à l'âne une ânesse , on substitue à l'ânesse une jument bien en chaleur, et ainsi de même dans toutes les circonstances d'accouplement non naturel : on substitue toujours à la femelle de l'espèce une femelle d'une autre espèce de celle dont on veut tirer le fruit.
Quoique tous les principes que nous venons de développer comme autant de règles indispensables à suivre et à faire observer paraissent fondés sur la plus saine physique , et soient assez généralement avoués par les personnes les mieux instruites , nous sommes convaincus , néanmoins, qu'on est encore bien éloigné de la connaissance des procédés gêné-
raux et. particuliers de la nature dans la production et dans la con^rvation de l'espèce des chevaux, des ânes y des mulets , etc. Le champ qui serait le. plus vaste et le plus fécond demeure inculte et stérile dans de certaines mains , et la nature constamment cachée à de certains yeux. Ce n'est qu'au moyen d'un ensemble de faits acquis à force de recherches et d'observations répétées et réfléchies qu'il est possible de déchirer le voile qui nous dérobe sa marche; mais ces observations et ces récherches demandent de la part de ceux qui doivent s'y consacrer noa seulement un désir ardent de connaître, maïs un commencement de lumières et le talent de voir.
On peut dire que jusqu'ici nous n'avons fait aucun pas qui puisse nous conduire à la révélation des points qu'il serait indispensable de bien constater dans toute l'étendue du royaume, pour former en* suite un système raisonné sur la partie importante d'administration qui nous, occupe. On a généralisé des remarques isolées , que quelques. personnes, eu*rieuses en apparence, et qui se croyaient plus ^clai-rées que si elles l'avaient été véritablement, ont faites à l'écart et dans l'obscurité > à peine ont-elles eu quelque cours, qu^elles ont peut-être été défigurées à peu près comme ces- vains bruits qui pasjsent de; bouche en bouche, et dont le sens est tellement interverti dans la dernière, qu'on ne saurait y re-^ trouver le moindre vestige de celui qu'ils avaient dans leur principe ; bientôt elles ont été adoptées et prises pour des vérités incontestables, tandis que, bi on avait daigné les vérifier, souvent elles n'au-
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raient paa mérité^ & leur aoorce même , \k foi la pla^ légère* L'antoritë de quelques particaliers disp^f es çà et là y et qu'une étude aérieuse n V point arrachés à la fcrbe* des préjugés, ne«aurait être pour nous de quelque poids. Oq ne peut attendre de dé«couYertes et la confirmation de ce qu'on se flatte d'aYoir aperçu , que des inspecteurs dont le devoir fixe perpétuellement les regards sur des départemens entiers, et qu'un zèle constant sollidtera à repipHr par de vrais efibrts les vues supérieures An Gouvernement. Notre but est de les leur faciliter dan^ la suite de celte instruction. Abstracticm totale et absolue faite de ce qu'on se persuade de savoir et des idées que nous leur avons communia quées , nous leur proposerons de reprendre l'édifice dès le fondement^ et nous les placerons, en quelquç sorte, à ta porta des connaissances, supposant, et avec raison, que nous n'en avons aucune de cer* taîne. Tout ce qui, jusqu'à présent, en cette par* tie,'» été l'objet d« notre croyance sera converti en doutes. Ces doutes seront la matière d'ailtant de questions , que nous accomp^^s^erons de note^ ou de remarques , pour leur indiquer péui-étre des erreurs sur lesquelles ils npus rectifiei'ont en bien observant, pt poiir les mettre» à portée de pe^r, de comparer, de mieux juger, et de nous instruire îîous^ mémes«