CLIMAT, SOL, PATURAGES, EAUX
Tous les climats et tous les terrains sont-ils égaler ^nent pmpres et favorables aux chevaux?
REMARQUES
- Toutes les terres ne peuvent porter et produire toutes sortes de choses ; non seulement les arbres rares , mais les arbres les plus communs demandent des lieux convenables : les uns se plaisent dans des terrains secs , les autres dans des terrains humides ; ceux-ci y dans une exposition froide; ceux*là, dans une exposition chaude^ et chaque espace d'arbres a, pour ainsi diire , son psys^i). Il parait aussi que nous devons particulièrement la quantité de plantes dont les montagnes abondent à la diversité des terrains qu'on j remarque; chaque éminence^ chaque som-
{ i) Nec vero terrœ ferre omnes omnia possunt.
ViRG. Géorg. lîb. H, V. 109.
Puur tous les plants enfin tout sol n^est-pa^heureux."
Dëlille,
met en produit de nouvelles. Les animaux u*ont pas été vraisemblablement produits et répandus plus au basard sur la surface de la terre ^ leurs organes ont dû être proportionnés à certain milieu ^ à certaine température ; et le monde animal , bien loin de présenter un mélange bizarre et sans ordre , a^ sans doute 9 été réparti d'après de justes combinaisons, et selon la convenance et l'appropriation des lieux à la nature des espèjces et des individus* a Les espèces de chevaux manquaient au Nouveau- Monde > dit M. de Buffon , Tétonnement et la frayeur des babitans du Me:;i^ique et du Pérou , à l'aspect des chevaux et des cavaliers, firent assez voir aux Espagnols que ces animaux étaient inconnus dans ces climats (i)- » Ils y en transplantèrent un grand nombre , tant pour leur service particulier que pour y propager l'espèce; ils en lâchèrent plusieurs dans les îles et même dans les continens , où ils se sont multipliés comme les autres animaux sauvages. Chaque espèce ayant donc sur ce globe des lieux différens et particuliers qui lui ont été assignés , tous les terrains et tous les climats ne sont et ne peuvent être également favorables à toutes. Nous ne décidons pas, au surplus, quels sont ceux qui ont été primordialementdépar* fis au^ chevaux , quels ont été sur eux les effets de leur transplantation dans les diverses régions où on les a fait propager. Cette question doit seulement induire les inspecteurs à considérer, chacun dans leur département » les qualités et les formes de ceux
(i) Histoire naturelle , déjà citée ^ tome IV^ page 179.
qui y naissent , et à remarquer le plus exactement qu'il leur sera possible les nuances diverses ou les différences sensibles de ces mêmes qualités ou de ces mêmes formes dans tels ou tels cantons de leur inspection.
Les climats plus chauds que froids , et surtout les pays secs sont-ils ceux qui corwieiment le mieux à la nature des cheuaux?
RBMARQUBS.
Tous les arbres communs aux montagnes et aux plaines deviennent^ selon Théophraste (^ï) ^ plus grands et plus beaux dans les dernières ; mais ceux des montagnes sont meilleurs pour l'usage , tant par rapport à la matière que par rapport aux fruits. En serait-il de même des chevaux? Si nous consultons les anciens y nous verrons qu'^mtote^ qui se dément et se contredit, à la vérité, dans plusieurs endroits de ses ouvrages , a pensé qu'ils sont bien placés dans des pâturages arrosés et marécageux; Columelle à été du même sentiment , Camerarius s^est joint à ces deux auteurs, et Farron s* est servi d'une expression plus tranchante , en disant que les pays secs et montagneux étaient destinés aux chèvres et non aux animaux dont il s'agit. Je ne sais ni sur quel raisonnement ni sur quelle expérience leur opinion a été fondée: nous pensons assez universellement, au contraire y que les terrains secs voient naître des
(i) Hisf^ Fiant,, lib. 111, cap. xy.
cbeyaQx sabres^ légers^ vigoureux, dont la tête eut belle 9 la jambe nerveuse^ l'ongle très bon; tandis que les productions élevées dans des lieux humides aï dans des pâturages gras sont plus grandes y plus épaisses, pèchent par le volume excessif et par la pesanteur de la tête ; par les épaules, qui sont chargées ; par les jambes, qu'une énorme quantité de poils défigurent; par la vue, qui est faible , grasse , mauvaise, etc. Dans l'ancienne province de Franche- Comté, Mantivien-la-Montagne fournit de forts chevaux, employés communément au service de« vivres, de l'artillerie^ et au transport des marchandises, et il est certain en même temps que les pays bas ou la plaine donnent des chevaux moins grossiers et bien plus fins; mais cette exception , dont les inspecteurs sont invités à rechercher la cau^e particulière, n'est, dans la croyance où nous sommes, qu'une dérogation à la. règle générale. Cette croyance ne serait-elle qu'une erreur et un préjugé suggérés parles différentes qualités que nous avons cru apercevoir dans les chevaux étrangers, nés dans des climats plus chauds que froids et dans des pays secs? Il est intéressant pour nous de nous assurer du mérite et de la valeur de nos produc^ons, soit d^ns nos départeniens du midi , soit dans nos dép^rtemçns du nord , soit dans les départemens tempérés , soit enfiu qu'elles aient été élevées dans des pays s^as , dans des pâturages succulens, ou dans des pâturages moyens. Le climat influe, dit-on, considérable* ment sur les hommes; d'une autre part, les^alimens, altérés différemment selon les actions individuelles
de chaque corps auquel ils «'assimileât et dont ils doivent réparer les pertes y influent nécessairement sur le tempérament , et contribuent dès lors au dé« veloppement de la forme de chaque être . Mais quelles sont ces influences sur te cheval né dans telôu tel canton, et même dans telle ou telle partie de tel ou tel département? Sont-elles sensibles ? Sur quelles parties du corps de l'animal se manifestent-elles de préférence? Quels sont leurs effets généraux sur son caractère? C'est ce qu'il s'agît de décider, en considérant , comme nous l'avons dit dans nos remar-^ ques sur la question précédente , les formes et lea qualités. Le premier point n'exige que des yeux, le corps et ses différentes parties sont constans j quant Au caractère , on doit prendre garde que nous n'entendons parler ici que du naturel, caractérisé par un excès général , et non de toutes les modifications qui, au moyen des combinaisons portées à l'infini, don-^ nent à chaque individu un caractère propre , et sont comùie autant de teintes et de demi-teintes , formant une multitude de gradations et de passages. Le caractère dominant et principal des chevaux de tels ou tels départemens est ce qu'il importe de connaître et de constater ; on s'égarerait inévitablement si l'on outre-passait cette vue générale pour s'engager dans, les détails de variétés qui semblent dépendre du climat et des alimens, moins que^des diverses propriétés des terrains et des individus mêmes , si j'ose m'exprimer ainsi : variétés qui étonnent d'autant plus qu'elles serencontrent, non dans des chevaux rassemblés d& pays différens, mais nés sous un même ciel, nourris^
des mêmes fourrages y respirant le même air, et le plus souvent enianfi des mêmes père et mère.
Lie climat et la mmrritare n^ont'ils aucune mduence sur Inaptitude des ckeçaux à la génération, et sur la durée de cette aptitude ?
^ REMARQUES
Si y chez les difFérens peuples , l'âge de puberté est différent; si^ dans les parties méridionales de l'Europe , l'aptitude à la génération est , dans les hommes et dans les femmes , plus prompte que dans les parties du nord ; si ^ dans les climats les plus chauds^ on voit des filles pubères dès l'âge de neuf à dix ans ; si, enfin, dans certaines parties de laFrance, la population est constamment plus considérable , ces variétés donneraient lieu de penser qu'il j a influence du climat et de la qualité des alim^ns et qu'elles en dépendent en partie : de pareils efïets pourraient bien exister dans les animaux , et dès lors non seulement il y aurait dans certains départemens des chevaux plus précoces , mais des chevaux plus vigoureux et plus chauds. Quant à la durée de cette vigueur et du pouvoir prolifique ^ on n'en pourrait juger qu'autant qu'on n'aurait pas abusé des forces de ces mêmes chevaux, soit en les livrant trop tôt au service des jumens, soit en leur en donnant trop à servir.
Pour mieux éclaircir le fait de la puissance du climat et de la nature, il s'agirait, après s'être as-
( 4^9 ) sure de ceux qui paraissaient les plus ardens et les plus capables de produire ^ de les transplanter dans uç ^utre lieu ^ et même par préférence dans un can* ton où ces sortes d'animaux sembleraient les moins disposés, à donner de leur race f et l'on verrait si la vigueur de Tanimal , à cet égard , en souffrirait ou serait éteinte. J'ai^ au surplus , un fait à cit^r ici. Un étalon placé dans la paroisse de Marcilly>d'Azergués y appareillé deux années desuil;e avec un nombre médiocre de jumens, ne donnait aoeune pro-< dnction; un aotre étalon, placé dans la paroisse de laGrolle^ se trouvait pareillement infécond et sté-ri)e y jea changeai le placement ; je fis conduire ce-^ lui qui était dans la prewèire de ces paroisses dan» la seconde y et celui qui était dans la seconde fut conduit dans la première : l'année suivante, l'un produisit dix poulains et sept pouliches, et l'autre donna onae pouliches et sept poulains ; cependant ces deux paroisses, situées dans les en virions de Lyon , l'une en plaine et l'aUtré dans la niontagne , ne sont distantes que de trois lieues. Cette observation m'aurait échappé, si je n'eusse pas été le maître de disposer de ces chevaux , et si les gardes en avaient été les propriétaires incdmmutables ; car, alors , je me serais vu contraint de les réformer, et cette circonstance n'est pas la seule dans laquelle j'aie senti la nécessité d'une forme d'administration qui laisse et facilite à l'inspecteur les moyens d'interroger la nature*
Quelles seraient les influences du climat et de la nourriture sur un poulain né dans un pays sec^ et transplanté trèsjeund encore dans un pays succulent et gras?
On peut supposer qu'il est ici q'ueétion d'un poulain nararrin^ ou . de :quelqu'autre partie de la^ France prodtiisaiit> des cheTaùx à peu près de cette, race, et qui aurait .^été conduit pour être éleyé ^ ^itnâ un âge tendre j en FVancbe-Comfé, ou dans iê P^ tou j ou dams le Nivernais'^ ou dans U C^lai^îs» été. Ou demande si). à l'âge dé quati^ ou icipq ans^ ce mên^e poulain aurait 'conservé la teinture du climat où iK aurait i. pris naissance^ au si-,, dans son développement et dans son accroissem/ent ^ sa £brmé aurait «été tellement altérée^ ai^ique ses. propoc* tions y qu'elles seraient changées^ pour ainsi dire , en celles dés chevaux du pays oii il aurait ^té nourri et élevé? / " '
La nutrition est la réparation des pertes continuellement occasionées par lès proprés mouvèmens des parties de la machine ; elle est opérée |>ar léa substances que mangiçnt et que boivent les anir maux ^ et par l'assimilation qui s'en faity au moyeii des étions naturelles du corps même dont elles sollicitent la perfection, s'il ne l'a pas. acquise et dont elles empêchent encore la destruction.
Dans l'hypothèse actuelle , l'animal ne serait pas
parvenu à son accroissement, c'est à dire que se^ dîflfëretites parties n'auraient reçu ni l'extehsiôri qu'elles doivent avoir, soit en longueur^ soit en largeur^ soit en épaisseur, ni la solidité dont elles se-^ ront pourvues dans la suite; d'une autre part, il est des conditions sans lesquelles cette extension ne peut avoir lieu : i^. le suc nourricier doit pénétrer dans les pores les plus ténus pour s'attacher aux fibres ; 2**. il ne peut y pénétrer qu'autant qu'il est ejiLtréinement délié et divisé en molécules très petites; 5**. il y doit être poussé par un mouvement d'impulsion ; et telle est la force expansive que les racines des arbres écartent, éloignent et renversent de^ pierres d'un volume énorme; 4^. la partie qui doit être nourrie doit avoir elle-même la force nécessaire pour recevoir le suc dont elle a besoin* E6t-»elle trop serrée? elle lui refuse une libre entrée. Est-elle dans le relâchement? elle laisse passer des particules trop épaisses : de là , la facilité de la nutrition difins des corps jeunes , dont les pores sont larges et les fibres flexibles, et la difficulté du soutien d'une machine épuisée par les années , dont les fibres «ont raides , racornies , et les pores extrêmement petits. Or, d'après l'explication de ce mécanisQie , non moins applicable au corps dé l'animal qu'au corps humain , qu'est-il naturel de présumer du sort de notre poulain transplanté? Des herbes succulentes , c'est à dire douées d'une iiifi- 'nité plus considérable de particules nutritives que celle qu'il aurait pu paître dans le lieu de sa naissance, deviennent son aliment; d'une autre part,
sa disposition est telle que ceux des sucs qui, extraits par ses organes digestifs y seront la véritable matière de la nutrition , pourront enfiler avec aisance des pores assez ouverts pour admettre non seulement les molécules les plus ténues^ mais celles qui ne* seraient pas aussi déliées; ils ne rencontreront encore ) lors de leur impulsion^ que des parties qui, vu leur flexibilité et leur mollesse ^ ne leur opposeront qu'une faible résistance, et céderont toujours à la force qui les heurte et qui les pousse* Or, il paraît dès lors raisonnable de croire que le développement et l'accroissement de cet aniipal seront en raison du développement et de Taccroissement ordinaires des chevaux du pays nouveau qu'il habite, et que ce qu'il aura conservé du père et de la mère, ou du climat dans lequel il est né , ne servira qu'à rendre plus sensibles les disproportions résultantes des effets des alimens étrangers qu'il aura pris.
Il en serait vraisemblablement de même d'un poulain franc*comtois transporté dans la Navarre* Des herbes trop peu substantielles ne suffiraient point au degré d'extension auquel il doit parvenir. L'extension de celles des parties de son corps qui auront déjà pris un certain accroissement se trouvera presque arrêtée et suspendue; les autres, dont la formation est plus lente , ne feront que du très légers progrès ^ leur force ne répondra , par conséquent, jamais à celle des premières, et la totalité de cette machine véritablement décousue soufinra tellement que l'animal sera un cheval absolument manqué, qui n'aura plus rien^ ni du pays où il
à reçu l'être^ ni de celui dans lequel il atirâ été élevé.
Au surplus^ tout ce que nous avons dit ici prouverait encore deux choses : la première^ que^ s'il est des pays si gras que la vue des ebevaux en soit endommagée dès l'âge de trois ou quatre ims^ cm aù« rait tort, pour prévenir en eux la cécité 9 de lespor^ ter de ces mêmes wmgs gras dans des pays vraiment secs; il faudrait \d/ffker dans des pâturages moyens dont la qualité ne différera pas autant; La seconde^ que le placement des étalons, tant éti^ngers que nationaux , demande une exacte attention aux cli-^ mats et aux. terrains dans lesquels ils auront vécu ^ afin d^ s'y conformer le plus qu'il sera possible > en les mettant dans dea pays analogues } car, sans tette précaution , quoique ces animaux soient censés en-* tièrement formés y le plus ou le moins de qualités des fourrages leur serait toujours nuisible en ce qu'il gênerait la nutrition , et par conséquent leur Tigueuri
Quelles sont les plantes qui forment les meilleurs pâturages ?
REMARQUES
Noirs avons indiqué, dans lat seconde partie^ celles qui nous ont paru propres à bonifier les prés , celles qui peuvent en rendre là qualité inférieure, et celles qui peuvent être malfaisantes et mortelles au cheval • Nous ne prétendons pas néanmoins que iKrtre opinion sôit généralement et aréuglément
jreçue : on sait^ en premier lieui qu'il en est dm particulières et de propres dans certains pays, cju» sont très rares et qu'on ne voit pas dans les autres. Secondement y les mêmes plantes ont plus ou moins» d'efficacité selon le climat et la nature du sol , et •Ues doivent ou peuvent être différentes , et d'une tonte autre qualité selon les prairies. On demande donc quelles sont les meilleujflk plantes relativementaux prairies flottantes ^ 4|Pbnt l'irrigation est connue} aux prairies placées dans des terrains naturellement gras et kumides; aux prés secs, aux prés bas y aux prés hauts^, aux prés salés, ou qui sont exposés au flux de la mer, aux pacages , c'est à dire aux pâturages humides dont on ne £aiuche point l'iierbe ; aux pâtis , c'est à dire aux pâturage»
secs*
A l'égaxvl des prés cultivés, ou des prsûries artificielles , il serait à souhaiter qu'on put être par&i-* tentent assuré des effets ,du trèfle , du sainfoin et de la luzerne sur les chevaux et sur les autres ani-' maux herbivores» On a vu des provinces entières de la Grande-Bretagne , hors d'état, en apparence, de subvenir à la nourriture des bestiaux , se procurer néanmoins cet avantage que semblait leur refuser la nature, en employant en pâturages artificiels une petite quantité de fonds devenus d'un rapport considérable et d'une fécondité singulière ^ au moyend'une culture assidue et éclairée. iNpus avons commencé à suivre leur exemple , on s'occupe du défri-* ebeme^t des landes; mais nous n'aurions peut-être pas plus mal fait de nous occuper de l'anéantisse-*
ittent des droits des communes ^ dont l'effet le plut ^éel semble être de conserYer de vastes terres en friches. Quoi qu'il en soit, le produit du sainfoin est infiniment supérieur à celui de tous nos mes communs; mais cette herbe , qui s'accommode de toutes sortes de terres^ si ce n'est des n^arécagqusesji est- elle aussi salutaire aux chevaux qu'on le croit ^ soit qu'on la leur fasse manger pure, soit qu'on la leur fasse manger mêlée avec d'au|re$ four*^ rages? Là culture de la luzerne donne. des récoltes prodigieuses; on fauche cette herbe quatre ou cinq fois dans une année | et le poroduit dos terres, en ce genre, est, dit^-on^ sextuple de celui des prés naturels. On a^ de plus, prétendu qu'en leur en donnant alternatiTement avec le foin ordi» naite , on formait une nourriture plus sueculente et plus salubre que celle produite par ce dernier four-» rage donné seul. Il faudrait constater de nouveau 9 par des expériences suivies, ce que de tels alimens peuvent produire; mais ces expériences exigetaient^ dans ceux qui en seraient chargés^ des lumières qui ne sont pas commîmes.
vr.
Combien faut^il d^arpens de terre pour la nourri^ tare d^une cabale et de son poulain?
BEM ARQUES
L'arpent de Paris est de 100 perchai carrées, la perche ayant 20 pieds de 1 2 pouces de long (^1) ^ fâi-
mt^'m^mimmimmmm-mmmmmi^mmmm^mmm^^tfitr'^fÊ^Ê^ii^^mmmi^im'm'iiK^
(1) La perche de Paris n'a qoe i8 pieds.- (£.)
sant 4^0 pieds carrés; il s'agira^ pour se rendre plus intelligible à la réponse de cette question , si elle est vraiment possible^ de réduire à cet arpent toutes les différentes mesures malheureusement en* usage dans les différens cantons. Ainsi , par exemple^ je vois que l'arpent de Paris contient tou^ur» 4oyOoo' pieds de roi, qui £>nt SS^oip -^ pied» de Idr ville de Lyon f ye sais que la bicherée lyonnaise plus -^^^ font un arpent de Paris f la seteréey dans le Limousiui^ est de 24^^^^ pieds de superfi-* cie : elle £iift donc y à peu de chose près , les troi» cinquièmes de l'arpent, et en edêt les trois cinquièmes de 409OOO donnent ^4f^^^r ^^^* ^^ semblables calculs seraient,' au surplus, la moindre des difficuhés que l'on aurait à vaincre (i). ■ i^. Il serait de toute nécessité de fane attention à la diffërence des prés- propres à la nourriture des chevaux* Ceux dont le terrain serait extrêmement bon, qui recevraient de Teau en abondance, surtout des égouts des villes, ou, tout au moins ^ de» bourgs et des gros villages , ainsi que des fumiers y donneraient, en efifet,. plus d'herbe première et se^ conde que ceux dont le terrain serait également précieux, et qui seraient arrosés de bonne eau ; ces derniers produiraient plus qu'un terrain inférieur
(1) L*axpent est un demi-hectare environ , ou cinquanteares, et la perche est d'environ deux a^es. L^adoption. du^ système métrique ou décimal , en réduisant toutes les mesures à une seule et unique pour tous les pays , remédie auit iAConvéniens dont se plaint ici Bourgelat, el rend inutiles* tous ces calculs de coropavaison. (£•)'
iqxû jouirait également des avantages derirrigation: -enfin I des prés ordinaires de bons pays^ qui seront .passablement arxH>sës, fourniront moins que les prétcédens, et bien au delà de ceux dont le terrain sera maigre^ ou tellement mauvais qu'il ne pourra ser- 'vir que de pacage, etc. : or^ tous ces produits n'étant pas les mêmes y on comprend que^ si l'on ne rdésignait pas les pâturages dont iOn parle, dans la fixation du nombre des arpens que consommeront^ «en pâturant, dans l'année^ l'enfant et la mère, lu solution de notre -question serait très imparfaite.
a^. Il faut être attentil à la différence des prés, iK>n seulement relativement à l'abondance de l'berbe^ mais r^elàtiyejnent à sa qualité.
lia nature a donné aux animaux une intelligence .ou. un instinct 9 a^i moyen duquel ils veillent sans .cesse à leur conservation. Cetinstinct les dirige vers les plantes qui leur sont propres , et les détourne de jceltes qui leur seraient moins bienfaisantes ou nuisibles. Dans Téta.t de do«aeaticité, le cheval, pressé par la faim et par le besoin , ne peut manger que ce jque cpntient le fourrage qu'on lui présente , sans distinction désherbes pernicieuses, corrompues ou xiltéréës , qui se trouvent le plus souvent brisées , desséchées et confondues avec un très petit nombre de celles qiii lui seraient salutaires. Moins esclave .dans les pâturages et dans les prairies, il se voit, pour ainsi dire > rappelé à cet état de nature, où la liberté du choix ne lui est point ravie , et où il peut Élire usage du sentiment qui lui a été départi. Mais ^ ces herbages ne lui ofifretit, d'une part, qu'une
abcxûdance de plantes auxquelles il répugne et dont; son instinct l'éloigné j et de l'autre qu'une très pe* tite quantité de celles Ters lesquelles il le porte y on ne pourra se dispenser de distraire de chaque arpent au moins à peu près le cpnteliu du terrain Jierbeu^ auquel il ne toudiéra pas} en sprte que^ si ce contenu ox^ cette mesure, asse^ difficile à évaluer, se trouvait être la moitié de l'arpent, il s'ensuivrait qu'en supposant que quatre arpens destinés à la ju? ment et au poulain soient absolument-nécessaires à leur entretien , cette moitié retranckée de chacun d'eux ) il en faudrait huit au lieu de quatre* On doit sentir aussi que tel arpent peut n'offrir qu'un quart, qu'un tiers, qu'un demi^quart,. qu'un demitiers, plus ou moiQs, à déduire pour cet objet, e% c'est ce qui compliquerait encpre l'évaluation demandée ; car, à moins d^avoir une donnée certaine, i\ est impossible d'asseoir un juste calcul à cet égard. 3^« Nous avons parlé du dommage que les chevaux peuvent causer aux prairies , et de la nécessité d'y remédier en y plaçant et en y jetant des bœufs. M. di( {rorsault prétend (i) que la ruine des fonds par les premiers de ces animaux est si redoutée danç la Basse-Normandie, que les propriétaires des ter-r rainsles plus précieux stipulent es^pressément, en les donnant a bail , la défense de nourrir dans un iièrbage décent boeufs au delà de deux où trois cher vaux. 11 avoue, à la vérité, que cette crainte est ei|
(i) Nouveau Parfait Maréchal, Paris, 174' > in-4^t Traité du harusp chapitrs H ^ page 63.
4]iielqa-e série puérile y puisque ces bons £>nds pâmeraient supporter , sans un grand dëchet| dix chevaux par cent boau& , et il ajoute qu'on peut mainteim les fonds d'un haras dans leur bonté en mettant, dans ^elui qm est mai^e , quatre vaches et deux bœuis par cheval^ dans un fonds médiocre deux' petites vaches ou un bœuf aus^ par cheval, et dans un fonds excellent un ho9uf pour deux chevaux. D'où Toa ^oit qu^il e«t ici diverses assertions : la première^ «que Les meilleurs £>nds de la Basses-Normandie ne seraient peint détériorés en niettaht un cheval par dix bœufs 9 puisque Fauteur croit que l'on peut y placer sans déchet cent bœu& pour dix chevaux; la iseconde y qui contredit la première y est que le fonds excellent d'un haras se conservera tel en y metitant par deux chevaux un bon bœuf, ce qui ferait ideux Cent3 chevaux pour cent bœufs ; enfin ^ la troisième y que le bœuf mange et consomme toujours Autant que deux vaches , ce qui n'est pas d'une évidence réelle.. Quoi qu^il en soit, et en quelque nombre que soient jetées, proportionnément à celui <les élèves et des mères, les bâtes à cornes dans les pâtures y on ne peut pas imaginer qu'elles ne con^ somment rien au préjudice des chevaux, et cette nouvelle défalcation de l'herbe flottante mangée par ceux-ci ne semblerait pas plus aisée que celle de l'herbe délaissée par la mère et par le. poulain , etc. On peut donc regarder la question que nous avons j&ite, comme une de ces questions qu'il ne faut teufter de résoudre ni rigoureusement ni autrement. Ces diverses considérations et une infinité d'autres
•ftusqueUes il serait superflu de nous iirréèer déméa^ :trent aussi que ^ quand il aurait été possible aux inspecteurs de dres^er^ chacun dans l'élendue dc^ laur département, suivant le vœu du règlement de .1777. CU' ^^® dénombremens qui n'auraient pas matiqilë d'offusquer et d'effrayer les propriétaires •des prairies, des pacages et des pâturages ^ on n'en aurait tiré aucune ccmnaissance utile à la connaisi^ ;$ance exacte de la quantité de clievaux que ces terrains dénombrés auraient dû nourrir* Au reste ^ si Ton nous reprochait d'avoir proposé ici une question inspliihle , nous répondrions que nous avons ehercbé à donner lieu à ces réflexions ^ et à mettre les ins^ pecteurs dans l'obligation de les apprécier; à leur imposer celle de vérifier le nombre des boeufs accessoires, pour réparer le préjudice que peuvent faire les chevaux qui paissent dans des fonds mai4 grès y dans des pâturages moyens et dans des pâturages gras et succulens ; à les engager à ^examen de la qualité de la nourriture qu -exige le bœuf propor»? tionnément à la vache; enfin, ce qui nous intéresse encore davantage , à apprendre d'eux sMl est vrai ^ comme pluisieiirs le prétendent ^ ip. que les.poulaiqs pt les cavales errent sans cesse de c6té et d'autre dans les pâtures^ en faisant choix des plantes dont leur instinpt leur suggère la différence ; 2,^. que ce^ mêmes cheyaux j dans une vaste étendue de terrain, ne broutent et ne mangent ^ par conséquent,
(i) Règlement des haras, déjà cité, titre II, article I, page 7.
( Ui )
qu'une très, modique portion de i'iierbe que Ton y -Toît; 3^* que ceux qui sont les moins attentifs à ce choix ne sont jamais , ni par leurs qualités ni par leurs formes, comparables à ceux en qui l'on remarque cette délicatesse ou cette attention ; 4^« que, si ces derniers , resserrés et limités dans des herbages d'un médiocre contenu , se trouvent forcés de manger tout ce qu'ils rencontrent > où d'en revenir à l'herbe qu'ils avaient dédaignée, ils ne seront jamais ce qu'ils auraient dû être et ce qu'ils auraient été. Ces faits à éclaîrcir et à confirmer sont, ainsi qu'on exi peut juger, d'une importance extrême, et méritant certainement d'être vérifias avec re3j;actliude la plus scrupuleuse^
Les eaux influent- elles sur les animaux^ et partàculièrement sur lis chipai ^ comme les alimens solide^?
IlEM ARQUES*
Il ne paraît pas douteux que les alimens liquides soient aussi nécessaires à la vie deis animaux que les alimens solides ; mais le choix des eaux est-il indifférent? £n est^il de plus salutaires les unes que les autres? fin est-^-il de contraires aux mélanges des liqueurs qui entrent dans la composition de leur corps? Il s'agit ici d'approfondir la vérité de ce que nous avons dit précédemment ; si leurs effets doivent être (de donner de la ^[luidité aux humeurs, d'extraire les parties utiles des alimens solides, d^ouvrir les vaisseaux, de dissoudre les sucs vis<queux, de noyer et d'aider à l'expulsion des ex-
crétnens salins^ de porter enfin le suc nourricier dans le tissu le plus intime des parties y il est cer*!tain que leur plus ou moins de pureté ^ de lintpiditéy de mobilité ^ d'actiyiié , de grossièreté et de finesse influera sur la machine , et yraisemblablement plus sur celle qui n'est pas entièrement ibrmée y que sur celle qui est parvenue au période de son accroissement et de sa force s quelles seront alors ces influences?
RACfiS, ^GENERATIONS.