SIMPLE
L'un des trois gei^res d'éloquence que les rhéteurs ont distingués.
Rollin , qui , d'après Cicéron et Quintilien , a très-bien analysé ces trois genres, le simple, le sublime et le tempéré, compare le simple à ces tables servies proprement, dont tous les mets sont d'un goût excellent ^ mais doit Ton bannit tout raffinement, . toute délicatesse étudiée , tout ragoût recherché, , Cette image est d'autant plus juste , qu'en effet ,
^4^ S1XPI.E.
dans Tua ou l'antre sens , pins nons ^^obs le goût par et sain , pins nons aimons les , choses simples.
Cicéron , de scm cAté , en pariant de ce genre de style et d'âoqnence natmelle et modeste, nons le présente sons la figure de ce négligé décent , qm , dans' aae femme , est quelquefois pins séduisant que la parure, et qui n'admet pour ornement i|tt'nne él^mite simplicité: Eleganiia modo eimundùia rèmanebit. Il lui interdit toute espèce de fard : Pucati vero medicamenta eandoris et ruboris omnia repeiluntur: en quoi il semble faire la satire du genre tempéré , du genre des sophistes , qui admettaient ces fausses couleurs.
Quoi qu'il en soit , la même observation qui confirme la comparaison de ilollin prouve encore la justesse de celle-ci; car moins nos yenx sont fascinés par les prestiges de la mode et du luxe , plus nous sommes tonchés des charmes de la beauté naïve et simple. Mais dans Tupe et Tautre image , n'oublions pas que la simplicité , pour avoir tout son prix, suppose ou la bonté ou U beauté réelle. Ce sont en effet les deux attributs d'un naturel exquis.
Ici disparait la distinction que Ton a
faite du genre simple , du tempéré et du
sulïJinie , en destinant l'un à instruire , l'autre
à plaire , et te troisième à émouvoir. Ce sont
bleu là réellement les trois fo ions de Télo-
quepce ; mais elles ne sont ni exclusives' Tune
de l'autre, ni exclusivement attachées au genre
qui leur convient le mieux, U ne serait pa»
raisonnable de refuser le don de plaire et de
toucher à la beauté simple et sans fard. Or il
. est bien vrai qu'en instruisant il est permis
de négliger le soin de plaire; que, si l'objet
dont oux s'occupe est sérieux et grave, il a
droit d'attacher par son utilité sans avoir Tat-
trait du plaisir ; qu'il ne serait pas digne de
U philosophie , de l'histoire , de réloquen<5e
même d*un certain caractère , de donner trop
à Tagrément; mais la sagesse^ la vérité, ie
sentiment ont leur beauté , leurs grâces na*
% :urclles. £t ce n'est pas sans choix, sans étude
et sans art , mais avec un choix , une étude ,
un art imperceptible y et d'autant plus difficile
et rare , que se compose une simplicité qui
plait comme sans le vouloir : Quod sitvifnus-
tius , sed non ut appareat
Ce genre de beauté, ce don d'attacher et de plaire, convient également au simple^et stvk
a44 SIMPLE,
sublime; car Tun et l'autre se confondent assez souvent : rieti même ne sied mieux au.
sublime que d'être simple , mais il Test avec majesté , et voilà ce qui les distingue. En sculpture , l'Apollon , le Laocoon , le Moïse de Michel -Ange, sont du genre sublime , et vraisemblablement le Jupiter de Phidias en était le chef- d'oeuvre; le gladiateur mourant , le faune , la Vénus sont du genre simple. Il n'y a pas une statue antique du caractère que Cicéron attribue au genre que nous appelons tempéré.
Celui-ci cependant , quoique plus visiblement orné que les deux autres , ne laisse pas d'avoir du naturel lorsque son luxe et sa pa-^ nire ne semblent être que Tabondance . et la liches^e de son sujet , et que le simple^ en s'y mêlant , comme cela doit être , lui donne quelquefois un air de négligence et d'^ibandon. Mais ce qui fait sa bonté réelle et donne du prix à sa beauté, c'est de ne plaire que pour instruire , et c'est le dégrader que d'en faire un objet frivole et de pur agrément. , .
A l'égard du don d'émouvoir, il est certain qu'au plus haut degré il caractérise le sublime. Mais distinguons deux pathétiques ; l'un qui sans doute n'appartient qu'aux mouvemens de
SIMPLE. a45
la haute éloquence , c'est celui qui ébranle et renverse; Tautre qui, plus doux, plus modeste , et souvent humble et suppliant, pénètre et s'insinue sans éclat et sans bruit :
Telephus autPeteus ; quum pauper et exul uterque.
celui-ci me semble le partage du genve simple^ à moins qu'on ne dise qu^aiors le simple est 'sublime lui-même, et tel est bien ;non senti > ment. Mais cp a*est pas ce qu'ont dit les rhéteurs.
U n'y aurait donc que le genre moyen dont l'artifice éi la parure seraient incompatibles avec la gravité de l'indignation^ avec la fougue et l'énergie de la colère, des menaces, des reproches , de la douleur véhémente et impétueuse, avec Thumilité craintive des prières, des plaintes , des supplications. Mais dans un sujet mèin£ où la richesse des peintures et des images solliciterait l'éloquence et viendrait s'offrir d'elle-même , si l'un ou l'autre genre de pathétique y trouvait sa place, le simple ou le sublime prendrait celle du tempéré.
Voyez , dans les Géorgiques , l'épisode d'Orphée.
Ainsi, sans refuser à aucun des trois genres Tavantage d'instroirey lu les moyens de plaire,
ni le don ifémouydhr , tâchons àer prendre dans son vrai sens ce partage de Cîcéron :
Quoi sunttfj^cia'ôraéons*, tôt sunt gérera dicendi: s^ubiiie,, in probando; modùuni ^ in delectando yvekemens y infiectendo.
Voulez-Tons instruire , éclairer ^ persuader par la raison ?.app)îquez> vous à donner à votre éloquence un, caractère délié, nn langage fin et subtil. Voulez «vous délasser Fat-* tention et un moment vous occuper k plaire ?
employez-y la séduction d'un style tempéré ^ légèrement semé déflënrs. ( ^^^eztfeiiFÉné. ) Voulez- vous tonifier , émévivoâr , élidtiti^p^ troubler^ entraîner vésanditâ^rs 9^ e&pkr)^ii-y la véhémence. Et en élïet bhacim de ces trois cfa'raetères convient plus ou «nohis an si^et , an lieu , aux personnes ^ an nÀlu^el ^e P^»tenr ; Terreur n'est que de les classer éè ée leur marquer des limites^ car le plus sojtivent ils se tnélent et se combinent comme 4es élémens.
Telle 6]yle de LàPontainé, teHeodé dUerace^ telle page de Cicéron, déBoIsuét ou dé ilaciiie, nous les présente tous les tr^. Les sujets les plus £ivorables à Téloqùence sont ceiix qui donnent lieu à cette variété harmonieuse^t ravissante, et les ouvrages où elle règne sont du petit nombre de ceux dont on ne se htsaejamai»»
Ev poésie, on af^elle situcUian lui moment de l'action épique ou dramatique , où de la sei^k position de^ personnages résulte pour le spectateur un saisissement de crainte on de pitié si la situation esA tragique , 4e curiosité, d'impatience ou de ma^àe jcâe si la sàuation est eomkfae. C'est dans l'un, et l'autre genre le phi^ infaiilihle moyen de Fart.
Pour bien juger d'une situation , il faut supposer les acteurs muets dans ce moment critique , ^et se- demandes à soi-même ; Quel mouvement excitera dans le spëctaele la seule" vue de la scèiae? Si le spentateur, peur être ému^, doit attendre qu'on ait parlé , il n'y a plus de situation.
Le pè)^ déB.o^gue outragé-dit à sonr fils :
« J'ai reçu un setÉlflbt ; mon bras y a£fiEtibli par les àns^ nVpu me venger; voilà tnon épée> • venge- moi. '- — De qui ? --*• Du pière de Chimène. » Rodrigue , dès ce moment , n'a qu'à rester immobile et muet d'étonnement et de douleur : nous sentirons , avant qu'il le dise ,le coup terrible qui l'accable.
Ce même Rodrigue se présente aux yeux de Ghimène , l'épée nue et sanglante à la main : l'impression de cet objet n'a pas besoin , pour être sentie, des paroles qui vont la suivre.
Chimène à son tour va se jeter aux pieds du roi et demander vengeance contre un coupable qu'elle adore ; ces mots : Sire ^ sire , justice ! nou&en disent assez ; et tou&les cœurs comme le sien sont déchirés dans ce momenL
La situation tragique est tantôt ce que les Latins appelaient rerum tmgustiœ , un détroit dans lequel l'acteur se voit comme entre deux écueils ou sur le bord de deux abîmes ; telle est la situation du Cid , telle est celle de Zamore , lorsqu'on lui propose le choix, ou de renoncer à ses dieux , ou de voir périr sa maîtresse ; telle est celle de Mérope , réduite à l'alternative ou.de donner sa main au meurtrier de son époux , ou de voir immoler son fils ; telle est la fameuse. J^ftio/ibn de Phocas dans' Héraclius , lorsque entre son fils et son ennemi , et • ne pouvant discerner l'un de l'autre , il dit ces vers si beaux et tant de fois cités :
•O malheureux Phocas ! ô trop heureux Maurice ! Tu retrouves deux fils pour mourir aprè« toi, £t je n'en puis trony^r pour régner après moi.
Tantôt e^e ressemble à la position d un raisseau battu par deux vents opposés , ou au combat de deux vents contraires : c'est le choc de deux passions ou de deux puissans intérêts : tel est , dans Tâme d'Agamemnon , le combat de l'ambition et de la nature, delà tendresse et de l'orgueil ; tel est , dans Tâme d'Orosmane , le combat de Tamour et de la vengeance ; tel est , entre Oreste et Pylade , le combat de l'amitié; entre Agamemnon et .Achille , celui de l'orgueil irrité; entre ZamtL et Idamé, celui de l'héroïsme et de l'amour maternel.'
Tantôt c'est un simple danger , in<|is pressant , terrible , inconnu à celui qui en est menacé : l'acteur tessemble alors au voyageur qui va marcher sur un serpent, ou qui, la nuit , va tomber dans un précipice : telle cfet la situation de Britannicus lorsqu'il se confie à Narcisse; telle et plus efrroy.able encore est la situation d'OEdipe, cherchant le meurtrier de Laïus ; telle est la situation de Mérope et d'Iphigénie sur lé point d'immoler l'une son fils , l'autre son frère.
Tantôt c'est comme un orage qui gronde sur la tête du personnage intéressant , ou comme un naufrage au milieu duquel il est
a3a sitUATiow.
an moment «le périr; rhorreur du ditz^er hit
est connue , mais sans espoir d*y échapper :
telte €st\^ situation d*Hécube, d'Andromaque,
de Clytemnestre , à qui on arraché lenrs en-
fims.
Les situéttiàns eonàques sont ies^ inomen»
de Paction qui mettent k plus en ^TÎdenee Tadresse des fripons , la sottise des dupes', le faible , le travers , le rkiicule enfin du personnage qu'on veut jouer. Pour ex^inples de ces situations comiques se ptéaentent en foule les scènes deMolière , et ces es^emples sont 1« ' preuve que le comique de situation est presqjae indépendant des détails du style : pour rire aux éclats s ii suffît de se rappeler, même confusément^ les situatiom de V École des Maris ^ du Tesrktfe ^ de \ Avare y des deux Sosies , de Georges Dandin , etc.
Le premier soin dii poète, dans Tua ou Tautre genre , doit d#ite être de former spn intrigue de situations touchantes ou plaisantes par eBe«-mémes, sans se IKatter que les détails, Tesprit , le sentiment et Téloquence mUme puissent jamais y suppléer. Son aetion ainsi disposée, qu'il prenne soin d-y joiàdz« les développera ens que la situafian deuïande et que la nature lui indique } qu'il y emploie la
SITUATION.- aSi
iangt^e propre aux caractères , àax mœjirs , à la qualilc de» personnes y il aura presque atteint le but de l'art ; mais ce n'est pas assez , s'il n'a de plus observé les passages , les gratlalions d'uae situation à l'autre ; et c'est la grande difficulté.
On réussit plus communément à inventer des (Situations , qu'à les bien amener et à les bien lier ensemble. La crainte d'être froid ^ languissant fait quelquefcHS qu'oncles brusque et qu'on les entasse | alors le naturel , la vraisemblance , l'intérêt même n'y est plus. Ce n'est point par secousses que l'âme des spectateurs veut éti'e émue : un coup de foudre impréyu les étonne, mais ne fait qup les étourdir ; pour que Torage imprime sa terreur, il faut qu'il vienne lentement, qu'on l'ait vu se f»rmer d^loin et qu'on l'ait entendu gronder.
^ C'est peu même de savoir amener les situations avec vraisemblance et les graduer avec art; quand le personnage y est engagé^ il faut savoir l'en faire sortir , soit pour le tirer de péril ou de peine au momei^ que l'action l'exige ) soit pour l'engager dans xmesituation ou plus tragique ou plus risible encore.
Lorsque , dans le Philoctète de Sophocle ,
r|5'2 SITUATION.
Néoptolème a rendu à Philoctèj:e ses armes , on se demande : Comment , par la seule persuasion,, ce cœur ulcéré sera-t-il adouci ? et on attend ce prodige ou de la vertu de Néoptolème ou de réloquence d*Ulysse. Mais dans la pièce de Sophocle , ni l'une ni Fautrê ne l'opère : "Voilà une situation avortée. Dans dnna^ Rodogune , Alzire , lorsqu'Émilie et Cinna sont convaincus de trahison , lorsque Zamorc a tué Gusman et qu'il est pris , lorsqu' Antiochus a le poison sur les lèvres , on ^e demande : Par quels prodiges échapperont-ils à la mort? et la clémencp d'Auguste, la religion de Gusman ', l'idée qui se présente à Rodogune de faire l'essai de la coupe , viennent dénouer tout naturellement ce qui paraissait insoluble.
Quant aux situations passagères , la réponse d'Emilie ,
• . . . .' Qu*il dégage sa foi,
' £t qu'il choisisse après entre la mort et moi.
la rép'bnse de Curiàce ,
Dis>-lai que l'amitié, Talliance et l'amour ^ lie pourront empêcher que les trois Cïiriaces Ne servent leur pays contre les trois Horaces.
la réponse de Chimène ,
^Iftlgré dés faux si beaux qui troublent hm oolère , ' Jç ferai mon possible à bien Tenger''mon père ; Mais malgré la.i%iwar d'iyn si <^iiel devoir , Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.
la réponse d Alzîre ,
Ta probité te parle , il faut n*écouter qn*eUe.
«ont àes modèles accomplis des pins heureuses solutions.
Dans le comique , un excellent moyen de sortir d'une sitatation qui parait sans ressource, t^e&ï la. ruse qu'emploie la femme de Georges Dandin lorsqu'elle /ait semblant de se tuer , «t q[u'elie réussit , par la frayeur qu'elle lui cause ^ à le mettre dehors et à rentrer chez eile.
Le moyen qu'emploie Isabelle dans-F^coT!?
des Maris ^ pour empêcher Sganarelle, d'ouvrir sa lettre.
Lui TouJbz-Voufl doUuar à croife ^e c'estmioi ?
n'est ni moins naturel ni motos ingénieux , et il est d'un plnrfin comiqtfê.
Mais le prodige dé l'art, pour se tirer d'une situation difficile , c'est ce trait de caractère du Tartufe :
TOMX TII. " 22 '
a54 : sotise
Oai , mon frère , je suis ua méchant , «m oôa|>able« Un malheureux pécheur , tout plein d*iniqmté , Le plus grand scélérat qoi januis ait été.
Ce serait là le dernier degré de perfection du comique , si ^ dans la même pièce et après cette situation , on n'en trouvait une encore plus étonnante : je parle de celle de la table , au-delà de laquelle on ne peut rien imaginer.
SOTISE ou SOTIE.
Espèce de drame , qui , sur la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, faisait chez nous la satire des mœurs. La sotise répondait à la comédie grecque dii moyen âge ; non qu elle fût une satire personnelle , mais elle attaquait les états, et plus expressément l'Eglise. La plus ingénieuse de ces pièces est, sans contredit, celle où T^nciV/i monde ^ déjà vieux , s'étant endormi de fatigue, Abus s'avise d'en créer un, nouveau , dans lequel il distribue à chaque vice et à chaque passion son domaine ; en sorte que la guerre s'allume entre eux , et détruit le monde qoi Abus a créé. Alors le Vieux, monde se réveille et reprend son train.
ou SOTIE. . 255
I^ans cette satire , le clergé n'est point épargné ; il Test encore moins dans la sotie da ffouveau monde ^ dont les personnages sont Pragmatique , Bénéfice grand ^ Bénéfice petit. Père saint, le Légat, V Ambitieux, etc. Bénéfice grand , à qui l'on fait violence pour se livrera Ambitieux , se tnet à crier plaisamment : Volens nolo , nolens volo.
Mais la plus célèbre de toutes les soties ^st celle de Mère sote , composée et représentée par ordre exprès de Louis xii. Dans cette pièce, le prince des sots s'informe de l'état de ses sujets. Le premier sot lui répond':
Nos prélats ne sont point ingrats, , Quelque chose qu'on en babille :
, Ils ont fait , durant les joUrs gras , Banquets , beignets , et tels fracas Aux mignonnes de cette ville. '
Sote commune ( le peuple ) se plaint au roi des sois qu'elle dépérit de jour en jour, et" que rÉglise enlève tout son bien', mère sote parait alors , habillée par-dessous en Mère sote, et par- dessus ainsi que V Église, En entrant sur la scène elle déclare à sote Occasion et à sote Fiancç , ses deux confidentes , qu'elle veut usurper le temporel des princes.
256 90TISE OV «OTIE«
a Disposez de moi, lut dit sote Eéanû^ ^ je i consens à éblouir le ^>e«iplâ pàr'TOs dJifiplG pix>niesses^ et en ^daje risque peu decho&e \ «
On dit que tou» n'gv^z pomt d'j><>jii^ . . ' De rompre votre foi prpmise.
a 0TB OCCASION.
fngraûtade vous surpiotite ; De promesses ne tenez compte , lion plus iqpie boorsieiçB cl<; Vitnsff.
Mère sote dit elle-même sur la prédiction d'un juif ;
Aussitôt que je cesserai D*étre perverse , je ja(M>«rnii>
Elle déclare aux prélats ^ siijets du prince ' , des sots , q«i« 4e spirituel ne lui suffît pas, et qu'elle y veut joindre le tempord :
Po\ur jouir ainsi qu'il me semble , Tous les deux yeuil m^ler çnsem))le.