‹ Elémens de littérature (volume 3)Chapitre 25 sur 48 · AI». Ï · texte numérisé non relu

AI». Ï

qùî tremble po^r ks jours d'un époux adoré ^

ne dit-elle pas ?

Non TITO , non moro ; Ma proTO «■ tormento * Di TÎircr p«noso , Di Inongo morkt

Or , ce sont là les variétés , les nuances, les gradations que la musique exprime en répétant le mot sensible, avec ces accens imprévus que le génie trouve dans la nature , et dont lui seul semble avoir le secret.

Dans le récitatif et dans le dialogue , c'est f intérêt de Tactioil qui domine, et rien ne doit la retarder ; dans les situations où Vair trouve sa place, c'est de tel sentiment que Fon c|t occupé, et si on n'est pas ennemi de .son plaisii^, on laissera à la musique tous les moyens i*en rendre Timpresâon plus pénétrante^ et plus profonde. La simple déclamation a le choix de Fexpression la plus touchante ; mais elle n'en a qu'une : on ne lui permet pas de renchérir sur elle-même. Le chant a. demandé à varier la sienne , à condition de la rendre plus belle et plus sensible par degrés : on lui a accordé cette licence ; e^ quand l'oreille des Français aura mieux appris

à goûter tous les charmes de la musique, ils seront aussi indulgens que les Italiens Font été. Eh éloquence et en poésie , Tamplification a son luxe comme en musique : ce luxe est vicieux ; mais l'orateur, le poète, le musicien n'ont tort d'amplifier l'expression , que lorsqu'ils l'affaiblissent ou qu'ils ne la fortifient pas ; et tant que celle du chant n'insiste que pour redoubler de chaleur , de véhémence et d'énergie , il n'y a qu'un goût minutieux et faux qui puisse le trouver mauvais.

Il est à craindre , je Tavoue , qu'un pareil ciiant , au milieu de la scène , interrompant le dialogue, ne ralentisse l'action et ne refroidisse l'intérêt ; et c'est pour cela que les Italiens l'ont presque toujours relégué, ou à la fin des scènes , ou dans les monologues :

c'est communément là qu'un personnage , livré à lui-mémé , peut donner, plus de développement k la passion qui l'agite , au sentiment dont il est occupé.

Mais au milieu même de la scène la plus vive et la plus rapidement dialoguée , il est des ciiv constances où ces élans impétueux de l'âme, cette espèce d'explosion des mouvemcns qu'elle a réprimés , trouvent place , et loin de reâroi-*

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