‹ Elémens de littérature (volume 4)Chapitre 15 sur 26 · PANTOMIME · texte numérisé non relu

PANTOMIME

G'est le langage de raction , Tari de parler aux yeux , L'expression muette.

L'expression du visage et du geste accompagne naturellement la parole , et s'accorde avec elle pourpeindre la pensée ; en sorte que, . plus l'expression de la parole est faible , au gré de. celui qui s'énonce , plus l'expression du geste et du visage s'anime pour y suppléer. De là vient que , chez les peuples doués d'une imagination vive et d'une grande sensibilité , la pantomime naturelle est plus marquée., ainsi que l'accent de la parole. De là vienj; aussi gué, plijis on a de difficulté à s'expri^,er par la parole , soit à cause de la distance ou ^ quelque vice d'organe , soit manque d'habitude de la langue qu'on veut parler , plus on donne de force et de vivacité à cette expression visible. C'est donc surtout aux mouvemens de l'âme les plus passionnés

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que la pantomime est nécessaire : alors ou elle seconde la parole , ou elle y supplée absolument.

L'expression du geste et du visage, unie à celle de la parole , est ce qu'on appelle action , ou théâtrale ou aratoire, Voyez ni-

GLAMATIOI?.

La même expression , sans la parole , est ce qu'on appelle plus particulièrement /mz/itomime.

Chez les anciens , l'action théâtrale se réduisait au geste. Les acteurs , sous le masque , étaient privés de l'expression du visage , qui , chez nous , est la plus sensible : et si on demande pourquoi ils préféraient un masque immobile à un visage où tout se peint , c'est 1^ que , pour être entendu dans un amphithéâtre qui contenait au moins six mille spectateurs , il fallait que Facteur eût à là bouche une espèce de trompe ; a<» que , dans Téloignement, le jeu du visage eût été perdu , quand même oh eût joué sans masque. Or , Faction théâtrale étant privée de l'expression du visage , on s'efforça d'y suppléer par l'expression du geste , et l'immensité des théâtres obligea de l'exagérer.

Far degrés cet art fut porté au point d'oser

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prétendre à se jjasser- du secours de la ^arote , et à tout exprimer lui seul. De là cette espèce de comédiens muets , qu'on n'avait point connus dans la Grèce , et qui eurent à Rome un succès si follement outré.

Ce succès n'est pourtant pas inconcevable , et en voici quelques raisons.

lo La tragédie grecque , tfansplantée à Rome , y était étrangère , et n'y devait pas faire la même impression que sur les théâtres de Corintlie et d* Athènes. Foyez^ poésie ,

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