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doit élre avec Téloquence d'un xèle ardent et ^g^Éereux. U en est des tableaux /]ue Voéle peint, €ommedes$entiméns qu'elle exprime :
le poète en doit être affecté compie il veut m'en affecter rnownéme. La Motli# a connu tontes les règles de Vode , excepté celle-ci : de là Tient qu'il a mis dans les siennes tant d* esprit et ai p^ de chaleur : c'est de tous les poètes lyriques celui qui an nonce le plus d'enthousiasme , et qui en a le moins. Le sentiment et le génie ont des mouTcmens qui ne s'imitent pas.
Boileau a dit , jtn parlant de Vode :'
Son ityle impétueux souvent marche au hasard ; Qiez elle un beau désordre est un effet de Fart.
On ne -saurait croire combien ces d^x vers , mal entendus, ont fait faire d'extrayagances. On s'est persuadé que Vode , appelée /?//id^zrique /ne devait aller qu'en bondissa|it : de là tous ces mouvcmens qui ne sont qu'au bout de la plume , et ces^fornudes de transports , Qu'entemls-je ?" Ou suà-Je ? Que vois -Je ?
qui atË se terminent à rien.
Qu'Horace , . dans une clianson à boire , ^ dise inspiré par le dieu du vin et de la
3o ODE.
vérité pour chanter les louanges d'Angnste, c'est une flatterie ingénieuse d^^séc sost l'air de Fivresse :, la période est courte , le mouyement est rapide , le feu soutenu, et Fillusion complète. Mais à ce début ,
Quo mei Bacche, rapU, tui
Plénum? 4
comparez celui de Yode sur la prise de Namur : .
Quelle docte et sainte ivresse Aujourd'hui vie fait la Icfi?
Cette docte et sainte ivresse n'est point le langage d'un homme enivré. Supposé même ,que le style en f&t aussi véhémçnt , aussi naturel qiie dans la -version latine :
Quis mesurer ebrUtm rapit
Impo.tens P «
Ce début serait déplacé : ce n'est point là le premier mouTemeat d'un poète qui a devant les yeux l'image saiiglantq aun siège.
Celui des modernes qui a le mieux pris le ton de Vode ^ surtout lorsque David le lui a donné , Rousseau , dans Xode a M. du
ODE. 5l
Luc, commence par se comparer an ministre d'Apollon , possédé dudieu qui Hnspire ,
Ce n'est plus un mortel , c'est Apollon hii-méme Qui parle par ma voix.
Ce début me semble bien haut , pour un poème dont le style finit par être Texpression douce et touchante du sentiment le plus tempéré.
Pindare , en ^in sujet pareil , a pris un 'ton beaucoup plus humble.. « Je Tondrais voir revivre Chiron , ce centaure ami des hommes, qui nourrit Ësculape et qui Tinstruisit dans Tart divin de guérir nos maux..... Ah! s'il habitait encore sa caverne , si mes chants pouvaient l'attendrir , j'irais moi-même l'engager à prendre soin des héros , et j'apporterais , à celui qui tient sous ses lois les cam*pagnes de l'Etna et les bords de l'Aréthuse , deux présens qui lui seraient«chers , la santé; plus précieuse que l'or, et un hymne. sur son triomphe. »
Rien déplus imposant , de plus majestueux que ce débuf prophétique du poète français que je yiens de citer.
Qu'aux acceos de ma voix la terre se réveille ^ Roî», so^ez attentifs j peuples , prêtez roreille ;
^ Que TuDivers se tais^ et m'tHioute parler.
Mes chantff^oot seconder les accords de ma lyre: L'Esprit saint me pénètre , il m*écliauffe et m'inspire Les gralides vérités que je vais révéler.
Mais quelles sont ces vérités inouïes ? « Que vainement l'homme se fonde sur ses grandeurs et sur ses richesses ^ que nous sonmieB tous mortels et que Dieu nous jngeva tou&».
Voilà le précis de cette ode,
Horace débute comme Rousseau , djois les kçons qu'il donne à la jeunesse romune sur rinégalité apparente et sar régalité réelk «ntre les hommes :
Carmina non prias
AiuUta , Musarum sacerdos,
Firginîhus puerisqne canto .
Maïs voyez comme il se soutient. (D'est peu de cette vérité que &ous^au a développée :
jEqua lege nécessitas Sortitur insignes et imos.
Horace oppose les terrencs «k la tyrannie, les inquiétudes de Tavariôe , le$ dégoûts , les sombres ennuis de la fastueuse opulence, au repos , au (H^x sommeil de Fhumble médiocrité. C'est de là qu'est prise cette grande
■lésime qui, pa$se eacox'e ' de boucha en bouche :
Regum timendorum inproprias gr&ges:, Reges in ipsos imperium est Jovis ,
&ari giganteo triumpho ,
Cuncta supet'cilio moventis.
et c€ tableau si vrai , si terrible de la condition des tyrans :
Distrwn&çnsis cui super impia Cervice p'eitetët , non sicûlœ dapes Dutce^'eib^tfritèant saporem , N«tk a^dum eithaneque cactus Sonmiun fçduce^.
et celui que Boileau a si heureusement rendu^ quoique dans un genre moins noble :
Sed tùnor et minài Scandant eodem quo dominus , neque
Decedit aerata triremi , et Post equilem sedèt atra cura.
Si ces vëritcs ne sont pas nouvelles, au moins ' sont - elles pj?ësentées avec une force ipouïe , et cependant l'on reproche au poète le ton impo«4i|t qu'il a pris , tant il est vrai qu'il faut avoir de grandes leçons à donner au