‹ Elémens de littérature (volume 5)Chapitre 19 sur 29 · X01B,SS · texte numérisé non relu

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par «on mëpi^ia pour la siimple 4roiture , e^ p^r ftoii adoiiratiQn pour l'adresse et Thabileté. ]&coute«-le^ et> voyez <fwd sera Toiijet qut aor^ captiyë sou estime : ce s^ra le fbiirbe profond qui aara su le mieux^intrigi^er a Ui cour , ou gagner la faveur du peuple , ei^ imposer aux geus d^ bieu , troqipei; lea plus» liabiles , surprendre les plus sages, «'winuei^ el s'introduire daiis la çoufi^^uc^ des grands , en abuser à son profit , ennployer à propos l^^ 'b4»ses0e «I Faudace , ]«^ calomnie ou l'adulatiou, et n^ rougir de rien/qu^ d'échouer dan^ ses entrepris^ devant un plus fourbe qu^lui.

Si des n/kêmoires. prennent l'emprqiute d'un caraqtère vicieux, ils ne çeççivent pas moins celle d'une àmç honn,éte et v^rtueu$e; et le commun ^mbole dç.ceux-»ci sera la probité* ]^(ais quoique la probité soit une , «;Ue se mo«dWe encore selon la trempe dq l'esprit et d^ yàme. Jii'hoinine de bieu, dans son témoignage } ne dii«| que ce qu'il j^qra vu , mais leai ténaM)it»s mêmes les. plus fidèles n'auront pas vu la mcrm^ chose , ou ne l'àuroj^it pfis vue 4veç^ les m^es yeux. (4e inoment pu, la position , telle circonstance échappa on si|isie , ui^ mot bien ou mal entendu , peut faire seul que

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deux témoins diffèrent^ Rien de plus ingénii que les Mémoires de Montpensier, rien de plus sincère que ceux de Motteville; et souvent VntLe blâme ce que l'autre a loué.

Dans la manière de s'affecter de ce qu'on Toit^ les différences ne sont pas moins sensibles ; et c'est la principale cause de la diversité des styles. Supposez des témoins également sincères , également instruits , maïs di-« versement organisés ; le même événement consterne l'un, soulève l'autre, n'inspire à celui-ci qu'une molle tristesse, pénètre celui-^là d'une douleur vive et profonde; et leur manièue de le raconter se ressent de ces impressions. Je crains bien moins ceux qui rougissent que ceux qui pâlissent , disait César. Celui qui aura rougi de colère sera véhément dans sa narration; celui qui aura pâli d'borreur, sera terrible dans ses peintures. Mais chacun aura dans son style l'intérêt de la vérité , si, librement et de bonne foi , il a laissé couler sa phime, si son langage porte l'eknpreinte de son esprit et de son caractère , et si dans toutes les situations il se peint tel qu'il a été , ne disant que ce qu'il a vu, et sans vouloir nous affecter de ses ï^cits plus que l'objet présent n'aura dû l'affecl^r lui-même.

XBRVE1LI.EUX. ^ lïl^^.

On peut distinguer dans la poésie deux.es-^ pèces de merveilleux.

Le merveilleux naturel est pris,' si jeFôsc dire, sur la. dernière limite des possibles : la vérité y peut atteindre , et la simple raison peut y ajouter foi. Tels sont les extrêmes en toutes choses , les événemens sans exemple , les caractères , les vertus , les crimes inoius , 4^ jeux du hasard qui semblent annoncer une Mktalité marquée , ou l'influence d'une cause puissante qui préside à ces accidens : telles sont les grandes révolutions dans le physi({ue; les déluges , les tremblemens de terre , les bouleversemens qui ont changé la face du globe , ouvert un passage à FOcéan dans les profondes yallées cpii séparaient l'Europe de l'Afrique, ou la Suède de T Allemagne, rompu la communication du nord de l'Amérique et . de l'Europe , englouti peut-être la grande île Atlantique , et mis à sec les bancs' de sable :^pii forment l'Archipel de la Grèce et celui de rinde, peut-être aussi, élevé si haut les volcans de l'ancien, et du nouveau monde : telles

sont aussi 9 dans le moral, les grandes incursions et 1^ vastes conquêtes , le renversement des empires et kttr succession rapide, surtout ' lorsque' c'est un seul homme dont le génie et le courage ont produit ces grands change mens : tels sont pi^r con^uent les Caractères et les génies d'une force , d'une vigueur, d'une élévàlibn extraordinaires : tels "soht «tifin \tt éy^ëboiens partictidierâ ^ont la Teheocrtre fitembfe ^rdonftée t>ar tine ptdâsftnee* supérieure.

Arktote en donne pour exemple là ch^tedela statue de Miris Sur Te nieurtner^de Miris. Let âié&tre grec est rçmpK de ces rencontres n/ter-veiUeUsts : tel est le sort d'Ores^, cru mèurtHer d -Oreste, et stir le pointd^^treinlmblép&r Iphi- ^ènie là soeur; td est le sort d'Egiste, cru Aieiirtrier d^Ëgisté, et sul* le point &èlxe itiimolé par Méi*e|>e sa mère; tel est le *ôtt ^TŒdipe , meurtrier de L2ûhii& son pète , el cherchant liû-méme à découvrir lè Mieurtrîer de iJiîtis.

L'histoire présente plusieurs de ces hasards, dont la poésie pourrait, au besoin , faire une sorte de prodige : de ce nombre est la naissance d'Alexandre, le même jour cfuefàtbrtié le temple de Diane à Ëphèse ; Garthage et Horinthe détruites dans une même année; Prague

HBRYEILLEUX. %/^^

enipoi*té d^assaut le 28 novembre i63i , par Jean-George, électeur de Saxe, et par escalade le même jour,*28 novembre »i64ï , par son arrière-petjt-fils; la plaie qui 'lave le visage'de BritaAnicus à ses funérailles , et y fait découvrir les traces du poison ; l'orage qu'il y eut à Pau le jour de la mort de Henri iv, où Ton dit que le tonnerre brisa les armes du roi sur da porte du château dans lequel ce prince était né , et qu'un taureau , appelé ie roi de 9 taureaux , à cause de sa beauté , effrayé dcvCe coirp de foudre, se tua en se précipitant dans les fossés du château ; ce qui fil que dans toute la ville Je peuple cria : Le mi est mort, . ' ' ' ^

Ces circonstances ^ que l'on remarque dans les événemens publics, sont aussi quelquefois assez singulières et assez frappantes , dans les événemens particuliers , pour y j^ter du merpeilléux: Tel serait, par exemple, l'aventure de ce comte de Guiches, qui, par amour, portant sur son cœur le portrait d'Henriette d'Angleterre, le jour d'une bataille, reçut une balte à l'endroit même où était la boite qui l'enferitiaitf et dut la vie à ce bouclier pr^ eieux.

Dans ce même genre de merveilleux; sont TOMK V. a a

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