‹ Elémens de littératureChapitre 18 sur 32 · RELATIVE. I · texte numérisé non relu

RELATIVE. I

être le fléau de votre famille et de votre royaume, tandis que je laisse mon père sans consolation et sans secours. Et vous-même n'étes-vous pas encore un exemple épouvantable de cette vérité? Mais supportez

courageusement votre sort , et ne vous abandonnez point à un deuil sans bornes : vous n'avancerez rien , quand vous vous désespérerez pour la mort de votre fils , et vous ne le rappellerez point à la vie ; mais vous Tirez rejoindre, après avoir achevé de vider ici bas la coupe de la colère des dieux. » C'est là ce qu'on appelle les mœurs locales et la vérité relative.

Le poète ne nous doit la vérité' absolue que lorsqu'il parle lui-même , ou qu'il donne celui qui parle pour un homme sage, éclairé/ vertueux , comme Burrhus , Alvarès, Zopire :

dans tout le reste , il né' répond que de la vérité relative; et il est absurde de lui faire un crime de la scélératesse d'Atrée, de Narcisse, ou de Mahomet. C'est pourtant là ce que ne manquent jamais de faire les cagots , les délateurs , les calomniateurs des talens , et surtout cette foule d'écrivains faméliques, plus impudens et plus méprisables, plus multipliés que jamais.

L» sentiment do rhythnipe- no*s est si naturel , que*, ebee les peuples mêmes les plus sauvages, la dartse et le cbarrt sont cadencés. Or la poésie ancienne, dans sa naissance, était chantée ; Jèlud quidem eertum omntnt poesin oHm cantaùzm fuisse (Isaac Vossiws ) . La parole , accommodée au chant , fut donc aussi soumise à ni mesure et à 1% cadence:

Telle fut l'origine du vers métrique des anciens.

Tout vers métrique n'est pourtant pa* régulièrement mesuré. Rappelons -noas d'abord que ce vers était compose de pieds ; et le pied, de syllabes, dont chacune était brève ou longue : la- brève , o , ne faisait qu'un temps dan» la mesure ; ta tangue , - , en valait de**. l>a mesure* à trois temps était donc l'ïambe ,- © - ; le chotée , - u ; et • lé tribrache, o o« o . Leà mesures à quatre temps , les plus en usage , étaient te'spoiidëèv ^'- ; le dactyte,'- « « -; et l'asiapesle , <» « -. Avec fmtelttgetice dfe ces figurés,'' on verra d'un coup d^Fquelte était 1» forme des vers. : :

VERS. I^g

L'hexamètre était régulier et plein d'un bout £ l'autre ; et en même temps il était susceptible d'une variété continuelle 9 par la liberté qu'on avait d'y employer , dans les quatre premières mesures , ou le dactyle ou le spondée. Le cinquième pied seulement exigeait le dactyle , et le sixième le spondée : encore , si le caractère de l'expression ou l'harmonie imitative le demandait , pouvaiton mettre au cinquième pied le spondée au lieu du dactyle , qu'on plaçait au quatrième ; et le vers alors s'appelait spondaïque.

Feh hexamètrei

Fersfpondciïque. '

C'est l'égalité de ces deux mesures et la liberté qu'avait le poète de les combiner à son jgré , c'est là , dis-je , ce qui faisait de l'hexamètre le plus harmonieux de tous les vers; aussi était-il consacré 9 la poésie héroïque:

l8o VERS.

Les pieds du pentamètre et de i'asciépiade sont tous , comme ceux de l'hexamètre , des mesures à quatre temps. Mais .dans l'un et l'autre il y avait une césure à l'hémistiche ; ; et à la fin du pentamètre une autre syllabe en suspens.

Pentamètre,

- w «,-UO,-.

Asclépiade.

Levers ïambique 7 tout composé de mesures inégales , était le plus irrégulier et le plus approchant de la prose : car non seulement il était entremêlé de spondées et d'ïambes ,

mais à ses pieds impairs il recevait le dactyle , ou l'anapeste , ou les trois brèves à la place de l'ïambe , et cette marche libre et variée l'avait fait^préférer pour la poésie dramatique. Mais ce qui est une énigme pour notre

oreille, c'est que les tw/vi femptoyés dans l'ode, et qu'on appelait vers lyriques , étaient presque tous composés de mesures irrégales , 'comme les vers de # Sapho et d'Alcée. Fogrez

STftOfcHE. r

• ftans la basse latinité ; lorsqu'on abandonna le vers métrique , c'est-à-dire le vers mesuré prosodiquement, pour 1* vers rbythmique , beaucoup plus facile , parce que la prosodie n'y était plus observé*» et qu'il strf- ' fisait d'en compter les syllabes sans nul égard à leur valeur , les poètes sentirent que des ve/tf privés du nombre avaient besoin d'être relevés par l'agrément des consonnances : de là l'usage de la rime, introduit dans les langues modernes, adopté par les Provençaux t les Italiens , les Français, et par tout le rest» de l'Europe.

On Tient de voir que dans le vers métriqne régulier la mesure est constamment la même , taadis que le nombre des syllabes varie. lia bexamètre composé de cinq dactyles et d'un „ spondée est un vers de $* ~ i6 P i syllabes j tandis qtiton fttsamètre composé de cinq spondées et d'un dactyle n'en a que treiae.

• On peut voir de mette que, quel que fifc le nombre des syllabes et le mélange des de»

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