‹ Elémens de littératureChapitre 27 sur 32 · KO H ANTIQUE · texte numérisé non relu

KO H ANTIQUE

tons les, sens ; mais son mouvement le plus caractérisé est l'ascension , vers laquelle nôtre vanité se dirigea toujours avec complaisance, et qui s'y élance maintenant avec orgueil. Deux nobles rêves ont bercé la France pendant un demi-siècle : réveillée de ces illusions de liberté et de gloire, elle* comprend qu'en dépit des préjugés qui les lui ravissent, il est un moyen sûr de les réaliser. Ce ne sera plus entre les piques sanglantes de l'anarchie et le joug d'airain du despotisme qu'elle essaiera !a liberté; ce ne sera plus à travers les sables du Zhara ou les neiges de la Moscovie qu'elle ira chercher la gloire : cette double conquête est réservée aux armes pacifiques ; mais infaillibles, de la philosophie. Non pas, je me hâte de le dire, cette fausse sagesse qui trouble au lien de calmer , dispute sans conclure, et prétend analyser quamtetîé dissout. Le temps des expériences et fies analyses est passé , celui de reconstruire arme ; mais , pour reconstruire avec solidité , il faut réformer, et la Minerve que j'annonce , architecte céleste, a trouvé, dans là vraie philosophie, l'instrument -qui sépare les erreurs de la vérité. Or , cette vraie philosophie , où la puiser , si ce n'est dans le chris-

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nanisme deJ'JÉyangile? C'est à lui , c'est a « christianisme , qui p&t la raison «îèo^jre^dw palpable par un corps de ^octane,, .q^e se malheurs, rappellent le siècle/ £elui des piètres seoÀjaU. l'en ayQJr écarté] pour ja&ws; înaû le ppînfijçg éyangélique tri«n^phg8;6ôwpce du bon, il^pure la morale v-^wi 4» bea*, U.le demande dans les arts d'iniita^n , et sait que, pour,d,ev£nir lei dignes or^aitfis 4e b . société /le,$ lettres ont besoin 4e lui. Qw <, *'«t par l 'introduction 4)rine W?&*4T»4* philosophique qu CHRéfjiESJîrE que *e terminera k révointioû imminente. D*j? faite daiw les-esprits judicieux t eUe n'attend que qadquts chefs-d'ayiyre pour ( C0Uft^ter «ou existence «t se propager par La popularité. C'est une *&a*e bien digne de remarque , qu'à l'^poqwepi-écise où la rawnp^Wiquefe^vQi^auxc^iiataiu toutes le^cs superstitions,,, elle açe*eidJe tpm transport, e| préconise aree un e^tbousia^Kw que l'examen rend conviction, les principes sur lesquels reposela doctrine de Jésu^C'e^qw la philosppi^e de, cet Jioinme divûa estja xéré» lation ^e rhénane à l'homme. (Test que &çtd , parmi ceite.nat^an pour, qu^è' extérieur étoit tout, il lui a laissé entrevoir que , sous celle apparence oig^e par les sens, flaftboyak,

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comme en un sanctuaire , «elle fie intérieure, si sublime quand la raison la- {terte , si irritable quand le sentiment F agite ,. tour à tour si noble- ou si trie quand 1 tes panions l'exaltentoula dégradent* On voit que si: le rorauntique, trop amoureux de 1» décoration* , reproduit quelque chose des préjugés judaïque^ la littérature qui sefontte > et que j'invoque , émane diseeteraeni du chriafcbïrisme , et qu'avec . sa morale d»ut l'indulgence sympathise si bien avec nos friblcsses, iclle a hériÉéde ses fonàies augustes et simples , poétiques reflets de notre grandeur.

Je définis donc 1» littérature philosophique onchvéûenne Y expression de lavie intérieure, et je la conçois comme la fusion en ta seul et unique système littéraire des beautés éparsesdam>le* littératures diverses. Le christianisme, prenerbien garde qtte je ne dis pas la croyance de Rome, est de fait on de datif la religion universelle : à mesure ejue ses ekrtés , guidées tantôt pa»4a guerre , tastéepa* le commerce, auront illuminé les* latitudes de notre glôble , encore obscurcies par l'ignorance , l'idolâtrie on le polythéisme , ses trois dogmes , l'existence et l'unité de Dieu , une vie futaie, et ttmmortalité de lime, se révéleront à tous

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les esprits , pénétreront dans tous les ccpnrt. Avec eux , «t pour les expliquer par ses diverses voies, descendra aussi ,' domine une révélation intellectuelle , cette émanation scientifique , aujourd'hui si' familière ara nations de l'Europe , d'une partie de l'Asie , et qui le fut jadis à l'Archipel et à une vaste contrée de l'Afrique. Et si l'on me demande où réside le mobile de ce' grand changement , je répondrai que je le vois dans la main d'une politique que de longues révolutions, qu'elle eût pu prévenir, auront rendue sage. Pour les gouvernement , comme pour les individus, la prévoyance^n'est souvent que le fruit du malheur. Celui d'exposer leur existence, en compromettant celle des nations , avertit chaque jour leurs chefe que l'époque est arrivée de céder cette portion de leur pouvoir dont ils notaient que dépositaires. La totale de l'Europe touche à son terme , çt préludant , de toutes parts , à son indépendance politique par son émancipation littéraire, elle transporte dans les domaines de l'intelligence , elle y exhale cette exhubérence de liberté, cette sève d'existence qui l'enchante et la fatigue. Il ne s'agit ici que de' modérer cette fermentation , que d'en

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diriger les effets , pour qu'au lieu d'imprimer, par ses écarts, une impulsion rétrograde à l'esprit humain , elle en hâte et mûrisse les développemens. Soyez certains que privée de tact, de préscience et de goût, l'hérésie romantique les arrête, et, en les suspendant , substitue aux jouissances de l'esprit je x ne sais quelles émotions factices et passagères , dont le principe est contre nature , dont les moyens outragent l'art, et qui des nerfs qu'elles exaltent, mais qu'elles blessent , ne passent un instant dans l'intellect , que pour en être rejetées avec dégoût. C'est que si* la vérité s'y rencontre parfois, la vraisemblance s'y trouve rarement ; et 'que le ( prodige des arts étant d'imiter la nature avec choix, comme leur opprobre est de la copier sans discernement , l'admiration cesse avec l'illusion qui la produit et ne peut être suppléée par un intérêt vif , sans doute , mais faux , et dont le principe impossible glace les effets , en l'examinant.

Cette marche iquivoque et désordonnée ne sera pas , et^ne saurait être celle de la littérature chrétienne. Moins livrée à une imagination spéculative que la littérature classique, elle enfonce dans les cœurs ce regard d'investigation dont cette dernière ^enveloppait

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que les esprits. C'est l'univers moral qu'eue veut explorer ; ce sont les caractères qn'eHe prétend approfondir , les passions dont eile tentera de chercher les ressorts , de déployer le jeu terrible , de constater les effets dangereux; en un mot, c'est 1- homme qu'elle veut révéfer à l'homme. Trop long-temps les arts l'ont v montrée sous' des formes convenues, " avec des mouvemens commandés et des couleurs factices. I>cé affections non moins fausses animaient ce mannequin , produit artificiel d'un talent admirable ; statue correcte , élégante et froide , à laquelle Prométhée n'avait pu communiquer le feu sacré. Prométhée vient enfin de le dérober aux dieux jaloux, et malgré la fureur de Jupiter , Galathée .vivra. %

' Et déjà elle respire. Son premier regard est tombé sur cette société que les bouleve* 1 semens semblent avoir rendue à son état primitif d'agrégation. A travers l'agitation cairséepar des attaques sanglantes et des résistances opiniâtres, elle découvre J^élémens d'une restauration; cofrïme parmi l ïes- doctrines du crime et les triomphes deé' passions qu'il déchaîna , elle' retrouve les notions du bon , du juste et du beau. (Cependant de»

commotions si violentes ont », avec des sensations étranges, éveillé de nouvelles idées et de nouveaux besoins. Chaque jour, des am^ bitions nées de la veille remuent; à leur profit , nos institutions proclamées éternelles ; chaque jour, le sanctuaire du Dieu né dans ■une étable devient une arène , où, spus prétexte de mieux servir ce Dieu , l'orgueil s'adjuge la mitre et dispute l'encensoir; ena-r que jour ce que la politique a d'auguste , ce que la religion a de saint , ce que les siècles ont de vénérable est cité , comparait , est jugé au tribunal des réformateurs. Ebranlées par ces secousses radicales , les moeurs se codifient , la langue- s'altère ; le goût , blasé sur d'anciennes sensations dont il accuse et dédaigne la fadeur , le goût exige des jouissances p^ns piquantes. En un mot , la physionomie de la nation est changée comme son esprit ; et cette double métamorphose , que sa littérature philosophique commença , que sa révolution politique a décidée , sa littérature renouvelée est appelée à en reproduire 4es images , comme *a restauration constitutionnelle doit en employer les fruits* Toutefois , cette révolution aussi imminente que nécessaire j cette révolution inévitable

puisqu'elle est commencée; cette révolution qui marche enfin, a besoin de guides pour ne pas se précipiter, et d'appuis pour ne pas marquer ses pas naissans par des chutes! Et quels seraient ces appuis et ces guides t si ce n'étaient les règles , les traditions et les modèles ? Non ces préceptes inventés par la sottise et propagés par le pédantisme, qui emmaillotent le génie et donnent des lisières à, l'imagination; non ces exemples ridicules que l'usage a transmis d'écoles en écoles , que les préjugés accueillent sans examen , que la servilité imite sans discernement. Cest ainsi que , sur^ des patrons adoptés par des nations dont les mœurs, la crQyance*et les lois n'ont avec les nôtres que des rapports éloignés; c'est ainsi que les artisans français ont taillé notre Thalie et notre Melpomène.LaMelpomène que le génie appelle, la Comédie que les nouvelles mœurs réclament, toutes les Muses invoquées par le siècle, recevront du siècle, des mœurs et du génie, une physionomie plus expressive, un langage plus pénétrant , des attitudes, et des mouyemens plus libres , plus majestueux , plus prononcés ,. et surtout plus variés. Elles en recevront une direction plus importante et plus utile, et conséquemment une influence

plus étendue et 'permanente. Persuadés qu'il* sont les nobles interprètes de la pensée publique , les artistes philosophes et chrétiens , voudront justifier par des chefs-d'œuvre nationaux . ces titres vénérables que le talent peut rehausser encore. Nous insistons sur cette qualification de nationale, sans laquelle toute production, des arts peut avoir un mé- rite éminent , mais est privée de celui qui parle lé plus et le mieux à notre âme. Ces rapports de nos facultés avec les arts , cette çonsonnance entre l'ouvrier et son admirateur, fournissent à l'esprit public un aliment substantiel , à l'opinion générale un double point d'appui d'où elle peut remuer le monde. Et la littérature et les arts , l'industrie et le talent , en un mot , sont-ils autres que le niouvement imprimé an monde, c'est-à-dire la vie ? O vous donc , que l'indomptable ivresse de la reproduction morale tourmente et ravit,' n'oubliez pas que , pour être immortelles , ses œuvres , échauffées par le génie, doivent être tempérées par la raison. Admirez Shakespeare et Schiller quand la Muse les inspire , mais çlédaignez -les , mais plaignes -les quand l'impure Pythonnisse les obsède; admirezles, mais osez admirer encore notre sublime; V ' 3i.

Corneille, notre tendre Racine , nôtre pathétique Voltaire. Ceux-ci furent grands, quoiqu'ils aient fléchi sous la règle; les autres le furent, quoiqu'ils en aient méconnu le joug. Ccst que la règle ne donne ni n!ôte le talent : die en dirige l'emploi. Mais il est une règle suprême, quene trouva pas Axistote et queScaliger n'enseigna point ,' une âme énergique la rencontre dans elle-même : c'est la sensibilité, ce don dispensé a ut hommes supérieurs par une nature prodigue et marâtre à la fois. Faculté créatrice et meurtrière qui dévoile les laboratoires où la nature enfante , et les gouffres où-elle s'engloutit ; faculté cfai , dans l'ordre moral , fait les Fénélon ou les Robespierre; et, dani l'ordre intellectuel, produit les ineffables beautés de Byron et ses extravagances incroyables » faculté qui, touchant d'une part à la démence , fait pulluler les monstres , et puisant de l'autre il la -source des êtres , peuple l'univers de divinités..

La prétention de notre âge est d'être éminemment sensible, et il s* est surnommé luimême lé siècle des lumières et de la mélancolie. J'adopte cette appellation ; mais la littérature régénérée demande dans ceux qui prétendent l'illustrer, qu'ils joignent à leurs

études sérieuses ce^te finesse de tact qui leur donne une juste direction ; ce sentiment des convenances qui les renferme dans une sphère spéciale ; cette conscience du bon goût , s'il m'est permis de parler ainsi , qui , d'une production des arts ou de Fesprit , fasse un tout homogène et complet. Sans unité , en effet , point de beau idéal et absolu, point de chefsd'œuvre qui en sont le résultat et qui donnent un corps palpable à ses abstractions. Sans ' unité , il ne peut y avoir que de belles ébauches ; et , s'il faut le dire , je crains que la postérité ne nomme ainsi la plupart de nos productions. C'est que la plupart furent inspirées par la vanité de produire et l'horreur de méditer. Nos esprits , échauffés par la chaleur des événemens, se croient mûrs et dispensés d'expérience. Mais le talent lui-même iten dispense point : c'est ce que le temps se charge d'apprendre à ceux qui la méprisent.

> Cependant , comme une mer qui se retire après la' tempête , les révolutions , en se retirant, -découvrent les régions encore neuves d'un nouveau monde : ce sont elles que la littérature ,*que les arts régénérés sont appelés à cultiver ; c'est dans leur sein qu'ils doivent , porter une nouvelle et plus vigoureuse civili-

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sation. Nous' assistons à ses essais ; nous applaudirons bientôt à ses progrès. Lear spectacle , qu'une pénétration , même vulgaire , peut 'pressentir et prophétiser, provoque toutes les couleurs de la poésie , toutes les voix de l'éloquence. Que les hommes de génie , dignes de le présenter à l'Europe , n'oublient pas que ses destins littéraires, comme son existence politique, sont tout entiers dan?

ces deux mots : Méditez et osez !

FIU.

TABLE MEtHODIQUE

Otyle. Ses divers caractères , et «es qualités essentielles et relatives. Tom. vu. page a85

Usage. Étendue et limites de son autorité. H tend à ruiner la langue. T. viii. i34

Analogie du styîe , en fui même et dans ses rapports. T. i. *7 3

Ton. Le bon ton ne devrait être que le bon goût mis en pratique. T. vin. i

Convenances. Il en est d'immuables ^ il en est de changeantes. Les beaux sujets sont ceux dont l'effet dépend des convenances immuables. T.

ii. »74

Bienséances. Elles tiennent aux mœurs locales. En observant lei convenances , on peut blesser les Bienséances : le goût consiste à les accorder. T. il. 61

Vérité relative. C'est elle, et non la i;£-*A^absolue , qu'il faut consulter dans le style, et dans la pein r ture des mœurs. ï. vin. 170

Sublime. Le vrai sublime est dans la pensée , dans Je sentiment , dans l'image. Le mérite de l'ex^j

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