‹ Elémens de littératureChapitre 3 sur 32 · TOW · texte numérisé non relu

TOW

L'on voit même des gens qui ne veulent pas être appelés mon père et ma mère par leurs enfans : monsieur et madame leur semblent moins ignobles , plus distingués. Mais y a-t-il rien de plus commun , de plus avili que ces appellations ? et les substituer aux noms sacrés de la nature , n'est-ce pas la plus ridicule des inventions de la vanité ?

Le bon ton du supérieur est de questionner souvent. Le bon ton de Pinférieur est de ne questionner jamais , ou le plus rarement possible.

Le privilège de l'égalité , de là familiarité , de la supériorité , est de parler à la seconde personne ; la déférence , le respect , la grande politesse veulent qu'on parle à la troisième, <?est un usage qui nous est venu d'Italie , avec l'excellence 9 Yéminence etYaltesse. En Allemagne, on a renchéri sur cette formule de politesse , en ajoutant le pluriel à la tierce personne , quoiqu'on ne parle qu'à un seul :

que' veulent-ils ? qu'ordonnent-elles ?

Parmi les gens qui ne sont pas très-familiers ensemble , la politesse la plus commune défend d'appeler par son nom celui à qui on adresse la parole directement et sans équivoque ; mais on affecte de nommer celui à

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