IO TON
qui Ton veut faire sentir sa supériorité : cela est du bon ton.
Si dans le monde on vous demande des nouvelles de votre femme, de vos enfans, de Votre père ; si Ton vous parle de votre procès, de la perte que vous avez faite au jeu, de l'incendie de votre maison ; il est du bon ton de / répondre froidement, légèrement, et en geu de mots. Rien de plus ennuyeux pour les autres que de les occuper de soi. Toutes les questions qu'on vous fait sur vos intérêts personnels sont des formules de politesse dont vous devez savoir ne jamais abuser : mais si Ton veut savoir la nouvelle du jour, ou une aventure plaisante , ou une anecdote scanda-' leusc,, étendez-vous tout à votre aise : les détails sont permis, ils sont même importans ; mais ayez soin de les choisir. Rien de commun , rien d'insipide , rien de triste et de languissant. La grâce, la gaité, la finesse piquante , le sel de l'enjouement, le sel plus vif encore d'un sérieux malin; et, soit dans. vos récits , soit dans vos entretiens, une attention délicate à ne pas abuser de celle qu'on vous donne, et à ne l'occuper qu'autant que vous pouvez l'intéresser : ce sont là quelques-unes des règles du bon ton. /