ESPÈCE UNIQUE. ACIDE BORIQUE
( Acide boracique, sel sédatif de Homberg, sassolin, etc.)
95. Caractères essentiels. Cet acide est solide, inodore, presque insipide ; il rougit faiblement la teinture de tournesol. Peu soluble dans l’eau froide , il se dissout plus facilement dans 1 eau chaude, et il cristallise , par le refroidissement, en ■paillettes blanches nacrées ou en petites masses formées de •semblables paillettes. 11 est inattaquable par l’acide nitrique.
' t donne a I alcohol la propriété de brûler avec une flamme veite. Il est fixe, lorsqu’il est sec, et se fond en un Verre 'flanc , transparent ; il devient sensiblement volatil à l’aide de la vapeur d’eau. Il est susceptible d’acquérir, par le frotte-
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ment, l'électricité résineuse. Sa pesanteur spécifique est de
Composition. Un atome clç bore , i atomes d’oxigène -j- 2 atomes d’eau = B -{- sAq.
95 bis. Gisement. Il existe sous deux états dans la nature : dissous dans les eaux , ou concret et sublimé.
L’acicle borique se trouve dans les eaux de plusieurs lagonis ou petits lacs de Toscane ; il est mêmé mélangé, à l’étàt concret, avec les terres qui les entourent. Ces lagonis sont formés par des vapeurs abondantes qui se dégagent du sol avec sifflement, et qui se condensent ; elles entraînent avec elles du gaz hydrogène sulfuré et de l’acide borique : comme le dégagement de ces vapeurs est continuel , les lagonis bouillonnent toujours à leur surface. On a également trouvé cet acide sur les bords de la source chaude de Sasso, près de Sienne , et c’est pour cette raison qu’on a donné le nom de sassolin à cet acide natif.
En général, il est accompagné, dans toutes ces eaux, de borates, de sulfate d’alumine et d’ammoniaque, etc. E11 Gallicie, il est toujours mêlé de bitume, ce qu’on observe aussi quelquefois dans les lagonis.
O11 a découvert aussi l’acide borique parmi les produits volcaniques des îles JJ pari , où il forme des masses lamellaires accompagnées de soufre. M. Lucas a eu l’occasion de l’observer dans l’intérieur du cratère du "Y ulcano.
La formation de cet acide paraît ancienne , car les lagonis appartiennent aux terrains de transition. Or, comme ils sont formés par des vapeurs qui viennent au-dessous d’eux, l’acide borique se trouve donc dans les terrains primitifs. On conçoit très bien comment ces vapeurs aqueuses peuvent apporter cet acide à la surface du sol, puisque 1 on sait qu il est volatil dissous dans l’eau.
C)5 ter. Préparation. L 'extraction «le l’acide borique se fait en grand dans les lieux où se trouvent des lagonis, comme en Toscane, etc. ; ceux de Chercliiajo , de Monte-Cerboli et de Castel- Nuovo sont les plus productifs. On recueille les espèces de boues qui sont rejetées sur les bords de ces lagonis, et on les lessive avec l’eau presque bouillante de ces sources thermales On obtient ainsi une dissolution qui , évaporée quelquefois par la simple chaleur du sol, donne de 3 à 4 pour 100 d’acide cristallisé en petites paillettes d’un blanc grisâtre ; c’est dans cet état qu’on le livre au commerce pour la fabrication du borax artificiel. {Voyez Soude boratée.) Autrefois on se procurait cet acide du sous— borate de soude, à l’aide du procédé suivant, qui est encore suivi dans les laboratoires : après avoir fait une dissolution concentrée de borax dans l’eau , on la clarifie avec un blanc d’œuf, on la passe à travers une toile , et quand elle est à demi refroidie , on y \eise de 1 acide sulfurique en léger excès, en avant soin del ajouter par petites portions. Par le refroidissement, l’acide borique se précipite en feuillets nacrés ; on décante les eaux mères, on lave avec de l’eau froide, pour enlever le sulfate de soude qui pourrait rester interposé; on égoutte de nouveau, et on sèche à 1 étuve. L’acide borique , ainsi préparé, retient toujours un peu d acide sulfurique dont on a beaucoup de peine à le dépouiller , et en outre une petite quantité de matière grasse provenant du borax. Il faut alors, pour l’obtenir bien pur, le fondre dans un creuset, le dissoudre dans l’eau , le faiie cristalliser, le fondre de nouveau , le couler et le con- •sci\ei dans un flacon bouché. Lorsqu’il est parfaitement pu— nfie, il ne cristallise plus en larges feuillets , mais en petites (paillettes très fines. (Robiquet. )
96. I sages. Les usages de l’acide borique sont très bornés. On ne l’emploie guère que pour fondre et analyser les pierres [gemmes qui contiennent de la potasse ou de la soude, préparer
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un verni < j u i sert, dans les analyses au chalumeau, à reconnaître les différons oxides métalliques qui le colorent diversement , et enfin , obtenir la plupart des borates et surtout celui de soude ou borax , dont les Arts font une grande consommation. Il était usité autrefois en Médecine, et considéré comme sédatif.
5e FAMILLE. CARBONE.
Celle famille comprend deux espèces.
lre ESPÈCE. C ARBORE PI R OU RI AM ART .
97. Caractères physiques. Le diamant est un corps vitreux dont le principal caractère réside dans la dureté, qui est telle, qu’il raie tous les corps sans l’être par aucun ; il est incolore ou diversement coloré ; sans saveur , sans odeur ; d’un éclat très vif . et se rapprochant, sous certains aspects, de l’éclat métallique : cet éclat est mêlé d’un peu d’onctuosité et il est caractéristique, aussi les minéralogistes allemands le désignentils par le nom cl 1 éclat adamantin.
11 a une réfraction simple très puissante : il acquiert par le frottement l’électricité vitrée, surtout lorsqu’il est bien poli. 11 devient phosphorescent par insolation, par le choc électrique, par une légère chaleur, pendant un temps considérable ; cette phosphorescence est plus vive sur les laces non parallèles aux faces de la forme primitive que sur celles qui le sont.
Il pèse 3,52. Pulvérisé, il est gris ou noirâtre , et semble se rapprocher du charbon ordinaire.
Caractères chimiques.' A; une température très élevée, et avec le contact de l’air, il brille sans fumée, ne laisse aucun résidu , et se convertit entièrement en gaz acide carbonique.
Composition Corps simple. Son signe chimique est C.
(Jaract'eres cristallographiques . Sa forme primitive est l’octaecb'e régulier, que nous offre souvent la nature , et auquel on arrive facilement par le clivage.
Ses formes secondaires, qui sont peu nombreuses, rappellent très bien la forme primitive, puisque ce sont toujours des dérivés du système cristallin cubique.
On y remarque l’octaèdre primitif plus ou moins parfait , l'octaèdre modifié par trois rangées de facettes sur ses arêtes; le cube, le cubo-octaèdre , le cubo-dodécaèdre , etc.
On remarque que certaines faces s’étendant trop par rapport aux autres, donnent naissance à des formes étrangères. Très souvent ces faces ne sont pas parfaitement planes, les arêtes sont émoussées , ce qui tient à un mode de décroissement particulier au diamant.
On ne compte qu’une seule variété de forme indéterminable, c’est le diamant amorphe ou granulij orme. S’il pouvait y avoir des diamans roulés, ils n’auraient passé à cet état que par leur frottement mutuel ; mais il est visible que ceux qu’on nous rapporte ne doivent qu’à une cristallisation imparfaite les accidens qui ont oblitéré leur forme.
/ anélés de couleur et de. transparence. On distingue plusieurs variétés produites par des accidens de lumière, telles que la couleur et la transparence. La plupart du temps les diamans sont incolores; quelquefois cependant ils offrent differentes couleurs, mais généralement elles sont peu tranchées, de là les variétés suivantes :
Diamant rose,
orangé , jaune, vert sale , bleu ,
noirâtre, etc.
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La variété rose est la plus reehercliée après le diamant incolore.
Relativement à sa transparence, on reconnaît les trois variétés suivantes :
Diamant transparent ;
translucide .
C’est l’état ordinaire des diamans bruts; mais leur demitransparence n’est pour ainsi dire que superficielle , et fait place, au moyen de la taille, à une belle transparence.
Diamant opaque.
11 est rare dans cet état.
98. Gisement. Jusqu’à présent les diamans n’ont été trouvés que dans deux parties du monde fort éloignées l’une de l’autre, le Brésil et les Indes orientales. Mais les terrains qui les présentent offrent une analogie remarquable ; ce sont des terrains de transport ou d’alluvion dont on ne connaît pas l’âge d’une manière positive, mais qui paraissent être assez modernes. Ce sont, en général, des dépôts formés de fragmens et de cailloux roulés, quarzeux, liés entre eux par une matière argiloferrugineuse , sableuse, plus ou moins abondante. Ces débris sont rapportés maintenant aux terrains primitifs ou tout au plus intermédiaires, d’où l’on est porté à conclure que le diamant a pris naissance dans les portions inférieures du globe , et que , par des causes inconnues , les parties qui le renfermaient ont été , avec lui , portées à la surface. Ainsi il faut bien distinguer son gisement actuel de celui dans lequel il a pris naissance.
Les diamans se trouvent toujours en très petites quantités dans ces dépôts, disséminés çà et là, et généralement très écartés les uns des autres; ils sont presque toujours enveloppés d’une croûte terreuse qui y adhère avec plus ou moins de
force, el empêche de les reconnaître avant qu’ils aient été lavés. On trouve accidentellement dans ces dépôts , des paillettes d’or, du zircon , du fer titane, du quarz lydien, diy erses variétés de quarz coloré, des topazes, des cymophanes, des rognons de fer hydraté , du fer oxide en grande quantité , et de plus , au Brésil, du platine.
Dans la localité des Indes, pays le plus anciennement connu pour la production du diamant, c’est dans les provinces du sud , Golconde, Visapour, etc., et au Bengale , que se trouvent les mines de diamans ; l’espèce de brèche qui les renferme s’appelle krakraod. Maintenant ces mines sont peu exploitées. On trouve aussi des diamans dans l’rle de Bornéo.
Mais c’est, principalement du Brésil qu’actuellement on les retire. Ils y ont été découverts au commencement du dix-septième siècle. C’est le district de Serro-do-Frio qui contient les exploitations les plus considérables. On a remarqué que c’est, en général, dans le fond et sur les bords des larges vallées, plutôt que sur la croupe des collines, et à très peu de profondeur au-dessous de la surface du sol , que se trouve le diamant. Les parties les plus riches sont celles où il existe beaucoup d’oxide de fer, surtout en grains lisses. Ces dépôts sont appelés, dans le pays, cascalho ; on y rencontre beaucoup de masses pierreuses très dures, que l’on nomme pouddmgs , et dans lesquelles du diamant se trouve engagé.
Extraction. En général , c’est en divisant le cascalho, le lavant pour entraîner les parties terreuses, l’exposant ensuite au soleil sur un sol bien uni , qu’on parvient à trier le diamant des matières qui l’enveloppent. Ce lavage se fait au Brésil, sous des hangars, sur un plancher incliné, partagé dans sa longueur en plusieurs compartimens ou caisses, dans chacune desquelles est un nègre. Un courant d’eau est amené vers la partie supérieure, où se trouve un tas de cascalho, dont chaque laveur fait tomber successivement quelque partie pour
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la bien laver, et chercher ensuite, clans le gravier qui reste, les diamans qui peuvent s’y trouver. Aussitôt qu’un nègre a trouvé un diamant, il en avertit en frappant des mains, et le remet à tm inspecteur qui le pèse et l’enregistre.
Il paraît qu’aux Indes la recherche du diamant est à peu près libre , et qu’il existe seulement un droit pour les chefs des contrées où elle a lieu. Au Brésil, le gouvernement se l’est réservée , aussi la contrebande y est-elle considérable. C’est le Brésil qui fournit aujourd’hui tout le commerce de diamans ; il en parvient en Europe de 25 à 3o,ooo karats bruts par an, c’est-à-dire de 10 à i3 livres, qui sont réduits par la taille à 8 ou qoo karats.
Les cascalho, à ce qu’il paraît, présentent presque toujours la même richesse, dans quelque terrain qu’on les prenne. C’est un fait géologique assez remarquable.
gg. Usages. — Travail du diamant.
Le diamant a été connu des anciens. Pline le naturaliste en parle sous le nom d ’adarnas, et a même décrit sa forme.
Il sertcomme objet d’ornement , pour couper le verre et polir les pierres fines.
Le diamant destiné à servir d’ornement doit sa supériorité à sa dureté, à sa densité, à sa combustibilité , qui lui donnent une grande puissance de réfraction , et surtout à la propriét qu’il possède de diviser à l’infini le faisceau lumineux.
C’est dans le but d’augmenter son. éclat en multipliant les facettes qui font suivre à la lumière une foule de routes différentes , qu’on est dans l’usage de le tailler. Cette opération , qu’on ne peut pratiquer qu’à l’aide même de sa poussière , nommé égrisée, et du clivage, a été tentée pour la première fois en 15^6, par un ouvrier de Bruges, Louis de Berguein. Avant cette époque on n’employait que des diamants bruts. Les plus recherchés alors étaient ceux qui présentaient naturellement une figure pyramidale, que l’on nommait pointes
DK MINÉRALOGIE.
naïves, et que Ion montait «le 'manière à ee qu’ils présentassent cette pointe en avant.
On taille le diamant de deux façons, en rose et eu brillant. La taille en rose présente une pyramide à facettes triangulaires. La taille en brillant , qu’on emploie pour les pierres d’une épaisseur convenable, et par conséquent d’un prix plus élevé, offre, d’un côté, une face assez large, ou table, entourée de facettes triangulaires , qu’on nomme dentelle, et de facettes en losange; de l’autre, une sorte de pyramide garnie aussi de facettes ou pavillons, destinées à réfléchir la lumière qui a traversé la pierre, et qui se termine par une autre petite table ou culasse.
Le prix des diamans est, en général , très élevé, et il vari<; suivant la limpidité, la grosseur et la taille. Les diamans bruts, qui sont colorés ou tachés, et qu’on réserve pour faire de Y ég risée, valent de 3o à 36 francs le karat (il pèse 4 grains). Ceux qui sont susceptibles d’être taillés se vendent à raison de 4 6 lrancs le karat lorsqu’ils ne dépassent pas ce poids ; mais au-dessus , on les estime par le carré de leur poids multiplié par 48; ainsi le prix d’un diamant brut de 2 karats est égal a 2 X 2 X4'3 --- 192 francs. Quant au diamant taillé, son prix, bien plus élevé, varie singulièrement suivant l’espèce de taille qu’il offre. Ainsi les diamans taillés en brillant valent bien plus que ceux taillés en rose. Le karat de ceux-ci se paie depuis 60 ou 80 francs jnsqu a 12.5 francs et au-delà, foui les biillans, les prix s élèvent considérablement avec leur grosseur. Le brillant de 4 grains, ou de 1 karat, coûte jjénéialement 216 a 240 francs; mais il va quelquefois jusqu’à 288 francs lorsqu’il est très beau.
La grosseur des diamans est ordinairement peu considé- 1 aide; presque toujours ils 11e dépassent pas le poids de 1 karat Ceux «jui pèsent davantage sont assez rares, tels sont ceux «le J .« 6 karats, ceux de 12 à 20, etc. On cite des diamans qui
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pèsent jusqu’à 5 onces environ , niais ils sont en bien petit nombre; leur valeur, dans ce cas, est incalculable.
Le diamant, en raison de sa dureté, sert à couper les pierres et à les graver. Les vitriers l’emploient journellement pour couper le verre, et ils font usage, dans ce cas, du diamant cristallisé à arêtes curvilignes, qu’ils appellent diamant de nature. M. Wollaston a très bien observé qu’ici c’est moins à cause de sa dureté que de sa forme curviligne, que le diamant est si utile. En effet, les diamans taillés, ou à arêtes trop vives, ne font que rayer le verre sans le couper ,' tandis que toutes les substances susceptibles de rayer ce dernier corps acquièrent la propriété de le couper lorsqu’elles sont taillées de manière à présenter des faces bombées et des arêtes curvilignes. 11 paraît qu’au moyen de cette forme, l’angle entre dans le trait produit par le frottement, et sépare, les parties l’une de l’autre absolument de la même manière que le ferait un coin.
On distingue facilement, par la densité et la dureté , le diamant du strass, qu’on travaille maintenant avec un tel art, qu’on peut le confondre, au simple aspect, avec le premier de ces corps.
2e ESPÈCE. ACIDE < ARROE1QVE.
ioo. Caractères essentiels. Cet acide est gazeux , incolore , d’une odeur légèrement piquante; il éteint les corps en combustion, rougit le tournesol, précipite l’eau de chaux, et se dissout en quantité sensible dans l’eau , à laquelle il donne une saveur aigrelette et la propriété de mousser.
Sa pesanteur spécifique est de i,5245.
Composition, i atome de carbone et a atomes d’oxigène
i o i . Gisement. Le gaz acide carbonique existe libre sous deux étals, à l’état de gaz et dissous dans les eaux.
Non-seulement, à l'état de gaz, cet acide se trouve mêlé à l'air atmosphérique dans la proportion de quelques millièmes , et peut être alors regardé comme une des parties constituantes de l’atmosphère, mais il se rencontre pur ou presque pur dans les diverses cavités ou grottes que présentent les pays volcaniques, et dans quelques-unes de celles des terrains secondaires; il existe aussi au fond des puits et dans l’intérieur des mines. Comme il est plus pesant que l’air, il n’occupe jamais que la partie inférieure de ces cavernes , à moins que la quantité qui se dégage continuellement du sol ne soit assez considérable pour les remplir entièrement, ce qui arrive dans quelques localités. Dans le premier cas, la couche du gaz ne s’élève guère à plus d’un ou deux pieds mais elle suffit toujours pour asphyxier les animaux qui cherchent un refuge dans ces lieux déserts : les hommes peuvent y pénétrer impunément. Il n’en serait pas de même dans les cavernes abandonnées depuis long-temps, ou dans les puits des mines; aussi la prudence exige-t-elle qu’avant d’entrer dans ces souterrains, on y lance un corps enflammé, afin de s’assurer si l’air qui y est contenu est encore propre à la respiration.
Dans les mines mal aérées et dans les houillères , le gaz carbonique manifeste souvent sa présence eu éteignant les lumières des mineurs et en rendant leur respiration excessivement pénible. On a remarqué qu’il augmente sensiblement d’intensité quand le temps est chaud et orageux , et quand le vent suit une certaine direction.
Les grottes qui renferment habituellement du gaz acide carbonique sont assez abondamment répandues sur le territoire de Naples et dans quelques parties de l’Italie. On cite entre autres la fameuse grotte du Chien, près de Pouzzolcs, sur les bords du lac d’Agnano. Mais il s’en trouve dans plusieurs autres pays qui ont la même position géologique: telle est la
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y lutte de Typhon , en Cilicie, dans l’Asie-Mineure ; la grotte de l’abbaye de Laacli, sur les bords du Rhin ; celle d’Aubenas, département de l’Ardèche; celle du Mont-Joli, près de Clermont-Ferrant , etc. , etc. « Le sol de ces cavernes, ditM. Beudant , semble quelquefois retenir le gaz dans ses pores et audessous de lui, et l’empêcher de s’échapper à la surface, car il suffit, dans quelques endroits, de remuer la terre , de creuser à quelques pieds , pour qu’il s’en dégage par torrens. »
Il est assez difficile d’expliquer la formation du gaz acide carbonique dans les terrains non volcaniques, tels que les terrains secondaires et tertiaires; on peut citer particulièrement le terrain calcaire des environs de Paris, et surtout de Montrouge , où toutes les carrières sont remplies de ce gaz à tel point, que très souvent on est forcé de les abandonner. Comme ces terrains renferment beaucoup de lignites ou sont superposés à des couches plus ou moins considérables de ces corps d’origine organique, peut-être pourrait-on supposer, avec quelque vraisemblance , que la décomposition lente et séculaire de ces matières est pour beaucoup dans la formation du gaz dont nous nous occupons.
Enfin l’acide carbonique se trouve en solution dans l’eau, et constitue les eaux acidulés gazeuses , dont il existe un très grand nombre de sources dans presque tous les terrains, primitifs , de transition , secondaires et d’origine ignée. Ce qu’il y a de remarquable , c’est que plusieurs eaux thermales en contiennent: telles sont celles de Vichy, du Mont-d’Or, etc. Dans ce cas on ne peut expliquer son existence qu’en admettant qu’il a été dissous à une pression considérable. Ce qui tend à confirmer cette opinion, c’est, que ces eaux le laissent dégager aussitôt qu’elles ont le contact de l’air.