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ESPÈCE UNIQUE. PLATINE NATIF

( Platine natif ferrfere, Haüy. Or blanc , de l’Isle. )

214. Caractères essentiels. Sa couleur est d’un gris d’acier très clair, approchant du blanc d’argent ; il a un éclat métallique; il est tendre, malléable, flexible; il résiste au feu de forge le plus violent , et n’entre en fusion qu’au moyen du chalumeau à gaz oxigène ; il est inattaquable par tous les acides, soluble seulement dans l’acide liydrocbloro-nitrique, et sa solution précipite en jaune par les sels de potasse et d’ammoniaque.

Sa pesanteur spécifique est de 1 7 , 7 non purifié (Wollaston) ; elle est de 20,98 lorsqu’il est pur et non forgé, et elle s’élève jusqu’à 21,53, et même 23, suivant Thomson, lorsqu’il a été fortement écroui.

Le platine natif ne s’est encore trouvé jusqu’ici que sous la forme de grains aplatis d’un très petit volume : les deux plus gros morceaux de platine connus pèsent, l’un pas tout-à-fait 58 grammes, et l’autre 1 livre 9 onces 1 gros. Le premier a été rapporté d’Amérique par M. de Humboldt, et le second a été trouvé en 1814 Par un esclave nègre dans la mine d’or de Condoto (province deChoco,dans la Nouvello-Grenade). Tous Tome I. i5

ÉLÉMENS

ces grains ne renferment pas du platine, et ceux qui en contiennent ne l’offrent jamais pur. La mine de platine du commerce présente jusqu’à i3 métaux différens; on y trouve: i°. des grains arrondis et des paillettes d’un blanc argentin ou grisâtre, formés de platine, de fer, de plomb, de cuivre, de soufre et de deux métaux particuliers à cette mine , le rhodium et le palladium ; 2°. des grains noirs composés d’oxides de fer, de titane et de chrome; 3°. d’autres grains assez semblables à ceux du platine , mais beaucoup plus durs et nullement malléables , qui sont un alliage d’osmium et d’iridium ; 4°- des paillettes, mais eu petit nombre, d’un alliage d’or et d’argent; 5°. quelques globules de mercure; 6°. enfin, parfois des grains de palladium natif ; ces derniers, en effet, ne se rencontrent que dans le sable platiuifère du Brésil. En ajoutant à ces différentes substances quelques matières pierreuses, parmi lesquelles on trouve quelquefois du zircon et des petits grains vitreux de diverses couleurs, on aura une idée assez exacte de la composition du minerai de platine. ( Humboldt).

Le signe chimique de ce métal est PL

su 5. Gisement. Le platine natif existe dans le même terrain que l’or granulaire, c’est-à-dire dans des terrains meubles de transport anciens ou antédiluviens, composés de débris de basanite, de diabase ou de dolérite, de trapp et d’autres roches des terrains trappéens pyrogènes, t.e terrain appartient au même gisement que le diamant , et il contient à très peu près les mêmes substances qui accompagnent ce dernier, telles que le fer oxidulé, le cuivré pvriteux, du mercure, du quarz, des spinelles rubis, des zircon s, des Corindons, des paillettes aurifères, etc. Cependant il paraît que le platine ou les sables platinilères ne se trouvent jamais dans les sables qui renferment le diamant. Leplatine n’a été connu pendant longtemps que dans le nouveau monde. Les endroits les plus riches sont le Choco et Barbacoa ( Nouvelle-Grenade ) , Matin-Grosso

(Brésil), Quito (Pérou), Cartliagène, diverses autres parties de l’Amérique méridionale, et la rivière d’Yaki à Saint-Domingue.

M. Vauquelin, plus tard, a découvert la présence de ce métal dans les minerais argentifères ( cuivre gris) de Guadalcanal en Estramadure , province d’Espagne. Ceux-ci le renferment à l’état métallique, quelquefois en quantité très petite, quel quefois jusque dans la proportion de 1 opour cent ; il n’y est point accompagné des divers métaux que nous avons cités, mais seulement d’argent antimonié sulfuré arsénifère. C’est le premier exemple Lien authentique de la découverte du platine dans l’ancien continent.

On vient de découvrir l’existence duplatine dans les sables aurifères de Kascliwa, à a5o werstes d’Ekaterinenbourg, dans les monts Ourals, en Sibérie. Suivant M. de Humboldt , il se trouve au milieu de fragmens de diorite ( grunstein ou mélange intime de felspath et d’ampliibole) , comme le platine du Clioco. Il ne contient pas, d’après M. Laugier, de palladium, mais renferme de l’oxide de fer, des traces de cuivre , d’osmium et d’iridium , et seulement quelques centièmes de rhodium. Il est formé de très petites lames d’un blanc grisâtre , a l’aspect du platine de Clioco , mais moins d’éclat et une couleur plus plombée.

On a trouvé isolément , mais presque dans la même localité , des grains plus gros, tantôt gris, tantôt blancs, qui sont composés, d’après le même chimiste, d’osmiure d’iridium , de fer, de platine , de cuivre avec des traces de titane et de chrome. {Ann. de Chim. et Phys. t. XXIX, p. 289.)

M. Boussingault vient de découvrir à Antioquia, dans la Colombie, une véritable mine de platine.

Le platine a été découvert par Wood, essayeur à la. Jamaïque, en 1 741 ; niais Don Antonio de UUoa en parla le premier, quoique la découverte de Wood fût antérieure. C’est à Jennety

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