‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 62 sur 81 · Le massicot est le protoxide de plomb ordinaire ; d · texte numérisé non relu

Le massicot est le protoxide de plomb ordinaire ; d

est jaune ; le minium est le deutoxide (*); il est d’un rouge vif. 1 ous deux se préparent en grand dans les arts par la calcination du plomb au contact de l’air. Voici le procédé le plus généialement suivi : on calcine le plomb dans de grands fourneaux de réverbère dont l’aire est concave ; de chaque côté sont deux foyers au niveau de l’aire. Le plomb entre en fusion (au 060e degré centigrade), et se recouvre bientôt d’une couche d’oxide jaune, connu sous le nom de massicot; on enlève cette première couche, qui est remplacée par une seconde et une troisième, qu’on enlève de même à l’aide d’un ringard. Quand tout le bain de plomb est converti en massicot , on continue la calcination pendant un certain temps en retournant la matière, afin d’oxider le plomb qui pourrait encore être à l’état métallique : on retire l'oxide du four et on le refroidit en jetant de l’eau dessus. Dans cet état, il contient encore un peu de plomb métallique ; pour l’en séparer on l’agite dans des tonneaux pleins d’eau. Le métal étant le plus pesant , se précipite au fond des vases , tandis que l’oxide tiès di\isé, leste en suspension dans l’eau : on décante promptement et on laisse précipiter l’oxide ; on le fait sécher, et on le met de nouveau dans un four chauffé jusqu’au rouge, dont on laisse tomber la chaleur peu à peu ; on l’y laisse pendant deux jours; après quoi l’opération est terminée. On le retire du four, 011 le passe au travers d’un crible, et on en remplit des barils que l’on expédie dans le commerce; on le connaît sous le nom de minium ou mine de plomb rouge. Dans quelques fabriques, on ajoute au bain de plomb un peu d’étain pour enlever la petite quantité de cuivre que le plomb pourrait

(*) Suivant M. Proust, le minium est une combinaison en proportions definies de protoxidc et de tritoxide ( oxide puce ) de plomb. Cette opinion qui s’accorde si bien avec tous les faits, est généralement admise main' tenant.

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contenir. Le cuivre et l’étain s’oxident avant le plomb ; on rejette la première couclie qui surnage le bain. On peut également séparer l’oxide de cuivre et le protoxide de plomb qui seraient mélangés au minium, en le mettant en contact pendant quelques jours avec de l’eau aiguisée d’acide acétique: les deux oxides se dissolvent , tandis que le deutoxide de plomb veste inattaqué. Dans les arts , 011 donne la préférence au minium d’Angleterre, à cause de sa grande pureté. Il est employé pour vernisser les poteries, pour la fabrication du

cristal et dans la peinture à l’huile.

363. Le blanc de plomb , appelé aussi vulgairement blanc decéruse, blanc de Krems , céruse , etc., est du sous-carbonate de plomb, qu’on se procure de la manière suivante : on

fait passer à travers une dissolution de sous-acétate de plomb, un courant de gaz acide carbonique ; il se forme du souscarbonate de plomb qui se précipite , et le sous-acetate de plomb est ramené à l’état d’acétate qu’on fait bouillir de nouveau avec de l’oxide de plomb. On sature le sous-acétate formé une seconde fois par le gaz acide carbonique, jusqu’à ce qu’il ne se précipite plus de blanc de plomb , etc. ; et 1 on voit que s’il n’y avait pas un peu de perte , le même acetate servirait long-temps pour la fabrication du sous-carbonate de plomb. Tel est le procédé que l’on suit à Clicbj près Paris. En Hollande et à Krems en Autriche, ou plutôt auprès de Vienne, on suit un autre procédé qui est déjà très ancien. On expose des lames de plomb roulées en spirale, dans des pots de terre au fond desquels on met quelques pouces d’épaisseur de mauvais vinaigre ; on place ensuite ces pots dans des couches de fumier neuf, ou mieux, dans de la tannée, de manière à ce qu’ilsen soient presque entièrement recouverts. Auboutdedeux mois environ , on découvre ces pots et l’on retire les lames de ,,101111», qui sont presque entièrement attaquées et converties en sous-carbonatc de plomb, et en une petite quantité d acetate:

on sépare ce dernier sel par le lavage, et l’on fait sécher à l’air le sous-carbonate sensiblement pur. Le plus beau se vend à part sous le nom de blanc d'argent. Celui qui est moins blanc est pulvérisé dans les fabriques mêmes , broyé sous l’eau et divisé en pains coniques, qui prennent plus particulièrement le nom de céruse ; celle-ci est presque toujours falsifiée avec de la craie ou du sulfate de baryte. Le blanc de plomb fabriqué A Krems 11’a pas la teinte grisâtre de celui de Hollande, par la raison qu’au lieu d’entourer les pots de fumier ou de tan , on les élève artificiellement au degré de chaleur convenable ; on évite, par ce moyen, le contact du gaz hydrosulfurique qui se dégage incessamment du fumier en putréfaction. Le blanc de Clicliy , tout aussi beau que celui de Krems, doit lui être préféré, puisque c’est une production nationale. Le sous-carbonate de plomb est principalement employé dans la peinture à l’huile sur boiserie; en Pharmacie, il entre dans la composition de plusieurs emplâtres et onguens siccatifs, et dans celle des trocliisques blancs de rhasis.

364. Le sel de salurne, nommé encore sucre de salante, sucre de plomb , est de l’acétate neutre de plomb, qu’on trouve dans le commerce, cristallisé en longsprisines à quatre pans terminés par des sommets dièdres. Les arts en consomment une grande quantité ; aussi sa fabrication est-elle très étendue. On le prépare en combinant directement la litharge au vinaigre distillé ou au vinaigre de bois purifié. A cet effet, on fait chauffer l’oxide avec un excès de vinaigre dans de grandes chaudières en plomb ou en cuivre étamé. La dissolution opérée, on concentre la liqueur et on la verse dans des vases où elle cristallise par le refroidissement. On décante les eaux mères, on les évapore de nouveau , et 011 les soumet à une nouvelle cristallisation. Les dernières portions d’acétate obtenues sont presque toujours jaunâtres; on les purifie par des dissolutions et cristallisations réitérées. Dans quelques fabriques, on suit

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un autre procédé qui nous semble moins économique que le précédent ; il consiste dans l’emploi du plomb métallique au lieu delitharge. On réduit le métal en lames très minces, on les place dans des baquets très évasés, et on les baigne de vinaigre : le tout reste exposé au contact de l’air. Les lames se convertissent en acétate qui se dissout dans la liqueur surnageante : lorsqu’elles ne paraissent plus diminuer sensiblement, on les immerge dans de nouveau vinaigre , et l’on continue ainsi jusqu’à ce qu’elles soient entièrement dissoutes. On rassemble alors toutes les liqueurs, on les fait évaporer et cristalliser.

L’acétate de plomb neutre jouit de la singulière propriété de dissoudre une certaine quantité de son oxide et de se transformer en sous-acétate. C’est par ce procédé que l’on prépare, en Pharmacie , ce uernier sel , connu sous le nom à' extrait de saturne, et qui, étendu d’eau , prend ceux d’eau végéto-minérale , d’eau de Goulard , d’eau blanche. L’acétate neutre est aussi très employé dans les manufactures de toiles peintes pour fabriquer, par double décomposition , l’acétate d’alumine que l’on y consomme comme mordant, et encore pour préparer le blanc de plomb , comme nous venons de le dire plus haut.

Xe FAMILLE. CUIVRE.

365. Les minerais de cuivre sont faciles à reconnaître. Tous, ramenés par un grillage convenable à l’état d’oxides , puis fondus avec le verre de borax , colorent celui-ci en vert d’émeraude: quelquefois la teinte n’est pas aussi pure, elle est vert-jaunâtre; alors on peut faire usage de l’ammoniaque pour lever tous les doutes. Les sels de cuivre colorent en beau bleu cet alcali. 11 arrive parfois cependant que cet effet ne se produit pas; il faut, dans ce cas, fondre le minerai avec île la soude et du charbon, recueillir le globule métallique et 1 es-

sayer , ce que l’on fera en le traitant par l’acide nitrique. La solution bleue que l’on obtiendra par ce moyen deviendra d’un bleu plus intense par l’addition de l’ammoniaque, par laquelle l’oxide est d’abord précipite' , puis dissous. Une lame de fer plongée dans cette solution se recouvrira de cuivre métallique. La liqueur précipitera, en outre, en brun marron par l’bydrocyanate ferruginé de potasse , et en bleu permanent par la potasse et la soude.

Cette famille renferme vingt-trois espèces.

4* lre ESPÈCE. CUIVRE JS ATI F.

366. Caractères essentiels. Le cuivre natif offre tous les caractères du cuivre obtenu pour le besoin des arts ; seulement sa surface est le plus ordinairement recouverte d’un enduit grisâtre qui masque sa couleur : pour l’apercevoir, il faut le frotter; elle est alors semblable à celle du cuivre pur.

Sa pesanteur spécifique est de 8,584; mais elle varie suivant son degré de pureté. Celle du cuivre fondu est de

Ses cristaux , que l’on trouve souvent dans la nature, appartiennentau système cristallin cubique. On observe le cube, l’octaèdre, le cubo-octaèdre , le cubo-dodécaèdre et le trifonne ou combinaison du cube, de l’octaèdre et du dodécaèdre. Sa forme la plus ordinaire est 1 ’ octaèdre cunéiforme (*).

On le rencontre aussi en parties ramuleuses dendritiques , tantôt saillantes à la surface des diverses gangues, tantôt sitn-

(*) Le enivre peut être obtenu cristallisé artificiellement par la fusion et un refroidissement habilement ménage': la forme qu’il affecte dans ce cas est une pyramide quadrangulaire ; mais il est nécessaire, pour obtenir ces cristaux, d’agir comme pour le bismuth, etc., c’est-à-dire de les mettre à nu avant que toute la niasse soit solidifiée. La forme des cristaux artificiels ne paraît pas compatible avec le système cristallin cubique du cuivre natif.

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plement superficielles, tantôt enfin sous forme de re'seaux engages entre les feuillets des pierres. Il se présente encore en petits filamens, en petites lames, en petits grains, et en masses mamelonnées ou botryoides , quelquefois considérables, que l’on trouve isolées à la surface du sol.

Composition. Corps simple de la Chimie , dont le signe chimique = Cu. Dans la nature il n’est jamais parfaitement pur; il contient presque toujours du fer, de l’or où de l’argent.

36;. Caractères d’élimination. Les minéraux qui peuvent être confondus avec le cuivre natif sont : Y or natif, le cuivre pjrileux et le nickel arsenical. Le premier s’en distinguera à sa couleur jaune pure, à sa pesanteur double au moins de celle du cuivre , et en ce qu’il est inattaquable par l’acide nitrique ; le deuxième, à sa couleur jaune tirant sur le verdâtre , et en ce qu’il est cassant ; enfin , le troisième en ce qu’il est cassant et étincelle sous le briquet en répandant une odeur alliacée sensible.

368. Gisement. Le cuivre natif existe généralement dans les terrains primordiaux , mais moins anciens que ceux qui contiennent le nickel et le cobalt. Il est très commun dans les mines de cuivre, où il s’associe surtout au cuivre carbonate', sulfuré et pyriteux ; il y est toujours engagé dans les roches ou les matières pierreuses qui les accompagnent , telles que le micaschiste , le gneis, le jaspe ferrugineux , le calcaire saccharoide, la chaux fluatée , la baryte sulfatée. On le trouve, mais rarement , empâté dans de la prelmite radiée , que l’on rencontre dans des roches amygdalo’ides des terrains secondaires , accompagné, dans ce cas, de cuivre oxidulé, carbonate' et liydrosilicaté. Enfin, on l’a trouvé en masses isolées dans dessables , au Brésil , au Chili , au Canada , etc. Une de ces 7 \ masses, trouvée à peu de distance de Baliia au Brésil, pesait

2,6 1 6 livres.

Le cuivre natif offre deux sortes de formations différentes : tantôt il entre dans la composition des roches et des filons qui les traversent, tantôt il est d’une formation bien plus récente, mais plus rare. Il se nomme alors cuivre de cémentation, cuivre concrétionné. Il vient des dissolutions de sulfate cuivre qui coulent dans l’intérieur des mines , et qui sont décomposées piar le fer , les corps organisés , et par tous les corps combustibles que rencontrent ces eaux cuivreuses.

Après l’or, le cuivre est certainement le métal que l’on rencontre le plus souvent à l’état natif. On en a trouvé , diton , une variété en petits grains qui contient de l’antimoine.

2e ESPÈCE. CUIVRE SULFURÉ.

( Cu ivre vitreux.)

369. Caractères physiques. Ce minéral a pour couleur dominante le gris de plomb ; celle de sa poussière est noirâtre. Il est tendre , se laisse couper au couteau, est aisément frangible, s’égrène sous le marteau et ne se prête point à la division mécanique; sa texture est grenue, sa cassure conchoïde et éclatante.

Sa pesanteur spécifique est de 5 environ.

Caractères chimiques . Il est très fusible ; il fond même à la flamme d’une bougie. Au chalumeau , il fond en bouillonnant et donne un boulon métallique , souvent attirable à l’aimant, à cause cl’un peu de fer avec lequel il est mélangé.

Composition. Formé de 1 atome de cuivre et de 1 atome de soufre = CuS.

Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un prisme hexaèdre, régulier. Toutes ses variétés de formes, peu nombreuses , présentent le même prisme plus ou moins modifié sur les arêtes de la base ; quelquefois les troncatures atteignent leurs limites et donnent rie chaque côté du prisme

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une double pyramide, ce qui fait le dodécaèdre triangulaire isocèle ; tantôt il est complet et tantôt profondément tronqué au sommet. Quelques variétés offrent un clivage, mais dont les joints naturels ne peuvent être reconnus que par un chatoiement à une vive lumière.

Ses variétés de structure se réduisent aux suivantes :

Cuivre sulfuré massif. Il est presque toujours accompagné de cuivre carbonate' vert. Il se décompose à la longue au contact de l’air, et passe à l’état de cuivre oxidulé ; il donne lieu alors à ce que M. Haiiy appelle cuivre sulfuré hépatique.

Cuivre sulfuré pseudo-morphique. Cuivre spiciforme , vulgairement argent en épis. Il est en petites masses ovales et aplaties , dont la surface présente des espèces d’écailles imbriquées à la manière des cônes de pin. C’est cette configuration qui a fait penser .à plusieurs naturalistes que les types de cette pseudomorpliose pourraient bien être des portions de cônes de pin qui auraient été pénétrées ou même remplacées par le cuivre sulfuré. D’autres croient que ce sont les épis d’une espèce de graminée, le phalaris bulbosa de Linné. On trouve cette variété à Frankenberg (Hesse), dans des filons qui traversent un terrain primitif et reposent sur une gangue argileuse. Ces deux circonstances semblent exclure l’idée que la pseudomorpliose a été produite par une substance végétale , ou pour mieux dire organique.

3^0. Caractères d1 élimination. On le distingue, i°. du cuivre gris , en ce que celui-ci décrépite au chalumeau et y donne des vapeurs blanches antimoniales ; sa forme primitive est, en outre, bien différente de celle du cuivre sulfuré ; 2°. du cuivre oxidulé, en ce que celui-ci a ordinairement une couleur rouge et dégage d’abondantes vapeurs nitreuses par le contact de l’acide nitrique; 3°. de Y argent sulfuré , en ce que ce dernier est très malléable et donne au chalumeau un bouton blanc, celui du cuivre sulfuré étant d’un gris d’acier.

37 1 . Gisement. Cette espèce se trouve, tantôt accompagnant le cuivre pyriteux , mais en petite quantité , et 11e faisant par conséquent jamais l’objet de l’exploitation; tantôt seule et en grande quantité ; aussi, dans ce cas, l’exploite-t-on avec avantage, car c’est une des mines de cuivre le plus productives. Isolée, elle forme des liions qui traversent les montagnes primitives et dont quelques-uns sont très puissans, comme en Hongrie, en Suède, en Saxe , etc. D’autres fois, accompagnée de malachite soyeuse, d’argile diversement colorée et de sable, elle se trouve dans les terrains primitifs, comme dans les monts Ourals en Sibérie.

3e ESPÈCE. CV IV RE SULFURÉ ARGENTIFERE.

( Argent et cuivre sulfuré, de Bournon ; sulfure de cuivre et d'argent , Beudant. )

372. Caractères essentiels. Il a un aspect métallique très éclatant , une couleur d’un gris d’acier; il est très fragile, et a une texture compacte. Il est très fusible, et donne au chalumeau un bouton qui, traité par l’aciile nitrique chaud, s’y dissout et forme une liqueur qui dépose de l’argent métallique sur une lame de cuivre et bleuit par l’ammoniaque.

Composition. Formé de 2 atomes de sulfure de cuivre et de 1 atome de bi-sulfure d’argent = 2CuS -f- AgS2.

Gisement. Cette espèce, qui ne s’est encore présentée qu’en masses amorphes et compactes , se rencontre dans les mines de Kolivan , en Sibérie.

4e ESPÈCE. CUIVRE RYRITEUX.

( Pyrite cuivreuse ; double sulfure jaune de cuivre et de fer,

de Bournon.)

373. Caractères physiques. Ce minéral offre un éclat métallique peu intense extérieurement et très développé à l’inté-

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rieur, une couleur jaune de bronze presque toujours irisée, une texture grenue et une cassure raboteuse. Il est tendre , non malléable , cède aisément, à la bine , et donne à peine des étincelles avec le briquet.

Sa pesanteur spécifique est de 3,5 à 4)5.

Caractères chimiques. Traité au chalumeau, sur un charbon, il décrépite, donne une odeur sulfureuse, et se fond en un globule noir , qui prend peu à peu, mais avec lenteur, la couleur et l’éclat du cuivre. Sa dissolution nitrique abandonne du cuivre métallique sur une lame de zinc , et précipite en bleu par l’hydroferrocyanate de potasse.

Composition. Formé, suivant M. Rose, de i atome de bisulfure de cuivre et de î atome de bi-sulfure de fer=CuS* -j-FeS'. Il renferme dans quelques cas, mais comme accident, un peu d’or ou un peu d’argent, et plus rarement encore un peu d’arsenic.

Caractères cristallographiques. Sa forme primitive, suivant M. Molis, est un octaèdre à base carrée, dans lequel l’incidence d’une face de l’une des pyramides sur la face adjacente de la seconde est de io8°4o\ Dans cet octaèdre, quatre des faces se sont très développées, et les quatre autres ont disparu, ce qui donne un tétraèdre, mais qui n’est pas régulier. M. Ilaiiy a admis pour forme primitive de cette espèce le tétraèdre régulier, s’appuyant sur ce que sa forme dominante est en général un octaèdre qui paraît se rapprocher beaucoup du régulier, et trompé sans doute par cette circonstance remarquable, que de véritables cristaux de cuivre gris se présentent fréquemment sous le masque de la pyrite cuivreuse , à cause de la tendance qu’a cette pyrite à s’incorporer avec eux , et à se mouler sur leur surface. Mais M. Molis a entièrement détruit cette opinion, en faisant voir que les angles de l’octaèdre du cuivre pyriteux sont sensiblement différens de ceux de 1 octaèdre régulier. Les formes du cuivre pyriteux paraissent souvent

n’avoir été qu’ébauchées, et les sommets pyramidaux qu’elles offrent tendent encore à favoriser l’illusion d’après laquelle on rapporte ces formes au système cristallin tétraédrique régulier.

Les cristaux de cette espèce sont généralement assez rares , et leurs variétés de forme sont peu nombreuses. On trouve des tétraèdres irréguliers simples ou modifiés par des troncatures de diverses manières; on observe encore l’octaèdre, le cubo— tétraèdre , le dodécaèdre, etc.

Les variétés de structure sont plus communes ; on la rencontre en masses amorphes d’un volume souvent assez considérable ; en concrétions ou stalactites; sa surface est alors bronzée, terne, et même criblée d’une infinité de petits trous. Quelquefois cette surface présente, par suite d’une altération particulière, ■un aspect irisé; et comme ces l’eflets irisés imitent assez ceux qui ornent la gorge des pigeons ou la queue des paons, on a donné aux échantillons qui offrent ce joli phénomène le nom vulgaire de pyrite à gorge de pigeon , pyrite à queue de paon.

3^4- Caractères d' élimination. On peut confondre le cuivre pyriteux avec le fer sulfuré, Y or natif ci le bismuth natif. On le distingue du premier de ces minéraux , en ce que celui-ci a une forme primitive bien différente de la sienne, qu’il résiste beaucoup plus à la lime, et donne toujours des étincelles par le choc du briquet; du second, en ce que celui-ci est malléable et conserve sa couleur après avoir été fondu au chalumeau ; et du troisième (bismuth natif ) , en ce que ce dernier a un tissu essentiellement lamelleux , et se fond très facilement au chalumeau sans rien perdre de son éclat.

3^5. Gisement. Le cuivre pyriteux , qui est le plus important des minerais de cuivre, non pas à cause de sa richesse, mais parce qu’il est le plus abondant et le plus exploité, appartient plus particulièrement aux terrains primitifs: il se trouve tantôt disséminé, tantôt implanté dans diverses roches de ces terrains, et surtout le gneis , le micaschiste, le talc

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scliistoïde, etc. D’autres fois on le rencontre dans les cavités des filons qui traversent ces roches, et il est ordinairement associe' dans ces cas à diverses substances , telles que le quarz , le calcaire , le fluor, la baryte sulfatée, le spath perle', le fer spathique, etc. Il se présente aussi dans les terrains de transition , comme dans les schistes argileux et la serpentine, et enfin dans les premiers dépôts des terrains secondaires, soit dans le grès rouge, soit dans les schistes bitumineux, qu’on appelle alors schistes cuivreux. Presque tous les pays contiennent plus ou moins de cuivre pyriteux. En Fiance, on en trouve surtout à Baigorry, dans les Pyrénées, et à Cliessy, Saint-Bel, près Lyon.

APPENDICE

876. Cuivre pyriteux panaché. C’est le cuivre pyriteux hépatique d’Haiiy, et le bunlkupfererz de Werner. C’est peutêtre une espèce distincte, car sa cristallisation et sa composition chimique, quoique mal connues, sont différentes de celles du cuivre pyriteux. On le trouve cristallisé en cube, en octaèdre régulier, en cubo-octaèdre ; sa formule chimique semblerait être 4CuS -f- FeS2 ou une combinaison de 4 atomes de sulfure de cuivre, et 1 atome de bi-sulfure de fer.

Ses couleurs sont vives et panachées de rouge , de brun , de violet et même de vert. 11 est assez tendre pour se laisser racler par l’ongle. Sa poussière est rougeâtre; ses masses présentent une cassure conchoïde ou raboteuse à petites cavités.

Cette variété ou cette espèce forme des couches ou des filons assez puissans dans le micascliistoide, en Silésie, en Norvvège, en Bohême, au Hartz, en Hongrie et en Angleterre.

377. Annotations . La composition du cuivre pyriteux est loin d’être bien connue, de même que celle du cuivre panaché. En effet les diverses analyses de cette substance faites par Chenevix, Klaproth , MM. Gueny veau, II. Rose , conduisent à des formules bien différentes , et font penser que les deux sulfures

simples qui la constituent peuvent se combiner en diverses proportions; cette manière devoir, assez conforme avec les faits, mènerait à établir plusieurs espèces dans le cuivre pyriteux , et déjà M. de Poumon en a séparé les variétés d’un jaune pâle et d’un grain fin et compacte. ( Voyez Catalogue de la collection minéralogique particulière du Roi , Paris, 181 7, page 232.) De nouvelles recherches sont donc nécessaires pour éclaircir ce point obscur et important.

5e ESPÈCE. CUIVRE GRIS.

( Fahlerz des Allemands.)

378. Caractères physiques . Cette substance, dont l’éclat métallique est tantôt vif et tantôt terne, a pour couleur le gris d’acier plus ou moins foncé, soit à l’extérieur, soit dans sa cassure fraîche ; sa poussière est noirâtre avec une légère teinte de rouge; sa texture est grenue, sa cassure raboteuse et peu éclatante; elle se brise facilement, n’est pas malléable, et acquiert parle frottement une forte électricité résineuse , lorsque toutefois elle est isolée.

Sa pesanteur spécifique est de 4 >8.

Caractères chimiques . Elle est difficile à fondre au chalumeau ; elle donne un globule brun et fragile qu’il n’est pas aisé de réduire complètement, et qui colore en jaune rougeâtre le verre de borax.

Composition. Elle est très variable. Elle paraîtrait devoir être composée uniquement de cuivre, de fer et de soufre; mais elle contient toujours des métaux autres que ceux-ci, tels que « l’arsenic, l’antimoine, l’argent, le zinc, le mercure; peut-être sont-ce autant d’espèces particulières, soitseules, soit mélangées avec du cuivre pyriteux ; mais jusqu’ici les analyses n’ont point mené à des proportions définies. ( Voyez les annotations).

Caractères cristallographiques . Sa cristallisation se rap-

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porto au tétraèdre régulier, et aussi à V octaèdre . On admet plus généralement la première forme pour la primitive ; aussi estelle un caractère distinctif pour cette espèce. Ses formes secondaires sont très multipliées, et dérivent toutes du tétraèdre , qu'elles ne masquent jamais totalement. L’octaèdre et le dodécaèdre sont très rares , ainsi que la variété appelée par Haüy tri forme , et qui résulte de la combinaison de l’octaèdre régulier, du dodécaèdre rhomboïdal et du cube.

379. Caractères d’ élimination. On confond le cuivre gris avec le cuivre sulfuré , Y argent sulfuré, le fer oligiste , le fer oxidulé et le fer arsenical. On peut le distinguer du premier ( V . Syo) ; du second, en ce que celui-ci se laisse entamer par le couteau; du troisième et du quatrième, par sa forme primitive et l’absencè des propriétés magnétiques; enfin du dernier par sa forme, sa couleur qui est le gris d’acier, et non le blanc d’argent comme pour ce dernier, et en ce qu’il ne donne pas, comme lui, une odeur d’ail sensible par le clioc du briquet ou par l’action du feu.

Variétés de composition. On peut ajouter à la suite de cette espèce , comme variétés de composition , les diverses substances suivantes, qui ne paraissent être que des mélanges.

380. i°. Cuivre gris arsenijhre (Kupferfàhlerz) on Tennantite. Couleur d’un gris d’acier clair; au chalumeau répand des vapeurs d’ail sans éprouver de fusion ; ses cristaux sont des dodécaèdres rliomboidaux. Sa composition paraît être la suivante : soufre, cuivre, fer, arsenic, dans des proportions qui varient beaucoup, quoique la forme cristalline soit la même. Ou peut le considérer, suivant M. Berzélius, comme un cuivre pyriteux mêlé d’arseniure de cuivre, à différons degrés de saturation r= FeS1 + CuS* -f- CuAs ou Cu’As. ou , suivant M. Phillips, comme une combinaison de sulfure de cuivre et d’arseniure de fer = 9C11S -}-FeAs.

38 1 . 2°. Cuivre gris antimonijère (Graugultigerz et Schwarz-

giiltigerz), ou mine de cuivre noir. Il est d’un gris plus fonce que le precedent, et passe quelquefois au noir de fer; il est aussi plus dur et sa cassure est plus brillante ; au chalumeau il répand des vapeurs antimoniales très épaisses, et se fond en un globule métallique éclatant. Sa composition semblerait être : soufre, cuivre, fer, antimoine, argent, dans des proportions variables ; plus, plomb, zinc et mercure ; mais ces trois dernières substances y sont très rares. On peut le considérer comme un cuivre pyriteux mêlé de sulfure d’antimoine ( graugultigerz) et de sulfure d’argent ( scliwartsgültigerz) , et quelquefois de sulfures de zinc, de mercure et de plomb. (Berzélius. )

Nota. On nomme encore cette variété argent gris , parce que, contenant quelquefois jusqu’à g pour cent d’argent, elle est exploitée pour ce métal.

382. 3°. Cuivre gris antimonijère et plombijere ( bleyfahlerz). Mêmes caractères physiques que le précédent; se comporte aussi de la même manière au chalumeau. Sa composition paraît être la suivante : soufre, cuivre , fer, plomb, antimoine, argent (des traces) , dans des proportions diverses. On peut le considérer, suivant M. Berzélius , comme un cuivre pyriteux mêlé d’antiinoniure de plomb =FeSa+ CuS -f- PbSb.

383. Gisement. Le cuivre gris se présente sous forme de filons puissans ou disséminé dans certaines roches des terrains primitifs , principalement dans les roches fissiles à base de talc, de stéatite ou de mica , dans les gneis, etc. Quelquefois on le trouve en cristaux fort nets implantés dans les cavités des filons qui traversent ces terrains ; généralement il accompagne le fer spatbique, le cuivre pyriteux, l’argent rouge et les mines de plomb et de cuivre argentifères. Ses gangues sont surtout la chaux carbonate'e, la chaux fluatée, le quarz , etc. On rencontre encore avec lui le zinc sulfuré, le plomb sulfuré, etc. Il est très commun dans les mines du Hartz, de la Hongrie,

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