Tome I
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du Palatinat, de la Saxe ; et en France dans celles de Sainte- Marie-aux-Mines (Ilaut-ïUiin ) , d’Allemont (Isère) et de Baigorry (Pyrénées). A Guadalcanal en Espagne, le cuivre gris est mélangé de platine et d’argent rouge arsenifère. De cette espèce, il n’y a que les variétés argentifères qui soient exploitées avec quelque avantage pour l’argent qu’elles contiennent.
384- Annotations . Il s’en faut de Beaucoup que la composition chimique du cuivre gris soit parfaitement et irrévocablement établie. Les minéralogistes ne sont point d’accord sur la distinction à établir entre cette espèce et la précédente ou cuivre pyriteux. MM. Ilaüy et Berzélius ont pensé, d’après le rapport des analyses et des formes des deux substances , que le cuivre gris n’est autre chose qu’un cuivre pyriteux mélangé d’un arseniure, ou d’un antimoniure ou de divers sulfures ; mais, depuis , les travaux de M. Mohs ont fait voir que les deux espèces n’avaient point la même forme primitive, comme on le croyait généralement , et comme ces deux savans l’avaient admis. Ce résultat doit donc de nouveau porter les chimistes à envisager la composition du cuivre gris sous un autre jour. Cette question, quelle qu’en soit la solution, est d’une haute importance , et demande des mains habiles comme celles du célèbre professeur de Stockholm.
6e ESPÈCE. CUIVRE SULFURÉ BISMUTUIFÈRE .
[Sulfure de bismuth cuivreux , Klaprolh ; sulfure de cuivre et bismuth, Beudant; wismulh kupfererz.)
385. Caractères essentiels. Ce minéral , doué de l’éclat métallique, a pour couleur le gris d’acier; mais par l’exposition à l’air il acquiert une teinte rougeâtre ou bleuâtre terne. Sa cassure est inégale , à petits grains ; sa raclure est d’un noir mat ; il est tendre , se laisse couper au couteau, est pesant. Sa solu-
tion nitrique précipite du cuivre sur une laine de fer, et donne un précipité blanc par l’addition de l’eau.
On le trouve en masses amorphes et en aiguilles cristallines groupées confusément.
Composition. 11 est formé de 2 atomes de bi-sulfure de bismuth et de 3 atomes de sulfure de cuivre = 2BiS2-f- 3CuS?
386. Gisement. Ce minéral , peu répandu , a été découvert par M. Sel b à Furstenberg, dans une mine de cobalt où il forme un filon d’environ 1 mètre de large. 11 a été pendant long-temps confondu avec le sulfure de bismuth et le bismuth natif, et il est probable qu'il accompagne souvent ces deux espèces.
7e ESPÈCE. CUIVRE SULFURÉ ST A N NI F R RE
{Étain pj ri leux , Brongn. ■ étain sulfuré, Hauy ; sulfure de cuivre et d'étain, Beudant.)
387. Caractères essentiels. Cette espèce, encore mal caractérisée, offre l’éclat métallique et une couleur d’un gris d acier, qui passe au jaune de bronze. Sa poussière est noire , sa structure sublaminaire , sa cassure inégale , et quelquefois conchoide. Elle est fragile, facile à entamer et à pulvériser; elle se fond aisément au chalumeau, en répandant d’abord une odeur sensible d’acide sulfureux, et donnant ensuite une scorie noire irréductible. Traitée par l’acide nitrique, elle donné lieu à un dégagement de gaz nitreux et à la précipitation du peroxide d’étain. La liqueur surnageante précipite du cuivre métallique sur une lame de fer.
Sa pesanteur spécifique est de 4,3 à 4,7.
On 11e 1 a encore trouvé jusqu’ici qu’en masses tantôt compactes et tantôt sublaminaires. M. Ilaiiy a cru apercevoir dans quelques fragmens des joints naturels , qui paraissent indiquer pour la forme primitive un prisme rhomboïdal droit, divisible dans le sens de sa petite diagonale,
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Composition. Elle est encore mal connue. Elle paraîtrait composée, suivant Klaprotli, d’un atome de bi-sulfure de cuivre et d’un atome de bi-sulfure d’étain = CuS2 -f SnS2 , mélangé avec 4° pour cent de cuivre pyriteux. (Beudant.)
388. Gisement. Cette espèce , encore rare dans la nature, n’a été trouvée jusqu’à présent qu’en petite quantité dans les mines qui renferment en même temps du cuivre et de l’étain , principalement à Wheal-Ilock, dans le comté de Cornouailles, où elle fait partie d’un filon composé surtout de cuivre pyriteux. On la cite aussi à Catorce et à San-Luis au Mexique.
8e ESPÈCE. CUIVRE SULFURÉ I’LOMBO-BISMU TIIIFERE .
( Bismuth sulfuré plomb o— cuprifère , Haüy; sulfure de bismuth et plomb , etc., Beudant; nadelerz, W. et K.)
389. Caractères essentiels. Sa couleur est le gris d’acier souvent avec une teinte de jaunâtre; sa cassure est inégale et médiocrement luisante. Il est opaque et facilement rayé par le couteau. Il dégage d’abondantes vapeurs rutilantes par l’acide nitrique.
Sa pesanteur spécifique est de 6,12.
O11 le trouve en masses amorphes et cristallisé en prismes hexaèdres obliques, dans lesquels les faces latérales ont sur leur longueur des rayures profondes. Les cristaux sont longs et souvent aciculaires.
Composition. Il est formé de 1 atome de bi-sulfure de plomb, 2 atomes de sulfure de cuivre et 2 atomes de bi-sulfure de bismuth = PbS2 -f- 2.CuS + 2BiS2. 11 contient, en outre, mais probablement comme principes accidentels, un peu de nickel et de tellure.
390. Gisement. Cette espèce, peu importante et assez rare, se rencontre dans les mines de Pysclnninskoi et de Klintzefskoi,
près de Bérésof, dans le district de Ekatherinbourg en Sibérie , où il a pour gangue un quarz gras.
9° ESPÈCE. CXJ IV HE SÈlÉjsiÉ.
( Séléniure de cuivre, Berz. et Beudant.)
3gi . Caractères essentiels. Il est d’un blanc d’argent, métalloïde , tendre, malléable et susceptible de poli; il acquiert l’électricité résineuse par le frottement ; au chalumeau, il répand une forte odeur de raves. Sa dissolution nitrique donne du cuivre sur une lame de fer.
Sa pesanteur spécifique est inconnue.
Composition. Formé de 1 atome de sélénium et de 1 atonie de cuivre = CuSe.
392. Gisement. Cette espèce, fort rare dans la nature, a été trouvée , sous forme de dendrites , dans les fissures d’une chaux carbonatée lamellaire, qu’elle colore en noir , dans une mine de cuivre à Skrickerum en Smolande (Suède). Ces dendrites se présentent sous la forme de taches noires qui prennent un pob métallique lorsqu’on les frotte avec un corps dur, et qui paraissent être de la serpentine pénétrée de séléniure de cuivre.
IOe ESPÈCE. CUIVRE SÊLÉNIÊ argental.
( Séléniure de cuivre et argent , Beudant ; eukairite , Berzélius. )
3q3. Caractères essentiels. Il est d’un gris de plomb, métalloïde , mou et se laissant entamer par le couteau. Sa raclure a le brillant de l’argent. Sa cassure est grenue. Lorsqu’il est isolé, le frottement lui communique l’électricité résineuse ; au chalumeau, il entre en fusion, dégage une forte odeur de raves, et donne un grain métallique gris, doux, mais non malléable. Sa dissolution nitrique laisse précipiter du cuivre et de l’argent sur une lame de fer.
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Sa pesanteur spe'cifique est inconnue.
Composition. Il est forme' de i atomes de séléniure de cuivre et de i atome de bi-séléniure d’argent = aCuSe + AgSe2.
3ç)4 - Gisement. Cette espèce, aussi rare que la précédente, se trouve avec elle dans la même gangue et sous la même forme.
3q5. Annotations. Ces deux espèces ont été décrites et analysées pour la première fois par M. Berzélius, qui y a trouvé le corps nouveau auquel il a donné le nom de sélénium et qu’il a considéré comme un corps simple, métalloïde. {Ann. de Chim. et de Phys., décembre 1818.) Ce sélénium est regardé, par quelques chimistes , comme une substance métallique , et par d’autres comme un corps combustible non métallique, ayant beaucoup de rapports avec le soufre. C’est ici le lieu d’indiquer les moyens de se le procurer à l’état de pureté.
On se sert des pyrites qui contiennent le cuivre sélénié , pour obtenir du soufre avec lequel on prépare de l’acide sulfurique. Il se dépose pendant cette préparation une matière rougeâtre qui reste attachée aux parois de la chambre de plomb dans laquelle on fabrique l’acide. C’est de ce dépôt, qui est formé de soufre, de sélénium, de mercure, de plomb, d’étain, de fer, de cuivre, de zinc et d’arsenic, dont on extrait le sélénium par le procédé suivant : on verse dessus assez d’acide hydrochloro-nitrique pour faire une bouillie un peu claire que l’on expose pendant quarante-huit heures à une chaleur modérée. Alors on y ajoute de l’eau , on agite le tout, on laisse déposer un instant, et on filtre. On sépare, par ce moyen , du soufre et du sulfate de plomb, et l’on obtient une liqueur qui contient des acides sélénique, sulfurique et arsenique, et des oxides de mercure, d’étain , de fer, de cuivre et de ziné. On fait passer un courant d’acide hydro-sulfurique qui donne lieu à un dépôt formé de sulfures de sélénium , de cuivre, d’étain , d’arsenic et de mercure. On sépare ce dépôt et on le traite de nouveau par l’acide hydrochloro-
nitrique qui oxicle ou acidifie les corps qui formaient dépôt. On sépare la liqueur acide d’un peu de soufre qui n’a pas été dissous, et l’on y ajoute une solution dépotasse jusqu’à ce que les acides soient neutralisés. On filtre pour séparer la presque totalité des oxides qui se sont précipités ; on fait évaporer la liqueur à siccité ; on mêle le produit avec un excès d’hydro— clilorate d’ammoniaque , on introduit le mélange dans une cornue de verre et l’on chauffe modérément. Il se forme du chlorure de potassium et du séléniate d’ammoniaque qui se décompose à une certaine température , de telle sorte que l’acide sélénique est réduit par une portion de l’hydrogène de l’ammoniaque. On traite le tout par l’eau, qui dissout les sels solubles et n’a pas d’action sur le sélénium. Il suffit alors de le distiller dans une petite cornue de verre pour l’obtenir très pur.
M. de Lewenau a proposé un procédé différent de celui-ci , dont nous allons donner une idée. On introduit une livx’e de dépôt dans une cornue tubulée de quatre pintes; on la place au bain de sable , on y adapte un ballon assez grand et un flacon plein d’eau qui communique avec le ballon par un tube de W oulf. On lute, puis on introduit l’acide dans les proportions de 8 liv res d’acide hydrochlorique à 1,200 de densité et 4 livres d’acide nitrique pesant i,5oo. On a soin de n’a jouter l’acide que petit à petit; il produit d’abondantes vapeurs rouges. Lorsque la réaction est calmée , on introduit encore 1 liv. et demie d’acide. Alors, pour achever l’action des acides et se débarrasser des liquides désormais inertes, on chauffe doucement, de manière à faire passer la liqueur dans le ballon, ce qui se fait avec dégagement d’un gaz jaune rougeâtre. Lorsqu’on a ainsi chassé la presque totalité de la liqueur épuisée, on introduit de nouveau, et aussi par portions, les quantités d’acicles restantes. La réaction est toujours assez violente, et l’on est obligé de changer plusieurs fois l’eau du flacon saturée par les vapeurs des acides. A la fin, on reverse
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dans la cornue toutes ces eaux que l’on distille une seconde fois. Alors le résidu insoluble et les parois de la cornue paraissent fortement colore's en rouge ; l’on introduit dans la cornue une demi-livre d’acide nitrique , puis on distille à un feu doux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de liqueur surnageante, sans pourtant dessécher tout-à-fait le résidu. Sur la masse restée au fond de la cornue, on verse de l’eau distillée, on fait bouillir, on filtre, on lave le résidu, et on réunit les liqueurs.
Pour séparer le sélénium des lavages du résidu de la cornue dans lequel il se trouvait à l’état d’acide"séle'nique , sans s’inquiéter des métaux qu’il peut contenir , on emploie du sulfite cV ammoniaque récemment préparé, qui précipite le sélénium sous forme de flocons d’un rouge de cinabre. Il faut mettre un1 excès de précipitant et attendre quelquefois assez long-temps le précipité , selon le degré de concentration de la liqueur. Il suffit alors de le laver jusqu’à ce qu’il ne précipite plus parle muriate de baryte, et de le sécher à l’ombre.
On peut encore obtenir du sélénium de la liqueur, en l’évaporant aux deux tiers dans une cornue. Il s’en dépose en paillettes métalliques, puis on en retire encore en la traitant de nouveau très concentrée par le sulfite d’ammoniaque. Les produits acides qui se trouvent dans le ballon laissent encore déposer du sélénium, en y plongeant quelque temps des baguettes de zinc. ( Journal de Pharmacie , tome X , p. q40
IIe ESPÈCE. CUIVRE OXIDVLE.
{Cuivre oxidé rouge, cuivre rouge, Brongn. ; proloxide de cuivre, Beudant; vulgairement cuivre vitreux.)
3q6. Caractères physiques. Cette substance est d’un rouge vif ou purpurin ; quelquefois elle offre à sa surface le gris nié— tallique , mais il suffit de la broyer pourvoir reparaître la couleur rouge. La couleur de sa poussière est le rouge de co-
chenille. Son e'clatest moitié vitreux , moitié métalloïde. Elle est opaque et friable.
Sa pesanteur spécifique est de 5,4 à 5,6.
Caractères chimiques. Elle est très peu fusible, mais facilement réductible ; elle se dissout dans l’acide nitrique avec dégagement de gaz nitreux, et ne colore l’ammoniaque en bleu que par le contact de l’air.
Composition. Formée de i atome de cuivre et de i atome d’oxigène = Cu.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est l’oclaèdre régulier. Les joints parallèles aux faces de l’octaèdre sont assez sensibles. Ses formes secondaires les plus ordinaires sont l’octaèdre et le dodécaèdre rliomboïdal, quelquefois modifiés sur les arêtes ou sur les angles ; on trouve aussi parfois le cube, le cubo-octaèdre et le cubo-doclécaèdre.
Quelquefois les cristaux sont verts , ce qui tient à une petite couche de malachite qui s’est formée à la surface aux dépens de la substance elle-même. Des variétés offrent la cassure lamelleuse parallèlement aux faces de l’octaèdre.
Ses variétés de structhre sont assez remarquables ; on distingue surtout :
Cuivre oxidulé capillaire. En petites aiguilles satinées, d’un
rouge très vif. Se trouve près Cologne, dans le Devonsliire, et sur le cuivre gris argentifère en Galicie.
filiforme. En filainens tortueux , qui paraissent composés de très petits cristaux rangés à la file. Quelquefois ils sont entrecroisés et comme réticulés.
lamellaire.
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Cuivre oxidulé compacte. 11 est quelquefois clivable en octaèdre. Trouve' en Pensylvanie.
terreux , vulgairement cuivre tuile. Il a une couleur rouge de brique, est terne et opaque. C’est un mélange naturel de cuivre oxidulé et de fer Lydroxidé. Il est infusible au chalumeau et coloxe le verre de borax en vert sale. Ses fragmens , chauffés à la flamme d’une bougie , agissent sur l’aiguille aimantée.
397. Caractères d'élimination. Le cuivre oxidulé se distingue : i°. de Y argent rouge , en ce que celui-ci ne fait pas effervescence dans l’acide nitrique, et que ses formes 11e tendent jamais vers l’octaèdre ouïe cube ; 20. du cinabre , en ce que celui-ci n’est pas soluble dans l’acide nitrique et qu’il est volatil ; 3°. de Y antimoine sulfuré en plumes rouges , en ce que la couleur de celui-ci est d’un rouge sombre , et qu’il se volatilise au chalumeau; 4°- du cobalt arseniaté aciculaire , au moyen du verre de borax que ce dernier colore en bleu ; 5°. enfin , du cuivre sulfuré par les caractères déjà indiqués (370).
398. Gisement. Le cuivre oxidulé n’existe point en masses considérables isolées dans la nature , et seid il n’est l’objet d’aucune exploitation particulière. Il se trouve presque uniquement dans les terrains primordiaux , eu veines ou petits amas dans la roche environnante ou dans la gangue des filons. Les variétés compacte et terreux semblent appartenir à des terrains plus nouveaux. Généralement le cuivre oxidulé accompagne les mines de cuivre pyriteux, de cuivre sulfuré et de cuivre carbonate ; c’est surtout dans ces derniers dépôts
que, mélangé avec le minerai , il en fait une partie importante , et est exploite' concurremment avec lui. Les minéraux qui sont ordinairement associés à cette espèce sont le quarz et le fer hydroxidé. C’est principalement des mines de Cornouailles en Angleterre, que viennent les beaux cristaux de cuivre oxidulé ; on en trouve aussi en Sibérie de très nets , mais ils sont presque toujours recouverts de cuivre carbonate vert; on y rencontre souvent encore des morceaux composés d’octaèdres implantés les uns sur les autres.
APPENDICE
3gg. Cuivre oxidulé arsenij ère . Cette variété a un aspect plus métallique que le cuivre rouge pur; au chalumeau, elle fond en bouillonnant, sans exhaler d’odeur; exposée sur les charbons , elle répand des vapeurs très sensibles qui ont une odeur alliacée.
Elle se trouve avec le cuivre arseniaté , d’où l’on peut admettre qu’elle doit cette odeur à une petite portion d’acide arsenique qu’elle renferme.
12e ESPÈCE. CUIVRE O XI JO 4 •
( Cuivre noir , Brongn. ; oxide noir de cuivre , Beudant.)
doo. Caractères essentiels. Cette substance se présente en masses à texture terreuse, ou en enduit à la surface de certains cuivres sulfurés ou pyriteux. Elle est noirâtre, tache les doigts, colore très promptement l’ammoniaque en bleu, et se dissout dans l’acide nitrique sans effervescence ni dégagement de vapeurs rutilantes ; est infusible au chalumeau , pesante, et a toujours plus ou moins de cohérence.
Composition. C’est un bi-oxide dont la formule =Cu Presque toujours accompagnée de fer oxidé.
4 o i . Gisement. Le cuivre oxidé noir paraît provenir, dans
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le plus grand nombre de cas, de la décomposition des carbonates et des sulfures ; ce qu’il y a de certain , du moins , c’est que souvent il donne au chalumeau une odeur sulfureuse qui paraîtrait indiquer qu’il renferme du soufre à l’état de mélange , ou des portions de cuivre sulfuré ou pyriteux non encore décomposées. Quoiqu’il ne soit pas rare dans la nature, cependant il ne se trouve jamais qu’en très petite quantité; et comme il est mélangé avec les autres mines cuivreuses , on l’exploite avec elles, comme en Hongrie, en Saxe, en Silésie, au Hartz, dans les monts Ourals, en Angleterre, etc. , ainsi qu’à Chessy près de Lyon , en France.
l3e ESPÈCE. CVIVRE SULFATÉ.
( Hydro-tri-sulfate de cuivre, Beudant; vulgairement vitriol bleu, couperose bleue , vitriol de Chypre, calchante des anciens minéralogistes. )
4o2. Caractères essentiels. Il est d’une couleur bleue céleste , translucide dans son état de pureté et offrant une cassure concboïde et brillante. Il est soluble dans l’eau, et doué d’une saveur styptique. Exposé au feu, il se fond très vite, dégage de la vapeur d’eau et se décolore ensuite ou devient d’un blanc bleuâtre; passé avec frottement sur une lame de fer poli et humectée , il y dépose un léger enduit cuivreux. Sa solution aqueuse précipite également avec abondance du cuivre métallique sur une lame de fer.
Sa pesanteur spécifique est de 2,1g.
La forme primitive de ses cristaux est un prisme oblique à base de parallélogramme obliquangle , d’environ 124° et 56°, dont la base est inclinée sur les pans d’environ iog°3o', >28°3o et leurs supplémens. (Beudant.) Elle est plus ou moins modifiée sur les arêtes et les angles opposés , de manière que les formes secondaires portent toujours l’empreinte visible de ce type
irrégulier. Toutes les variétés de forme que présente cette espèce sont des produits de l’art; elle n’existe jamais dans la nature qu’en petites masses concrétionnées ou amorphes, ou en grains adhérens à la surface des parois des filons appartenant aux mines de cuivre.
Composition . 11 est formé de i atome de tri-sulfate de
cuivre et de 10 atomes d’eau — Cu S2 -f- io Aq.
403. Gisement. Le sulfate de cuivre naturel paraît provenir de l’action de l’air et de l’eau hygrométrique sur les pyrites cuivreuses. Il se trouve presque toujours en dissolution dans les eaux voisines des mines de cuivre ou qui circulent dans leur intérieur. Il est tout naturel de penser que celui qu’on rencontre à l’état d’incrustation sur les parois de quelques galeries des mines , ou sous forme de poussière disséminée à la surface de différentes substances, a été déposé par les eaux qui en étaient primitivement chargées. Ce sont ces eaux que l’on a nommées cérnentatoires , parce qu’on a supposé que, dans certaines circonstances, le cuivre en était précipité par l’intermède du fer ou de quelques autres substances, soit métallifères, soit organiques. (Voyez Cuivre natif, 368.)
404. Préparation dans les arts. Le sulfate de cuivre, dont on consomme une assez grande quantité dans les arts , se prépare artificiellement par divers procédés que nous allons faire connaître. Dans certains pays, on l’extrait par évaporation des eaux qui le tiennent en dissolution. Dans d’autres, on en obtient des quantités assez considérables en grillant des minerais qui contiennent du sulfure de cuivre , comme cela se pratique particulièrement à Marienberg , où l’on exploite une mine d’oxide d’étain contenant des sulfure de cuivre et de fer. Le grillage a lieu dans un fourneau à réverbère: le sulfure de cuivre, plus un peu de celui de fer, passeà l’état de sulfate ; on lessive la masse, on fait évaporer la liqueur, et l’on obtient le sel par cristallisation. L’oxide d’étain s’est précipité sous
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forme de poudre, pendant les lavages; on le recueille, et si on le juge convenablement pur, on s’en sert pour l’extraction de son métal. Le sulfate de cuivre obtenu par ce procède, ainsi que celui provenant des dissolutions naturelles, contient toujours un peu de tritosulfate de fer, dont il est très aisé de le dépouiller: il s’agit simplement de mettre un excès de deutoxide de cuivre dans la dissolution saline: tout l’oxide de fer se précipite en peu de temps.
Enfin, en France, on obtient le sulfate de cuivre sensiblement pur, en préparant directement le sulfure et le grillant ensuite. Pour cela, on mouille des lames de cuivre et on les saupoudre de soufre ; puis on les porte dans un four chauffé au rouge où on les laisse pendant quelque temps. On les retire du four pour les plonger dans l’eau, les saupoudrer de nouveau , et ainsi de suite. Chaque fois qu’on les immerge dans l’eau, cette dernière dissout tout le sulfate qui s’est formé, et remet le cuivre à nu. Lorsque l’eau est suffisamment chargée, on la fait évaporer, et le sulfate de cuivre cristallise.
Ou pourrait encore préparer ce sel en traitant le carbonate de cuivre naturel par l’acide sulfurique étendu d’eau ; on obtiendrait ainsi très facilement et à peu de frais une grande quantité d’excellente couperose. (Thénard.)
4o5. Usages. Le sulfate de cuivre est employé en Médecine comme escliaro tique ; mais c’est surtout dans les arts qu’on en fait usage pour obtenir des couleurs très usitées en peinture, telles que les cendres bleues et le vert de Sche'ele ou arsenite de cuivre. Les premières sont, suivant Pelletier, une combinaison de chaux et d’hydrate de deutoxide de cuivre, mêlée d’un peu de sulfate de chaux. On s’en sert, en outre, pour colorer les plumes bleues dont on fait des panaches, et on le fait entrer dans la composition du noir, auquel il donne de la solidité. Il est un des principaux mordans du principe colorant jaune, et il est indispensable pour la préparation des violets:
dans ce cas , on l’allie toujours avec le nitre , le sel ammoniac, l’acétate de fer, le sel marin, etc. Les usages de ce sel sont donc très étendus.
l4C ESPÈCE. CUIVRE SOUS-SU ÉPATÉ.
( Hydro-sulfate de cuivre, Beudant.)
4 06. Caractères essentiels. Cette espèce , encore fort rare dans la nature, n’a été observée jusqu’ici qu’en petites niasses compactes et terreuses, au Pérou, dans quelques mines de cuivre. Elle est verdâtre , insoluble dans l’eau et attaquable par l’acide nitrique : sa dissolution précipite abondamment du cuivre sur une lame de fer; exposée au feu, elle se fond d’abord , dégage ensuite de la vapeur d’eau , se dessèche et devient noire.
Composition. Formée de 1 atome de sous-sulfate de cuivre
et de 6 atomes d’eau = Cu3 S2 -J- 6Aq.
Cette espèce est encore peu connue.
l5e ESPÈCE. CUIVRE IIY DROCII LORATÉ .
{Cuivre murialé , Haüy ; chlorure de cuivre, Berzélius ; hpdrochlorate de cuivre , Beudant; vulgairement alàkamite ou alacamite.)
407. Caractères essentiels. Sa couleur est le vert d’émeraude assez foncé; celle de sa poussière est le vert-pomme; ses masses sont tendres et assez faciles à entamer par le couteau; elles sont opaques et offrent une structure et une cassure lamelleuses. Ses cristaux sont transparais; leur surface est lisse et douée de l’éclat diamantaire. Il colore la flamme en vert, n’exhale aucune odeur arsenicale par l’action du feu, se dissout dans l’acide nitrique sans produire d’effervescence, et colore instantanément l’ammoniaque en bleu.
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Sa pesanteur spécifique est de 4,43.
Varié lés. On peut y établir deux variétés principales.
I. Cuivra hydrochloraté massif. Il est tantôt compacte, tantôt cristallise' régulièrement, tantôt enfin en petites aiguilles plus ou moins déliées, et groupées confusément La petitesse des cristaux ne permet guère d’en déterminer la forme ; cependant on croit généralement que ce sont de petits prismes rhomboïdaux donnant souvent des octaèdres cunéiformes dont les angles sont inconnus.
Cette variété se trouve au Chili et au Pérou, ayant pour gangue un quarz mélangé d’argile ferrugineuse , et pour associations l’argent sulfuré , l’argent chloruré et quelquefois le cuivre oxidulé terreux.
JI. Cuivre hjdrochloralé pulvérulent. Il est sous forme de poudre verte mêlée de grains de quarz , et paraît se trouver dans une petite rivière de la province de Lipèz , qui se perd dans les sables du désert d’Atacama, entre le Pérou et le Chili; de là les noms de sable vert du Pérou et d’atacamite, qu’il a reçus à l’époque où il fut apporté en Europe par Dombey. Il paraîtrait que cette poudre provient de masses compactes ou aciculaires, qui ont été broyées par les naturels du pays. C’est dans ce sable cuivreux que se trouvent les petits cristaux octaédriques observés pour la première fois par M Lucas.
Enfin , on a rencontré le cuivre hydrochloraté en enduits à la surface de laves, dans des terrains évidemment volcaniques. LeVésuve a plusieurs fois vomi des laves dans les fissures desquelles se trouvait du cuivre hydrochloraté sublimé.
Composition. Sa composition n’est pas encore fixée invariablement; suivant M. Berzélius, on peut la représenter par la
formule suivante =■ CuCh* + 3Cu -{- 8Aq. SuivantM. Beudant ,
ce serait celle-ci = Cu3 (TlCh)î -f- 6Aq.
4o8. Caractères d’élimination. Le cuivre hydrochloraté
peut être confondu avec le cuivre arseniaté d’un beau vert et le cuivre carbonate vert. On le distinguera dupremier en ce que celui-ci dégage une odeur arsenicale par l’action du feu ; et du deuxième en ce que celui-ci fait effervescence avec l’acide nitrique, et ne colore l’ammoniaque en bleu qu’au bout d’un certain temps.
l6e ESPÈCE. CUIVRE PHOSPHATE.
(• Hydro-phospliale de cuivre, Beudant.)
409. Caractères essentiels. Ce minéral est d’un noir grisâtre à l’extérieur, et d’un vert d’émeraude passant au vert foncé à l’intérieur; il est opaque et éclatant; il prend par la raclure une couleur vert-pomme; sa cassure est fibreuse, à fibres divergentes; il se laisse couper au couteau , mais est plus dur que le calcaire ; il fond au chalumeau en donnant des scories brunes ; se dissout dans 1 acide nitrique sans effervescence, et colore l’ammoniaque en bleu.
Sa pesanteur spécifique est de 4, 7.
Sa forme primitive est un octaèdre rectangulaire, dont les angles sont de 109° 28', 1 i2°i2' et 98° 12', suivant M. Haüy. 11 s’offre rarement cristallisé, et alors il présente de petits cristaux octaédriques rectangulaires ou des prismes rliomboïdaux , dont les pans forment une courbure dans le sens latéral. Ces cristaux se rencontrent en groupes, et sont souvent si petits qu’ils ressemblent à de la mousse. Plus souvent on le rencontre en masses compactes ou à structure fibreuse, ou bien encore en concrétions à la surface d’autres minerais. Il est d’ailleurs fort rare.
Composition. C est un sous— phosphate de cuivre combiné avec une quantité d eau qui n’est pas bien connue, mais qu’011
porte à 2 atomes — CVP-|- ?.Aq. Suivant M. Beudant, il faut Tome 1 . 2 ^
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admettre en outre , dans les dépôts concrétionnés , une certaine proportion d’hydrate de cuivre. M. Berzélius indique la formule d'un phosphate de cuivre d’Ehrcnbreitstein:=Cu5P2-f- 5Aq. {Ann. Chim. et Phys. t. XXXI , p. 3o).
^io. Caractères d' élimination. On distingue le cuivre phosphaté du enivre arsenialé, en ce qu’il n’exhale pas d’odeur arsenicale par la chaleur, et du enivre hydrochloralé, en ce qu’il ne colore pas la flamme comme ce dernier.
4 1 1 - Gisement. On 11e le cite que dans un petit nombre de lieux, à Libethen et à Scliemnitz en Hongrie; à Rlieinbreitbach, dans le Duché de Berg; à Coquimbo, Sapallar et Forallon, au Chili. Sa gangue la plus ordinaire est un quarz hyalin blanc ou grisâtre , presque toujours coloré par l’oxide de fer. On l’a rencontré à Firenberg, sur les bords du Rhin, et au pied d’un cône basaltique , à une lieue de Lintz , sur le Rhin ; il fait partie, dans ces deux endroits, d’un (ilon qui traverse un psammite scliistoïde ou un schiste argileux.
1 7e ESPÈCE. CUIVRE CARBONATE VERT.
{Hydro-carbonate vert de enivre , Beudant; enivre malachite, Brongn.; vulgairement malachite.)
ji2. Caractères essentiels . Sa couleur est le vert pur plus ou moins foncé ; sa structure est fibreuse ; il est facile à briser ; sa cassure est souvent testacée et striée; il fond et se réduit facilement, au chalumeau; il donne de l’eau par la calcination, et se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique.
Sa pesanteur spécifique est de 3,5.
Composition . Formé de 1 atome de carbonate de cuivre et de 1 atome d’eau = CuC -f- Aq. Presque tous les échantillons renferment quelques traces d’hydrochlorate de cuivre. (Beudant.)
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est .
i)E MINÉRALOGIE.
‘ T B°"r"0n ’ m'^merlu,mbeïdal droit, d’environ
“ ” k.mcm,';que CClui<iueM- n»*y ci'oytât appartenir
• cm,c hydro-s, ,ceuS. Ses cristaux , très rares et d'ailleurs translucides, sout des prismes rhomboïdaux ou hexagonaux a sommets dtedres. Très souvent le cuivre carbonate vert offre i es pseudcmorplioscs; ainsi il se présente cristallise en cubes en octaèdres, en dodécaèdres rbomboidauxt il provient dans ce cas de la décomposition ou plutôt de l'altération de l'oxide rouge de cmvre par le contact de l’air. On le trouve aussi en prismes rhomboïdaux obliques, provenant de l'altération du
cuivre carbonate bleu, c’est alors le c.« carbonaté vert épigene d’Haiiy.
On peut distinguer deux séries de variétés de structure • savoir : ’
Le C"iVre carh°™‘é fibreux. Il est ordinairement en fibre, ou aiguilles soyeuses , le plus souvent divergentes, quelquefois droites et parallèles, d’autres fois encore entrelacées
On le rencontre aussi sous forme de mamelons et de cylindres stalactitiques. J
.*>/ LC CUivrG carbonaté vert compacte. Il a une tcxturcconcretionnee , mamelonnée ou compacte; ses mamelons sont composes de couclies concentriques de différentes nuances de vert et souvent séparées l’une de l’autre; on trouve parfois dans leurs interstices des dendrites d’oxide de fer ou de manganèse. Souvent les masses prennent une couleur jaunâtre due a des mélangés hétérogènes. Cette variété compacte est connue plus particulièrement sous le nom de malachite. On la rencontre a 1 état terreux, rendue impure par des matières terreuses, qm en affaiblissent la couleur ; dans cet état elle porte le nom de cendres vertes , vert de montagne.
4,2 bis- ictères d'élimination. Le cuivre carbonaté vert se distingue de tous les minéraux qui offrent la même couleur que lu. , tels que le cuivre phosphaté, hydroch /orale, arseniate
372 ÉLÉMENS
Yurane oxidé vert, en ce qu’il fait elfervescence avec lande nitrique, caractère constant que les autres ne présentent
ia.ma.is.
4,3. Gisement. Le cuivre carbonate vert accompagne tou-
iours l’espèce suivante ou cuivre carbonate bleu, et ils se trouvent tous deux, mais comme principes accidentels, dans les autres mines de cuivre. Le premier se rencontre généralement dans les terrains primordiaux, remplissant sous forme de stalactites les fissures des filons cuprifères. On le voit quelquefois en morceaux d’un assez grand volume pour qu’on puisse en faire des tables considérables, comme dans la minedeGoumecl.efski, en Sibérie, si renommée pour de belles malachites. Ses autres mines sont à Cliessy, près de Lyon ; en Hongrie, au Hartz , en
Pensylvanie et au Chili. a
y 3 bis. Usages. La malachite dont les couleurs sont si fiat
teuses à l’œil, surtout lorsque le poli en a rehausse 1 éclat soveux occasioné par la structure fibreuse, est formée par le groupement de petites stalactites; aussi peut-on due, avec M. Haüy, que c’est 1 ’albdlre des substances métalliques. Elle forme souvent des masses considérables; mais comme, en raison de sa structure et de son mode de formation , elles sont fréquemment criblées de fissures et de cavités , .1 est difficile d'en avoir de grandes pièces pour le besoin des arts. On sue ,es morceaux de malachite en feuilles très minces, et on 1 applique comme les bois de placage ; c’est par ce moyen que 1 on en construit des tables d’une assez grande étendue, des chambranles de cheminée , des tabatières et autres ornemens bien
supérieurs et plus recherché» que ceux faits avec les marbres les plus beaux.
l8C ESPÈCE. CUIVRE CARBON Arè BLE CT.
( Hydro-carbonate bleu de cuivre, Beud. ; cuivre azuré, Brongn. vulgairement ivzurite.)
4i4. Caractères essentiels. Sa couleur est le bleu d’azur passant au bleu indigo ; il tache en bleu le papier sur lequel on le comprime fortement; il est facile à gratter avec un couteau. Sa cassure est droite et rayonnée à l’ayons scapiformes. Il fond et se réduit facilement au chalumeau; il donne de l’eau par la calcination , et se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique.
Sa pesanteur spécifique est de 3,6.
Composition. Formé de 1 atome d’hydrate de cuivre et de 2 atonies de bi-carbonate = CuAq2 + 2CuC2.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un prisme rhomboïdal oblique de 98° 5o' et 8i°io', à face terminale inclinée sur les pans de 9i°3o' et SS10 3o'. Ses variétés de forme, peu nombreuses et assez difficiles à déterminer, présentent toutes ce prisme légèrement modifié , soit sur les angles, soit sur les arêtes, et principalement sur celles des bases.
Ses variétés de structure , toujours altérées par des mélanges hétérogènes, sont:
Cuivre carbonate bleu lamellaire y en petites lamelles peu
distinctes.
aciculaire ou fibreux y cette variété très rare est en aiguilles agglomérées , qui convergent vers un centre commun ; elle ressemble à de beau velours bleu.
374 ÉLÉMEïsS
Cuivre carbonate bleu concrétionné ; en petites concrétions
distinctes ou groupées , striées du centre à la circonférence.
compacte ; cette variété est en masses arrondies, dont l’intérieur est ordinairement vide et tapissé d’une foule de petits cristaux : ce sont de petites druzes.
terreux ; sa couleur est pâle , ce qui est dû à des matières étrangères , et surtout à de l’argile , qui y sont mélangées; dans cet état, il prend les noms de cendre bleue native, bleu de montagne.
Les pierres d’ Arménie , si célèbres chez les anciens, ne sont cjue des pierres quarzeuses ou calcaires pénétrées de cuivre 'azuré.
4i4 bis. Caractères d’élimination. On distingue le cuivre car— honaté bleu du fer phosphaté , en ce que le premier communique au verre de borax une belle couleur verte, tandis que le second ne produit qu’une couleur d’un brun noirâtre; et de plus en ce que l’huile n’altère pas la teinte du cuivre carbonate', tandis qu’elle noircit le fer phosphaté.
4,5. Gisement. Le cuivre azuré se trouve sous deux états dans la nature; tantôt tapissant, en enduits, concrétions, cristaux, les parois des liions cuprifères ; tantôt en masses cristallisées , disséminées dans les terrains secondaires anciens, au milieu du grès rouge. Dans ce dernier gisement,
DK MINÉRALOGIE.
il est accompagné d’une quantité plus ou moins grande de cuivre oxididé cristallisé et de cuivre carbonate vert fibreux. C’est ainsi qu’on le rencontre à Cliessy près de Lyon , et sur le revers occidental de la chaîne des monts Ourals en Sibérie. Dans ces dernières localités, il forme des amas dans des matières argileuses et sableuses , blanchâtres ou rougeâtres ; c’est dans ces dépôts que se trouvent les plus beaux groupes de cristaux. On le trouve encore dans les mines du Hartz, de Bannat en Hongrie, d’Angleterre, etc. Il recouvre assez souvent la surface du cuivre gris.
4 1 5 bis. L sages. Le carbonate bleu de cuivre n’est employé qu’en peinture , à cause de sa belle couleur azurée.
4 1 6. Annotations . M. Haüy croyant que la forme primitive du cuivre azuré était identiquement semblable à celle du cuivre carbonate vert , a réuni ces deux espèces en une seule sous le nom commun de cuivre carbonate. Les analyses des chimistes ont , pendant quelque temps, semblé confirmer cette opinion ; M. Berzélius en ayant fait de nouvelles, a fait voir qu’on devait séparer le cuivre azuré de la malachite, d’autant plus que les formes primitives de ces deux substances ont été reconnues depuis pour être différentes. 11 a le premier considéré le carbonate vert comme un sous-carbonate avec eau de cristallisation , puisque tous les sous-sels de l’oxicle de cuivre ont cette couleur et contiennent tous de l’eau ; et le carbonate bleu comme la combinaison de l’hydrate avec le carbonate neutre de l’oxide de cuivre, parce que la plupart des sels neutres de cette base sont bleus, et que par conséquent la couleur bleue intense de l’hydrate n’en peut être altérée.
19e ESPÈCE. CUIVRE CARBONATE ANHYDRE.
4x7. Caractères essentiels. Cette espèce a pour couleur, lorsqu’elle est pure, le brun noirâtre foncé ; mais comme elle
ÉLÉMENS
est presque toujours mélangée avec le cuivre carbonate vert et le fer hydraté, sa teinte est un mélange de vert, de rouge et de brun. Elle est en petites masses compactes ou terreuses, souvent traversées par de petites veines de malachite. Sa cassure est conclioïde à petites cavités, quelquefois légèrement lamelleuse. Elle est tendre, se laisse couper au couteau, et prend par la raclure une couleur brune rougeâtre. Elle 11e donne pas d’eau par la calcination, et se dissout avec effervescence dans les acides.
Sa pesanteur spécifique est de 2,620?
Composition. C’est un sous-carbonate anhydre, dont la formule est = CuC.
Bien plus rare que les deux espèces précédentes et accompagnant presque toujours la malachite, cette espèce paraîtrait provenir, suivant quelques chimistes, de l’altération de cette dernière.
20e ESPÈCE. CUIVRE ARSENIAtÉ.
( Cuivre micacé , olivenite. )
4 18. Cette espèce est plutôt un groupe d’espèces, car 011 a réuni sous ce nom plusieurs minerais dont presque toutes les propriétés essentielles différent , telles que celles tirées de la forme, de la composition et de la pesanteur ; aussi M. de bouillon , qui, le premier, a publié un travail intéressant sur ce sujet , a-t-il établi cinq espèces différentes de cuivre arseuiaté, qui ont été analysées par M. Cliénevix et M. \ auquelin. Cependant quelques naturalistes, à la tète desquels on doit placer M. Haüy, ne partagent pas l’opinion de M. de Eournon ; et TTaiiy lui -même ayant examiné les mesures de ce dernier savant , n’a point eu de résultats assez décisifs pour prononcer en dernier ressort; mais il a considéré comme un exemple jusqu’à présent inouï, celui d’une combinaison qui dire cinq
points d’équilibre essentiellement distincts les uns des autres. En outre, les analyses qui ont été faites des diverses espèces de M. de Bournon sont si différentes que toutes paraissent être inexactes, et qu’elles viennent encore apporter des obstacles à la solution de cette importante question. « Cependant , dit M. Berzélius , comme on peut croire que l’acide arsenique est susceptible de former un sel neutre avec l’oxide de cuivre , et deux ou même trois sels avec excès de base, et comme il serait fort possible que quelques-uns des cuivres arseniatés continssent de l’acide arsenieux , ce nombre de combinaisons différentes ne présente rien d’étonnant, d’autant plus qu’un des arseniates analysés paraît avoir été un arseniate double de cuivre et de fer. Ainsi il ne faut rien décider sur la nature de ces différentes espèces d’arseniate de cuivre , avant d’en avoir examiné de nouveau la composition. » ( Nouveau système de Minéralogie , page 252. ) Nous suivrons donc le sentiment du chimiste que nous venons de citer, et nous continuerons à décrire une seule espèce dans laquelle nous établirons des variétés distinctes.
Caractères essentiels. Cette espèce a pour caractères généraux de se dissoudre sans effervescence dans l’acide nitrique, de colorer sur-le-champ l’ammoniaque en bleu, de se fondre au chalumeau en répandant l’odeur d’ail , de rayer le calcaire et d’avoir une structure laminaire.
Ses formes cristallines appartiennent à des systèmes bien différens : ainsi on trouve , i°. l’octaèdre rectangulaire extrêmement obtus; les cristaux sont d’un bleu de ciel clair; 2°. la forme hexagonale aveedes troncatures qui conduisent au rhomboïde ; les cristaux sont lamelliformes , d’un beau vert d’émeraude ; 3°. l’octaèdre aigu à base rectangle ; les cristaux sont petits, d’un noir verdâtre ; 4°- un prisme triangulaire sous l’angle de iio" 5o’; les cristaux sont d’un vert sombre ou bruns.
ÉLÉMENS
Nous établirons, avec M. Brongniart, deux variétés principales dans cette espèce.
] . Cuivre arsenialé obtus. Ses cristaux dérivent d’un octaèdre rectangulaire obtus . Sa couleur varie entre le beau bleu céleste, le vert foncé et le vert pâle; elle est toujours assez vive. Sa pesanteur spécifique est de 2,81 . Sa composition , suivant Chénevix , serait :
Oxide de cuivre Acide arsenique.
Eau
Perte
Mais les essais au chalumeau y indiquent aussi, suivant M. Berzélius, un autre métal irréductible.
Cette variété se présente , tantôt avec la forme primitive , tantôt sous celle de lames qui sont l’octaèdre obtus, mais très comprimé et qui a subi une modification sur ses angles, tantôt enfin en masses mamelonnées.
419. Caractères d’élimination . La sous-variété en lames, ouïe cuivre arsenialé lamelliforme deBournon , ressemble beaucoup à Vurane oxidulê cuprifère ; mais on l’en distingue surtout en ce qu’elle colore l’acide nitrique en vert, et non en jaune ci— trio comme la seconde substance.
1 1 . Cuivre arsenialé aigu. Ses cristaux dérivent d’un octaèdre rectangulaire aigu. Sa couleur est le vert bouteille foncé ou le vert noirâtre. Sa pesanteur spécifique est de 4*28. Sa composilion serait, suivant Cliénevix :
Oxide de cuivre Go, 00
Acide arsenique 89,70
Perte o,3
On réunit à celte variété plusieurs autres qui n’en diffèrent que par leur aspect extérieur, telles que
Le cuivre arsenialé tri'cdrc ,
Le cuivre arseniaté capillaire ,
mamelonné ou fibreux. Son aspect est soyeux , quelquefois cristallin.
Quelquefois le cuivre arseniaté renferme du fer , et constitue la variété de M. Haüy nommée cuivre arseniaté fierriferc , que les uns regardent comme une combinaison triple d’acide arsenique, de fer et de cuivre, et d’autres comme un mélange de cuivre arseniaté et de fer. Il est probable que c’est un ar— seniate double de fer et de cuivre.
420. Gisement. Le cuivre arseniaté se rencontre, dans la nature, dans des terrains granitiques dont le granité s’est altéré par la conversion d’une partie du felspath en kaolin. On le trouve surtout dans le comté de Cornouadles en Angleterre; à Wolfach , pays de Bade ; Farbitzin , près Libethen en Hongrie; à Altenkirken dans la pricipauté de Nassau ; à Stammosser, près de Sclmééberg en Saxe , et aux environs de Limoges en France. Mais c’est principalement en Angleterre que cette espèce s’offre avec le plus d’abondance et de diversité de formes cristallines.
En résumé, l’histoire de cette espèce est, comme on a pu le voir, obscure et très incertaine.
21e ESPÈCE. VAUQUELIEITE.
( Chromale double de plomb et de cuivre , Beudant ; plomb
chromé, Ilauy.)
^21. Caractères essentiels . Cette espèce a une couleur verte ; elle est en petites aiguilles ou en masses terreuses; elle ressemble beaucoup au plomb phosphaté vert aciculaire , mais elle s’en distingue par sa poussière qui est jaunâtre, celle du dernier étant grise. Sur le charbon , elle se boursoufllc un peu , fond ensuite en produisant beaucoup d écume , et se cou-
ÉLÉMENS
vertit en une boule d’un gris sombre métallique , et autour de laquelle on voit de petits grains de plomb réduit.
Composition. Formé de i atome de bi-cliromatc de cuivre
et de 2 atomes de bi-cliromate de plomb — Cu3Cra-4- 2Pb3Cr2. On croyait, d’après les expériences de M. Vauquelin , que c’était une combinaison d’oxide de plomb et cl’oxide de cb rôine; c’est M. Berzélius qui en a fait connaître la véritable composition.
422. Gisement. Cette espèce, encore peu connue, accompagne ordinairement le plomb cliromaté, et se trouve à la surface de ses masses sous forme de poudre ou de petites aiguilles.
22e ESPÈCE. OUI VAE VIOPTASE.
( Cuivre silicate hydraté , Brongniart; silicate de cuivre, Berzélius; vulgairement dioplase, acliirile.)
423. Caractères essentiels. Cette espèce se présente ordinairement sous la forme de cristaux prismatiques hexaèdres réguliers, terminés par un pointement à 3 faces reposant sur 3 arêtes en alternant. Ils sont translucides, d’une belle couleur vert d’éinéraude, d’un éclat vitreux , et un peu plus durs que le verre ; isolés, ils acquièrent par le frottement l’électricité résineuse ; ils donnent de l’eau par la calcination , sont infusibles au chalumeau, et insolubles dans l’acide nitrique, dans lequel ils conservent leur couleur.
Sa pesanteur spécifique est de 3,3.
Sa forme primitive est un rhomboïde obtus de 1 24° et 56°. Les joints naturels parallèles aux faces de ce rhomboïde sont très nets.
Composition. M. Vauquelin vient de reprendre l’analyse de cette espèce sur une assez grande échelle , et la formule
chimique qui en résulte se trouverait = CuJSd -f- 6Aq. C’est
donc un bi-silicate au lieu d’un sesqui-silicate , comme l’avait annoncé Lowitz.
42.4. Gisement. O11 n’a pas de données positives sur son gisement. Elle a été apportée de la Bucharie chinoise par un négociant nommé Achir Malimet , ce qui lui a fait donner le nom d ’achirile. Elle est assez rare.
23e ESPÈCE. CUIVRE SILICEUX.
{Cuivre liydro - silicaté , cuivre hydro - siliceux ou hydraté
siliceux , Haüy ; cuivre résinilé , Brongn. ; cuivre hydraté ,
kieselmalachit, cuivre scoriacé, chrysocolle.)
425. Caractères essentiels. Cette substance, d’un vert bleuâtre, quelquefois noirâtre, est facile à casser, plus dure que le verre; elle a une texture compacte, une cassure imparfaitement concho'ide et un éclat résineux; isolée, le frottement lui communique l’électricité résineuse. Elle donne de l’eau par la calcination, est infusible au chalumeau, et blanch it, sans se dissoudre, dans l’acide nitrique; quelquefois elle y produit une légère effervescence, due à la présence d’un peu de malachite interposée.
Sa pesanteur spécifique est de 2,7.
Cette espèce, presque toujours à l’état concrétionné ou de masses compactes, a pour forme primitive, suivant M. Ilaiiv, un prisme droit rhomboïdal de io3°2o' et 76° 4o . Ses cristaux, fort rares, sont des prismes le plus souvent à 6 laces, présentant un biseau sur les arêtes aigues, et uu autre sur les arêtes latérales obtuses.
Composition. C’est un hydro-silicate de cuivre, dont la formule = Cu3Sis-4- 1 2Àq ; plus, des matières étrangères accidentelles.
426. Gisement. Cette espèce, ordinairement disséminée dans des roches ferrugineuses , se trouve en Sibérie , dans les monts
ÉLÉMENS
Ourals, au Chili , en Espagne au cap de Gates, et à Ehl sur les bords du Rhin. Elle est assez rare.
4?7- Annotations. Plusieurs minéralogistes pensent que le cuivre siliceux n’est qu’une variété' du cuivre dioptase ; et le peu de différence que présentent les analyses de ces deux substances semble devoir confirmer cette opinion. D’autres sont d’un avis tout oppose', et admettent pour chacune d’elles une forme primitive différente. En attendant que de nouvelles recherches viennent éclaircir cette question douteuse , nous continuerons à les regarder comme des espèces distinctes, et en cela nous suivrons le sentiment de MM. Ilaüy, Berzélius et Brongniart.
Gisement général des minerais de cuivre.
428. Le cuivre n’appartient pas à toute espèce de terrain , comme on a déjà pu le voir par ce que nous avons dit à la suite de chaque espèce; il n’existe guère que dans les terrains primitifs , les terrains intermédiaires et les premières assises des terrains secondaires.
Il ne forme ni montagnes ni couches. Dans les premiers, il constitue des filons, qu’il remplit en partie plutôt encore qu’en totalité. Les espèces qui s’y rencontrent sont :
Le cuivre sulfuré , py ri leux , gris , oxidulé, arseniaté , phosphaté , hjdrochloratê , natif.
Dans les terrains intermédiaires, le cuivre est toujours sous forme d’amas peu considérables. Les espèces qui s’y trouvent
sont les trois suivantes :
Le cuivre azuré ,
malachite, pj ri leux.
Dans les premières couches des terrains secondaires, on rencontre le cuivre carbonate vert et bleu, le cuivre oxidulè et même le cuivre pyriteux qu’on cite dans les schistes.
Au-dessus de ces terrains on ne rencontre plus de cuivre. Les terrains trappèens offrent bien quelquefois la malachite associée principalement à la prenhite, mais en petite quantité. Les terrains volcaniques ne présentent guere que quelques parcelles de cuivre liydrochloraté sublimé sur des laves.
Traitement métallurgique des minerais de cuivre.
429. Les minerais de cuivre qui font l’objet d’un traitement métallurgique sont : le cuivre' natif , le cuivre sulfuré, le cuivie pyriteux, le cuivre oxidulé, les deux carbonates, enfin les cuivies gris plus ou moins argentifères. Le cuivre pyriteux étant la plus commune de ces espèces, est celle qu’on traite le plus habituellement dans toutes les contrées de l’Europe ; les autres , qui s y trouvent accidentellement mélangées, sont traitées conjointement avec elle. 11 11’y a qu’en Sibérie que le cuivre sulfuré et les carbonates vert et bleu forment l’objet principal de l’exploitation.
Les préparations mécaniques que l’on fait subir à la plupart de ces minerais se réduisent seulement au bocardngc, et dans quelques cas seulement au bocardage et au lavage. (Cette der- 11 i ère opération se pratique surtout pour les minerais de filons.) O11 fait usage du bocardage , tantôt parce que les minerais se trouvent disséminés en petites parties dans des dépôts on les matières terreuses sont trop abondantes, comme dans les grès rouges et les schistes bitumineux du Mansfeld. tan-
tôt, au contraire, parce cjue ces minerais se trouvent en amas considérables, dont les gangues sont en très faible proportion ou même tout-à-fait nulles.
430. I. Pour le cuivre natif, 1 ccuivre oxidulé cllescarbonates, il suffit de les fondre avec du charbon ou du coke, dans un fourneau à manche , et mieux , lorsqu’ils sont suffisamment purs , dans un fourneau à réverbère , pour en avoir le cuivre. Ce seraient sans doute les minerais les plus avantageux / puisqu’ils ne renferment aucune substance qui puisse nuire à leur fusion , si ce n’est le carbonate , qui est fréquemment mélangé avec une grande quantité de matières terreuses qui embarrassent toujours la fusion ; mais ils sont en très petite quantité dans la nature.
Autant le traitement des espèces précédentes est simple, autant celui des sulfures est compliqué.
43 1 . il. On commence par griller le minerai , ce qui s’exécute suivant plusieurs procédés, entre autres par le suivant. On dispose le minerai en pyramides tronquées, sur un lit de bois, et de telle sorte, que les plus gros morceaux soient placés au centre et les plus petits à la surface: ceux-ci sont battus et quelquefois mêlés d’un peu de terre, pour ralentir la combustion et diriger les vapeurs vers le haut. Au centre de la pyramide, on a eu soin de ménager un canal vertical dans lequel on jette quelques tisons enflammés ; le bois placé au bas prend feu , et le communique peu à peu au sulfure qui, une fois échauffé, continue de brûler et de se griller par luimème. 11 se forme pendant ce grillage, qui dure quelquefois plus d’un an, des oxides et des sulfates de cuivre et de fer, du gaz sulfureux et du soufre. Ces deux derniers produits se dégagent ; mais on recueille une partie du soufre réduit en vapeur dans des cavités que l’on a pratiquées à cet effet dans la