partie supérieure de la pyramide
Le résidu de ce grillage doit donc être considéré comme
un mélange d’oxides de cuivre et de fer en partie combinés avec l’acide sulfurique, et d’une certaine quantité de sulfure échappé au grillage. On le traite au fourneau à manche par le charbon de bois ou le charbon de terre épuré, et on ajoute du quarz , s’il ne se trouve pas assez de silice dans la gangue. Ce quarz a plusieurs usages : i°. d’aider la vitrification des matières pierreuses que renferme naturellement le minerai • 2°. d’arrêter souvent l’ardeur de la fusion, et de donner ainsi aux matières oxidables le temps de s’oxider; 3°. enfin d’entraîner plus facilement le fer dans les scories, lorsque ce métal se trouve en trop grande quantité dans ce minerai. On élève convenablement la température, et par la fusion les portions de sulfates repassent à 1 état de sulfures , tandis que les oxides, et principalement celui de cuivre, se réduisent: on obtient un produit brun et fragile, nommé matte, qui est composé de beaucoup de cuivre et d’une bien moins grande quantité de fer et de soufre qu auparavant. Quand les minerais exploités sont pauvres, on y ajoute du persulfui’e de fer, afin d’y porter un peu de soufre , dont la présence est indispensable dans les résidus de grillage , afin de réunir le métal et d’empêcher qu’il ne demeure disséminé et perdu dans une grande masse de scories.
Quoi qu’il en soit, la matte ainsi obtenue est concassée et soumise à un assez grand nombre de grillages successifs, quelquefois huit, souvent douze, dans l’intention de diminuer de plus en plus le soufre qui s’y trouve encore; puis fondue de nouveau au fourneau à manche , avec addition d’une certaine quantité de quarz , afin de s’opposer à la réduction de l’oxide de fer, et d’en faciliter la fusion. Les résultats de cette opération longue et laborieuse sont du cuivre impur, appelé cuivre noir, une nouvelle matte, et des scories composées principalement de silice et d’oxide de fer. On rejette ces scories, et on grille la matte derechef. Quant au cuivre noir, qui con- Tome I. 25
ÉLÉMENS
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tient environ 0,90 de cuivre pur, un peu de soufre, de fer et quelquefois du zinc, on le porte au fourneau d’affinage.
Ce fourneau est à réverbère : sa sole , qui est concave et recouverte d’une brasque de charbon et d’argile bien battus , sert pour la fusion du métal ; sur l’un de ses côtés sont placés deux soufflets , et sur le côté opposé se trouvent des bassins de réception ayant la forme de deux cônes renversés , et qui- communiquent à volonté avec le bassin du fourneau même: à une extrémité est le foyer, à l’autre la cheminée. On charge la sole du fourneau de cuivre noir, et l’on allume le feu : le cuivre fond , et forme à la surface des scories que l’on enlève avec une espèce de râteau sans dents: alors on dirige dessus le vent des soufflets, ce qui lofait rouler sur lui-même, et offrir successivement toutes ses parties au contact de l’air ; le fer et le soufre se brûlent, et le cuivre s’afflue. Cette opération dure ordinairement deux heures ; mais on s’aperçoit plus sûrement de la pureté du métal à sa couleur et à l’absence des scories: à ce moment on met le bassin de fusion en communication avec ceux de réception que l’on a tenus chauds: le cuivre y coule et s’y refroidit; mais pour hâter son refroidissement, on projette avec un balai de l’eau à sa surface , et avec un ringard on enlève la croûte solide à mesure qu’elle se forme. Le cuivre ainsi obtenu est sous forme de plaques rondes et couvertes d’aspérités ; il porte dans le commerce le nom de cuivre de rosette.
432. III. Nous avons dit plus haut, en parlant du sulfate de cuivre (402) , que ce sel existait souvent en dissolution dans les ruisseaux des galeries des mines qui contiennent des pyrites de cuivre. 11 s’y rencontre quelquefois en assez grande quantité pour que l’on cherche à en retirer le cuivre; et pour cela on recueille ces eaux, on les fait évaporer, et l’on y jette des morceaux de fer ou de la vieille ferraille , sur lesquels le cuivre vient se mouler en si' précipitant. Ce cuivre porte le nom de cuivre de cémentation. Mais on en obtient encore par le même
moyen des minerais de cuivre pyriteux, qui sont trop pauvres en cuivre pour qu’on leur fasse subir la fusion ; on les grille pour en extraire du soufre, et on lessive le résidu pour dissoudre les sulfates de fer et de cuivre qui se sont formés pendant Je grillage. C’est dans cette dissolution qu’on jette des morceaux de fer comme ci-dessus. Le sulfate de fer qui reste dans la liqueur après la précipitation du cuivre est recueilli pour être livré au commerce.
433. IY . Nous avons dit, à l’article extraction de l’argent , comment on traitait les diverses espèces de cuivre gris pour en extraire ce précieux métal (286); nous n’y reviendrons donc pas: seulement nous ajouterons ici, que les pains de cuivre qui restent après l’opération du res su âge sont très poreux et criblés de trous, comme une éponge. Dans cet état, ces pains , qu’on appelle carcasses, retiennent encore un peu de plomb dont il est essentiel de les priver, si l’on veut les convertir en cuivre marchand; c’est à quoi l’on parvient en les tenant fondus pendant quelque temps dans un fourneau de réverbère , à peu près de la même manière que pour l’affinage dont nous venons de parler: le plomb en effet se convertit en litharge, et le cuivre devient sensiblement pur.
434. Tels sont les procédés le plus en usage pour l’extraction du curvre, dont le commerce consomme annuellement quatre cent mille quintaux environ , ce qui forme une valeur moyenne de soixante-et-dix millions de francs. Le tableau suivant indique les quantités respectives fournies par les diverses contrées du globe qui possèdent des mines en rapport.
ÉLÉMENS
Angleterre
Russie v
Suède > de 60
Autriche J
Saxe . .
Norwège
Prusse
Allemagne occidentale
(Chessy et Saint-Bel , près
de Lyon
Poullaouan et Huelgoet.. .
Espagne i
Mexique , provinces de Yalladolid et de Guadalaxara
200,000 quint, à 70,000