oo
2,5oo
quelques quint.
3oo
Total
. 3i4,4°o quint.
La Perse, le Japon, la Chine, l’Arabie, la Taitarie, la Natolie , plusieurs îles de la mer des Indes, l’Abyssinie, le royaume de Maroc dans la Barbarie, etc., renferment des mines de cuivre , mais leurs produits sont inconnus.
434 bis. Usages du cuivre. Le cuivre est , après le fer, le métal dont les usages sont le plus multipliés. Dans l’économie domestique , on en fait des ustensiles , tels que des casseroles, des baignoires, des chaudières, des tuyaux, etc. Depuis long-temps il sert au radoubage des vaisseaux. Combiné avec 0,10 d’étain, il constitue le métal des canons ; avec o,25 du même, il forme le métal des cloches, et avec o,25 de zinc, l’alliage connu dans les arts sous les noms de similor, laiton et cuivre jaune. Tantôt pur, et tantôt uni à l’or et à l’argent, il sert à représenter la valeur des objets commerciaux. Les arts chimiques lui doivent aussi une foule de produits iutéressans, tels que scs oxides employés pour colorer les émaux, le protoxide en rouge et le cleutoxide en vert; le sullate de cuivre,
l’acdtate de cuivre brut ou vert-de-gris, l’ace'tate cristallisé ou verdet, l’ammoniure ou eau céleste, etc.
Nous devons dire ici quelques mots des acétates de cuivre, qui se préparent en grand dans les arts.
435. Le vert-de-gris ou l’acétate de cuivre brut est un sousdeutacétate de cuivre qu’on fabrique dans le midi de la France, et surtout A Montpellier ou dans les environs de cette ville. Le procédé suivi consiste à stratifier des lames de cuivre avec du marc de raisin récemment exprimé. Ce marc retenant encore une certaine quantité de vin, la masse ne tarde pas à s’échauder, à entrer en fermentation ; de l’aciile acétique est formé, et il se combine immédiatement avec le cuivre, oxidé en même temps par le contact de l’air : de là le vert-de-gris. Lorsque la fermentation est terminée, ce qui arrive ordinairement au bout de quelques semaines, on retire les lames de cuivre , on les stratifie une seconde fois avec de nouveau marc, et on répète cette opération jusqu’à ce qu’elles soient presque entièrement converties en acétate. Pour séparer celuici du cuivre non encore attaqué, on place les lames dans des pots en grès, et on les humecte de vinaigre , qui fait gonfler le sel et détruit son adhérence. Alors on le pétrit avec un peu de vin, et on l’enferme dans des peaux de mouton pour le livrer au commerce. Il est en masses d’un vert bleuâtre, d’une faible odeur de vinaigre et d’une forte saveur cuivreuse , composées de sous-acétate , de parcelles de cuivre et de débris atténués de marc de raisin.
436. L’acétate de cuivre cristallisé, ou le verdet cristallisé, est un deutacétate neutre qui se fabrique également à Montpellier. A cet effet, des hommes, nommés leveurs , vont recueillir le vert-de-gris chez tous les particuliers qui en préparent , et le portent dans les ateliers où se fait en grand l’opération. Là, on dissout le verdet dans le vinaigre , à l’aide de la chaleur : on laisse déposer ; on décante pour séparer.
ÉLÉMENS
les parcelles de cuivre ; on fait évaporer la liqueur et on la met à cristalliser. Mais cette cristallisation s’opère d’une manière particulière ; on plonge dans la liqueur des bâtons fendus en quatre par un bout et dont on tient les quatre branches écartées au moyen de petites fiches de bois. C’est sur ces bâtons que le sel cristallise en prismes rliomboïdaux, quelquefois très gros et réguliers ; et les masses présentent la for me de pyramides quadrangulaires tronquées. C’est sous cet état qu’il arrive dans le commerce ; il est d’un vert bleuâtre pâle et légèrement efflorescent.
Ces deux acétates sont employés en peinture. Le premier est quelquefois en usage en Médecine, comme escliarro tique ; le second est surtout usité en Pharmacie pour la préparation du vinaigre radical ou acide acétique concentré.
XIe FAMILLE. NICKEL.
437. Les minerais de nickel ont pour caractères généraux de se réduire en oxide vert par la chaleur et avec le contact de l’air, de colorer le verre de borax en jaune hyacinthe, et de donner des dissolutions acides vertes. Leur solution dans l’acide nitrique devient bleue violacée par l’addition de l’ammoniaque, précipite en vert pomme par la potasse et par l’hydroferro-cyanate de potasse.
Cette famille comprend huit espèces, dont la plupart sont encore mal déterminées.
Ire ESPÈCE. NICKEL SI LEU HÉ .
{Nickel natif capillaire, Ilaüy ; pyrite capillaire , Reuss. et
Werner.)
438. Caractères essentiels. Cette espèce, d’un aspect métalloïde, d’un jaune de bronze, est en petits cristaux capillaires groupes, très fragiles, plus ou moins élastiques , opaques ; elle
Dli MINÉRALOGIE. 3g i
répand au feu une odeur sulfureuse , noircit et donne suite charbon un globule métallique , malléable et magnétique.
Composition. C’est un bi-sulfure de nickel = NiS2. Klaproth considérait cette espèce comme une combinaison de nickel , de cobalt et d’arsenic ; mais il est bien constaté maintenant qu’il n’existe pas de nickel à l’état métallique dans la nature.
43g. Gisement. Le nickel sulfuré se trouve toujours implanté dans les fissures de l’arseniure de cobalt ou de nickel, surtout à Annaberg, Schnéeberg , Johangeorgenstadt en Saxe , à Andréasberg au Hartz et à Joachimstlial en Bohême. lia pour gangue le quarz hyalin grisâtre, mêlé de quarz agate commun dont il tapisse les cavités. Il est assez rare.
2® ESPÈCE. NICKEL ARSENICAL.
( Arscniure de nickel, Beudant ; knpfernickel des Allemands.)
44o. Caractères essentiels. La couleur de ce minéral est le jaune rougeâtre tirant sur celui du cuivre; il a un éclat métallique ; il étincelle sous le choc du briquet en répandant une odeur d’ail; sa texture est grenue, sa cassure raboteuse et peu brillante; il est très cassant; exhale au chalumeau une odeur arsenicale , et jeté dans l’acide nitrique forme instantanément un dépôt verdâtre cl’arseniate.
Sa pesanteur spécifique est de 6, G à 7,5.
On ne le trouve qu’en masses amorphes plus ou moins volumineuses et jamais cristallisé.
Composition Formé de 1 atome de nickel et de 1 atome d’arsenic = NiAs. Mais il est rarement pur, et presque toujours mélangé de fer, de cuivre, de cobalt.
44 r . Caractères d’élimination. On peut le confondre avec le cuivre natif et le cuivre panaché. Pour le distinguer du premier, voyez 367. On le distingue du second, en ce que
ÉLÉMENS
celui-ci ne donne point de dépôt verdâtre dans l’acide nitrique et ne répand point d’odeur d’ail par la chaleur.
442. Gisement. Cette espèce, qui est la plus commune de toutes celles de nickel, accompagne presque toujours l’une des quatre substances métalliques suivantes : l’argent, le plomb , le cuivre et surtout le cobalt. O11 la rencontre , en effet, dans les dépôts métalliques des terrains primitifs. où se trouve le cobalt arsenical, mais elle n’y est jamais cependant en très grande quantité. Pour les localités , voir celles du cobalt arsenical (4^9).
Usages. Le nickel arsenical ne sert qu’à l’extraction du nickel métallique.
APPENDICE
443. Nous rangeons ici un minéral dont la composition est assez compliquée, et qui 11’est pas encore assez bien connu pour qu’on en fasse une espèce à part ; c’est le nickel arsenical antimonifere de Berzélius (antimoine sulfuré nickelifère de Haiiy, nickelspiesglanzerz des Allemands).
Il est composé en partie de larges lames parallèles d’un bleu métallique éclatant, à peu près pareilles à celles de l’antimoine natif, et en partie d’une autre matière compacte légèrement luisante , dont la couleur tire sur le gris de plomb. Sa surface est couverte d’une couche jaunâtre qui ressemble à de l’oxide de fer ; il fond au chalumeau en répandant des vapeurs arsenicales blanches, et dont une partie s’attache sur le charbon et le colore en jaune. Il se dissout en partie dans l’acide nitrique qu’il colore en vert, en laissant précipiter une poudre blanche au fond de la liqueur. Suivant l’analyse de Klaproth, ce serait un mélange ou une combinaison d’arseniure de nickel, d’antimoniure de nickel et de tri-sulfure d’antimoine — NiAs, NiSb, SbSL O11 l’a trouvé dans une mine située près de T rensbourg , comté de Sayn-Altenkirchen , dans le pays de Nassau.
3e ESPÈCE. NICKEL SU LFO— ARSENICAL.
(S u IJb-arscniurc de nickel , Beudant ; mine blanche de nickel , Berzélius; nickel gris.)
444- Caractères essentiels. Cette espèce, fort rare, a un aspect métallique; sa couleur est le gris de plomb clair ou le blanc d’e'tain ; elle donne par la chaleur une grande quantité de sulfure d’arsenic, qui se sublime dans le matras où on opère, sous forme de masse fondue, transparente, roussâtre. Elle se dissout dans l’acide nitrique, qu’elle colore en vert; et le nitrate de strontiane y indique la présence de l’acide sulfurique.
Sa jîesanteur spécifique est de 6,12. Elle est toujours en petites masses amorphes.
Composition. Formée 'de quadrisulfure de nickel et de biarseniure de nickel = NiS^ -f- NiAs*. Elle contient toujours un peu de fer, qui paraît y être à l’état d’arseniure.
445. Gisement. Se trouve avec les autres minerais de nickel et de cobalt. Mal connue.
4e ESPÈCE. NICKEL SU LFO-ST1 BIU RE .
( Sulfo-anlimoniure de nickel, ou double sulfure de nickel et
d’antimoine. )
446. Cette espèce , tout aussi rare que la précédente, et découverte depuis peu dans les Pyrénées, est en petites masses disséminées dans un quarz blanc calcarifère , où elle est associée à du zinc et à du plomb sulfuré. Traitée au chalumeau, avec le tartrite de potasse, elle se réduit en un grain métallique qui a tous les caractères de l’antimoine pur ; il se produit pendant la fusion des vapeurs sulfureuses sans mélange d o— deur arsenicale. Sa composition, suivant M. Vauquelin , est.
ELEMENS
Soufre. . .
Antimoine Nickel. . .
Elus un peu de cobalt, de zinc et de silice. Ces deux dernières substances provenaient probablement de la gangue. Mal connue.
5e ESPÈCE. NICKEL OXIDE NOIR.
(Protoxide de nickel, nickel schwdrze des Allemands.)
447- Caractères essentiels. Ce minéral, d’un aspect terreux, est gris , noir ou brun ; sa raclure est luisante ; il est léger et fort tendre ; il colore l’acide nitrique en vert pomme , en laissant précipiter de l’oxide blanc d’arsenic avec lequel il est mélangé.
Il forme de petites croûtes ou de petits nids dans les cavités d’un schiste bitumineux qui contient aussi du nickel arsenical et arseniaté , et qui provient de la mine de Friedrich Wilhelm , près Riegelsdorf en Hesse. Suivant M. Hausmann, il serait le produit d’une altération du nickel arsenical, et suivant M. Léman, il proviendrait du nickel arseniaté ouliydraté vert qui aurait perdu son eau, ainsi que cela arrive lorsque l’on fait dessécher de l’hydrate de nickel artificiel.
Son signe chimique = Ni.
6e ESPÈCE. NICKEL ARSENIATÉ.
( Arseniate de nickel, Stromeyer; autrefois arsenite de nickel de Berzélius.)
448. Caractères essentiels. Substance verdâtre ou blanchâtre, ayant un aspect terreux, tantôt en masses, tantôt en poussière; insoluble dans l’acide nitrique; réductible par le charbon, et à l’aide du borax, en nickel métallique, en répandant de fortes vapeurs arsenicales.
Composition. Formée, suivant Berthier, de i atome de sous
arseniate de nickel eltle 18 atomes d’eau Ni3 As2 -f- 18 Aq. Mais il existe aussi dans la nature un sous-arsenite , dont la *****
formule = Ni2 As -f- i8aq.
44g. Caractères d'élimination. On peut quelquefois confondre le nickel arseniate avec le cuivre carbonate vert. Celuici se dissout plus ou moins lentement dans l’acide nitrique , colore l’ammoniaque en bleu et le verre de borax en vert.
450. Gisement. Il recouvre presque toujours les mines de nickel arsenical , sous la forme d’une espèce de croûte ou cl’une efflorescence plus ou moins verte ; et il paraît que c’est à ce dernier qu’il faut en rapporter la formation. Outre cette association , on le rencontre aussi mélangé avec le cobalt , et formant les parties verdâtres du minéral connu sous le nom vulgaire d 'argent merde d’oie (2Û9). C’est ainsi qu’il se trouvait dans l’ancienne exploitation d’Allemont en Dauphiné.
7e ESPÈCE. NICKEL SULFATÉ.
( Hydrosulfate de nickel , Beudant. )
45 1 . Caractères essentiels. Substance verdâtre , soluble dans l’eau , d’une saveur très styptique ; sa solution devient bleue violâtre par un excès d’ammoniaque , mais elle ne donne pas de cuivre métallique sur une lame de fer.
Composition. Formée de 1 atome de tri- sulfate de nickel et
de 1 4 atonies d’eau , = N i S 2 -f- 1 4 Aq.
452. Gisement. Elle se rencontre en petits dépôts superficiels dans les mines de nickel. On l’obtient dans les laboratoires en cristaux qui dérivent d’un prisme à base carrée. Elle est fort rare dans la nature.
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