ESPÈCE. NICKEL SILICATE
( Pimelite , Berzélius , Beudant.)
453. Caractères essentiels. C’est une substance terreuse , d’une couleur vert pomme, en couches minces et ressemblant beaucoup, par ses propriétés physiques, à un talc stéatite verdâtre. Chauffée dans un matras , elle noircit et dégage une eau qui a une odeur empyreumatique. Elle est infusible; mais elle se scorifie dans les parties minces et devient gris sombre.
Composition C’est un hydrosilicate de nickel, dont le signe
chimique est = Ni Sb-f 20 Aq.
454. Gisement. Cette variété du quarz agate prase d’IIaüy se trouve dans la principauté de Munsterberg en Basse-Silésie, près des villes de Kosemütz , Grochau et Glassendorf.
Gisement général des minerais de nickel.
455. Le nickel n’a pas de mines qui lui soient propres; il entre dans la composition des filons ou des dépôts métalliques appartenant aux terrains primitifs. Il est presque toujours associé au cobalt, à l’arsenic, au plomb, à l’antimoine, au cuivre et au fer; enfin, il fait partie des aérolithes ou du fer natif météorique.
Extraction du nickel.
/j56. L’extraction du nickel se fait ordinairement, dans les arts chimiques, avec le nickel arsenical, et mieux avec la matière connue sous le nom de speiss, qui est composée, en général , de soufre , arsenic , nickel , cobalt , cuivre et fer. Le speiss est un des produits des mines de cobalt que l’on a grillées , puis fondues avec du sable siliceux et de la potasse, pour obtenir le verre de cobalt bleu qui sert à la fabrication de Y azur. Le speiss diffère principalement des mines de cobalt, d’où il provient, par une proportion plus lorte de nickel et de
cuivre. Dans la calcination de ces mines, une portion des métaux s’oxigène , tandis que l’autre conserve l’état métallique. Lorsqu’on vient à fondre la matière grillée, non-seulement l’oxide de cobalt de la première portion se dissout dans le silicate de potasse qui se forme, mais il arrive encore que la plus grande partie du cobalt de la seconde portion s’y dissout, après avoir absorbé l’oxigène d’une quantité correspondante de cuivre et de nickel qui s’étaient oxidés pendant le grillage.
Pour extraire le nickel du speiss, dont la nature est bien connue maintenant, on le pulvérise; on le grille à une clialeur insuffisante pour le faire fondre, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs arsenicales. On traite alors la masse grillée par l’eau régale. L’arsenic s’acidifie , les autres métaux s’oxident. S’il y a assez de fer dans la liqueur, on précipite la plus grande partie de l’acide arsenique à l’état d’arseniate de fer , en faisant évaporer la dissolution à siccité et reprenant par l’eau. En ajoutant du sous-carbonate de soude jusqu’à ce que le précipité cesse d’être d’un blanc jaunâtre, on sépare encore de l’arseniate de fer : après cela on filtre , et on soumet la liqueur à un courant de gaz hydrogène sulfuré qui précipite ainsi le cuivre et les dernières portions d’arsenic qui pourraient rester. On filtre , on fait bouillir pour chasser l’hydrogène sulfuré ; on ajoute un peu d’acide nitrique ; on continue de faire bouillir; puis on précipite par un excès de sous -carbonate de soude , du peroxide de fer , et des carbonates de nickel et de cobalt. On lave le précipité, et on le traite par l’acide oxalique, qui dissout le fer et forme des oxalates de nickel et de cobalt insolubles. On filtre et on lave les oxalates.
On pulvérise ces oxalates ; on les agite dans un matras avec de l’ammoniaque liquide étendu d’une fois et demie son volume d’eau. La dissolution étant opérée, on l’expose à l’air: peu à peu il se dépose de l’oxalate ammoniaco de nickel, qui est d’un bleu verdâtre , et la liqueur retient de l’oxalatc am-
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moniaco de cobalt, qui est d’un beau rouge brun. On juge que les liqueurs ne contiennent plus de nickel, lorsqu’après avoir séparé le dépôt, elles ne précipitent plus , au bout de quelques heures, de l’oxalate ammoniaco de nickel. Pour purifier le dépôt du cobalt qu’il pourrait retenir, on le traite à plusieurs reprises par l’ammoniaque , et dès qu’il est déposé , on le lave à l’eau bouillante. Le dépôt ainsi traité donne de l’oxide de nickel par la calcination. On obtient le nickel métallique en chauffant cet oxide dans un creuset brasqué.
Ce procédé, dû à M. Laugier, donne du nickel parfaitement pur , mais il est long et dispendieux. M. Berthier a conseillé le suivant comme plus économique.
M. Berthier calcine le speiss avant de le dissoudre dans l’eau régale ; il ajoute assez de fer pour que celui-ci forme une quantité de peroxide suffisante pour neutraliser tout l’acide arsenique qui provient de l’arsenic que le grillage n’a pas séparé du speiss ; il fait évaporer la liqueur à siccité, reprend le résidu par l’eau , et tout ou presque tout l’arseuiate de fer est séparé. Tl ajoute à la liqueur filtrée du sous-carbonate de soude à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le précipité soit verdâtre. Il filtre, soumet la liqueur, qui ne contient plus que du nickel , du cobalt et un peu de cuivre , à un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite ce dernier. Il filtre, fait bouillir la liqueur filtrée avec du sous-carbonate de soude en excès, qui précipite le nickel et le cobalt à l’état de sous-carbonates. Il lave le précipité , le délaie dans l’eau , tandis qu’il est encore humide, et le soumet à un courant de chlore. Il laisse la liqueur exposée à l’air ; et quand elle a perdu son excès de chlore , il la filtre : la liqueur filtrée ne contient plus que du nickel. L’hydrate de peroxide de cobalt qui reste sur le filtre retient un peu d’hydrate de peroxide de nickel. En calcinant l’hydrocldorate de nickel dans un creuset brasqué , ou obtient le métal très
DK MINERALOGIE.
Le nickel est sans usage dans les arts ; il n’est connu que dans les laboratoires de Chimie.
XIIe FAMILLE. COBALT.
457. Les minerais de cobalt ont pour caractères distinctifs de colorer en bleu toutes les matières vitreuses. Leur dissolution nitrique est rose et précipite en flocons gélatineux violacés par les alcalis lorsqu’elle est bien neutre , et en brun rougeâtre si la solution renferme de l’acide arsenique ; l’hydro-ferro-cya— nate de potasse y détermine un précipité jaune brunâtre ; enfin, chauffée sur un charbon avec de l’alumine bien pure , elle colore celle-ci en bleu magnifique.
Cette famille comprend buit espèces.
lre ESPÈCE. COBALT SULFURÉ.
( Pyrite de cobalt, Hisinger.)
458. Caractères essefiliels. Cette espèce, admise seulement par les minéralogistes suédois , a une couleur d’un gris cl’acier clair , un éclat métallique , une cassure inégale grenue. Elle est assez dure et non attirable à l’aimant ; elle répand au chalumeau une odeur sulfureuse, et se fond en un globule gris qui colore le verre de borax en bleu d’azur.
On la trouve en masse et cristallisée, mais d’une manière si confuse, qu’il n’est pas possible de déterminer la figure des cristaux. Elle est assez rare et peu répandue. On la rencontre seulement dans lamine de New-Bastnal ou Saint-Gorans , à Riddarhytta en Suède. Elle y est en couches dans le gneis, où elle accompagne l’actinolitc et le cuivre pyriteux.
Composition. Ce n’est point un simple sulfure de cobalt ; M. Berzélius , d’après l’analyse de M. Ilisinger, la regarde comme une combinaison de quadri-sulfure de fer, de sulfure de cuivre , et de tri-sulfure de cobalt = FeSl -f- 4C11S -f- 12C0S3.
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2e ESPÈCE. COBALT AHSELICAL.
( Arseniure de coball , Brongniart. )
459. Caractères essentiels. C’est une substance métalloïde, d’un gris d’acier dans sa cassure fraîche , ou cl’un blanc d’argent, noircissant promptement à l’air ; sa texture est grenue , sa cassure raboteuse, à grain fin et serré. Elle est aigre et cassante ; elle donne des étincelles par le choc du briquet, et une odeur d’ail par la chaleur. Sa dissolution nitrique est rosâtre ; elle précipite en bleu violâtre par les alcalis , et en verdâtre par l’hydro-ferro-cyanate de potasse.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est le cube. Ses variétés de forme sont l’octaèdre , le cubo-octaèdre et le triforme, solide qui réunit le cube , l’octaèdre et le dodécaèdre rhomboïdal.
Scs variétés de structure se réduisent à trois ; celles qui sont en masses concre'tionnées , et quelquefois radiées ; celles qui sont en masses compactes, tantôt d’un blanc argentin et tantôt d’un gris noirâtre ; enfin, celles qui sont en dendrites. Parmi celles-ci on distingue le cobalt réticulé ( cobalt arsenical pseudomorphique filicijorme d’Han y ) , qui paraît devoir son origine à de l’argent natif filiciforme , dont les molécules sont remplacées successivement par celles de cobalt arsenical, de manière que la forme ramuleuse est conservée. C’est une mine d’argent cobal lifère.
Composition. C’est un bi-arseniure de cobalt avec de l’arsenic surabondant, probablement en mélange = Co As®, As. Tl est, en outre, presque toujours mélangé d’arseniure de fer, ou plutôt d’arseniure double de cobalt et de fer, quelquefois même de sulfo-arseniure. L’absence du soufre dans sa composition intime le distingue du cobalt gris, dans lequel le soufre est un des composans essentiels.
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4(>o. Caractères d’elimmalwn. On distingue le cobalt arsenical, 1". du fer arsenical, en ce que celui-ci communique au borax une teinte noirâtre, et ne colore pas l’acide nitrique en rose ; 20. de V argent antimonial, en ce que celui-ci ne colore ni le borax ni l’acide nitrique, et qu’il ne répand pas de vapeurs d’ail; 3°. enfin, du cobalt gris, en ce que celui-ci ne donne pas une odeur d’ail aussi sensible et que son tissu est très lamelleux ; en outre , sa pesanteur spécifique est plus faible dans le rapport de \ à 5.
4Gl- Gisement. Cette espece, la plus commune de toutes celles de la famille, se trouve tantôt en couches, tantôt en liions, dans les dépôts métallifères des terrains primitifs , et particulièrement dans ceux d’argent, de cuivre pyriteux , rarement dans ceux de plomb, et jamais dans ceux de fer; c’est ainsi qu’elle existe à Wittichen en Souabc, en Bohême, en Saxe, en Hongrie, en Norwège , etc. , et à Allemont, dans le département de l’Isère. Elle se rencontre aussi dans quelques dépôts des terrains intermédiaires, comme à Saintc-Marie-aux-Mines, et enfin dans des terrains secondaires , au voisinage du schiste cui\ 1 eux . Les substances qui accompagnent le plus ordinairement le cobalt arsenical sont le bismuth natif, le nickel arsenical et la baryte sulfatée.
J ESPÈCE. COBALT ARSENICAL CRIS NOIRATRE .
( Arseniure double de cobalt et de fer, Berzélius , Beudant. )
4G2. Caractères essentiels . Sa couleur est le gris noirâtre ; son éclat est métallique , niais il se perd bientôt au contact de 1 air ; sa cassure est inégale à grains fins, et quelquefois fibreuse et rayonnée ; il est aigre , aisément frangible ; il émet , lorsqu il est frappé, une odeur arsenicale; sa dissolution nitrique, d’un brun rosâtre, précipite en bleu sale ou en voi t par les alcalis , et en brun par l’iiydrocyanatc de potasse.
Toaie 1 .
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Sa pesanteur spécifique est de
On le trouve ordinairement en masses compactes ou concretionnees ; quelquefois il est cristallise' : ses cristaux , le plus souvent petits et à faces lisses, sont des cubes ou des dodécaèdres ; sa forme primitive est donc la même que celle de l’espèce précédente.
Composition. C’est un double arseniure de cobalt et de fer
dont la formule = CoAs -J- YcAs.