‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 67 sur 81 · Gisement. Il est aussi commun que le cobalt arsenical · texte numérisé non relu

Gisement. Il est aussi commun que le cobalt arsenical

et se trouve dans les mêmes gisemens.

appendice.

464- Nous rangeons à la suite de cette espèce un minéral qui n’en est qu’une simple variété , et dont les propriétés physiques, un peu différentes , dépendent de mélanges de substances hétérogènes ; nous voulons parler du cobalt arsenical

blanc argentin. En effet, M. Berzélius le regarde , d’apres I analyse de M. Laugier, comme un mélange du precedent arseniurc double avec du mispickcl ( sulfo-arsemure de er), e peut-être aussi un peu tic cobalt pis, qui lui commun,., ne une couleur plus pèle. La teinte argent, ne qn .1 présente es due au mispicltel. Voici la formule que M. Bcrrelius adn.c pour représenter sa composition, — c°As* + r,‘ ’ ‘ s

i FeSb

4 e ESPÈCE. CO HA LT G JUS.

( SulJo-arseniure de cobalt , Beudant.)

<65 Caractères essentiels. Cette espece, douée d un aspe métallique , a pour couleur le Mer, d’étain ou kH*» très éclatant ; elle a une texture très lameUeuse clmeclle pat le cl, oc du briquet e. répand une odeur d ad. * 1 ~

tion de la chaleur, sans le secours du chalumeau , c e ne nifesle pas sensiblement cette odeur connue le cobalt a, su,,-

c;»l , il ailleurs celle qn elle exhale est toujours mêlée île celle il u soufre.

Sa pesanteur spécifique est de 6,45.

Caractères cristallographiques. Sa forme primitive est le cube. Les formes régulières sous lesquelles elle se présente sont le cube, l’octaèdre, le dodécaèdre pentagonal, l’icosaèdre et le cubo-icosaèdre. Ces cristaux sont remarquables , non-seulement par la netteté et le poli de leurs faces et par la grandeur de leur volume, mais encore par l’identité parfaite qu’ils offrent avec ceux du fer sulfuré jaune, identité telle qu elle s’étend jusqu’aux nuances les plus légères.

Le cobalt gris s’offre rarement en masses; il est presque toujours cristallisé.

Composition. Composé de bi-arseniure de cobalt et de quad ri- sulfure de cobalt = CoAs2 -f- CoS'.

466. ( a racle res cl élimination . Le cobalt gris ressemble beaucoup au cobalt arsenical ; le meilleur caractère pour l’en distinguer est tiré de sa texture. En effet, le cobalt arsenical a un tissu très grenu; l’autre a, au contraire, un tissu très lainclleux. O11 le distingue, en outre, du fer sulfuré , en ce que celui-ci est d un jaune de bronze et qu’il ne donne point d’odeur d’ail par le briquet ; du fer arsenical, en ce que ce dernier a une cassure raboteuse à grain serré et que ses formes dérivent d’un prisme à bases rhombes ; enfin, de X antimoine natif, en ce que celui-ci ne donne pas d’odeur arsenicale par le briquet et qu’il se volatilise au chalumeau en fumées blanches.

467. Gisement. Le cobalt gris appartient exclusivement aux terrains primordiaux. 11 est moins commun que le cobalt arsenical, et 11e s’est guère montré jusqu’ici qu’en Suède (Tunaberg ) , en amas assez considérables, avec du cuivre pyriteux , ayant pour gangue un calcaire lamellaire , dans le terrain de gneis. On le trouve aussi à Los et à Modum en Norwègc , et à Giern en Silésie.

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468. Usages. C’est principalement de cette espèce, et en particulier de la variété qu’on trouve à Tunaberg , qu’on extrait le cobalt, parce qu’elle est plus riche en métal , plus pure et plus aisée à traiter que les autres (4 78) .

5e ESPÈCE. COBALT OXIDE NOIE.

( Cobalt terreux , Brongn. ; peroxide de cobalt , Beudant. )

469. Caractères essentiels . Il a une texture et un aspect terreux , une couleur noire bleuâtre; il tache les doigts, est tendre et friable, acquiert de l’éclat lorsqu’on le frotte avec un corps dur et uni , et colore très facilement le borax en bleu.

Sa pesanteur spécifique est de 2,4.

Composition. C’est un tri — oxide impur dont la formule

= Co -fMn+ 3Aq. 11 est souvent mêlé de matière argileuse.

470. Caractères d'élimination. On le confond souvent avec le manganèse oxidé terreux, le cuivre oxidé noir, l 'argent noir, etc. O11 l’en distingue facilement par sa réaction au chalumeau sur les substances vitreuses.

47o bis. Gisement. On trouve cette espèce en masses ou en mamelons adliéren? à la chaux carbonatée et au cuivre carbonate' bleu. Elle accompagne presque toujours le cobalt arsenical , à la décomposition duquel , suivant certains auteurs, elle paraît être due. On la cite sprtout à Kitzbuchel (Tyrol), à Sealfeld (Thuringe) , à Freydenstadt (duché de Wurtemberg), à Sclinéébcrg, Kamsdorf (en Saxe), à Allemont (Isère), etc Elle est très rare dans la nature.

6e ESPÈCE. COBALT SULFATE.

( ITjdrosulfale de cobalt, Beudant. )

471. Caractères essentiels. Cette espèce a une couleur rosâtre ou brunâtre, avec un éclat quelquefois soyeux; sa raclure est d’un blanc rougeâtre; elle est opaque, tendre , aisément Iran-

gible. Sa texture est cristalline et même un peu laminaire; elle a une saveur styptique, et est soluble dans l’eau.

Sa structure laminaire conduit à un prisme oblique rhombo'idal, d’environ 8o° 20' et gg° 3o', dont la base est inclinée sur les pans d’environ 82° et 108°.

Composition. Formé, suivant M. Berzélius , de 1 atome de

sulfate de cobalt et de 24 atomes d’eau , = C o3 S2 -j- 24 Aq.

472. Gisement. Le cobalt sulfaté , assez rare dans la nature , se trouve en léger enduit superficiel dans les mines de cobalt, et en solution dans les eaux de ces mines. C’est à Bieber, près Hanau , en Allemagne , qu’il a été rencontré pour la première fois par Kopp.

7e ESPÈCE. COBALT ARSENIATÉ.

( Arseniate de cobalt, Beudant; sous-arseniate de cobalt, Berzélius; cobalt violet , Brongniart.)

473. Caractères essentiels. Sa couleur est le beau rouge violet , qui s’affaiblit quelquefois et passe à celui des fleurs de pêcher ; la poussière de ses niasses offre la même couleur ; son éclat est quelquefois vitreux , quelquefois terreux ; sa texture est terreuse et parfois aussi laminaire. Il ne donne pas d’acide arsenieux par la sublimation , mais, sur les charbons , il fume et dégage une odeur d’arsenic; il forme, avec l’acide hydrocldorique , une dissolution que l’hydrogène sulfuré ne trouble qu’à la longue. (Proust. )

Sa pesanteur spécifique est de 4,3.

Composition. Formé de 1 atome de sous-arseniate et de

1 2 atomes d’eau, = Co3 A s* 4 1 2 Aq.

Caractères cristallographiques . On le trouve en petits cristaux rares , que l’on fait dériver d’un prisme à base de parallélogramme obliquangle de 124° et 56'. Il sc présente aussi

sous forme d’aiguilles divergentes, qui partent d’un centre commun et forment de jolies rosettes à la surface de la gangue; c’est la variété aciculuire d’Haiiy , nommée par les Allemands koball blulhc ou fleurs de cobalt. On le rencontre encoreen masses concie'tionnées , mais plus souvent sous forme pulvérulente.

474- Caractères d’ élimination. Le cobalt arSenia té se distingue de tous les minéraux qui présentent la même couleur que lui , tels que Y antimoine oxidé sulfuré , le mercure sulfuré, le feroligiste rouge, le cuivre oxiclulé capillaire , etc. , par le caractère qui est particulier à toutes les espèces de cette famille, savoir, la coloration en bleu qu’il donne aux matières vitreuses.

475. Gisement. Cette espèce , assez généralement répandue, accompagne tantôt le cobalt arsenical, et tantôt le cobalt oxide noir; il colore fréquemment aussi la chaux arseniatée, qui se trouve dans les mêmes gisemens.

8e ESPÈCE. COBALT ARSENIEE.

( Arsenite de cobalt , Beud. ; sous-arsemte de cobalt , Berz.

476. Cette espèce, que l’on a long-temps confondue avec la précédente, et qui lui est presque toujours mélangée, est rose, pulvérulente ; on peut très bien la distinguer de l’arseniate en ce qu’elle donne de l’acide arsenieux par la sublimation , et forme avec l’acide hydrochlorique une dissolution que 1 hydrogène sulfuré trouble sur-le-champ. (Proust.)

Sa composition est encore inconnue sous le rapport des proportions ; peut-être peut-on le représen terpar Co A s2 ? (Beudant.)

Gisement général des minerais de. cobalt.

477. Les minerais de cobalt se rencontrent dans quatie espèces de terrains, savoir : les terrains primitifs , de transition cristallins , de transition compai tes, secondaires IL sont bien

DE MINERALOGIE.

plus abondans dans les premiers que dans tous les autres. C’est toujours dans les premières assises qu’ils sont situes dans les terrains secondaires. Ils ne constituent jamais de filons ou de masses a eux seuls. Tantôt ils sont disséminés dans certaines roches , tantôt ils l'ont partie des filons qui présentent des renflemens et des étranglemens alternatifs, et qui, pour cette cause, prennent le nom de filons en chapelets .

Les associations du cobalt sont constantes; ainsi on le rencontre toujours avec de l’arsenic , du fer principalement, du nickel , du cuivre, de l’argent, et quelquefois du bismuth.

Extraction du cobalt.

478. Le cobalt n’étant d’aucun usage dans les arts, n’est connu que dans les laboratoires de Chimie , où on l’extrait de ses mines comme objet de curiosité. Il est d’ailleurs si peu fusible et si peu malléable, qu’on 11e l’obtient que par petits culots et jamais en grosses masses. Avant que M. Laugier eût fait connaître son beau procédé pour séparer le nickel du cobalt , on ne connaissait ce dernier métal que mêlé avec le premier. Maintenant on peut l’avoir parfaitement pur , mais l’opération est longue et minutieuse ; déjà nous l’avons fait connaître en parlant du nickel (456). Nous ne la rapporterons doncpas de nouveau ; nous dirons seulement qu’au lieu de speiss , on traite par l’acide nitrique le cobalt gris de Tunaberg , connu clans les arts sous le nom de mine cle Tunaberg y et que, lorsq ue par le procédé ci-indiqué on a obtenu l’oxalate de cobalt sous lorme cle poudre, il ne s’agit plus que de le calciner en vaisseaux clos pour obtenir le métal, qui, dans ce cas, est toujours divisé en poussière. Pour l’avoir en culot, il faut y ajouter des fonclans et le soumettre à une haute température dans un creuset brasqué.

Mais si le cobalt métallique n’a pour les arts chimiques aucun intérêt, il u en est pas de même de scs oxides, qui , soit seuls, soit

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unis avec les avilies, sont fréquemment usités, à cause île la belle couleur bleue qu’ils communiquent aux matières vitreuses lorsqu’on les chauffe avec ces substances à une température élevée. Cette propriété qu’ils possèdent à un si haut degré, ils ne la partagent avec aucun autre corps , et on se rappelle que nous nous en sommes servis avec avantage pour distinguer les minerais de cobalt de tous ceux qui peuvent avoir avec eux quelques cai’actères communs. Dans les arts, on met à profit cette belle couleur bleue pour colorer les verres , les émaux, les porcelaines, etc. ; et à cet effet , on prépare très en grand les matières colorantes connues sous les noms de safre , de smalt , d’azur, de bleu d’émail , etc. Nous allons donner une idée succincte du procédé employé , et ce que nous dirons sera extrait du Dictionnaire technologique.

L’azur se fabrique avec la mine de Tunaberg, composée de cobalt, de soufre et d’arsenic , plus, de fer et de nickel , selon M. Laugier. Pour cela, après avoir trié et bocardé le minerai pour en séparer les matières étrangères, on le grille sur la sole d’un fourneau à réverbère qui se termine par une longue cheminée horizontale. Là , il subit une calcination soutenue pendant plusieurs heures , pendant laquelle il perd la plus grande partie de son soufre et de son arsenic , tandis que le cobalt s’oxide. L’acide arsénieux se condense dans la cheminée liorizonlale.C’est parce moyen qu’on se procure presque tout 1 oxide d’arsenic employé dans les arts , comme nous 1 avons dit (i 3gi. Le minerai ainsi grillé est ensuite pilé, tamisé , et mêlé avec deux ou trois parties de quarz ou de sable très pur , et on obtient alors ce qu’on nomme safre. Les proportions de matière siliceuse varient, suivant la nature du minerai et l’intensité de couleur que l’on veut obtenir. Pour obtenir le verre d azur, il ne s’agit plus que de vitrifier le safre avec de la potasse et un peu d’acide arsénieux, dont les quantités correspondent a la richesse en cobalt du minerai Le mélange de ces substances

étant fait , on le fond dans de grands creusets de terre. Quand il est complètement vitrifié , ce qui n’a lien qu’au bout de huit ou dix heures d’une forte chaleur, 011 projette le verre dans de l’eau froide, afin qu’il se refroidisse subitement et s’éclate en petites parties , ce que l’on appelle étonner. On réunit alors ce a erre d azur , on le bocarde a sec , on le tamise à travers un crible de fer, puis on le porte au moulin où il est broyé le plus fin possible , entre deux meules horizontales d’un grès micacé très dur. Ensuite 011 le projette dans de grandes cuves pleines d’eau bien claire, on l’y délaie et on le lévige, afin de 1 obtenir en poudre impalpable ; on repasse au moulin les résidus de lévigation. Mais pour obtenir les divers degrés d’azur qui sont connus dans le commerce sous les noms d’azur de premiei , de ■second, de troisième et de quatrième feu, en îaison de leur finesse , on délaie la poudre dans une cuve percée sur sa hauteur de quatre ouvertures à égales distances l’une de 1 autre , et on la laisse reposer quelques insîans. On fait corder d abord la portion du liquide qui est au-dessus de l’ouverture supérieure, et qui entraîne l’azur le plus divisé, etsuccessi vement on ouvre les trois autres ouvertures pour faire couler 1 azui tenu en suspension. On recueille les divers précipités pio\ enant de ces eaux de lavage, on les dessèche dans une étuve, et comme par la dessication la matière s’est agglomérée, on la broie a sec et on la tamise dans des tamis de soie tiès lins, après quoi 1 azur est mis dans des tonneaux et livré au commerce. Son prix est d’autant plus élevé que sa ténuité est plus grande et sa couleur plus pure. Nous renverrons , P°ui plus de détails sur ce sujet, aux savans articles Azur, Lljx de 1 ri en a rd et Gobalt , du Dictionnaire technologique , tomes II, III, Y.

479é fl"an,ù*x: de minerais de cobalt exploitée dans toutes les mines d Europe s’élève à environ 20,000 quintaux, dont la valeur est tout au plus i million île francs, savoir :

ÉLÉMENS

Saxe

Bohême . . .

Piusse. . . .

Pays de Siegen

liesse

Souabe. . . .

Saxe-Cobourg.

Norwègc. . .

Suède

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