I. Part. une orgue? en rendant ainfi tous les demi-tons
"'égaux, M. Rameau, dans fa Génération kar-
monique , nous a donné le moyen fuivant pour
altérer toutes les quintes le plus également
qu'il eft pofîïble.
72. Prenez telle touche du clavecin quil vous plaira vers le milieu du clavier , par exemple UT ',- accordez-en la quinte SOL d'abord fort jufte, puis diminuez -la imperceptiblement; accordez enfuite la quinte jufte de cette quinte ainfi diminuée , puis diminuez imperceptiblement cette féconde quinte , & procédez ainfi d'une quinte à l'autre en montant ; & comme l'oreille n'apprécie pas ii exactement les fons trop aigus , il faut , quand vos quintes commenceront à devenir trop aiguës , accorder jufte l'oclave au-deflbus de la dernière quinte que vous venez d'accorder; puis vous continuerez toujours de même ; & vous arriverez enfin à une dernière quinte
™i Ki fi H 9 <ïm doit fe trouver d'accord d'elle-même, c'eft-à-dire, qui doit être telle que Jî^ , le plus aigu des deux fons qui la forment, foit le fon même UT ', par lequel
Théorique et pratique. 55 vous avez commencé , ou du moins l'o&ave I
parfaitement jufte de ce fon ; il faudra donc l'c^Jj effayer fi cet UT, ou fon o&ave, fait une quinte jufte avec le dernier fon mi ^ ou fa que l'on a accordé. Si cela eft , on peut être allure que le clavecin eft bien d'accord : mais û cette dernière quinte n'eft pas jufte , en ce cas , ou elle fera trop forte , & c'eft une marque que l'on a trop diminué les autres quintes , ou du moins quelques-unes ; ou la quinte fera trop foible , & c'eft une marque qu'on ne les a pas affez diminuées. Il faudra ■donc revenir fur fes pas jufqu à ce que la dernière quinte foit d'accord d'elle-même, (u)
(u) Au refte , nous devons avouer avec M. Rameau , que ce tempérament s'écarte beaucoup de celui qui eft en ufage : voici en quoi ce dernier confifte pour l'orgue & le clavecin. On commence par Y ut du milieu du clavier , & on affoiblit les quatre premières quintes fol, ré, la , mi •, jufqu'àce que mi fâfte la tierce majeure jufte avec ut ; partant enfui te de ce mi , on accorde les quintes/, fa%, ut%, foi%, mais en les affoibliffant moins que les premières , de manière que fol s% faife à peu près la tierce rftajeure jufte avec mi. Quand on eft arrivé au fol ^ , on s'arrête ; on reprend le premier ut , on accorde fa quinte fa en defcendant, puis la quinte fi \7 , &c. & on renforce
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6 Eiemens de Musique Par cette pratique tous les douze fons qui ÇLVIL comP°^ent une des gammes feront accordés ;
un peu toutes ces quintes jufqu'à ce qu'on foit arrivé au la\,, qui doit être le même que le fol % déjà accordé.
Si dans le tempérament ordinaire on rencontre des tierces moins altérées que dans celui de M. Rameau , en récompenfe les quintes y font beaucoup plus faulTes, & plusieurs tierces le font aufîï ; de manière que fur un clavecin accordé par le tempérament ordinaire, il y a cinq ou fîx modes infupportables , & dans lefquels on ne peut rien exécuter. Au contraire , dans le tempérament de M. Rameau , tous les modes font également parfaits ; nouvelle preuve en fa faveur , puifque le tempérament en1 principalement néceffaire pour pafler d'un mode dans un autre fans que l'oreille foit choquée ; par exemple du mode d'ut au mode de fol, du mode de fol au mode de ré, &c. Il eft vrai que cette uniformité dans les modulations paroîtra un défaut à la plupart des Muficiens ; car ils s'imaginent qu'en faifant les demi-tons de la gamme inégaux, ils donnent à chaque mode un caractère particulier, de manière que, félon eux, la gamme d'ut,
ut, ré, mi, fa, fol, là, fi, UT,
n'eft pas parfaitement femblabîe à la gamme ou échelle diatonique du mode de mi,
mi>f<**>fol%,la-%,JÎ, ut%, ré%, mi; ce qui rend, félon eux* le mode d'ut & le mode de