‹ Elémens de musique théoretique et practiqueChapitre 83 sur 99 · II. Part. \^j petit nombre les règles de la baffe · texte numérisé non relu

II. Part. \^j petit nombre les règles de la baffe

Ch^XIII. fondamentale , & celles que le deffus doit

Quatre bémols ,fi \> mi^ la\, ré ^ , indiquent le mode majeur de la \, , ou le mode mineur de fa ; alors ré \, fe change en fa , & par conféquent la\j en ut , &fa en la.

Trois bémols , fi\i mi \, la\, , indiquent le mode majeur de mi\ , ou le mineur d'ut; alors le la \, fe change en fa, & par conféquent mi\, en ut, & ut en la.

Deux bémols , fi\, mi [7 , indiquent le mode majeur defib ou le mode mineur de fol; alors le mi ^ fe change en fa, ci par conféquent le fi \, en ut , & le/o/ en/<z.

Un bémolj^l;, indique le mode majeur de fa, ouïe mode mineur de re ; & le fi \, fe change en fa ; par conféquent le fa fe change en «^ , & le re en la.

Donc tous les modes majeurs peuvent fe réduire au mode majeur d'i^, & les mineurs à celui de Az mineur.

Il faut remarquer au refte que pïufieurs Muficiens , entr'autres les anciens Muficiens François , comme Lulli, Campra &c. mettent un bémol de moins dans le mode mineur; enforte que dans le mode mineur de ré, ils ne mettent rien à la clef ; dans le mode mineur de fol y un bémol feulement ; dans le mode mineur $ut 5 deux bémols, &c.

Théorique et pratique. 187 obferver par rapport à cette baffe , il ne doit plus être difficile de trouver la baffe fonda- c'h XIIj mentale d'un chant donné , & ibuvent même d'en trouver plufieurs ; car toute baffe fondamentale fera bonne , lorfqu'elle fera formée fuivant les règles que nous avons données ( Chap. VI. ) , & qu'outre cela les diffonances

Cela eft affez indifférent en foi-même , & ne vaut guère la peine de difputer : cependant la méthode que nous donnons ici , d'après M. Rameau , a l'avantage de réduire tous les modes à deux , &c d'ailleurs elle eft fondée fur cette règle très-fimple & très-générale , que dans le mode majeur , il faut mettre autant de dièses , ou de bémols à la clef, que F échelle diatonique du mode en contient en montant ; & dans le mode mineur , autant que cette même échelle en contient en defeendant.

Quoi qu'il en foit , voici pour la tranfpofition une règle qui me paroît plus fimple que la règle ordinaire.

Pour les dièses.

Dites fol, ré, la, mi , fi, fa , ck changez^/ en ut j s'il y a un dieze à la clef; ré en ut , s'il y a deux diezes ; la en ut , s'il y en a trois , &c.

Pour l&s bémols.

Dites fa , fi, mi, la , ré, fol , & changez fa en ut , s'il y a un bémol à la clef; fi en ut , s'il y a deux bémols ; mi en ut , s'il y en a trois , &c.

l88 E LE ME NS DE M U S I QU E

1 que le chant fera avec cette baffe feront pré-

ïïj^rJr' payées, fi elles ont befoin de l'être , & toujours lauvees ( addd).

( dddd~) On dit fouvent être dans un ton , pour être dans un mode ; ainn" les expreffions fuivantes font fynonimes : telle Pièce efi en ut majeur , ou dans le mode d'ut majeur , ou dans le ton d'ut majeur.

Nous avons vu que l'échelle diatonique ou gamme des Grecs étoit la ji ut ré mi fa fol la [ Art. 49. 1. On a imaginé de repréfenter chacun des fons de cette échelle par une des lettres de l'alphabet ; la par A , fi par B , ut par C , &c. c'eft de-là que font venues ces façons de parler ; telle Pièce eft en A mi la tierce mineure , ou Amplement en A mi la mineur ; en C fol ut tierce majeure , ou fimplement en Cfol ut majeur ; pour dire qu'elle eft en La mineur , en Ut majeur ; cette dernière façon de parler eft plus courte ; aufli commence-t-elie à devenir commune.

On dit de même la clef de F ut fa , la clef de G ré fol, &c. pour dire la clef de fa, la clef de fol, &c.

On dit aufîi prendre VA mi la , donner VA mi la , ceft-à-dire prendre l'uniffon d'un certain la du clavecin , lequel la eft celui qui occupe la cinquième ligne , ou la ligne fupérieure dans la première clef de fa. Ce la partage par le milieu les deux o&aves qu'il y a [Noterr] depuis le fol qui occupe la première ligne dans la clef de fol fur cette première ligne , jufqu'auyè/ qui occupe la première ligne dans la clef de fa fur la quatrième ; & comme il tient , pour ainfi dire , le milieu entre les fons

Théorique et pratique. 189 239. Il eft d'une grande utilité dans la recherche de la baffe fondamentale , de favoir U. Part.

1 ni 1 Lh.2LHl\

dans quel ton ou mode eit le chant ; on en verra la raifon plus bas. Mais il eft difficile de donner fur cela des règles générales & abfolument fans exception , & fans laiffer rien d'arbitraire , parce que quelquefois il eft libre de rapporter un chant à tel ou tel mode : par exemple , ce chant fol ut peut appartenir à tous les modes , tant majeurs que mineurs , où fol & ut fe rencontrent ; & chacun de ces deux fons peut même être regardé comme appartenant à un mode différent.

240. Au reffe , on peut quelquefois , ce me - femble , fe paffer de la connoiffance du mode pour deux raifons : i°. parce que les mêmes fons appartenant à plufieurs modes différens , le mode eft quelquefois affez indéterminé , fur-tout dans le milieu d'une pièce , & dans une ou deux mefures : 20. parce que fans fe mettre en peine du mode , il fuffit fouvent , pour ne point s'égarer , d'obferver de la maies plus aigus & les plus graves , on l'a choifi pour être le fon par rapport auquel toutes les voix & les inftrumens doivent s'accorder dans un concert.

imniiiimmai

T90 E LEMENS D E Mv $ IQUE

niere la plus fimple, les règles données ci-defTus !!lP^T; ( ChaP- FL) Pour Ia marche de la baffe fon-

Cn.JCUI. i ,

damentaie.

241. Cependant il efî fur-tout néceffaire de favoir dans quel mode on eft au commencement de la pièce ; parce qu'il faut que la baffe fondamentale commence par ce même mode , & que le deffus & la baffe finiffent auffi dans ce même mode , & même par la note fondamentale du mode , qui eff ut dans le mode d'ut , la dans celui de la , &c. D'ailleurs dans les endroits du chant où il y a repos , il faut ordinairement que le mode de la baffe fondamentale foit le même que celui du chant.

242. Pour favoir en quel ton une pièce commence , tout fe réduit à favoir distinguer le mode majeur d'ut du mode mineur de la. Car nous avons vu ( art. 236 & 13 y. ) que tous les modes fe réduifent à ces deux-là 9 du moins au commencement d'une pièce. Or voici les différens moyens de diffinguer ces deux modes.

i °. Les fons principaux & caraeleriftjqu.es du mode , qui font ut mi fol dans l'un , & la ut mi dans l'autre ; enforte que û une pièce

Théorique et pratique. 191

commence , par exemple , ainfî , la ut mi la ,

1 r • ^^^«11. Part,

je puis conclure prefque toujours , que le ton ChtxiII.

ou mode eit en la mineur > quoique les fons

la ut mi appartiennent au mode à' ut.

20. La note fenfible , qui eit. fi dans Fun & yô/^ dans l'autre , de manière que fi je vois fol% dès les premières mefures de la pièce, je fuis affuré d'être dans le mode de la.

30. Les adjoints du mode, c'eft-à-dire les modes de fes deux quintes , qui font fa Se fol pour ut , & ré ck mi pour la. Par exemple , fi après avoir commencé un chant par des notes communes au mode d'ut , & au mode de la ( comme rm ré mi fa mi ré ut fi ut), je rencontre enfuite le mode de fol , ce que je recormois par le fà%, ou le mode de fa. que je recormois par lefi\> & Yut naturel; je puis conclurre que j'ai commencé dans le mode d'ut : mais fi je rencontre le mode de ré ou celui de mi , ce que je reconnois par le fi \ , ou Yut % , ou le ré % , &c. j'en conclus que j'ai commencé dans le mode de la.

40. Un mode ne ceffe ordinairement, furtout dans le commencement d'une pièce, que pour parler dans l'un ou l'autre de fes modes

192 Elemens DE MuSZQtfÈ

■ les plus relatifs , qui font le mode de fa quinte

Ch XIII au~deflus, & celui de fa tierce au-deffous* s'il eft majeur , ou de fa tierce au defîus , s'il effc mineur. Ainfi les modes les plus relatifs du mode majeur d'ut , par exemple , font le mode de fol majeur , & celui de la mineur. On parle ordinairement du mode d'ut dans l'un ou l'autre de ces modes , de forte qu'on peut quelquefois juger du mode principal où on eft , par le mode relatif qui le fuit ou qui le précède , lorfque ce mode relatif eft bien décidé. Au reïle , outre ces deux modes relatifs , il y en a encore deux autres dans lefquels le mode principal pafle > mais plus rarement ; favoir le mode de fa quinte au - deflbus , & celui de fa tierce au-defîus , comme fa & mi pour le mode d'ut(eeee).

( eeee) Il eft: certain que le mode mineur de ^/s'enchaîne très-bien au mode d'ut, comme on l'a prouvé art. g 2. par le raifonnement & par des exemples. On a vu auffi dans la Note fur Y art. c> j . que le mode mineur de ré peut s'enchaîner au mode majeur d'ut , èk ainfî on peut dans un certain fens regarder ce mode comme relatif au mode à'ut ; mais il l'eft moins que les modes de fol & de fa majeurs , & que ceux de la & de mi mineurs , parce qu'on ne fauroit parler immédiatement & fans licence , dans une baffe fondamen-

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