CANCER DE L'UTÉRUS
confirmé par l’action des préparations antisyphilitiques sur les tumeurs de ce genre,
9° Les po/ypes, les corps fibreux de l'utérus, les kystes, les fongosités utérines peuvent être pris pour des cancers ; On trouve dans ces affections des hémorrhagies abondantes, de la leucorrhée, mais la marche de la maladie est différente. Ces affections sont essentiellement chroniques et n'impriment pas à la constitution des malades des traces aussi profondes que la dégénérescence cancéreuse ; cependant il faut se rappeler que la teinte pâle des sujets anémiques peut être confondue avec la teinte jaune-paille que l’on rencontre chez les sujets sous le coup de la cachexie. Les affections que nous venons de nommer, ou bien débutent par le corps de l'utérus, et nous avons vu que c'était l'exception dans le cancer ; ou bien elles se montrent sur le col, on peut alors les reconnaître facilement à l’aide du toucher vaginal et de l'examen à l’aide du spéculum. Il pourrait arriver que des corps fibreux faisant saillie dans le vagin vinssent à s'ulcérer et à faire croire à un cancer utérin : mais, nousle répétons, rien n’a été semblable dans l’évolution de la ma- Jadie, et l’état local est loin d’être le même, puisque d’un côté on trouve des ulcérations sur une masse dure, résistante, et que de l’autre on observe une masse fongueuse, friable, saignant avec Ja plus grande facilité. Enfin le cancer arrivé à cette période a envahi la vessie ou le rectum, tandis que ce n’est que dans des cas exceptionnels que l’on voit les corps fibreux déterminer l’ulcération ou la perforation de ces organes, qui, dans ce cas d’ailleurs, ne présentent jamais ces tubercules durs, résistans, qu'il est si fréquent de constater dans le cancer.
Pronostic. — Cette affection est excessivement grave; les inalades affectées de cancer sont vouées à une mort certaine, et il est permis dese demander s’il existe un seul cas authentique de guérison d'un cancer encéphaloïde de l'utérus; à la vérité, on a cité quelques exemples de guérison à la suite de l’amputation du col utérin : peut être dans ces Cas a-t-on eu affaire à la forme épithéliale qui, bien qu’excessivement grave et récidivant dans Ja plupart des cas, paraît dans quelques circonstances marcher avec plus de lenteur que les autres formes, et peut être enlevée plus complétement.
Le pronostic ne doit donc pas être posé au point de vue des guérisons, mais de la durée probable de la maladie : toute chose égale d’ailleurs, on pourra espérer voir la vie se prolonger plus longtemps lorsque les douleurs ne seront pas assez vives pour agir d’une manière fâcheuse sur le système nerveux, lorsque les hémorrhagics ne seront pas trop abondantes et que les fonctions digestives seront intactes.
Il n'est pas sans intérêt de dire quelques mots sur l'influence que peut exercer E Cancer Sur les fonctions de l'utérus, Des faits incontes-
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tables ont démontré que la fécondation pouvait encore avoir lieu chez des femmes atteintes de cancer, mais le produit de la conception n'arrive point à terme lorsque la dégénérescence a envahi le corps de l'utérus, et ce n’est que dans le cas où la dégénérescence serait limitée au col que le fœtus peut quelquefois parcourir toutes les phases de son évolution.
La rigidité du col apporte souvent un obstacle invincible à l’accouchement; c’est alors que l’on voit des femmes succomber épuisées par la douleur, que l’on voit des ruptures de l’utérus qui sont rendues plus faciles par les altérations que la dégénérescence a imprimées au tissu utérin.
Si, dans quelques cas, on a vu le cancer ralenti dans sa marche par le fait de la grossesse, dans d’autres circonstances on a vu la maladie marcher avec une plus grande rapidité. Le passage du fœtus nécessite la dilatation du col qui présente alors des déchirures nombreuses et dont les ulcérations s’agrandissent. Ainsi donc on peut considérer la grossesse et l'accouchement comme une circonstance très fâcheuse pour la ma- Jade.
Nous ne connaissons aucune observation qui puisse faire supposer qu’un homme pratiquant le coït avec une femme atteinte de cancer ulcéré de l'utérus soit exposé à un cancer de la verge; il pourra tout au plus contracter un écoulement bénin ou une inflammation du prépuce.
Traitement. — Ce que nous venons de dire du pronostic du cancer utérin doit déjà faire pressentir combien nous accordons peu de valeur à tous les prétendus spécifiques préconisés contre cette affection, et à combien de mécomptes serait exposé le chirurgien qui espérerait faire toujours disparaître la maladie par une opération. Cependant, à l’aide d’un traitement convenable, il est encore possible de retarder chez quelques malades la fatale terminaison et de rendre leur existence plus supportable en calmant leur souffrance.
Parmi les médicamens conseillés contre le cancer de l'utérus, nous devons signaler la ciguë. Malgré l'éloge pompeux qui a été fait de cette cuhstance, on est encore à citer une observation de guérison ; cependant la ciguë à l’état d'extrait de teinture, de suc frais, peut être administrée avec avantage; elle agit alors non comme un anticancéreux, mais comme narcotique. Les préparations d’iode, d’iodure de potassium, ne peuvent pas non plus faire disparaître le cancer, et si, dans quelques circonstances, on à cru voir la tumeur céder sous l'influence de ces agens, il faut plutôt supposer une diminution de l’engorgement des parties saines autour des masses carcinomateuses que celle de ces masses elles-mêmes, Le /er ne saurait convenir qu'aux malades rendues