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IV. — Jmperforation du vagin

Nous décrirons dans ce paragraphe le vice de conformation qui consiste dans l’imperforation de la membrane hymen.

Gette anomalie passe complétement inaperçue jusqu’au moment de la menstruation, En effet, il ne cause aucune espèce d’accidens; mais, au moment de l’époque des règles, la jeune fille éprouve tous les Sym ptômes ordinaires, tels que malaises, coliques, céphalalgie, et rien cependant ne paraît ; ces symptômes se renouvellent tous les mois, et toujours sans résultat, Bientôt le sang s’accumule dans le vagin et dans la cavité utérine ; les malaises sont plus grands, les coliques plus intenses; les seins se gonflent, l'utérus se développe et vient saillir au-dessus des pubis, au point que l’on est tenté de croire à une grossesse.

Chose assez singulière, le premier accident qui apparaît est la rétention d’urine, et, si l’on examine les parties, on trouve l’oblitération du vagin. L’explication de ce phénomène est très simple : le sang des règles retenu forme une tumeur qui augmente à chaque époque menstruelle, repousse en avant la membrane qui cloisonne le vagin, l’applique sur le canal de l’urèthre et intercepte le passage de l'urine. Le cathétérisme fait disparaître ce symptôme, qui ne tarde pas à se reproduire tant que l’imperforation persiste,

Dans quelques cas, les douleurs prennent un caractère d’acuité excessive. Sur une jeune fille que nous avons eu récemment l’occasion d'observer à l'hôpital des Cliniques, les douleurs qui se montraient une fois par mois avaient fini par prendre le type quotidien et duraient chaque jour de quatre à cinq heures. Pendant l’accès, la malade était en proie à des coliques qui partaient des lombes et s'irradiaient dans tout

OBLITÉRATION ET ABSENCE DU VAGIN. 809 l'abdomen ; les traits étaient crispés, l'agitation était extrême; la malade se tordait, ne pouvait conserver aucune position et poussail des cris déchirans.

Ge vice de conformation est facile à reconnaître : si l’on écarte les grandes et les petites lèvres, on trouve le vagin oblitéré, et, à la place d'un canal, on aperçoit une saillie convexe formée par la membrane que le sang menstruel refoule en avant. Chez la malade dont nous avons parlé plus haut, des tentatives de coït avaient déprimé la membrane obturatrice. Si on applique le doigt sur cette Saillie, on sent une rénitence qui indique la présence d’un liquide; une sonde introduite dans l’urèthre, le doigt introduit dans le rectum, font reconnaître l'existence du vagin.

Il arrive quelquefois que tous les accidens cessent par ia rupture spontanée de fa membrane; mais, dans l'immense majorité des cas, il est indispensable d'ouvrir une issue au sapg à l’aide d'une incision. En effet, la rétention du sang peut amener les accidens les plus sérieux et même la mort.

L'opération que nécessite cette imperforation est, en général, facile : on fait à la membrane hymen une incision avec un bistouri ou un trocart, ou avec un lithotome que lon introduit par la ponction faite à la membrane ; on laisse sortir le sang, qui est quelquefois liquide, d’autres fois épais, poisseux, puis on introduit une canule ou une mèche, afin de prévenir le rapprochement des parties qui ont été divisées.

Les suites de cette opération sont, en général, fort simples. On a cependant constaté des accidens fort sérieux à la suite de cette incision : de Haen à observé des symptômes de péritonite:; la malade dont nous avons parlé plus haut, succomba à une péritonite : la trompe, triplée de volume, renfermait du pus: des amas purulens existaient dans la cavité péritonéale ; les intestins étaient réunis par des adhérences. Le chirurgien devra donc toujours apporter une certaine réserve dans le pronostic qu’il portera sur les conséquences de cette opération ; il devra tenir compte de l'intensité des douleurs et du développement anormal de l’atérus. Un autre accident que l’on doit redouer est la décomposition du liquide restant dans la tumeur et l'intoxicaion produite par la résorption des matières putrides.

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