‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 116 sur 205 · V. — Oblitération et absence du vagin · texte numérisé non relu

V. — Oblitération et absence du vagin

L'oblitération du vagin est congénital où accidentel: la première es èce est la plus fréquente ; le plus souvent elle est déterminée par l’imerforation de la membrane hymen, nous n'avons pas à y revenir. L'arrive quelquefois qu’au lieu d’une simple membrane on trouve

une oblitération plus étendue qui rappelle celle qui serait formée par un tissu de cicatrice qui serait venu obturer le vagin; dans quelques cas même, on ne trouve à la vulve aucune trace d'ouverture, et le vagin manque dans toute sa hauteur.

L’oblitération du vagin présente plusieurs variétés : 4° il existe à la vulve une ouverture conduisant dans un cul-de-sac plus ou moins profond ; 2° le vagin est oblitéré à l’orifice vulvaire et existe dans sa partie supérieure; 3° dans un cas observé par Stoltz, il y avait imperforation de la membrane hymen; celle-ci, incisée, permettait d’entrer dans le vagin; mais il était réduit à un simple cul-de-sac. 11 manquait dans la partie supérieure, et était remplacé par une substance fibro-celluleuse qui put être déchirée avec le doigt et coupée avec le bistouri; 4° enfin le vagin est oblitéré par une cloison plus ou moins épaisse, plus ou moins résistante.

L'absence complète du vagin coïncide quelquefois avec l’absence ou l'atrophie de l'utérus. Fodéré (1) rapporte un cas dans lequel on trouva le vagin et la matrice formant une substance dure, compacte et sans cavité. On comprend que l'art est complétement impuissant dans les anomalies de ce genre; mais ces faits doivent être signalés à l’attention des praticiens. En effet, lorsqu'il y a absence du vagin, deux phénomènes essentiellement différens peuvent se présenter : tantôt il existe une disposition qui ne permet pas à la menstruation de s’opérer, tantôt l’utérus est apte à accomplir, comme dans l’état normal, la foncüon menstruelle.

Dans le premier cas, on n’observe aucune espèce d’accident : l'obstacle à la copulation et la stérilité, quand le vagin est encore perméable dans sa partie antérieure et dans une certaine étendue, appellent seuls l’attention sur ce vice de conformation, qui reste longtemps inaperçu.

Il n'en est pas de même dans le second : à chaque époque menstruelle, le sang s’accumule dans la cavité utérine; celle-ci se distend, et lon observe des accidens sérieux dont nous avons parlé plus haut. Il est donc de la plus grande importance de reconnaître l’état de la matrice et de la portion du vagin qui se trouve au delà de l’obstruction.

Il est en général assez facile, à l’aide du doigt introduit dans le rectum et d’une sonde placée dans la vessie, de mesurer l’espace qui existe entre ces deux organes. Lorsqu'il y a absence du vagin, le doigt sent parfaitement l'instrument, dont il n’est séparé que par une cloison dont il peut apprécier l'épaisseur. Si la sonde ne peut être sentie avec le doigt, on est en droit de conclure qu’il existe un espace notable; mais existe-t-il là une cavité? cet espace est-il comblé par une substance cel-

{1} Fodéré, Médecine légale, t. I, p. 388.

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