‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 137 sur 205 · ABCÈS DE L’AISSELLE · texte numérisé non relu

ABCÈS DE L’AISSELLE

sübstantiel serait donc un excellent moyen pour obtenir une guérison complète de cette espèce de fistule.

Malgré toute l'attention du chirurgien, il n’est pas rare, à la suite des vastes abcès de l’aisselle, à la suite de plaie avec perte de substance de cette région, de brûlures étendues, d’observer des cicatrices vicieuses; celles-ci ont l'inconvénient de gêner considérablement les mouvemens des bras.

Si la face antérieure de l’aisselle se trouve rapprochée de sa face postérieure, les muscles grand pectoral, grand dorsal et grand rond auront perdu la plus grande partie de leur puissance ; si la cicatrisation, au contraire, rapproche le bras des parois de la poitrine, les mouvemens d’abduction seront très limités, quelquefois même impossibles. La compression des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, celle des veines, des artères, des nerfs, détermineront l’engourdissement du membre, des douleurs violentes, la stase du sang veineux et l'infiltration séreuse, |

Le chirurgien devra donc s'appliquer à prévenir cette terminaison fàcheuse des lésions de l’aisselle ; il s’attachera à augmenter l’embonpoint du sujet, et il s’efforcera, à l’aide de mouvemens bien ordonnés, imprimés au membre supérieur, d’allonger la cicatrice afin de diminuer les inconvéniens de cette infirmité, s’il ne peut en triompher complétement. La dissection attentive de ces brides, l’autoplastie, peuvent être quelquefois d’une grande ressource. Après avoir disséqué la cicatrice vicieuse, et avoir, à l’aide d’incisions méthodiques, rendu au membre la liberté de ses mouvemens, on abandonne les parties à elles-mêmes en surveillant attentivement le travail de cicatrisation. Si cependant la perte de substance était trop étendue, on aurait recours à l’autoplastie. On taille sur la paroi antérieure de Paisselle un Jambeau assez grand pour couvrir toute la partie de la base de l’aisselle où les tégumens ont

été détruits, et on l’applique en ce point en opérant comme pour toutes les autres espèces de restauration.

L° Abces froids.— La région de l’aisselle est souvent le siége d’abcès symptomatiques de lésions des organes qui l’environnent. Tantôt ils viennent de la carie des vertèbres cervicales, des premières côtes, de la tête de l’humérus, de Ja clavicule ; d’autres fois ils tirent leur origine d’un abcès de l'articulation scapulo-humérale : M. Velpeau en rapporte deux observations, Des abcès dépendant d’une carie du sternum et développés dans le médiastin peuvent encore arriver jusque dans l’aisselle. Enfin on a observé des cas dans lesquels le foyer axillaire communiquait avec des cavernes. Ces abcès n’offrent rien de particulier dans cette région, c’est surtout la maladie qui leur a donné naissance, que l’on doit s'attacher à combattre.

La fonte purulente des ganglions de l’aisselle détermine encore des abcès froids; dans ce cas, on se comportera comme il a été dit dans nos généralités.

$ IEX, — Tumeurs de l’aisselle,

Les tumeurs de l’aisselle sont extrêmement nombreuses ; il ne sera pas sans intérêt de décrire rapidement celles qui empruntent à la région un caractère spécial, et d'exposer rapidement le diagnostic de ces diverses tumeurs.

1° Tumeurs emphysémateuses. — Elles sont formées soit par l'air qui arrive de la cavité thoracique après une lésion du poumon, soit par l’air veuu du dehors. Nous avons parlé de cette dernière espèce d’emphysème à l'occasion des plaies de l’aisselle. Le diagnostic est facile : distension de l’aisselle sans changement de couleur de la peau, crépitation qui ne saurait être confondue avec celle que produiraient des caillots ou des os fracturés, sonorité très grande à la percussion, tels sont les signes à l’aide desquels on reconnaîtra l'emphysème de l’aisselle.

LC traitement ne diffère en rien de celui de l’emphvysème traumatique : la compression, des liqueurs résolutives, suffisent dans la plupart des cas pour faire disparaître l’emphysème de l’aisselle. Si un emphysème était consécutif aux plaies de cette région, la plaie serait traitée comme une plaie simple.

2° Tumeurs sanguines. — Les unes appartiennent aux anévrysmes de l'artère axiilaire, nous n’avons pas à nous en occuper ici; les autres ont été observées à la suite des efforts de réduction des luxations de l'épaule. Desault, qui a le premier observé ce phénomène, a vu une tumeur soulever subitement le grand pectoral et se propager vers l’aisselle : il crut d'abord à la formation d’un anévrysme ; mais cette tumeur ayant disparu le treizième jour et ayant été remplacée par une ecchymose, l’idée de l’anévrysme fut écartée, et Bichat pensa que c'était une infiltration d'air dans le tissu cellulaire. Mais comment cet air aurait-il pu s’introduire ? Il est bien plus rationnel d'attribuer cette tumeur à un épanchement formé par la rupture d’une veine, M. Velpeau à eu occasion d'ouvrir une fois une de ces tumeurs ; elle contenait du sang.

La tumeur que Desault a observée guérit rapidement par une compression légère et méthodique; la compression exercée par le bandage même destiné à contenir le bras après la réduction serait le moyen le plus avantageux pour faire disparaître une tumeur de ce genre,

3° Tumeurs ganglionnaires. — Elles sont de deux espèces : les unes Cancéreuses ; les autres tiennent à un engorgement le plus souvent tuberculeux des ganglions.

A. Les tumeurs cascéreuses de l’aisselle sont très fréquentes chez

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