‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 139 sur 205 · TUMEURS DE L'’AISSELLE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE L'’AISSELLE

naire, car l’anévrysme traumatique ou spontané est une affection tout à fait isolée. Quant à fa marche de la maladie, elle peut aussi fournir des élémens précieux de diagnostic. L’affection, en effet, débute dans la maladie des gangiions par une tumeur dure très mobile dans le creux axillaire ; l’anévrysme, au contraire, est appliqué contre la paroi externe de l’aisselle, sur la face interne du bras, et ne jouit pas de la mobilité dont nous venons de parler. )

Mais c’est surtout avec des abcès que les anévrysmes de laisselle ont été confondus. La science possède un trop grand nombre de faits malheureux pour qu’une semblable méprise ne soit pas chaque jour à redouter ; cependant le siége de la tumeur, les battemens, les mouvemens d'expansion latérale, le bruit de souffle, la marche de la maladie, en imposeront rarement à un observateur attentif.

Lorsque l’on est appelé à combattre un abcès de l’aisselle, il est fort important d’en déterminer la nature. Les abcès phiegmoneux marchent avec rapidité, sont accompagnés de douleurs violentes et d’une réaction vive ; ceux qui tiennent à la fonte purulente des ganglions sont précédés d’une tumeur dure, indolente; ceux qui sont symptomatiques d’une lésion des côtes, de la clavicule, des vertèbres, ne se manifestent dans l'aisselle qu’après un temps assez long : la fluctuation s’y fait remarquer sans être précédée des symptômes qui caractérisent l’inflammation aiguë du tissu cellulaire. Enfin, ils sont toujours précédés d’une douleur dans le point primitivement malade. Si une caverne pulmonaire venait à s’ouyrir dans le creux axillaire, l’examen de la poitrine fournirait des renseignemens précieux ; les efforts de toux augmenteront le volume et la tension de la tumeur.

La hernie du poumon ne saurait être confondue avec une autre tumeur de l’aisselle ; il suffit de la mentionner. Elle ne peut être prise pour un abcès : la sonorité de la tumeur percutée, son élasticité qui contraste avec la fluctuation, sa réductibilité, empêcheront toute confusion ; d’ailleurs la marche est essentiellement différente. L’emphysème traumatique ne présente pas non plus les caractères de la hernie du poumon, puisque dans la hernie la tumeur est élastique, circonscrite, et que dans l’emphysème la maladie est bien plus étendue, n’est pas circonscrite, et fait entendre une crépitation toute particulière à ce geure d'affection.

Quant à l’anévrysme variqueux, il offre des caractères trop tranchés, bruit de souffle, susurrus, battemens des veines, etc., pour qu’il puisse être la source d’une erreur,

ARTICLE II

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