‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 146 sur 205 · AFFECTIONS DE LA MAIN · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE LA MAIN

$ I. — Affections traumatiques et bémorrhagies de la main,

Notre but n’est pas, dans cet article, d'étudier toutes les formes de lésions de la main, d’énumérer les divers agens qui peuvent blesser cet organe ; nous n'indiquerons ici que les lésions et les accidens qui empruntent un caractère spécial à la région.

1° Plaies de la main. — La main est peut-être la partie du corps la plus exposée à l’action des agens vulnérans. La multiplicité et l’importance des élémens ‘qui la composent en rendent les plaies souvent fort dangereuses. Toutes choses égales d’ailleurs, les plaies de la paume de la main sont plus graves que celles de la face dorsale,

Les piqûres , les plaies par instrumens tranchans , lorsqu’elles sont superficielles , ne présentent aucun danger ; il n’en est pas de même des plaies profondes. Si l'instrument a traversé les couches aponévroiques, Pinflammation peut devenir extrêmement sérieuse, par le fait de l’étranglement qui sera la conséquence presque inévitable de l'inex-

tensibilité et de la résistance de l'aponévrose palmaire. La lésion présente en outre un caractère de gravité tout spécial, à cause de l'importance des organes qui peuvent être intéressés. C’est ainsi que la division d’un tendon amène souvent la perte du doigt auquel il est destiné, celle d’une artère une hémorrhagie, celle des nerfs la paralysie. Dans quelques cas on a vu le tétanos survenir à la suite d’une blessure, même légère en apparence. L'accident que l’on observe le plus souvent est une iuflammation profonde, bornée quelquefois au tissu cellulaire de la paume de la main; mais qui souvent se propage au loin, envahit la face antérieure du carpe, l’avant-bras, etc. Ces désordres s’observent principalement lorsque les gaînes synoviales ont été ouvertes : celles-ci s’enflamment, du pus se ferme dans les gaines des tendons, et fuse, s’il n’est évacué de bonne heure, sous le ligament annulaire du carpe, vers le poignet, et même jusqu’à l’avant-bras. L'ouverture de la synoviale des articulations des os du carpe entraîne avec elle tous les accidens des plaies articulaires, accidens rendus plus graves par l’anfractuosité de la membrane séreuse.

Les plaies contuses provoquent aussi des accidens de la plus haute gravité. Quelquefois elles sont déterminées par l’action d’un projectile Jancé par la poudre à canon. Une balle a-t-elle traversé la main d'avant en arrière, sans briser d’os, la plaie guérit en général assez facilement : a-t-elle, au contraire, lahouré obliquement les tissus, la lésion est plus étendue, le désordre des parties molles est beaucoup plus grand : les tendons sont déchirés, les artères ouvertes, les nerfs coupés, les oS brisés. On comprend toute la gravité d’une semblable lésion, dont le traitement nécessite des débrideinens considérables, soit pour lier les artères qui fournissent du sang, soit pour extraire les esquilles, etc. Il est rare que le blessé, si l’on n’est pas obligé de pratiquer l’amputation , puisse conserver toutes les fonctions de sa main , après avoir eu sa vie souvent compromise par intensité de l’inflammation et la violence des accidens : la section des tendons, les adhérences des parties molles expliquent plus que suffisamment de pareils résultats. Si la plaie est produite par l'explosion d’une arme à feu dans la main, les lésions sont encore plus étendues, les tissus sont déchirés eten même temps écartés, les articulations sont ouvertes, les os luxés, et la guérison, dans la plupart des cas, ne peut être obtenue qu’au prix d’une où de plusieurs amputations de doigts, de métacarpiens.

On à souvent encore l’occasion d'observer des plaies faites par Paction des machines. Tantôt ce sont des déchirures très étendues, accompagnées d’arrachement des doigts ; les tendons adhérens aux phalanges sont entraînés avec elles après s’être séparés des fibres musculaires qui s’implantent sur eux : de là des abcès très profonds qui se montrent Jusque dans la partie centrale des muscles de l’avant-bras.

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