CANCER DE LA PROSTATE
sent à l’état crétacé ; la vie des sujets peut, dans ces cas, se prolonger fort longtemps, autant d’ailleurs que le permet l'état d'intégrité des autres organes.
Traitement. — Que pourrions-nous formuler de réellement utile dans une semblable affection. On cherchera à soulager le malade à l’aide d’un traitement palliatif qui rende plus supportables ies accidens déterminés par les troubles fonctionnels ; puis on s'efforcera de soutenir ses forces au moyen de toniques,: huile de foie de tnorue, préparations de fer ou de quinquina, séjour à la campagne, etc.
$ VIII. — Cancer de la prostate.
Si l'on consnlte les auteurs anciens, et même ceux du commencement de ce siècle, on y voit que les affections cancéreuses de là prostate étaient regardées comme assez fréquentes. « L'engorgement squirrleux de la prostate, dit Boyer, est une maladie très commune chez les vieillards. » Mais un examen attentif des tumeurs réputées cancéreuses a fait justice de cette opinion, et bientôt l'on est arrivé à considérer les cancers comme excessivement rares, et même à les nier.
On possède aujourd'hui quelques observations de cancer de la prostate; les uns sont primitifs, les autres sont une conséquence de la pro pagation de la dégénérescence cancéreuse du rectum et de la vessie à la prostate. Toutes les formes du cancer ont été trouvées dans la prostate ; l’encéphaloïde paraît le plus fréquent, le squirrhe, le colloïde, le cancer mélanique, fibro-plastique. On rencontre cette dégénérescence à toutes les époques de la vie; on a trouvé chez des enfans des masses cancéreuses qui occupaient la place normale de la prostate, et qui avaient englobé le tissu rudimentaire de cette glande.
Le diagnostic de cette affection est des plus obscurs. Il est rare qu’elle puisse être reconnue autrement que par l’autopsie ; car les symptômes qui la caractérisent sont identiques avec ceux que nous avons assignés à toutes les tumeurs de la prostate.
Le traitement n'offre rien de spécial; d’ailleurs on prévoit que le chirurgien ne possède aucun moyen d’action sur un cancer développé dans cette région : son rôle se borne donc à pallier, par un traitement convenable, les accidens que pourrait produire le développement de la tumeur.
ARTICLE IK
6 Eer, — Vices de conformation.
I. Nous n’insisterons pas sur les cas d'absence totale ou partielle de l’urèthre; ils sont d’abord fort rares, et le plus souvent ils se trouvent liés à un vice de conformation de la vessie, avec lexstrophie, par exemple. Chez la femme, l'absence de l’urèthre est, sinon moins rare que chez l’homme, du moins plus complète : chez ce dernier, en effet, l’urèthre appartient non-seulement à l'appareil urinaire, mais encore aux organes de la génération, condit on qui impliquerait nécessairement un double arrêt de développement, si l’urèthre venait à manquer complétement.
. IL Les exemp'es d'imperméalilité de l'urèthre dans une partie de son étendue se présentent quelquefois à l'observation, Tantôt il existe une ouverture en arrière de l'obstacle : celte espèce de vice de conformation a été désignée sous le nom d’Aypospadias, lorsque Pouverture anormale se présente sur la face uréthrale de la verge; sous celui d’épispadias, lorsqu'elle se trouve sur la face dorsale; dans ce dernier cas il y 2 arrêt de développement des corps caverneux, et l’urèthre est divisé sur sa face supérieure. Ces deux états, qui ont la plus grande analogie avec les fistules aréthro-péniennes, seront étudiés plus loin (voyez Fstules uréthro-péniennes). Tantôt cette ouverture anormale manque, l'urine ne peut passer par l’urèthre et s’accumule dans fa vessie, où bien Pouraque reste perméable, et l'on constate l'existence d’une fistule urinaire de l'ombilic. Nous avons rapporté précédemment (t. IV, p. 522} un cas de ce genre observé par CGabrol.
L’obstacle apporté au cours de l'urine est plus ou moins considérable ; souvent il est constitué par une simple membrane, il se montre au méat; quelquefois il est beaucoup plus profond. M. Ségalas rapporte, d'après M. J. Cloquet, ua cas d'oblitération observé chez un nouveau-né, L’obstacle avait 27 millinètres de hauteur ; il était situé à la partie moyenne de l’urèthre.
Pour remédier à uu semblable état, il suffit de détruire l'obstacle
l’aide d'une incision où d’une ponction, et de s’opposer à la réunion des bords de la solution de continuité à l’aide d’une canule de plomb ou d’une sonde en gomme,
IT. 11 n'est pas très rare de rencontrer dans la configuration, la longueur et le cahbre de lurèthre des modifications qui acquièrent de l'importance lorsqu'il est nécessaire de pratiquer le cathétérisme,
La longueur du canal de l’urèthre est très variable. Cette proposition n'a pas besoin d'être développée, tous les auteurs sont d'accord sur ce point ; mais ce qui doit surprendre, c’est de voir que là moyenne assignée par les anatomistes est bien différente ; cela tient à ce que les uns ont examiné l’urèthre en place et sans dissection préalable, tandis que les autres ont mesuré ce canal après l'avoir isolé de toutes les parties molles qui l'entourent. Sur cinquante sujets, M. Jarjavav a trouvé chez trente-trois une longueur de 14 à 18 centimètres : ces chiffres sont à peu près ceux qui ont été adoptés par Vidal. M. Malgaigne a obtenu des nombres un peu moins élevés; ce qui, d’après M. Jarjavay, tiendrait à ce qu'il a pris ces mesures sur des sujets de vingt à trente ans, morts au Val-de-Grâce, eu chez lesquels le sang séjourne après la mort en moins grande quantité dans le Lissu spongio-vasculaire que chez les sujets d’un âge plus avancé, et dont les vaisseaux ont déjà perdu une partie de leur tonicité. Il est fort important de connaître ces mesures : en effet, si Furèchre est plus court qu’à l'état normal, une sonde laissée à demeure dans la vessie pourra être trop enfoncée et déterminer des accidens; si, au contraire, le canal est plus long, il faudra pour pénétrer dans la vessie, introduire une sonde un peu plas longue que les sondes ordinaires. Nous avons vu qu’il était prudent de prendre une précaution semblable lorsque la longueur de la portion prostatique de Purèthre était augmentée par le fait de l’hypertrophie de la glande qui l'entoure,
Les auteurs ont signalé quelques exemples de rétrécissemens congénitaux de l’urèthre. La forme la plus fréquente est celle qui consiste dans l’étroitesse congénitale du méat urinaire. Lorsque cette disposition n'est pas très prononcée, elle n’attire l'attention ni des médecins, ni des malades ; le jet d'urine est plus délié, mais la miction facile, et ce n’est que lorsqu'on pratique le cathétérisme que l’on s'aperçoit de ce vice de conformation qui s'oppose à l’iutreduction d’instrumens d’un volume suffisant. Mais lorsque le méat est très étroit, il faut de toute nécessité procéder à son élargissement. On pourrait le dilater graduellement à l’aide de petites bougies de corde à hoyau; mais la dilatation est presque constamment inpuissante; Il vaut mieux, se guidant sur un stylet cannelé introduit Gans ic méat, débrider louverture. On aura soin de maintenir une sonde entre les lèvres de la. plaie, afin de prévenir un rétrécissement ultérieur. Il est rare, malgré ceite précaution, que le nouvel orifice conserve les dimensions nouvelles qui lui ont été données par l'instrument tranchant.
On trouve quelquefois une dilatation assez considérable de la fosse paviculaire, Nous ne rappelons cette disposition que pour signaler les phénomènes auxquels elle peut donner lieu, à savoir l'accumulation de l'urine et de la matière calcuicuse, l'imperfection de l'éjaculation, Ges
accidens sont d'autant plus sérieux que le méat est plus étroit, que le rétrécissement soit congénilal ou déterminé par une cicatrice.
Quelquefois le renflement bulbaire est beaucoup plus considérable qu’à l’état normal; la sonde s'engage dans un cul-de-sac assez profond, et ne peut être que très difficilement introduite dans la vessie. Dans d'autres cas, la sonde est arrêtée par la saillie de l'espèce d'éperon qui se trouve en arrière de la portion bulbeuse. Dans d’autres cas, l'obstacle provient d’un cul-de-sac qui se trouve soit en avant, soit sur les côtés du vérumontanurm, ou bien de deux replis latéraux qui partent de cet organe, ou bien d’une dépression qui existerait quelquefois, selon Lisfranc, entre les lobes moyens de la prostate; enfin, la déformation, la déviation du vérumontanum lui-même peuvent apporter des difficultés dans le cathétérisme.
Terminons cette longue énumération en signalant plusieurs dispositions qui offrent encore un intérêt pratique, important au point de vue du cathétérisme. On sait que chez l'adulte il est facile de faire pénétrer un instrument droit dans la vessie, et que chez l'enfant cette manœuvre est beaucoup plus difhcile, à cause de l'élévation de la vessie. Il est un certain nombre d'adultes dont la forme de l’urèthre se rapproche de celle de l'enfant; mais cette disposition tient à une cause spéciale ; elle est due à l'élévation de l'arcade pubienne. Dans ces circonstances, la courbure de l’urèthre est plus considérab'e, et le canal ne peut être assez redressé pour qu'un instrument droit puisse pénétrer dans la vessie,
Il est quelques sujets chez lesquels le bas-fond de la vessie est très prononcé, et dont le canal paraît s’insérer plus bas qu'à l’état normal. En général, la portion prostatique de l’urèthre suit cette anomalie; la glande est traversée beaucoup plus bas, de sorte qu’une bien moins grande épaisseur de ussu sépare le canal du rectum ; on a même rapporté quelques cas dans lesquels l'urèthre n’était séparé du rectum que par du tissu cellulaire, Par contre, on trouve souvent une disposition inverse.
Eaufin, on a vu l’urèthre situé sur la face dorsale de la verge, les corps caverneux formant la face inférieure du pénis.
IV. Les auteurs ont signalé plusieurs cas de perforalion double du gland, et ont conclu à l'existence d’un urèthre double; mais les détails anatomiques sont Join d’être suffisans pour justifier le titre donné à ces observations.
$ TE, — Affections traumatiques de l’urèthre,