‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 53 sur 205 · II. — Âydatides du testicule · texte numérisé non relu

II. — Âydatides du testicule

Les hydatides du testicule sont fort rares. Dupuytren cet Larrey en auraient observé chacun deux cas, A. Cooper parle d’un kyste indépendant, probablement acéphalocyste, qu’on trouva par hasard en disséquant et qui tenait à l’épididyme. |

Nous n'avons que bien peu de chose à dire sur cette affection, qu’il est fort difficile de reconnaître, et qui ne peut disparaître le plus souvent par aucun mode de traitement. Si ces tumeurs étaient limitées au cordon et à la tunique vaginale, il serait peut-être possible de les énucléer ; dans le cas contraire, et si elles venaient à trop gêner par leur poids, il faudrait recourir à la castration.

Nous rapprocherons des hydatides des testicules les cas suivants, remarquables surtout par leur singularité. Baillie a vu un testicule auquel adhérait un kyste contenant une filaire du Médine ; un entozoaire de la même espèce existe dans un kyste situé à la partie inférieure du canal déférent, sur une pièce déposée au musée de Hunter, Une tumeur analogue est déposée au musée du collége des chirurgiens d'Édimbourg ; le ver de Guinée était mort et s'était converti en une substance analogue à de l’adipocire (4).

$ VIII. — Tumeurs fibreuses, cartilagineuses, calcaires du testicule,

I. Tumeurs fibreuses. — Il n’est pas rare d'observer des malades chez lesquels le testicule est atrophié, lorgane dans la plupart des cas est passé à l’état fibreux.

Ce nouveau tissu est constitué : 1° par les prolongemens émanés de la tunique albuginée ; 2° par la transformation des tubes séminifères ; 3° par la matière sécrétée entre ces tubes pendant linflammation. Fantôt ce tissu est mou, tantôt il est dense, serré, résistant, analogue aux corps fibreux de l'utérus. En général le testicule est diminaé de volume.

Cette dégénérescence fibreuse ne s'accompagne ni de douleur ni d'aucun symptôme, autre que l'induration de l'organe ; elle ne nécesgite aucun traitement. La castration est complétement inutile.

(4) Curling, loc. cit , p. 439.

II. Tumeurs cartilagineuses.— L’enchondrome du testicule n’est pas extrêmement rare. Quelquefois les masses cartilagineuses se développent dans l'affection que nous avons décrite plus haut sous le nom de maladie kystique du testicule, d’autres fois il existe une transformation cartilagineuse de tout l'organe. Dans un cas disséqué par Paget (1), on trouvait entre autres altérations une série de petites tumeurs cartilagineuses s'étendant le long du cordon; une dissection altentive a montré que ces productions morbides s'étaient formées dans les vaisseaux lymphatiques, le cartilage s’était développé primitivement dans le corps d’Highmore. Ce malade succomba, on trouva dans les poumons des masses cartilagineuses tellement volumineuses et tellement abondantes, qu’elles pesaient 5650 grammes.

HI. Tumeurs calcaires. — Doit-on considérer les masses calcaires irouvées autour du testicule comme développées indépendamment de toute autre affection de cet organe, ou comme le dernier degré de la transformation de la pseudo-membrane de l’hématocèle de la tunique vaginale ? Il est certain que dans la plupart des cas c’est à cette dernière cause qu'il faut attribuer l'existence de ce tissu , nous reviendrons sur ces productions lorsque nous étudierons l’hématocèle.

Les dépôts calcaires dans l’intérieur du testicule et dans l’épididyme sont beaucoup plus rares, on les observe quelquefois dans les cas de transformation fibreuse du testicule. Ces dernières dégénérescences n’offrent en général d'intérêt qu’au point de vue anatomo-pathologique. On les a vues déterminer l’inflammation et la suppuration du testicule; il en résulte des fistules qui ne guérissent qu'après l'élimination de toute la matière calcaire.

$ IX. — Tubercules du testicule.

L'étude de cette maladie est de date récente. Pendantde longues années les tubercules du testicule ont été confondus avec les autres tumeurs de cet organe sous le nom de sarcocèle ; puis, lorsque l'on eut découvert l'existence de la matière tuberculeuse dans le testicule, on regarda comme telles des lésions qui en diffèrent essentiellement. C'est-à-dire que Von a pris pour des iubercules, de la matière jaunâtre qui n’était autre chose qu’un produit de linflammation, qu'on à cru à l'existence de tubercules alors que le testicule recèlait dans son intérieur de petits foyers purulents imparfaitement résorbés. Quoi qu’il en soit, l’affection tuberculeuse du testicule est assez fréquente et mérite d'être étudiée

avec Soin.

(1) Medico-chirurgicale transactions, t, XXXVII, p. 247.

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