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TUBERCULES DU TESTICULE

Anatomie pathologique. — Les tubercules se montrent dans l’épididyme et dans le testicule ; le premier de ces deux organes est plus souvent le siége de cette production que le second, et lorsque tout l'appareil spermatique est envahi, la maladie est beaucoup plus avancée dans l’épididyme que dans le parenchyme testiculaire. Si on cherche à préciser davantage le siége de prédilection des tubercules, on voit que c’est surtout dans la tête de lépididyme que la maladie se montre de préférence. ;

Nous n’avons pas à insister sur l’évolution de la matière tuberculeuse dans le testicule, elle suit là exactement la même marche que dans les autres organes. On observe d’abord des tubercules à l’état cru sous la forme de petits corps perlés grisâtres, disséminés d’une manière plus ou moins régulière dans les tissus, quelquefois très serrés, confluents. Plus tard ces petits corps s’épaississent, augmentent de volume, et se changent en une matière caséeuse jaune friable ; puis enfin, cette substance se ramollit, se transforme en un liquide séro-purulent, tenant en suspension des masses plus ou moins consistantes de matière tuberculeuse.

Il est fréquent de constater dans un même testicule ces différentes phases de la tuberculisation ; en général, c’est par la tête de l’épididyme que commence le travail de ramollissement, la tête de cet organe est envahie par la suppuration, tandis que la queue est encore remplie par de la matière caséeuse. Lorsque la maladie dure depuis quelque temps, la plus grande partie de la glande est envahie par le tissu morbide. En même temps que le tubercule se ramollit il s'établit, dans l’intérieur de l'organe, un travail inflammatoire, la suppuration a lieu, il en résulte un abcès qui s'ouvre bientôt au dehors. Et, quand le pus est évacué, il reste une caverne plus ou moins profonde, quelquefois même le testicule est sillonné dans tous les sens par des trajets fistuleux. L’affection tuberculeuse n’est pas toujours limitée aux testicules, elie envahit fort souvent le canal déférent et les vésicules séminales,

D’après Curling, les tubercules se développent d’abord dans les tubes séminifères. Autour des canaux malades rapprochés les uns des autres, pelotonnés, se trouvent d’autres canaux irrégulièrement dilatés; ceux au contraire qui sont éloignés de la masse sont sains. La matière accumulée dans les canaux finit par les rompre et s’épanche dans les tissus ambiants.

On rencontre souvent dans le testicule des dépôts semblables à la matière crétacée que l’on trouve dans les poumons et dans les ganglions bronchiques des sujets tuberculeux.

Symptomatologrie. — Au début, lattention du malade ne se trouve attirée par aucun symptôme, quelquefois il ressent une légère douleur sur un des points de l'organe. Vers l’épididyme on trouve une

tumeur inégale, bosselée, sans changement de couteur à la peau ; souvent le testicule paraît Igèrement augmenté de volume et conserve sa forme normale. Lorsque la maladie ne s’est développée que sur un seul point, on constate un relief globuleux au niveau de l’épididyme, ou sous la tunique albuginée. Lorsque la masse tuberculeuse est située profondément dans l’intérieur du testicule, on reconnaît sa présence à une dureté insolite, Dans la plupart des cas, il existe plusieurs bosselures qui cccupent le testicule, l’épididyme de la tête à la queue, le canal déférent. Il est facile de reconnaître ces masses dans l’épididyme et dans le canal déférent, mais dans les testicules on éprouve souvent des difficultés. Si on fait rouler cet organe entre ses doigts, en le pressant un peu on trouve qu’il à perdu sa souplesse et qu’il présente des points concrets disséminés dans son épaisseur. On constate alors que ces masses offrent un volume variable, depuis celui d’une lentille jusqu’à celui d’une petite noix, et même plus ; on comprend que le volume de ces tumeurs est en raison de l’ancienneté de Ja maladie et en raison inverse du nombre des tubercules.

Peu à peu les tubercules testiculaires augmentent de volume, se ramollissent, l'inflammation gagne les tissus ambiants, le scrotum et même la peau. Dans celte période, les malades accusent de la douleur. On constate un gonflement insolite de quelques-unes des bosselures, au bout d’un certain temps le ramollissement se manifeste dans d’autres masses. Si l'on ouvre ces foyers ou si l’on attend l’ouverture spontanée la solution de continuité donne passage à une matière molle, caséeuse, mélangée de pus; ilse forme une ulcération plus ou moins étendue qui laisse passer un pus séreux, clair, peu abondant ; la peau qui entoure l'orifice fistuleux est vivlacte, amincie, décollée, ses bords sont souvent roulés sur eux-mêmes. Au foud de cette fistule, on trouve la caverne tuberculeuse plus ou moins régulière, creusée dans l’épaisseur du testicule. L'évacuation de la matière tuberculeuse permet à la partie saillante de la tumeur de revenir sur elle-même, elle se trouve représentée par une espèce de corde qui n'est autre chose qu'un trajet fistuleux ouvert à la peau, et qui se termine dans Pintérieur de l'organe ; le nombre de ces trajets est subordonné au nombre des masses ramollies. Les trajets fistuleux persistent jusqu'à ce que Ja matière tuberculeuse soit complétement éliminée, souvent même la cicatrisation ne s'opère que quand la tunique albuginée ne contient plus rien, ni tubercule ni tube séminifère. Une légère dépression, au niveau de laquelle la cicatrice adhère au testicule, indique le point ou se trouvait la fistule.

La succession de ces phénomènes est plus ou moins rapide, quelquefois la maladie se termine en lPespace de trois mois, d’autres fois elle se pralonge pendant plusiesrs aunces, En général, lorsqu'il ne se développe

TUBERCLLES DU TESTICULE. 561 qu'un seul tubercule, la guérison ne se fait pas longtemps attendre; lorsqu'il existe au contraire un grand nombre de masses tuberculeuses la maledie dure indéfiniment, surtout si ces masses ne se ramollissent qu'à d'assez longs intervalles.

Étiologie. — C'est surtout à l'époque de la puberté et dans les premières années qui la suivent, que l’on voit apparaître les tubercules du testicule , ilest rare de les rencontrer chez de jeunes enfants. On à cru que l’orchite pouvait amener la formation de tubercules dans le testicule, mais il est probable qu'ici on a pris l'effet pour la cause. Tout ce qu'il est permis d'accepter, c'est que l’urétbrite, qui détermine si souvent lorchite blennorhagique, peut hâter le ramollissement des masses tuberculcuses. |

Cette maladie peut être limitée à un seul testicule, souvent cependant les deux peuvent être envahis. L'appareil sécréteur du sperme peut être seul atteint de tuberculisation, mais la maladie coïncide habituellement avec un affection semblable des autres organes. C’est ainsi que l'on observe des tubercules du canal déférent , de la prostate, des vésicules séminales. Les tubercules dans les poumons, dans les ganglions mésentériques, dans les vertèbres, dans l'extrémité spongieuse des os au niveau des articulations, sont très fréquens.

Diagnostie. — L'affection tuberculeuse du testicule peut être confondue avec l’orchite chronique, le testicule syphilitique, le cancer. Nous avons exposé plus haut le diagnostic du testicule syphilitique, dans le paragraphe suivant nous comparerons les tumeurs tuberculeuses avec

les tumeurs cancéreusces. Jl nous reste donc à dire quelques mots de l'orchite chronique.

La marche de l'orchite chronique est plus rapide que celle de laffection tuberculeuse. Lorsque l’épididyme se prend, c’est la queue qui est affectée la première, tandis que c’est la tête qai se Jaisse envahir la première par les tubercules. Dans l'orchite € ironique, la tumeur est moiss irrégulière, moins volamineuse. D'une manière générale, on peut dire qu’il est souvent fort difficile de distinguer ces deux affections, surtout si la tunique vaginale renferme une certaine quantité de sérosité.

Pronostic. — Cette maladie est fort grave, d’abord comme affection locale, puisque la perte de l'organe sécréteur du sperme est presque constante: ensuite à cause des manifestations tuberculeuses qui se montrent dans les autres organes. Cependant, si ies tubercules étaient limités au testicule, la vie du malade ne serait pas compromise.

Traitement. — Le traitement général des tubercules des testicules est exactement le même que celui qui est indiqué dans toutes les affections de ce genre, séjour, à la campagne, préparaliens amères, 1oniques, régime fortifiant, huile de foie de morue, elc., clc.; des applications

résolutives, de la teinture d’iode, par exemple, pourront être faites sur le scrotum.

Les symptômes inflammatoires seront combattus par les émollients, le repos, la position. Il faudra éviter de recourir aux applications de sangsues. |

S'il existait un épanchement de sérosité dans la tunique vaginale , il serait indiqué de faire une ponction, puis une injection iodée ; par ce moyen, on diminuerait le volume de la tumeur, les douleurs et la gêne seraient moins grandes, et l’injection iodée, ainsi que l’a remarqué M. Velpeau, bien loin d'augmenter le mal, serait plutôt favorable à la résolution.

Lorsque l’abcès sera formé, ou on en attendra l’ouverture ou on plongera un bistouri dans la tumeur, On tiendra béant l’orifice fistuleux jusqu'à ce que toute la matière tuberculeuse soit évacuée. La castration est bien rarement indiquée, elle ne devrait être faite que dans les cas où on ne constate aucun symptôme du côté de la poitrine ou d’un autre organe important, alors qu’il existe des fistules nombreuses très rebelles et dont la Suppuration abondante et longtemps prolongée peut agir d’une manière fâcheuse sur les forces du malade.

$ Æ.— Cancer du testicule,

Le cancer du testicule n’est pas une affection rare, peut-être était-il considéré autrefois comme plus fréquent encore, car on englobait sous une seule et même dénomination, celle de sarcocèle, toutes les tumeurs des testicules dont les progrès de l'anatomie pathologique nous ont fait parfaitement connaître les caractères.

On a trouvé dans le testicule toutes Les variétés de cancer : lesquirrhe, l’encéphaloïde, le mélanique, etc. Le cancer épithélial se développe surtout sur les bourses, et ce n’est que consécutivement qu'il arrive à envahir le testicule. Nous n’examinerons pas ici les caractères anatomiques de ces diverses espèces de cancer, puisque cette production a déjà été étudiée dans nos généralités. Nous nous contenterons de signaler les particularités que Paflection cancéreuse emprunte à son siége: nous insisterons surtout sur le cancer encéphaloïde que l’on a le plus souvent l’occasion d’observer, |

À. Cancer encéphaloide. — Le cancer encéphaloïde débute le plus souvent par la glande elle-même, au milieu des canaux séminifères qui sont d'abord comprimés, mais qui finissent par disparaître peu à peu au fur et à mesure que la tumeur fait des progrès. Tantôt la masse cancéreuse se développe au centre des canaux, tantôt elle est renfermée dans une espèce de kyste autour duquel s’étalent les canaux comprimés ;

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