I. — Jnflammation du cordon spermatique
L’inflammation spontanée du cordon est fort rage, on l’observe quelquefois après les opérations que l’on pratique sur le cordon ou à la suite de violences extérieures.
Cette affection détermine quelquefois un gonflement considéra-ble, il en résulte une véritable tumeur qui peut donner lieu à des erreurs de diagnostic, d'autant plus qu’elle détermine des symptômes d’étranglement. Cette remarque n’avait pas échappé à Arnaud le père, à Bertrandi. Le premier, après la castration, divisait l’anneau inguinal ; le second dit, qu'après l’ablation du testicule, le cordon se gonfle quelquefois comme s’il était étranglé par l'anneau, de là des douleurs vives auxquelles on ne peut remédier autrement qu’en dilatant un peu l’anneau (2), mais il blâme l’incision de l'anneau qu'il regarde comme très dangereuse.
L’inflammation du cordon sera combatiue par les émolliens et au besoin par les antiphlogistiques. S’il existait des symptômes d’étranglement, il faudrait enlever la cause de ces accidens, soit en débridant l’anneau inguinal, soit en enlevant la ligature que, à la suite de la castration, on aurait appliquée sur le canal déférent.
If, — Abces du cordon spermatique.
Les abcès du cordon sont excessivement rares, J.-L. Petit (3) rapporte un exemple d’abcès phlegmoneux qu'il a observé chez un homme qui était affecté d’une maladie du testicule exigeant la castration. Des sai-
(4) A. Jamain, Thôse citée, p. 423.
(2) Bertrandi, Traité des opérations, p. 209, in-8. Paris, 1769, (3} 3. L. Petit, loc. cit., t. IE p. 509, Ÿs 21
55h AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME. gnées, des cataplasmes, calmèrent les accidens, et une incision permit au pus de s’écouler au dehors. En peu de jours, toute cette partie et le cordon lui-même furent dégonflés et amollis.
Les abcès du cordon qui surviennent à la suite de la castration et de ja ligature du cordon ne sont pas très rares; nous n’avons pas à nous y arrêter ici, car ils ne sont qu’une des conséquences de l'opération.
Vidal (4) rapporte un cas d’abcès strumeux qu’il a observé à l'hôpital des Vénériens ; on sentait dans les bourses une tumeur très dure, allongée dans la direction du conduit spermatique, s’engageant dans le canal insuipal et s’arrêtant brusquement en bas avant d’atteindre le testicule ; les élémens des cordons spermatiques ne pouvaient être distingués ; la tumeur présentait deux saillies plus prononcées où il était facile de sentir la fluctuation. Deux incisions furent faites et elles donnèrent issue à du pus mal lié. La marche de cette affection fut très lente, ce n'est que plus de deux mois après que toute trace à disparu.
L’hydrocèle du cordon spermatique est moins fréquente que celle de la tunique vaginale ; on en compte quatre variétés principales : 4° l’Aydrocèle par infiltration ; 2 V'hydrocèle communiquant avec le péritoine ; 3° l’Aydrocèle communiquant avec la tunique vaginale ; &° Vhydrocèle enhystée.
I — Hydrocèle diffuse du cordon spermatique.
Cette affection, signalée déjà par Garengeot, Monro, Scarpa, etc., à été surtout décrite par M. Malgaigne (2) dont le travail nous a été d’un grand secours pour la rédaction de cet article.
Anatomie pathologique. — Scarpa à disséqué plusieurs hydrocèles de ce genre, qu’il a décrites et fait dessiner avec soin. Au-dessous de l'enveloppe fournie par le crémaster, le scalpel rencontre la gaîne du cordon tuméfite, et assez semblable à un sac hernjaire. Cette gaine ouverte, on voit sortir une sérosité abondante contenue dans les cellules dilatées ; et ce n’est qu'après avoir vidé ces cellules que l’on aperçoit au fond et en arrière les vaisseaux spermatiques, masqués auparavant par l’œdème. Les cellules remplies par le liquide sont quelquefois assez dilatées pour admettre le bout du doigt; et quand la tumeur est de vieille date et d’un gros volume, les cellules de la partie inférieure finissent par s’érailler, se confondre et former une cavité unique, où la
(1) Vidal, Trailé de pathologie externe, 4° édit., t. V, p. 160. (2) Malgaigne, Des tumeurs du cordon spermatique. Thèse. Concours de clinique chirurgicale, 1848, p. 19.
sérosité accumulée permet de sentir la fluctuation, et d’où la ponction peut faire sortir un véritable jet de liquide. La sérosité de l’hydrocèle diffus est d'ordinaire claire et limpide, quelquefois jaunâtre, verdâtre, albumineuse, rarement d’une consistance gélatineuse.
Symptomatologie. — Le cordon est engorgé, il prend une forme cylindroïde, puis se renfle à sa partie inférieure. La tumeur reste quelquefois au-dessous de l’anneau inguinal externe, mais le plus souvent remonte jusqu’à l’anneau abdominal et même dans la fosse iliaque ;-inférieurement, elle s'arrête au bord supérieur du testicule dont elle est séparée par un sillon sur la face antérieure et externe du scrotum ; le testicule est libre au-dessous, à moins de complication du côté de cet organe ou de la tunique vaginale. La tumeur est à peu près indolente à la pression et ne cause de gêne que par son poids et le tiraillement qu'elle détermine; elle cède sous le doigt comme un corps morlasse et spongieux, ou donne la sensation d’une rénitence pâteuse comme l’épiplocèle. Par une compression prolongée, on peut quelquefois refouler le liquide vers le ventre; mais la tumeur ne tarde pas à reparaître, Enfin, lorsqu'elle a pris un grand accroissement, on sent, à sa partie la plus tuférieure, une véritable fluctuation, et alors la tumeur change de forme selon l'attitude du sujet : plus allongée et plus large en bas, quand il est debout; diminuant quand il est couché, et se rapprochant davantage de la forme cylindrique.
Cette affection reste souvent stationnaire, quelquefois cependant la tumeur peut prendre des dimensions énormes. Chez un malade observé par Pott et par Sharp, on fit une petite incision qui donna issue à onze chopines de liquide sans que le cordon fût revenu à ses dimensions normales. Un mois après la tumeur avait repris son volume primitif; le malade finit par succomber à l’épuisement.
Étiologie. — Elle est fort obscure. Monro attribue cette affection à la compression des veines spermatiques, ou à un obsiacle quelconque au retour du sang par ces vaisseaux. Les sujets affectés d’anasarque, d’ascite, de queique tumeur dans le bas-ventre, y sont sujets, selon lui, de même que ceux qui portent une hernie. Dans toutes les autres observations que j'ai pu réunir, dit M. Malgaigne, l’hydrocèle était survenue sans cause connue ; et il n’est pas sans intérêt peut-être de noter que le sujet le plus jeune était âgé de vingt ans : tous les autres avaient de trente à cinquante-cinq ans, et même davantage.
Diagnostic. — Il est assez facile quand ja partie inférieure du cordon est seule envahie, et quand sa partie supérieure se laisse effiler entre les doigts sans rien offrir qui simule un pédicule herniaire. Mais lorsque la tumeur se prolonge dans le canal inguinal, elle peut être confondue avec une épiplocèle. Scarpa, croyant avoir reconnu sur des cadavres
une petite hernie épiploïque, fut tout étonné de ne trouver, au lieu d'une hernie, qu’un liquide gélatineux infiltré dans le cordon spermatique. Déjà Pott avait rapporté un cas dans lequel il s'était également mépris, et où l’erreur ne fut reconnue qu’à l’autopsie.
Pronostic. — 1 est peu grave. Il faut remarquer cependant que cette affection ne disparaît pas spontanément et qu’il faut de toute nécessité recourir à une opération.
Traitement. — Les remèdes internes, les résolutifs appliqués sur la tumeur, sont tout à fait impuissans contre cette affection. Deux méthodes principales ont été dirigées contre elle, ce sont :
1° Le séton. Il à été conseillé par Bertrandi, qui dit en avoir obtenu des succès. M. Velpeau a plusieurs fois traversé la tumeur dans toute sa longueur avec un simple fil, mais il se forma des abcès qu'il fallut ouvrir largement. Cette méthode doit être abandonnée.
2° L'incision est la méthode à laquelle on doit donner la préférence ; elle n’expose à aucun danger, surtout lorsque la tumeur n’est pas trop voluminense et que la santé du malade n’est pas altérée.