HYDROCÈLE CONGÉNITALE
3° La rétraction du crémaster et du dartos est quelquefois plus considérable et plus rapide que celle de la peau, et il s'opère un décollement analogue au précédent, Il peut encore se faire que la rétraction de tout le scrotum fasse sortir la canule de la cavité séreuse. Quelques auteurs ont donné le conseil de pincer légèrement la peau du scrotum pour le maintenir contre la canule, afin d'empêcher que ce tube ne sorte de la tunique vaginale ; mais en agissant ainsi on s'expose au contraire à faire Ce qu'on veut éviter; car, à mesure que le liquide s'écoule, les parois tendent à revenir sur elles-mêmes, mouvement qui est favorisé par la rétraction du crémaster. Si l’on retient la peau en la serrant contre la canule, les couches sous-jacentes seules suivent ce mouvement de retrait et s’écartent de la peau maintenue par les doigts du chirurgien: la canule reste immobile, mais Ja tunique dartoïde et la paroi de {a tunique vaginale se rapprochent graduellement de son extrémité pendant l'écoulement du liquide et peuvent finir par la dépasser, L’orifice profond de linstrument se trouve alors en dehors de la tunique vaginale ; le liquide cesse de couler, et, lorsqu'on pousse l'injection, on la fait pénétrer entre les enveloppes testiculaires.
Ainsi donc, une fois que le chirurgien a fait pénétrer la canule dans le liquide, il doit se borner simplement à maintenir la canule dans la position qu’il juge convenable pour l'écoulement du liquide.
h° Enfin, le liquide de l'injection peut passer entre la canule et les lèvres de la plaie et s’infitrer entre les parois. Aussi faut-il avoir soin de le faire pénétrer lentement et de ne pas le pousser brusquement. Il vaut mieux pousser l'injection soi-même que de la faire pousser par un aide; on apprécie mieux le degré de résistance à Ja pénétration du liquide et on s'arrête en temps utile,
M. Gosselin a formulé quelques précautions qui, sans être indispensables, peuvent donner encore plus de sécurité : avant de faire l'injection irritante, il injecte un peu d’eau afin de voir si elle sort librement par la canule. Lorsque l'introduction du trocart a présenté quelques difficultés, il fait entrer dans la canule, aussitôt qu'il voit le liquide s’écouler, une seconde canule’ plus petite munie d’un curseur en forme de bouchon qui vient fermer la première ; cette seconde canule peut, sans inconvénient, être conduite plus profondément que la première, et elle permet d’être sûr que le liquide sortira de la tunique vaginale quand bien même celle-ci aurait abandonné la première canule.
L'injection du liquide entre la tunique du scrotum détermine la gangrène du tissu cellulaire, et la mortification peut s'étendre à toutes les enveloppes du testicule. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut relativement à cette affection,
ILI, — /lydrocèle congénitale.
L'hydrocèle congénitale diffère sur plusieurs points de l'affection que nous venons d'étudier. Nous nous proposons d'examiner les particularités les plus saillantes de cette variété de l’hydrocèle.
Au lieu d’être enfermé dans une poche close de toute part, le liquide de l’hydrocèle congénitale communique avec le péritoine.
Anatomie pathologique. — L'ouverture de communication entre les deux cavités est ordinairement étroite ; en général elle peut admettre tout au plus une plume de corbeau ou une plume d’oie. Les rapports du testicule et de la cavité ne sont pas toujours les mêmes que dans l’hydrocèle ordinaire. Tantôt le péritoine est déprimé par le liquide et l’on trouve une tumeur qui s'engage au-devant ou en arrière du muscle crémaster, l’hydrocèle se montre seule dans le scrotum au-dessous du testicule encore retenu dans le canal inguinal ; tantôt le testicule descend ie premier et la tumeur se montre au-dessus de l'organe sécréteur du sperme.
Symptomatologie. — La tumeur se présente avec tous les caractères de l’hydrocèle simple, seulement sa limite supérieure n’est pas aussi nettement accusée ; une pression douce fait passer le liquide dans la cavité abdominale; la tumeur est plus volumineuse le soir que le matin au moment du lever du malade. La toux, les efforts communiquent à la main une impulsion, un choc plus ou moins appréciable.
Étiologie. — Gette affection se rencontre chez les jeunes enfans, il est rare de la voir se montrer chez des sujets ayant dépassé leur dixième année ; cependant elle peut se développer chez un adulte dans les cas de descente tardive du testicule.
La maladie débute-t-elle par le péritoine, c’est-à-dire est-elle constituée par une accumulation de liquide sécrété dans la cavité abdominale, et qui par le fait de la position déclive vient tomber dans la tunique vaginale ? Se montre-t-elle primitivement dans la tunique vaginale? C'est là une question qu’il est difficile de trancher ; tout porte à croire que l’une et l’autre causes peuvent être invoquées pour expliquer la formation de l’hydrocèle congénitale. Le frottement des bourses, l'irritation de ces enveloppes par le contact des fêces et de l’urine peuvent expliquer l'augmentation de la sécrétion de la tunique vaginale.
Diagnostic. —T est facile de distinguer l’hydrocèle simple de l’'hydrocèle congénitale ; la possibilité de réduire la tumeur en totalité ou en partie ne peut laisser de doute sur la nature de la maladie. On ne confondra pas non plus lhydrocèle congénitale avec une hernie. Dans ces deux affections la tumeur est réductible; mais la transparence qui existe dans l’hydrocèle manque dans la hernie ; de plus, si après avoir