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PLAIES DU PÉNIS

45 décembre, jour du dernier examen, la fistule était complétement oblitérée.

Ii nous importe de faire remarquer ici les conséquences que ce genre de blessure pouvaient avoir pour les fonctions génitales ; nous savons que les corps caveraeux étaient divisés dans la plus grande partie de leur étendue, et que la coaptation avait été très imparfaite, aussi les chirurgiens portèrent-ils d'abord un pronostic défavorable : en effet le 20 juin la moitié gauche du gland et du fourreau de la vergeiétaient insensibles à la piqûre; il n°y avait pas encore eu d’érection, mais simple turgescence par hypostase quand la verge était abandonnée à son propre poids, aussi était-il à craindre que Pacte de copulation ne fût très imparfait ; mais le 30 octobre la sensibilité était revenue sur toute l'étendue da fourreau et du gland, l'enfoncement qui existait au niveau de la section des corps caverneux était comblé, le malade avait eu trois pollutions; enfin le 45 décembre, jour du dernier examen, la fistule était complétement oblitérée, l'urine coulait en un jet continu, magnifique. La piqûre faite avec une épingle était sentie dans toute l’étendue du gland et de la verge ; la cicatrice était à peine appréciable. Le malade avait eu encore deux pollutions ; il raconta avec une satisfaction marquée qu’il avait eu avec sa femme les rapports sexuels les plus complets.

Les plaies par armes à feu du pénis méritent de nous arrêter un instant. Les unes intéressent seulement le pénis, c’est-à-dire les corps caverneux et l’urèthre, et même l’un de ces deux organes; les autres sont compliquées de la lésion des parties molles circonvoisines : c’est ainsi que l’on à vu des projectiles pénétrer par la fesse, retrouvés sous le gland, cachés sous la peau après avoir cotoyé la branche ascendante du pubis; mais nous n'avons pas à insister sur ce point; ces plaies n’offrent aucune autre particularité digne d’être notée ici; bornons-nous à signaler celles qui intéressent les parties constituantes de la verge.

La blessure des corps caverneux par les balles n’est pas, en général, suivie d'hémorrhagie grave ; le froissement de l’orifice des vaisseaux et l'espèce d’eschare qui recouvre la solution de continuité s'opposent presque toujours à l'écoulement du sang. Un des accidens de cette espèce de plaie est la rétention d'urine; on l’observe même lorsque. l'urêthre est intact : dans ce cas, elle est déterminée par la pression exercée, sur l’urèthre, par les ussus gonflés, engorgés ; mais lorsque ce canal à été divisé complétement, la rétraction du bout inférieur, jointe à la cause que nous venons de signaler, détermine une rétention d'urine des plus graves. Nous nous sommes d’ailleurs expliqué sur ce point en décrivant les plaies par instrumens tranchans.

Des pansemens simples, des antiphlogistiques, suffisent dans la plupart des cas pour amener la guérison, qui, en général, est assez

rapide; mais après la guérison, si le projectile n’a déchiré qu’un des corps caverneux, il reste une déformation du pénis extrêmement curieuse. Le pénis, au moment des érections, décrit une courbe latérale en rapport avec l’étendue de Ja perte de substance et la dépression de la cicatrice ; car le défaut de parallélisme et d'harmonie entre les deux corps caverneux entraîne la verge du côté qui, par le fait de la lésion, se trouve privée de son élasticité; d’ailleurs, l’érection est très imparfaite et même nulle dans le corps caverneux qui a été intéressé. Cette infirmité peut rendre le coït impossible, par suite de la direction vicieuse de la verge; dans tous les ess, it est äifficile et parfois très douloureux. On conçoit qu’an état semblable est fort grave, et qu'il est difficile de l'améliorer. Cependant Baudens (1) a pu faire disparaître Ja déviation de la verge à l'aide du-moyen suivant : il fit deux incisions profondes, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la cicatrice, et sur le corps caverneux opposé, De la charpie fut placée au fond de ces plaies, afin de les faire suppurer, et il obtint ainsi deux cicatrices déprimées et adhérentes, qui privèrent le côté sain de la verge d’une partie de son élasticité; si bien que la courbe que décrivait le pénis pendant l’érection fut presque complétement effacée. Cette opération serait-elle applicable à tous les cas ?

Si la verge avait été complétement coupée par le projectile, quelle devrait être là conduite du chirurgien ? 11 cherchera d’abord à rendre libre la sortie de l'urine, puis il attendra la chute des parties lésées, car il ne devra rien enlever de ce qui vit encore.

IE. — Contusions du pénis.

Les simples contusions et les plaies contuses du pénis sont le plus souvent suivies d’une ecchymose qui s'étend au loin entre les mailles très Tâches du tissu cellulaire qui double le fourreau de la verge. Si la lésion a provoqué la rupture d’une veine sous-cutanée, de la veine dorsale de la verge, ainsi que M. Dufour en a rapporté un exemple (2), l'infiltration sanguine est extrêmement rapide ; le pénis prend une teinte violet foncé, et même noire, qui peut faire croire à la gangrène. Lorsque, au contraire, le tissu érectile qui constitue les corps caverneux est intéressé, le sang S’épanche au pourtour de la plaie de la membrane fibreuse, forme un sac aux dépens du tissu cellulaire, et constitue une tumeur hématique qui offre quelques-uns des caractères des tumeurs anévrysmales; elle est molle, fluctuante; à chaque érection elle se laisse distendre par le sang.

(4) Baudens, Clinique des plaies d'armes à feu, p. 408, in-8. Paris, 1836, (2) Gazelle médicale, 1834, 26 avril,

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