‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 87 sur 205 · AMPUTATION DU PÉNIS · texte numérisé non relu

AMPUTATION DU PÉNIS

la plaie. On sait combien est lâche le tissu cellulaire qui sépare la peau de la verge des corps caverneux ; il est donc à craindre, si on tire les tégumens en arrière, d’avoir un lambeau beaucoup trop long ; par contre, si on attirait le fourreau en avant, ou risquerait de ne pas avoir une quantité suffisante de peau pour recouvrir le moignon. Le meilleur moyen pour conserver la quantité de peau nécessaire, est le suivant : Le chirurgien saisit la verge de la main gauche, attire légèrement la peau pendant qu'un aide tire les tégumens vers la racine de l'organe ; lorsque tout est bien disposé, d’un seul coup il coupe la verge, en commençant par sa face dorsale. Cette section se fait d’un seul coup; il n’y aurait de difficulté que dans le cas d’ossification de l'artère dorsale de la verge ou de la cloison des corps caverneux. M. Velpeau mn, nous l'avons dit, s’est refusé à pratiquer l’amputation du pénis chez un sujet dont le pubis envoyait un prolongement osseux, long de 45 lignes, dans le côté gauche de la verge. Aussitôt après l'opération, on procédera à la ligature ou à la torsion des artères dorsales de la verge et caverneuses; elles sont en général très faciles à trouver; le sang veineux fourni par le tissu érectüle s’arrête spontanément.

2° Il est quelquefois difficile de trouver l'orifice de l’urèthre immédiatement après l'opération, Aussi M. Barthélemy a-t-il conseillé d’introduire préalablement une sonde dans la vessie et de faire la section sur la sonde. Cette méthode a été employée avec succès; quelques chirurgiens ont paru craindre qu'après la section de la sonde, le fragment vésical ne fût entraîné jusque dans le réservoir de l'urine,

3° Avant de procéder au pansement il faut avoir soin d'introduire une sonde dans l’urèthre, afin d'empêcher le rapprochement des deux lèvres de ce canal. Il n’est pas rare, en effet, de voir un rétrécissement notable du nouvel orifice uréthral, même lorsque l’on introduit une sonde, et à plus forte raison lorsqu'on a abandonné les parties à ellesmêmes; d’ailleurs la sonde conduit l'urine loin de la plaie et empêche ce liquide d’irriter la solution de continuité. Afin de prévenir le rétrécissement ultérieur de l’urèthre, on a conseillé de faire la section de l’urèthre un peu en avant de celle des corps caverneux et de réunir par la suture la membrane muqueuse uréthrale à la peau du pénis.

L'amputation de la verge guérit en général assez bien ; on a observé cependant quelques cas d'infection purulente. Il n’est pas très rare de voir les opérés pris d’une mélancolie profonde, et même succomber, soit pendant le travail de la cicatrisation, soit après Ja guérison complète.

(1) Velpeau, Méd. opératoire, t, IV, p, 337.

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