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DÉVIATIONS UTÉRINES

qu’elle se trouvait comme avant son accident, et cependant la maladie datait de cinq ans.

Nous repoussons l’amputation du col hypertrophié, récemment conseillée par M. Huguier.

B.— Déviations utérines.

Que doit-on entendre par déviation utérine ? Il y a déviation toutes les fois que l'axe de l'utérus ne correspond plus à l'axe du détroit supérieur du bassin. Les déviations constituent-elles des états pathologiques ? Il est certain que chez un nombre extrémement considérable de malades, les déviations passent complétement inaperçues, et que c'est seulement lorsqu'il existe quelques troubles du côté de l'utérus que l'on constate des déviations; on ne manque pas alors d'attribuer à la déviation elle-même les inflammations chroniques, les engorgemens auxquels on est appelé à remédier: mais d’autres praticiens Ont vu la question sous un sens tout à fait opposé, iis ont pensé que la phlegmasie et l’engorgement avaient eu pour résultat de dévier l'utérus de sa direction normale.

. Si l’on étudie les rapports de l'utérus avec les organes contenus dans la cavité du petit bassin, et si l’on se rend bien compte de l’état de fixité de cet organe, on verra que, dans un grand nombre de circonstances, des déplacemens qui ont été considérés comme des états pathologiques ne sont souvent autre chose que des conséquences purement physiologiques, et par conséquent ne sauraient Conserver le nom de maladie.

Examinons rapidement les moyens de fixité de l'utérus. Le corps de l'utérus est soutenu par plusieurs ligamens : deux ligamens ronds s’insèrent sur la partie antérieure et supérieure du bord iatéral de l’utérus et en grande partie à l’épine du pubis ; deux autres ligamens partent des bords latéraux et vont se perdre sur la partie postérieure et latérale de la vessie, et sont deux simples replis du péritoine séparés par du tissu cellulaire: ils forment les ligamens utéro-vésicaux ; un dernier ligament antérieur a été signalé par M. Lala (1), il s'étend de la face antérieure et inférieure du corps de l’utérus à la face postérieure de la vesêie. En arrière on trouve seulement deux ligamens, ce sont deux replis du péritoine qui partent des bords latéraux de l'utérus, enveloppent les ligamens des ovaires et des trompes et vont se perdre sur les bords du bassin, vers les symphyses sacro-iliaques. Enfin il nous reste à signaler deux ligamens latéraux qui s’insèrent entre les ligamens antérieurs et postérieurs et sur les parties latérales du bassin, leur bord

(4) Lala, Essai sur les déplacemens de l'utérus, Thèse, Paris, 1857, n° 255.

148 AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. inférieur se confondant avec la face supérieure du périnée. Tous ces ligamens, à l’exception des ligamens ronds, sont de simples feuillets séreux qui n opposent qu’une résistance bien faible aux diverses causes de déplacement. Les ligamens ronds ont-ils une action plus puissante. Chez les enfans nouveau-nés et chez les femmes multipares, les ligamens ronds offrent une longueur relativement très considérable : chez les premiers, à cause du peu de développement du bassin; chez les secondes, à cause du tiraillement que ces ligamens ont dû éprouver par suite du développement de l'utérus pendant la grossesse, Chez les jeunes filles pubères et chez les femmes nullipares, au contraire, les ligamens ronds, quoique beaucoup plus courts, sont encore assez lâches cependant pour se prêter à des déviations.

Le col utérin, au contraire, se trouve solidement fixé, surtout par les ligamens utéro-sacrés inférieurs constitués par un tissu, dense, résistant, embrassant le col utérin au niveau de l'insertion du vagin et enveloppés par le péritoine. 11 résulte de cette disposition que le corps de l'utérus est extrêmement mobile sur le col. Si à cela on ajoute l’affaiblissement considérable des ligamens ronds que l’on observe chez certains sujets, on ne sera pas surpris de voir formuler lopinien suivante : « Sur le vivant, et même chez des femmes très jeunes, j'ai rencontré de ces utérus mobiles sur leur axe de suspension et suivant avec la plus grande facilité les positions imprimées au corps de la malade, espèces de balances folles, pour ainsi dire, que le moindre mouvement fait osciller et quitter leur centre de gravité (4). » Si donc il est bien constaté que le corps de l'utérus est susceptible de se déplacer par suite des mouvemens seulement, on comprendra plus facilement encore la fréquence extrême des déviations, si l'on tient compte des causes nombreuses qui peuvent modifier la position du corps de la matrice. La vessie est-elle remplie de liquide, elle vient appuyer sur la face antérieure du corps de l’utérus et repousse cet organe vers le sacrum, il y a une rétroversion ; les ligamens vésico-utérins ne peuvent soutenir l'utérus, puisque la face postérieure de la vessie se trouve elle-même repoussée en arrière. Le rectum est-il distendu par des matières ou par des gaz, et l’on sait combien la constipation est fréquente chez la femme, le corps de l'utérus sera repoussé en avant, il y aura antéversion. Ces deux états pourront se présenter à des intervalles extrêmement rapprochés chez la même personne, suivant que le réservoir de l'urine ou des fèces sera distendu. Est-il besoin d'ajouter que les mouvemens se font autour d’un axe qui se trouverait au piveau de l'insertion du col avec le corps, et que, par conséquent, le museau de tanche exécutera des mouvemens en sens inverse du fond de l'utérus.

(1) Aran, Leçons cliniques sur les maladies de l'utérus, p. 30. Paris, 1858,

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