DE L'ÉRYSIPÈLE TRAUMATIQUE
On done lé noi d’érysipèle triumatique à Celui quise développé à l'occâsioh ét comme complication d’üne plaie, Cette variété présenté la plus gratidé änalogié avec l'érvsipèlé spontané: aussi n’aurai-je que fort peu dé chose à en dire ; attendu que son histoire $e trotive impliciteméit comprise dans celle de cétte dernière affection, qui à été décrite avec tous les détails nécessaires par mon collaborateur (Voy. Pathologie médicale; Nosogruphie organique, chap. IV; àfticle tit). C’est dans cet article que l’on trouve un exposé complet de tout cé qui à rapport à la nosologie ; à l’étiologie et à la thérapetitique de cette maladie ; je me bornerai à faire quelques remaïques teñdant à faire ressortir ce que présente de spécial l’érysipèle traumatique.
Les plaies contuses sont celles à la stite desquelles on observe le plus souvent cétte complicatioh. Gëlles de la face, du cuir chévelu, des oreilles, y donnent lieu très fréquemment, Bien que plus rarement observée à la Suite des plaies produites par dés instrumens tranéhähs, cetté affection s’observe eñcore assez fréquemmiënt dans cêtté circonstance. Ainsi rién n’est plus commitn que de voir, surtout datis les hôpitäüx , un érysipèle se développer à la suite de Certaines opérations , telles que lextirpation des tumeurs , les amputations, ét. Parmi 16$ Eauses qui ont lé plus d’inflüence sur sa production, il faut encore noter l'absence d’un pansément méthodique, où Papplication sur les lèvres de la plaie de substances irritantes. Cette cause paraît surtout agir sur les femmes dônt li peau est très fine. Combien de fois n’avons-nous pas vu les bandeléttes de diachylon, appliquées sur les lèvres d’une plaié pour les réuñir après une amiputation de là mamelle , développer un érysipèle qui ne tardait pas à couvrir une grande étendue de la poitrine !
Coïütne l’érysipèle spontané, l'érysipèle traumätique est ordinairément précédé de symptômes fébriles ; cependant cela n’est pas constant : le malade, qui semblait marcher régtilièrement vers la guérison , éprouve tout-à-coûp un frisson, qui tantôt dure à peine quelques instans , tantôt se prolonge pendant une demi-heure où même plus. On est alors fort embarrassé, car on né sait si ce frisson doit être considéré comme l'avant-coûreur d’uñ érysipèle ou d’une infection puruleñte. Au frisson succède de là chaleür, de la céphalalgie, une accélération notable du pouls, qui donne rarement moins de 110 pulsations par minute;"enfin l'érysipèle se montre et vient faire cesser les doutes. D’après les recherches statistiques de M. Fenger (!), recherches qui sont basées sur lob-
(4) De erysipelate ambulanti disquisitio, quam ad summos in medicinà rite
PHLEGMASIES. 94 servation de 247 cas d'érysipèles ambulañs , traimatiques et Spôntahés, il résulte que ces symptômes fébriles ont une durée moindre däns l'érypèle traumatique que dans l'érysipèlé spontané ; jamais il ne les à vus persister pendant plus de trois jours.
Cet érysipèle se développe ordinairement sur lé bord des lèvres de la solution de continuité ; le inalade ressent des douleurs assez vives d4hs cette partie ; la surface de la plaie, qui, jusqu’à ce momeñit, avait four unë suüppuration de bonne nattre, devient brûlatiteet sèche; ellé ne sécrète plus qu'un liquide elair et aqueux. Si les lèvres dé la plaie sôht déjà agglutinées ét réunies par üne cicatrice immédiate, qui n'a pas eh= core acquis une grande solidité ; on voit peu à peu cétte cicatrice se détruiré, les läinbeaux s’écarter , et laisser à nu une surface suppurante blafarde. Get accident s’observe souvent dans le$ amputations ; c’est lüi qui très souvent vient compromettre le succès de ces opérations qui exi: gent une réunion immédiate, telles que le bec-de-lièvre ; les restaurations qui s’obtiennient à l’aide de l’autoplastie ; etc.
Le traitethent doit d’abotd consistér à prévenir le début de l'érysipèlé, et pour cela on aura soin d'appliquer sur la plaie un pansement convenable. Dans les dernières années de sa vie , Sanson avait presque comiplétement renoncé à appliquer des bandelettes de diachylon pour réuñif les lèvres des plaies chez les femmes jeunes, et dont là peau était fine.
Dans ces derniers temps, M. le professeur Velpeau a fait des recherches thérapeutiques sur l’érysipèle : il dit avoir employé sans succès là compression, les vésicatoires volans, ’azotate d'argent, le fer rouge, longuent napolitain, le précipité blanc, les acides chlorhydrique, sulfurique , taftrique ; l’azotate acide de mercure ; le camphre avec les motchètures; il donne la préférence aux lotions faites sut la partie affectée d’érvsipèle avec une forte solution de sulfate de fer (30 grammes de sulfate de fer pour uñ litre d’eau) ; ou aux onctions avec la même préparation ferrügineuse incorporée à l’axonge (8 grammes de sulfate de fer pour 30 grantmes d’axonge). Il faut remarquer que l’érysipèle traumatique étant une maladie provoquée par une cause locale, semble mieux se prêter à ka médication répercussive que l’érysipèle spontané.
Je dois à l’obligeance de M. le professeur Blandin la note suivante, dans laquelle se trouvent formulées les idées qu'il professe depuis plusieurs années sur cette affection.
«L'érysipèle est à la fois une inflammation de la peau et des vaisseaux lymphatiques de la partie a 50
obtirnendos,; publico erüditorum examini submittet C. E. Fénger, fic: med: et chirurgus secundarius nosocomit regii Fredericiant {Hafniæ , 1542). Cette thèse est traduite dans l'£æpérience, 6° année, nes 280, 281, 282.)
» Ces deux élémens se trouvent nécessairement réunis dans cette maladie. La rougeur de la peau sans l’angioleucite correspondante constitue un érythème ; la rougeur produite par l’insolation est une simple cutite et non un érysipèle.
» L’érysipèle traumatique est remarquable par la prédominance de l'élément lymphatique qui le caractérise ; c’est l'inverse pour l’érysipèle non traumatique. |
» L’inflammation érysipélateuse commence par les vaisseaux lymphatiques de la peau et du tissu sous-cutané ; la rubéfaction cutanée est consécutive seulement : aussi l’érysipèle débute-t-il localement par une tuméfaction des ganglions lymphatiques dans lesquels se rendent les vaisseaux lymphatiques de la partie qui sera rouge un peu plus tard , et généralement par un malaise particulier analogue à celui qu’on observe au début des inflammations vasculaires.
» C’est par l’angioleucite que l’érysipèle est grave. S’il ne se termine pas promptement par résolution , il s’accompagnera de symptômes tvphoïdes analogues à ceux qu’on voit apparaître dans les inflammations vasculaires. |
» C'est en suivant les réseaux lymphatiques de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané que l’érysipèle s'étend. |
» L’érysipèle est essentiellement voyageur , parce que c’est le propre des inflammations vasculaires de s'étendre, et qu’il v a dans cette maladie affection vasculaire.
» Sa propagation est le plus souvent centripète , parce que telle est la marche ordinaire de l’angioleucite.
» Au début, l'érysipèle peut être attaqué avec avantage par des applications de sangsues faites sur les ganglions lymphatiques engorgés.
» Les antiphlogistiques, appliqués sur les ganglions, sont adressés à l’élément le plus important, à la tête, pour ainsi dire, des inflammations ; ils peuvent lui barrer le passage en quelque sorte.
» Les sangsues sur là surface rouge de la peau ne sont adressées qu’à la rougeur cutanée, c’est-à-dire à l’élément le moins important de la maladie, »
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