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DE LA GANGRÈNE PRODUITE PAR L’INFLAMMATION

Je ne parlerai dans cet article que de la gangrène produite par une inflammation simple, de celle que l’on désigne dans tous les traités dogmatiques sous le titre de gangrène par excès d'inflammation.

Nous avons dit que plusieurs circonstances favorisent la terminaison d’une phlegmaie par gangrène (chap. IV, art. 1, pag. 240). Nous ne reviendrons pas sur ce sujet.

Lorsque cette fâcheuse terminaison se prépare , voici ce que l’on observe : le malade, qui éprouvait les douleurs les plus vives dans la partie enflammée, ressent un soulagement marqué. Si la phlegmasie occupe un membre, on voit la partie perdre sa rénitence, devenir pâteuse, mollasse ; elle se couvre de phlyctènes ou de bulles remplies de sérosité sanguinolente, disséminées sur un fond violacé. Ces bulles se déchirent, et dans le lieu qu’elles occupaient on trouve la partie convertie en escarres. Celles-ci s’agrandissent rapidement, se réunissent entre elles , occupent une surface assez étendue ; mais il est assez rare que la mortification s’étende à toute la profondeur du membre. |

La rémission que nous avons signalée dans les symptômes locaux coïncide avec une améhoralion apparente dans lCtat général du malade, Celui-ci accuse un état de bien-être qui pourrait faire prendre le change à un praticien non prévenu ; mais on ne se laissera pas tromper, en re-

GANGRÈNES. 255 marquant que l’excitation fébrile a seulement été remplacée par une faiblesse, une prostration extrêmes ; le pouls est petit, filforme, facilement dépressible.

La gangrène par excès d’inflammation fait des progrès rapides; quelques jours suffisent pour qu’elle s’étende à tout un membre, et parvienne jusqu’au tronc.

Nous répèterons ici ce que nous disions dans nos considérations générales sur le traitement de la gangrène. La première indication est d’éloïgner la cause, si cela est en notre pouvoir. On pratiquera donc des débridemens convenables pour faire cesser une compression, pour évacuer des liquides épanchés, pour extraire les corps étrangers , etc. Après avoir satisfait à cette première indication , le traitement rentre dans celui du phlegmon jusqu’à ce que la gangrène soit limitée.

Lorsque celle-ci menace de s'étendre jusqu’au tronc, peut-on pratiquer l’amputation avant que le cercle éliminatoire ait posé la limite entre les parties mortes et les parties vivantes? Nous avons déjà répondu à cette question (p. 251). Rappelons seulement ici que Larrey n’hésitait point à opérer dans ces circonstances. Suivant cet auteur, la gangrène qui succède à une violente inflammation, a très peu de tendance à se borner. L’amputation est le seul moyen d'empêcher la mortification de s'étendre jusqu’au tronc. Souvent il a pratiqué l’amputation pour prévenir cette extension du mal, et il a réussi. D’autres chirurgiens militaires ont imité sa conduite , et disent avoir eu souvent l’occasion de s’en applaudir.

ARTICLE IV

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