‹ Élémens de pathologie chirurgicaleChapitre 41 sur 101 · VERRUES · texte numérisé non relu

VERRUES

Les verrues sont de petites excroissances brunâtres qui se forment . dans l'épaisseur de la peau, et viennent faire saillie à sa surface.

Ces excroissances peuvent se montrer sur toutes les parties du Corps, même à la plante des pieds; mais elles siègent le plus souvent à la surface, et surtout sur la région dorsale de la main, Rarement elles

sont solitaires ; on en rencontre ordinairement plusieurs chez le même individu , et, dans ce cas, presque toujours elles occupent la même région , où elles peuvent se montrer en très grand nombre; elles s’élèvent au-dessus des téguments à une hauteur qui varie de un à huit ou dix millimètres ; leur largeur est en général un peu plus considérable ; elles semblent s’étaler, et lorsqu'elles sont très multipliées , elles peuvent se réunir par leur base et donner naissance à de véritables plaques.

keur forme, ainsi que leur structure, permet d’en distinguer deux variétés ; les unes, plus ou moins arrondies , blanches, molles, souvent pédiculées, chagrinées à leur surface, et présentant ordinairement un aspect grenu, analogue à celui d’une mûre, constituent les verrues proprement dites; les autres, aplaties, d’une couleur rouge ou brune, dures au toucher, unies à leur surface, ont été désignées plus particulièrement sous le nom de poireaux. La structure de ces deux espèces d’excroissances est très différente. Les verrues sont constituées à l'extérieur par une enveloppe continue à la peau, dont elle semble ne pas différer, mais qui n’est sensible qu’à la base de la tumeur ; et à l'intérieur par un tissu mou et dépressible dans lequel rampent de petits vaisseaux. Les poireaux sont composés de filamens d'apparence fibreuse , plus ou moins nombreux, et disposés en pinceau assez semblable à la racine chevelue de la plante dont ces excroissances portent le nom.

Les verrues ne sont point contagieuses ; elles ne sont accompagnées d'aucune douleur, et ne peuvent entrainer par elle-mêmes aucun accident. Souvent elles disparaissent spontanément ; mais cette terminaison est un phénomène qui appartient exclusivement aux poireaux. Les verrues une fois développées demeurent indéfiniment stationnaires: leur seul inconvénient alors est de causer une légère difformité lorsqu’elles occupent une partie apparente.

On a employé pour faire disparaître ces excroissances le suc d’un grand nombre de plantes ; celui de la grande chélidoine , du tithymale, et de quelques autres euphorbiacées, a été particulièrement préconisé ; mais ces sucs ont été mis en usage surtout contre les poireaux , dont la guérison spontanée est fréquente, et la coïncidence de leur emploi avec la chute naturelle de ces petites tumeurs a sans doute beaucoup contribué à les mettre en crédit. Les seuls moyens dont l'efficacité soit incontestable sont : la cautérisation , la ligature et l’excision. Pour pratiquer la destruction des verrues à l’aide des caustiques, on applique sur la partie des tégumens qui les supportent un corps gras afin de la protéger, et on touche ensuite l’excroissance avec un pinceau trempé dans l'acide azotique , ou l’azotate acide de mercure. A la suite de cette cautérisation , la tumeur convertie en détritus disparaît, et laisse une

petite plaie qui ne tarde pas à se cicatriser. La ligature n’est applicable qu'aux verrues pédiculées; elle a l'inconvénient de produire des douleurs souvent très vives, c’est pourquoi nous pensons qu'on devra lui préférer le troisième moyen dont il nous reste à parler, lexcision , qu’on pratique à l’aide de ciseaux courbes.

ARTICLE Y

PRODUCTIONS CO RNÉES.

Il se développe quelquefois à la surface de la peau et des membranes muqueuses des excroissances analogues par leur structure aux cornes ou aux ongles, et que l’on désigne sous le nom de productions cornées. Il ne sera question dans ce paragraphe que de celles qui sont implantées sur la peau.

Les annales de la science possèdent beaucoup d'observations relatives à ce sujet. Dans les unes on voit un nombre considérable de ces productions cornées , développées sur presque toute la surface du corps; Ingrassias, Fabrice de Hilden, Saint-George-Ash nous en rapportent des exemples. D'autres fois on ne trouve qu’une ou deux de ces productions. Dans ce dernier cas, on les a vues souvent acquérir un volume considérable. Dumonceau en a observé deux cas : dans l’un, cette excroissance avait neuf pouces de longueur sur trois de large à sa base; dans l’autre, elle avait la même grosseur, mais sa longueur était de onze pouces.

Suivant M. Breschet, lorsqu'elles n’ont encore qu’un petit volume, elles sont enveloppées par une pellicule membraneuse mince : plus tard, cette membrane n’embrasse que la base de la végétation. Elle ne s’enfonce pas en profondeur au-delà du derme.

Ces productions cornées s’observent plus souvent sur les femmes que sur les hommes; elles sont également plus fréquentes dans la vieillesse que dans la jeunesse ; cependant de très jeunes enfants en ont quelquefois présenté. Le sujet observé par Saint-George-Ash , et dont presque tout le corps présentait de ces excroissances, n'avait que treize ans ; CCUX dont Ingrassias et Fabrice de Hilden nous ont conservé l'histoire étaient des jeunes filles.

La tête en est le siége le plus ordinaire ; on en a encore observé assez souvent sur les cuisses; le dos, la poitrine, les bras, les mains , les pieds en ont offert quelques exemples; M. Rigal en a rencontré une à la partie inférieure de la région coccygienne. J’en ai opéré une qui était implantée sur le bord libre de la paupière supérieure. Suivant M. Breschet, les points qui leur donneraient le plus souvent naissance seraient

| AFFECTIONS DE LA PEAU, 389 ceux où les membranes muqueuses se confondent avec le tégument externe. Quelques unes se sont montrées à la surface d’une plaie.

Ces productions cornées, lorsqu'elles sont abandonnées à elles-mêmes, prennent un accroissement continuel, mais extrêmement lent; elles ne déterminent d’autres douleurs que celles qui dépendent du tiraillement des tégumens au niveau de leur point d'implantation; on conçoit cependant que lorsqu'elles sont très nombreuses elles doivent apporter une gène considérable, dépendant de la pression qu’elles exercent sur les parties molles voisines. La jeune fille observée par Fabrice de Hilden ne pouvait se tenir debout, s’asscoir, ni se coucher sur le dos.

La peau qui sert de point d'implantation à la tumeur s’enflamme quelquefois ; elle s’ulcère , la tumeur se détache en partie ou en totalité, et ordinairement alors elle se reproduit de nouveau, D’autres fois l’ulcère qui succède à la chute de la production cornée prend les caractères d’un ulcère cancéreux.

Gerner le point d'implantation à l’aide de deux incisions courbes, de manière à enlever la production cornée avec la portion des tégumens sur laquelle elle repose , tel est le seul traitement qui leur soit applicable. Il faut savoir cependant que l’on a vu quelquefois la plaie qui résultait de cette opération se convertir en un ulcère cancéreux , ainsi que l’a observé Boyer, qui fut obligé de pratiquer une seconde opération également suivie de récidive.

ARTICLE VE

Hl ne sera question dans ce chapitre que de cette affection, à laquelle on à donné les noms de noli me tangere, ulcère chancreux, chancre malin, etc. , et de celle que Percival Pott a si bien décrite sous celui de cancer des ramoneurs, Pour ce qui regarde les tumeurs cutanées formées par la dégénérescence encéphaloïde ou inélanique, je renvoie à l’article Cancer en général, mélanose.

$ Xer. Ulcère chancreux.

Siége. — Les anciens avaient déjà noté que de toutes les régions du corps, la face est celle où l’ulcère chancreux se montre le plus fréquemment, On l'a aussi rencontré sur d’autres parties du corps (aréole mammaire , cuiv chevelu , prépuce) ; mais la remarque des anciens persiste : c'est à la face surtout qu’il se développe, et il attaque avec une espèce

de prédilection le pourtour des ouvertures naturelles.

Quelle est la cause de la fâcheuse affinité que semble avoir pour cette maladie la peau du visage? On en a donné plusieurs explications, dont une seule me paraît devoir être prise en considération : c’est la vitalité de cette partie du système cutané, due à la multitude de nerfs et de vaisseaux qui s’y distribuent. On est d'autant plus porté, en effet, à admettre cette cause, que l’on voit l’ulcère affecter principalement dans tout le reste du corps les parties les plus sensibles, pourvues d’un plus grand nombre de nerfs, et les plus exposées par la nature de leurs fonctions à éprouver des excitations vives, variables, et plus ou moins souvent répétées (mamelles, prépuce, etc.).

SYMPTOMATOLOGIE. — Tantôt il débute par un simple bouton, en forme de verrue, auquel on a donné le nom de sarcome, tubercule malin , ou par une petite tumeur dure, d’un blanc jaunâtre et un peu opaque, à surface lisse, luisante , ne donnant jamais naissance à des poils, et souvent parsemée de lignes rouges , qui résultent de la dilatation des vaisseaux. Sa base est large et sa structure compacte. — Scarpa dit y avoir reconnu l’organisation du squirrhe. Bayle, MM. Ferrus et Breschet, se demandent s’il existe vraiment des squirrhes primitifs de la peau. M. Rayer, au contraire , admet l'opinion de Scarpa, à laquelle nous nous sommes arrêtés. Ce bouton peut conserver longtemps sa bénignité si on ne l'irrite pas. Mais si le malade le conpe en faisant sa barbe, ou bien s’il le gratte, obéissant à la démangeaison vive et incommode qu'il y éprouve, dès lors la verrue devient douloureuse, se tuméfe, s'ouvre, et voilà l’ulcère établi. Le mal s'étend avec plus de rapidité, après avoir détruit entièrement l’excroissance qui a été son point de départ.

Quelquefois l'induration est si peu prononcée, qu’elle passe inapercue, et qu’on pourrait croire alors que le mal a débuté d’emblée par une simple ulcération, qu’entretiennent des causes d'irritation locale, et dont le fond finit par s’indurer, et devient comme squirrheux. Alors on aperçoit une petite croûte sèche, jaunâtre ou noirâtre, qui recouvre une fissure épidermique , dépasse un peu le niveau des tégumens, et semble formée par le desséchement d’une humeur exhalée ce la peau.

Quel que soit son mode d’origine, l’ulcère présente une surface inégale, en quelque sorte raboteuse, irrégulièrement circonscrite par des bords livides, durs et renversés. Quelquefois il prend la forme d’un champignon largement pédiculé. Tantôt elle présente à la loupe des granulations, que Boyer a comparées à celles de la surface interne de la figue; tantôt enfin elle est recouverte d’une croûte sèche, grisâtre, qui se renouvelle autant de fois qu’elle tombe ou qu’on larrache.

IL y a exhalation, non pas de pus de bonne nature, mais d’une

AFFECTIONS DE LA PEAU. 391 sanie ichoreuse, peu abondante, ténue, non fétide, comme l’ichor des cancers des autres tissus.

Cet ulcère saigne facilement quand on le touche. Il est le “siége de douleurs lancinantes ou de simples fourmillemens qui incommodent beaucoup le malade, le portent à se gratter sans cesse, et à accroître ainsi l’irritation déjà existante.

Ces douleurs sont passagères ; mais leurs intervalles sont quelquefois remplis par le sentiment non moins incommode d’une chaleur âcre et brûlante. — Dans certains cas, il y a une indolence parfaite, qui contraste d’une manière surprenante avec les désordres locaux, qui sont quelquefois très étendus.

Ces ulcères reposent souvent sur un fond dur, comme squirrheux. Cependant les tissus qu’intéresse l’ulcération ne paraissent pas malades à plus de deux ou trois millimètres de profondeur.

La peau qui les environne conserve souvent au début son aspect naturel; elle devient plus tard d’un rouge livide.

Une chose bien digne de remarque, c’est que ces ulcères ne s’accompagnent presque jamais de l’engorgement des ganglions lymphatiques voisins. Ce qui n’est pas moins étonnant , c’est l'état d’intégrité parfaite de la santé générale du sujet. Quelles que soient l’étendue de l’ulcère et la violence des douleurs qu’il occasionne, il n’y a pas le moindre Symptôme de réaction fébrile. Un de nos malades , porteur d’un de ces ulcères à la face, ne se plaint que des maux de tête. Le mal, en un mot, paraît tout-à-fait local.

L'ulcère chancreux nous offrirait maintenant à étudier une nouvelle série de symptômes purement physiologiques , en rapport avec les fonctions des organes que comprend l’ulcération. Il serait trop long de les détailler ici, et lon se figure d’ailleurs aisément le hideux spectacle que présente un individu dont la face a subi les atteintes de ce mal ; l’on comprend la gêne apportée à l’exercice de la vision, de l’odorat, du goût, äe la prononciation et aux premiers temps de la déglutition, lorsque les paupières, le nez ou les lèvres ont été détruits par l’ulcération.

L'ulcération suit une marche tantôt lente et tantôt rapide; ce qu’il \ a de constant, c’est qu’elle ne rétrograde jamais. Du reste, après avoir fait quelques progrès, ces ulcères peuvent tont-à-coup s'arrêter et devenir stationnaires pendant plusieurs années , ou même la vie entière, sans déranger la santé de ceux qui les portent.

D’autres fois, l’ulcération exerce rapidement son action corrosive en profondeur comme en largeur ; elle ne détruit pas seulement la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, mais elle gagne les muscles, les cartilages, les os eux-mêmes.

On à dit que ces ulcères, quand ils siègent à la face, n’occupent or-

dinairement qu’un de ses côtés , et semblent respecter la ligne médiane, qu’on ne leur voit franchir que rarement. Cette remarque n’est point juste ; je vois actuellement à Bicêtre, sur deux de nos malades, la preuve manifeste du contraire.

Cette affection peut se terminer par :

1° L'état stationnaire.

2 La guérison, lorsque le mal est pris à temps et traité convenablement.

3° Par la mort, occasionnée par la douleur, la fièvre lente, le marasme., Cela n'arrive que dans les cas très rares où le mal passe à l’état constitutionnel , et détermine la diathèse cancéreuse.

ÉTIOLOGIE. — Un mystère profond couvre le développement de cette maladie. Ce qu’on sait cependant de positif, c’est qu’elle semble à peu près exclusivement dévolue à la dernière partie de la vie. Rarement, en effet, se montre-t-elle avant quarante ans.

Elle sévit sur l’un et l’autre sexe ; mais elle se montre bien plus souvent chez l’homme que chez la femme.

Est-elle transmissible par voie héréditaire ? Cela est fort douteux , si je dois m'en rapporter aux faits que j’ai pu recueillir jusqu'ici.

Presque tous les auteurs ont invoqué l’action isolée ou réunie des vices scrofuleux , scorbutiques, dartreux, vénériens, etc. ; mais rien dans les faits ne justifie cette manière de voir. C’est à une assertion purement hypothétique.

On a cependant de fortes raisons de croire qu’il faut l'intervention d’une prédisposition spéciale de l’économie. Dire en quoi consiste cette prédisposition est chose impossible. Or, c’est en donnant l'éveil à cette prédisposition que les causes externes me paraissent avoir une influence sur le développement de l’ulcère chancreux.

DIAGNOSTIC. — À l’aide des signes que nous avons donnés , il sera toujours facile de le distinguer des ulcères vénériens, scrofuleux, scorbutiques, etc. D'ailleurs sa distinction fût-elle difficile , il suffirait pour d'établir de soumettre de prime abord le malade à un traitement antisyphilitique , antiscorbutique , etc.

Avec le lupus, la méprise serait possible; cependant, en décrivant cette dernière maladie, nous montrerons qu'il est facile d'éviter l’erre ar.

PRONOSTIC. — Abandonnée à elle-même, ou irritée par des causes incessantes d’irritation, comme les cautérisations incomplètes, elle fait des progrès continuels; la douleur devient excessive ; mais le malade peut vivre longtemps dans cet état.

Si l'ulcère est encore petit , récent ; si le sujet est sain , bien nourri,

AFFECTIONS DE LA PEAU. 393 l'ablation des tissus affectés peut faire définitivement table rase du mal. C'est donc à tort qu’on appelle ces ulcère noli me tangere ; la chirurgie, en effet, peut en délivrer ceux qui les portent.

TRAITEMENT, — À. Prophylactique. On peut prévenir le développement des ulcères chancreux , en évitant d’irriter le bouton, qui, simple et bénin d’abord, y donne ensuite lieu sous l'influence d’une irritation. M. Lisfranc conseille aux personnes qui portent sur le nez des boutons permanens , de se moucher avec précaution, de ne pas exercer sur eux de pression et de frottement : Ainsi, dit-il, leur dégénérescence sera probablement évitée. Il ajoute qu’aussitôt que ces sortes de boutons s’ulcèrent, ilfaut toucher la surface dénudée avec l’azotate d’argentfondu, panser simplement ensuite, et suivant l'indication, avec de la charpie imbibée , soit avec le vin aromatique, soit avec l’oxide de sodium à 30 degrés.

Quant aux boutons de mauvaise nature, on doit les enlever avant qu'ils s'ulcèrent. Mais, comme nous l’avons vu, le mal débute avec une apparence de bénignité si insidieuse, que les malades s’y laissent prendre constamment, et ne Viennent réclamer les secours de l’art que lorsque l'ulcère à déjà fait des progrès fort avancés, en sorte qu’il faut en venir au traitement véritablement curatif. l

Curatif. — B. Moyens pharmaceutiques. Nous avons déjà dit que le temps avait fait justice de ces prétendus spécifiques du cancer; nous n’y reviendrons pas.

Les moyens chirurgicaux sont les seuls auxquels on puisse avoir re- Cours ici avec avantage. Les voici :

4° Cautérisation. La timidité des chirurgiens dans le choix et l’application des caustiques, au lieu de guérir le mal, l’exaspère souvent ; mais il est bien reconnu aujourd’hui que les caustiques bien employés triomphent généralement assez bien de ces ulcères. Ils inspirent d’ailleurs moins de répugnance au malade que l’instrument tranchant.

Is ont été employés sous toutes les formes et de toutes les manières. Parmi les préparations qui ont joui d’une grande réputation , nous citerons les pâtes arsenicales (Rousselot), le chlorure de zinc, le nitrate acide de mercure, le nitrate d'argent, la pâte de Vienne, etc.; on a également employé le cautère actuel.

2 L'excision convient bien rarement; elle nécessite l’ablation d’une grande épaisseur de tissus, et laisse une cicatrice difforme.

3° Ablation et cautérisation. Cette méthode mixte consiste à enlever, dans un premier temps, toute l'épaisseur des tissus morbides, et à cautériser dans un deuxième temps. Nous avons agité déjà la question de savoir si, quand on à l'intention de cautériser avec une substance dangereuse , comme Îles préparations arsenicales , par exemple , il con-

vient de les appliquer immédiatement après l’ablation de l’ulcère. Nous renvoyons donc à ce qui a été dit à ce sujet.

L° Topiques qui modifient la surface ulcérée sans la détruire. Dupuytren, le promoteur de cette méthode, ne se servait d'aucune des préparations employées avant lui, leur reprochant à toutes l'inconvénient d'agir comme escarrotiques ou comme caustiques, et d'amener des difformités à la suite de la destruction plus ou moins profonde des tissus. 11 employait des substances qui, suivant lui, agissaient en modifiant les surfaces ulcérées, nullement en les meer et avaient encore l'avantage de causer moins de douleur et de tuméfaction.

Ces préparations sont pulvérulentes ou liquides. Le calomel associé à l'arsenic les compose. Dupuytren, tout en admettant que l’arsenic fait presque tous les frais du traitement, conseillait de ne point les séparer ; il les jugeait nécessaires à l’action de la préparation, sans qu’on püût expliquer comment.

Voici la formule qu’il employait :

Arsenic ou acide asénieux 4

i° Forme pulvérulente. { Calomel 96 Il allait jusqu’à 6 parties d’arsenic.

Arsenic ou acide arsénieux 6

2° Forme liquide. ne we

I] allait jusqu’à 10 parties d’arsenic.

Dans quelques cas où nous l'avons employée, cette préparation a produit une escarre , superficielle à la vérité , et les malades ont parfaitement guéri; la guérison ne s’est point démentie jusqu’à ce jour : nous croyons donc devoir conseiller l'emploi de ce moyen.

$ II. Cancer des ramoneurs.

Le cancer des ramoneurs, que Percival Pott a décrit le premier avec une grande exactitude , est une affection extrêmement rare en France. Il ne paraît pas avant trente ans.

Il débuté à la partie inférieure du scrotum par une exCroissance verruqueuse (poireau de la suie) qui, après avoir été stationnaire pendant plusieurs mois, et même plusieurs années, s’ulcère et exhale une matière. ichoreuse. Comme dans l’ulcère chancreux, la plaie est circonscrite par des bords qui se renversent et acquièrent à la longue une dureté squirrheuse.

Sa marche est essentiellement envahissante. A mesure qu'il fait des progrès, les parties contiguës s’affectent, l’ulcère s'étend au périnée, et, si on ne borne pas ses ravages , il peut envahir la totalité du scrotum.

AFFECTIONS DU TISSU CELLULAIRE. 395 En même temps, il n’est pas rare de le voir attaquer un testicule , ou même tous les deux, et s'étendre aux viscères abdominaux, en suivant le trajet du cordon.

Les glandes inguinales sont assez souvent gonflées et engorgées; mais ce n'est là qu'un engorgement purement symptomatique, qui disparaît après l’ablation des parties malades.

il ne récidive pas après l’extirpation de l’ulcère faite en temps convenable,

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