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ANÉVRISMES DE L'ARTÈRE SOUS-CL AVIÈRE

A. Anévrismes spontanés. Ces anévrisines peuvent occuper tous les points de l'artère sous-clavière. Souvent ils siègent à son origine , quelquefois au-delà et en dehors des muscles scalènes.

Leur étiologie n'offre rien de particulicr. Nous noterons toutefois, en passant, que, soustraite aux mouvemens alternatifs d'extension et de flexion, l'artère sous-clavière est par cela même moins exposée aux anévrismes que lesartères des membhies,

h94 PATHOLOGIE CHIRURGICALE.

Le volume ordinaire des anévrismes de l'artère sous-clavière égale à peu près celui d’un œuf de poule; quelquelois il ne latteint pas, comme aussi il peut s'élever à des dimensions très considérables. Ses efiets sur les organes qui l’avoisinent, os, muscles , artères, veines, etc., sont ceux de tout anévrisme. Nous mentionnerons plus particulièrement ici l’épaississement de la plèvre et ses adhérences avecle sommet du poumon , lequel même a pu remplacer la paroi inférieure d’un anévrisme de la sous-clavière gauche, dans un cas où cette paroi avait été détruite.

Signes. Comme les anévrismes du tronc innominé, ce n’est que lorsqu'ils ont acquis un certain volume que ceux de lartère sous-clavière proéminent à la base du cou, sous la forme d’une tumeur globuleuse ou ovoïde, devenant de moins en moins régulière à mesure qu’elle fait des progrès. Cette tumeur n’occupe pas constamment ke même point de la région. Ainsi, lorsque la maladie affecte l'artère en dehors dès scalènes , elle soulève et efface le creux sus-claviculaire ; si c’est en de= dans de ces muscles, et plus près de la trachée, elle proémine tantôt derrière le muscle stérno-mastoïdien , tantôt même à la région antérieure du cou, au-dessus de la fourchette sternale.

Gette tumeur, dont la base, cachée derrière les os, ne peut être cernée par le toucher, comprime les organes voisins, comme le font les anévrismes de la carotide et du tronc brachio-céphalique, et , comme ces derniers , donne lieu aux mêmes phénomènes. Nous n’y reviendrons pas. Ce qu'il y a de particulier dans la symptomatologie des anévrismes sousclaviers , c’est la douleur, le sentiment de faiblesse et l’œdème que le malade éprouve dans le bras correspondant, mais surtout la diminution et même la cessation du pouls radial du même côté. |

On possède plusieurs cas de guérison spontanée d’anévrismes de la sous-clavière. M. Jules Cloquet , Hodgson , en ont fait connaître chacun un exemple.

TRAITEMENT,— La méthode de Valsalva a procuré plusieurs guérisons (Pelletan, Richerand , cité par M. Velpeau). On pourrait aussi, comme adjuvant de ce traitement, faire usage des applications réfrigérantes.

La ligature de l'artère sous-clavière peut être pratiquée. Chez plusieurs sujets, en effet, où l’on à trouvé ce vaisseau oblitéré, le bras pendant la vie avait été bien nourri et exécutait toutes ses fonctions, le pouls radial seul avait subi les modifications que nous avons indiquées. — Les branches qui émergent de la sous-clavière , recevant le sang de [a carotide, rétablissent la circulation.

D’après quelle méthode peut-on pratiquer cette ligature ? — Elle a été faite, d’après la méthode d’Anel, entre les scalènes , en dehors et en dedans de ces muscles. Mais les faits ne parlent pas en faveur de ces Opérations. — On a aussi lié Le tronc innominé pour l’anévrisme en question ; or, nous

AFFECTIONS DES ARTÈRES. h95

Savons à quoi nous en tenir sur ce point. Il nous reste donc la méthode de Brasdor, méthode qui, disons-le immédiatement, est beaucoup moins favorable à la sous-clavière qu’à la carotide primitive. Si l'on opère audelà des branches collatérales, on a beaucoup plus de chances de réussir quand celles-ci sont oblitérées ; mais, si elles sont restées perméables, le sang peut les traverser, entretenir, comme on l’a dit, un courant certinu dans la poche anévrismale, et ne pas s’y coaguler, par conséquent le retrait du sac ne se fera pas.

Sur quelle artère faut-il porter la ligature quand on suit la méthode de Brasdor ? Les Anglais préfèrent la sous-clavière afin de ne pas laisser les deux branches thoraciques antérieures au-dessus de la ligature; mais en France, où cette opération a été pratiquée deux fois seulement , par Dupuytren d’abord, et M. Laugier ensuite, on a opéré sur l’axillaire, au-dessous de la clavicule; on a pensé, avec raison, que le désavantage de laisser au-dessus de la ligature ces deux artères de médiocre volume, ne contrebalançait nullement l'avantage qu’il y avait à s’éloigner le plus possible de la tumeur.

: B. Anévrismes iraumatiques. — Abriée par la clavicule et les parcis thoraciques, l'artère sous-clavière est difficilement accessible aux instru mens tranchans. Du reste, la division d’une artère aussi considérable est suivie d'une hémorrhagie ordinairement mortelle. Ceci rend compte de la rareté, on peut dire de l'absence , d'exemples d’anévrismes faux primitifs où consécutifs de ce vaisseau.

C. Les anévrismes variqueux de la sous-clavière ne sont pas, à beau coup près, aussi nombreux que ceux de la carotide primitive. On en possède seulement deux cas que la science doit à Larrey. Cette fréquence moindre s'explique aisément par des raisons anatomiques. Ainsi, pendant que la jugulaire interne est exactement accolée à la carotide primitive, la veine sous-clavière est séparée de l'artère du même nom par le muscle scalène antérieur et par du tissu cellulaire lâche ,etne s’en approche qu’au moment où elle va s’engager sous la clavicule.

Du reste, mêmes symptômes, même traitement que pour les anévrismes variqueux de la carotide.

On ne connaît point d'exemple d’anévrisme variqueux faux consécutif siégant dans cette région.

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