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ANÉVRISMES DE L’ARTÈRE BRACHIALE

A. Les anévrismes spontanés affectant l'artère brachiale sont extrêmement rares. On en connaît pourtant huit à dix observations appartenant à Scarpa, Saviard, Hodgson, Lisfranc, etc. Aucun ne siège au pli du bras.

Hs n'offrent rien de spécial sous le rapport de l’étiologie, des symptômes, de la marche , etc.

Toutes les méthodes de traitement leur sont applicables : toutefois la ligature doit obtenir la préférence ; car, à quelque hauteur qu’on la

pratique , il existe toujours des branches collatérales assez nombreuses et assez volumineuses pour rétablir le cours du sang. Cette liberté de communication entre les branches artérielles du bras et celles de l’avantbras est même quelquefois telle, qu’elle peut constituer un véritable obstacle à la guérison , le sang pouvant être ramené dans la tumeur par les collatérales, comme cela est arrivé plusieurs fois, une entre autres à un opéré de M. Breschet.

B. Anévrismes traumatiques. — 1° Anévrismes faux primitifs et fauxæ consécutifs. Ts n’ont été observés qu’au pli du bras, jamais audessus. Scarpa dit qu’ils s’y rencontrent plus souvent. que les variqueux. Sans entrer ici dans des détails de statistique nécessaires pour confirmer ou invalider l'opinion de ce chirurgien, nous dirons qu'ils sont très fréquens. |

C'est surtout dans une saignée malheureuse qu’ils sont produits. L’ouverture produite par la lancette étant ordinairement fort petite, il en résulte que le développement s’en fait avec beaucoup de lenteur. Presque tous les faits d’anévrismes traumatiques cités par Scarpa, Hodgson, Dupuytrer , étaient des anévrismes faux circonscrits. L'infiltration, en effet, à rarement été observée ; elle s'étend , en général, vers l’aisselle, en Suivant la gaine de l'artère, et affecte, ainsi que l'indique Scarpa , une forme triangulaire à base inférieure ; disposition qui s'explique très bien par la disposition anatomique des muscles biceps et brachial antérieur, de l’aponévrose d’enveloppe du membre et de la cloison fibreuse inter-musculaire interne.

La tumeur ayant des rapports avec le nerf médian, quelquefois même avec le nerf radial, fait éprouver au malade une douleur vive le long de la face antérieure de Pavant-bras et de la main, et même quelquefois à la partie externe et postérieure du bras. 7 Orsque la tumeur fait de nouveaux progrès, la douleur se change en fourmillemens ct engourdissemens, la paralysie peut enfin se montrer. Il existe aussi des phénomènes de compression veineuse et lymphatique, plus marqués lorsque la tumeur à son siége au-dessous de l’expansion aponévrotique du biceps.

Le membre est ordinairement dans la demi-flexion , autant à cause des changemens survenus dans l’état des muscles Voisins que pour amoindrir la douleur occasionnée par lextension,

La liberté des communications artérielles du bras avec l’avant-bras , que nous avons indiquée précédemment, est cause que la compression du vaisseau, au-dessus de la tumeur, n’amène presque aucun changement dans l’état de cette dernière.

L'artère brachiale n'étant entourée en ce point d’aucun ganglion lymphatique , il n’y a pas lieu de craindre de confondre l'anévrisme avec un ganglion dégénéré , ramolli. La rareté des abcès froids et des kystes

en celieu nous met également dans une condition avantageuse pour bien établir le diagnostic. Iln’en est pas de même des abcès chauds, et la méprise, quoique rare, a été cependant plus d’une fois funeste aux malades.

La difficulté devient plus grande lorsque Ja tumeur anévrismale , encore à son début, est cachée derrière l'expansion du biceps; alors, en effet, la tumeur, bridée en avant par cette dernière, refoulée par elle dans l’intervaile limité par les muscles de la région, ne se présente plus sous la forme arrondie , ovoïde ; elle est aplatie, irrégulière, quelquefois en bissac , et ordinairement immobile.

Ces anévrismes n’acquièrent jamais un volume très considérable; toutefois, si on laissait aller les choses, la tumeur pourrait très bien exercer une compression fâcheuse sur les parties voisines, et déterminer la gangrène du membre.

TRAITEMENT. 1] ne présente rien de particulier. ( Voy. Anévrismes faux primitif et faux consécutif, p. 467 et 69.) Nous noterons qu'ici là présénce de l’humérus permettant d'exercer une compression exacte, on pourrait l’'employer avec succès, comine cela à eu lieu quelquefois.

La ligature, cependant, n’en reste pas inmoins le moyen de traitement par excellence. Nous savons d’après quelle méthode il faut la praliquer; ajoutons qu’elle a été faite pour la première fois par Anel.

2° Andvrismes variqueux. — Nous avons fait toute son histoire lorsque nous avons décrit l’anévrisme variqueux en général (voy. pag. 469 et Suiv. ).

3° Anévrismes variqueuæ faux consécutifs. — On en connaît plusieurs exemples (Hodgson, Physick de Philadelphie). Ils n’offrent rien de particulier à noter au pli du coude: seulement on à remarqué, dans un cas observé il y à peu de temps à l'Hôtel-Dieu, que le susurrus était plus fort que dans le cas d’anévrisme simple ou de varice anévrismale seule. Faut-il admettre la raison qu’on en a donnée, à savoir, le passage du sang à travers deux ouvertures, dont lune fait communiquer l’anévrisme avec l'artère, l’autre avec la veine ?

ANTICLE IX

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